‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 46 sur 251 · KYSTES DE LA GLANDE LACRYMALE · texte numérisé non relu

KYSTES DE LA GLANDE LACRYMALE

raenl. La paupière supérieure ne présente ni saillie ni gonlleiuenl. Si l'on observe une augmentalion du volume de la glande lacrymale, on doit penser h une dacryadénite chronique et à une hypertrophie simple ; dans l'un commo dans l'autre cas, la marche de la maladie est très lente et le trouble visuel peu marqué. Les kystes peuvent être reconims par les signes que nous indiquerons dans l'article suivant.

Traitement. — Au début de la maladie, on doit chercher à la combattre par le traitement interne ioduré, en supposant une cause syphilitique ou scrofuleuse. Si, malgré cette médication, l'hypertrophie s'établit, et si les désordres et l'irritation de l'œil persistent, on sera forcé de recourir à l'extirpation de la glande lacrymale. P. Bernard (1) est le premier qui, en 1847, ait pratiqué cette opération pour la fistule lacrymale.

Voici les deux procédés opératoires appliqués à l'extirpation de la glande lacrymale.

Procédé de Velpeau. — On divise la commissure externe des paupières en prolongeant l'incision vers la tempe. Les bords de la plaie étant écartés, on cherche à attirer la tumeur et l'on fait son énucléation; puis on réunit les deux bords de la plaie au moyen d'une suture. Cette méthode est surtout applicable aux tumeurs volumineuses.

Procédé de Tillaux. — Il faut pratiquer à la base de l'orbite, au niveau de la queue du sourcil, une incision parallèle au rebord de l'orbite traversant toutes les parties molles, y compris le périoste : décoller ce périoste, qui est ici très résistant, et l'abaisser de façon à ouvrir l'orbite. On rencontre aussitôt le feuillet mince et transparent du périoste à travers lequel on voit les granulations de la glande. On extirpe alors la glande avec la plus grande facilité, et on évite sûrement, comme s'exprime justement M, Tillaux, d'ouvrir la loge postérieure de l'orbite, ce qui est au contraire à craindre si on incise la commissure externe, ainsi que le conseillent d'autres chirurgiens.

Bibliographie. — Mnckonsie, Traité des maladies des yeux, i. I, p. \T1. — Cloquct, Arch.génér. de méd., svr., t. VII, p. 90. — Landberg, Glande lacrymale squirrheuse {A7in. d'ocidist.,t. XXil, 4" sér., 1849, p. 237). — Haynes Wallon, Med. Times and Gaz., IS.Vi, p. 317. — Heymaun, Archiv f. Ophth., Bd. VII, Abth. I, p. 143. — Graefe, Archiv f. Ophth., t. IV, Abth II, p. 259 et t. VIII, Abth. I, 279. — Bowman, Ophth. Hosp. Rep., t. I, p. 288. — Glugo, Ami. d'ocidist., t. XXXIIl, p. 145. — Fano, Gaz. des Hôpit., 18G2, no 133. — Knapp, Klin. Motiatsbl., 18G5, p. 378. — Mackensio, Ophth. Review, janv. 1865, uo 4, p. 333. — Sautereau, Étude sur les tumeurs de la glande lacrymale, Thèse de Paris, 1870. — Tillaux, Traité d'anatoynie topographique, 3^ cdit. Paris, 1882.

KYSTES DE LA GLANDE LACRYMALE (dACKYOI'S).

Le kyste de la glande lacrymale se forme ordinairement aux dépens des vésirules de celte glande et constitue une tumeur fluctuante, qui atteint la grosseur d'une petite noix et môme d'un œuf de pigeon. Faisant saillie à la partie supérieure de la paupière, le kyste se porte tout entier en avant. Lorsqu'on ren-

(1) Bernard, Ann. d'ocidist., 1. X, p. 193.

verse la paupière, on constate une saillie presque transparente et fluctuanle. A sa surface ou au voisiiiaye, on aperçoit deux ou Irois petits orifices qtii sont ceux des conduits excréteurs de la glande.

Ces kystes se portent rarement vers l'intérieur de l'orbite, qu'ils soient développés aux dépens de la portion orbitaire ou palpébrale de la glande. Habituellement on les voit faire saillie du côté de la paupière supérieure. En exposant l'œil malade à l'aclion des rayons solaires, on peut faire sortir par les petits orilices de la glande un liquide aqueux et transparent, comme cela a été démontré par Broca. La ponction exploratrice, pratiquée au moyen d'un petit Irocart filiforme, fait sorlir le liquide transparent qui n'est autre que les larmes; ce que Réveil a constaté, par l'analyse chimique, dans le cas publié par Broca. Immédiatement après cette ponction, le kyste s'affaisse, mais il ne manque pas de se reproduire au bout d'un temps relativement très court.

Etiologie. — Ces kystes sont formés dans une des vésicules de la glande conglomérée lacrymale et proviennent le plus souvent, d'après Broca, de l'obstruction d'un de ses conduits. Schmidt et Jones ont vu des kystes hydatiques se développer dans la glande lacrymale. Quelquefois ces kystes lacrymaux s'ouvrent spontanément à travers la peau ; celte ouverture reste alors presque toujours fisluleuse et constitue le dacryops fistuleux de Bownian.

Traitement. — Pour la guérison de ces kystes, il faut avoir recours à l'extirpation soit du kyste, soit de la glande elle-même.

L'extirpation doit être pratiquée, selon les procédés que nous avons indiqués plus haut, en fendant préalablement la commissure externe de l'œil. Il n'est pas toujours possible d'enlever le kyste tout entier, surtout s'il est multiple et constitii'' par des hydalides ; on sera alors obligé d'enlever la glande lacrymale elle-même.

Bowman procède autrement; il pratique d'abord une ouverture artificielle du côté de la conjonctive au moyen d'un séton filiforme; après quoi il ferme l'ori fîce cutané. Szokalski a proposé de lier en masse les conduits excréteurs de la glande dans le but de provoquer l'atrophie de la glande; mais, à mon avis, cette opération doit offrir de nombreuses difficultés et son succès est incertain.

Bibliographie. — Beer, Lehre von der Augen Krankheiten, vol. Il, p. 597. Wien, 1817. — Haynes Walton, Med. Times and Gaz., no 196, 1854, p. 310. — Broca, Union méJ., avril 1861, p. 159. — Jarjavay, Mém. de la Soc. de chir., t. III, p. 501, 1853, et Gaz. deshôpit., 1854, n" 124. — Szokalski, An7i. d'oculist., t. X, 195. — Bérard, Ann. d'oculist, t. XII, p. 259. — Hulke, Ophth. Hosp. Rep., 1857-59, vol. I, p. 285. — Bowman. Opht/i. Hosp. Rep., ibid., p. 286. — Graefe, Archiv f. Ophth., 18G1, Bd. VJII, Abth. 1, p. 279. — Joues, Brit. Med. Journ., 18G4, p. 675

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