PHOTOGRA.PHIE RÉTINIENNE AU POINT DE VUE MÉDICO-LÉGAL
Un homme lance, au moyen d'une seringue, au visage d'une jeune fille qu'il accusait d'infidélité, un liquide dont une partie lui arrive dans les yeux. Bientôt se développe une ophthalmie violente, amenant à gauche une perforation de la cornée avec opacité de toute son étendue; à droite, adhérence de l'iris à la cornée, nécessitant l'opération de l'iridectomie. La jeune fille ne présente nulle part, ni aux paupières, ni au visage, quoi que ce soit qu'on puisse rapporter à l'action de liquide corrosif. Par contre, elle était atteinte de blennorrhagie vaginale. La Faculté de médecine de Vienne, consultée sur ce fait, décida que la fille avait perdu la vue à la suite d' ophthalmie blennorrhagique, et non point par suite du liquide reçu au visage, et que par conséquent il ne pouvait être question de l'action trauinatique.
Voici un autre fait non moins intéressant qui m'a été obligeamment communiqué par A. ïardieu :
Chez un blessé, que A. Tardieu dut examiner comme expert, en 1850, il put constater des traces de contusions à la tète et une sorte de torpeur dans les facultés intellectuelles. Mais comme le malade était atteint d'une affection nerveuse convulsive ancienne (probablement l'épilepsie), le professeur avait conclu que les blessures reçues par l'individu ne semblaient pas de nature à avoir eu aucune conséquence funeste et n'auraient pu causer une incapacité de travaux de plus de vingt jours. Les symptômes cérébraux étaient évidemment de date ancienne et indépendants de la blessure.
Tels sont les faits et les conséquences des blessures de l'œil au point de vue de l'expertise légale. L'importance et la valeur de chaque phénomène ne peuvent être jugées qu'après un mûr examen de la santé générale ainsi que de la vue du malade avant et après l'accident.