PARALYSIE DE L'ORBICULAIRE DES PAUPIÈRES
dernière est plus profonde que les autres et elle intéresse tous les tissus jusqu'au périoste du rebord orbitaire. Ceci fail, il dissèque alors le petit lambeau médian, puis il pratique une nouvelle incision courbe, horizontale, faite audessus du sourcil sur une étendue de 3 centimètres. On dissèque soigneusement le pont musculo-cutané et on l'attire en bas, tandis que la peau de la paupière est attirée au dessus. Trois points de suture faits avec de la soie fine antiseptique fixent le petit lambeau au front. Grâce à ces deux plaies de suture, la paupière s'élève directemeftt et la forme de la fente palpébrale n'est pas changée.
Bibliographie. — Mackuess, Med. Gaz., vol. XXVIII, 1841. London, p. 617. — Sichel, Ann. d'oculist., t. XII, p. 189 et Iconographie ophtalmologique. Paris, 1852-5'J. — Gaffe, Diction, des études jnéd. — Jiingken, Lehre von den Augenkrankeiten, Auflage, 1842, p. 520. — Alessi, Ann. d'oculist. 1 vol., suppL, 1842, p. 39. — Bowman, Ophlh. hosp. Rep., 1857-59, vol. I, p. 34. — Graefe, Archiv f. Ophth., 1863, Bd IX, Abth. 2, p. 59. — Macnamara, A Manual of ihe diseuses of the eye. London, 186:5, p. 89, et Ophth. Review, t. II, p. 143, 1865. — Galezowski, Des affections congénitales des yeux et de leurs annexes \l\ecueil d'ophth. oct. 1877 et jaav. 1878). — Panas, Archives d'Ophth., jauv. 1886.
PARALYSIE DE l'oRBICULAIRE DES PAUPIÈRES OU DE LA SEPTIÈME PAIRE.
L'orbiculaire des paupières cesse de fonctionner aussitôt que la septième paire est paralysée ; l'œil ne peut plus se fermer : la coaptation des paupières ainsi que le chgnement deviennent impossibles.
Symptomatologie. — Le nerf facial donne le mouvement aux paupières et à une grande partie des muscles de la face, c'est ce qui l'a fait considérer par Ch. Bell, Claude Bernard et Duchenne (de Boulogne) comme le nerf de la physionomie.
On comprend donc que, dans les cas de la paralysie de ce nerf, toute la physionomie de la face soit altérée; il se produit une déviation des traits qui sont tirés du côté sain. Le sourciller et le frontal ne se contractent plus, les rides du front s'effacent du côté paralysé et le malade ne peut ni soulever ni froncer le sourcil. Les mouvements des lèvres du côté atteint sont abohs, et la bouche est alurée du côté sain. Le muscle buccinateur, qui est aussi animé par le nerf facial, étant paralysé, la joue devient flasque et ne résiste pas à l'action de 1 air expiré. Par suite de la paralysie des filets du digastriques tylo-hyoïdien oui proviennent du facial, il se manifeste, eu outre, une déviation de la luette du cote sain.
Du côté de l'œil, on constate les symptômes suivants : L'œil affecté est plus
17Z r^ri^ "^"^ ''^"^ ' 1^ P^"Piére inférieure
est abaissé et devié en dehors. Lorsqu'on ordonne au patent de fermer les
Ilnhp' T- ' T''^''''^ "^"^ paupières de l'œil malade restent écartées, et que le globe lui-même se porte en haut et en dedans, et se cache derrière là paupiè e
Le sourcil est relevé, la joue affaissée et la bouche attirée du côté sain. Les rides sont complètement eliacées sur le front du côté malade. Dans une apralysie incomplète, les paupières peuvent se rapprocher, mais leur coaplalion est impossible. Lorsque la paralysie de l'orbiculaire est ancienne et que l'œil resie longtemps à découvert, il se produit une irritation de la conjonctive et de la cornée, etc. Lœil est larmoyant; le point lacrymal inférieur étant dévié en dehors n'absorbe pas les larmes, qui s'écoulent sur la joue. La sensation de froid est ressentie par l'œil affecté, d'où résulte une grande irritation pour ce dernier. L'action réflexe est ordinairement abolie. Romberg elle pourtant un cas dans lequel l'œil se fermait sous l'influence d'une vive lumière ou à la suite d'un étenmment,
Anatomie pathologie et étiologie. — Pour mieux faire apprécier l'anatomie pa- Ihologique de celte affection, il est nécessaire de rappeler l'origine et le trajet du nerf facial (fîg. 48).
La septième paire a son origine apparente dans la fossette sus-olivaire du bulbe. Claude Bernard avait démontré que ses fibres tapissent le plancher du quatrième ventricule. Lockhart Clarke (1), Slilling et Duchenne (de Boulogne),
Fig. 57. — Nerf facial dans^ l'aqueduc, d'après Arnold (*).
ont prouvé que le noyau central de ce nerf occupe la majeure portion de la colonne convexe et longitudinale située sur le plancher du (juatrième ventricule de chaque côté du sillon médian. Là il se trouve au voisinage du droit externe, ce qui fait que l'altération du noyau de la septième paire peut être suivie de la paralysie de la sixième.
Le nerf facial se dirige vers le conduit auditif interne, accompagné du nerf auditif et du nerf intermédiaire de Wrisberg. Vulpian a constaté l'entre-croise-
(*) 1 ganglion de Casser ; 2, premier coude du facial et ganglion géniculé ; 3, nerf grand pétreux superficiel- 4 nerf petit pétreux superficiel allant se jeter dans : 5, le ganglion d'Arnold ou optique; 6, nerf du muscle du marteau dont on voit le tendon qui s'insère à cet osselet ; 7, corde du tympan (Beaums el Bouchard).
(I) Lockhart Clarke, Philos^oph. Trans., Part h 1868, p. 295.