DÉVIATION, RÉTRÉCISSEMENT ET OBSTRUCTION DES POINTS LACRYMAUX
ou cicatriciel amène un renversement plus ou moins considérable du point lacrymal. Le relâchement de l'orbiculaire palpébrai, que l'on observe chez les personnes âgées ou après des fièvres graves et prolongées, comme l'a remarqué Sœlberg Wells, peut donner Jieu au môme désordre.
Consécutivement à une déviation prolongée du point lacrymal, on voit se déclarer un certain degré d'ectropion ; la partie renversée de la conjonctive se cutise, comme dit Bowraan, les larmes n'arrivent plus au sommet du tubercule lacrymal ; elles se rassemblent dans l'anglé interne et s'écoulent sur la joue, ou bien elles produisent la sensation de plénitude entre les paupières, sensation très désagréable pour le malade. Cet état peut persister sans entraîner d'autres conséquences fâcheuses. Mais, au bout d'un certain temps, les points lacrymaux se rétrécissent et se ferment, en se couvrant d'une sorte de pellicule; d'autre part, chez les sujets âgés, les larmes s'accumulent constamment sur le bord libre de la paupière inférieure, et provoquent des blépharites ciliaires, des conjonctivites et même des affections de la cornée, etc.
B. Rétrécissement du point lacrymal. — La conformation du point lacrymal n'est pas la même chez tous les individus ; tantôt il est large et béanf , tantôt il est tellement petit qu'on ne le retrouve qu'avec la plus grande peine sans que les personnes se plaignent de larmoiement. Évidemment la quantité de larmes que leurs yeux sécrètent est minime. Chez d'autres personnes, au contraire, dont les yeux sont humides et larmoyants, on rencontre des orifices lacrymaux très larges; le larmoiement n'est dû alors qu'à une altération silué<> dans l'intérieur des voies lacrymales.
Lorsque les points lacrymaux sont rétrécis et que les yeux sont un peu plus sensibles que de coutume ou qu'ils sont irrités par le rhume ou toute autre cause, on voit survenir le larmoiement. Bien plus, une plus grande quantité de larmes qui apparaît momentanément amène une irritation plus ou moins grande dans les conjonctives. D'ordinaire, ces conjonctivites sont de longue durée; elles persistent des mois et des années (voy. Conjonctivite lacrymale).
Symptomaiologie.— Les signes fonctionnels et physiologiques sont le plus so uveni ceux qui attirent les premiers l'attention des chirurgiens, comme j'ai eu l'occasion de le démontrer le premier. Le malade se plaint d'une pholophobie, souvent excessivement vive, surtout le soir, à la lumière du gaz. La sensibilité pour la lumière devient tellement prononcée que les malades sont forcés de se priver daller au spectacle, au café, aux soirées, etc.
Souvent les yeux sont chassieux le matin, et de temps en temps il y a de la cuisson et de la sensation de brûlure dans l'angle exierne des yeux. A la suite de cette affection, la vue se trouble quand le malade est au travail : les petits objets et les lettres se doublent, et il aperçoit des mouches devant les yeux Tous ces symptômes du trouble de la vue peuvent faire penser à une affection plus grave, et 1 on a même l'habitude de les rapporter à tort aux congestions I de la rétine. ^
, T Pl"s souvent chez les personnes ner-
veuses :ymphal,qaes fa.hles, de n.éme qu'on la trouve chez les femmes plus souven que chez les hommes Les personnes impressionnables à la lumière du »ole,I et aux lumières anincielles clignent et contractent constamment eurs paup,..es. Ces contractions font rétracter les muscles lacrymaux et rè r c
l/hérédité est une cause fréquente de ces lésions; j'ai pu la constater chez plusieurs membres de la même famille. Les conjonclivites chroniques, granuleuses ou autres, les érysipèles des paupières, l'ectropion, etc., amènent souvent ces mêmes altérations.
Traitement. — On commence par s'assurer du degré de perjnéabilité des voies lacrymales, en faisant une injection d'eau tiède par le point lacrymal inférieur au moyen d'une seringue d'Anel. Les injections seules, souvent répétées, peuvent quelquefois faire disparaître le larmoiement, surtout chez les nouveau-nés.
Le rétrécissement est quelquefois tellement considérable que ni le stylet ni la petite canule ne peuvent le franchir. Lorsque les points lacrymaux sont seuls rétrécis et qu'il n'y a aucune altération dans le reste des voies excrétoires des larmes, on doit alors pratiquer son incision.
Le meilleur moyen de guérir une déviation du point lacrymal est son incision d'après le procédé de Bowman.
Cette opération peut être exécutée facilement avec le couteau de Weber (fig. 66) ou mon lacrymotome (fig. 67).
F(G. 64. — Couteau Fio. G5. — Sonde 1-'ig. GC. — Couteau Fig. G7. — Lacrymotome ii cataracte. cannelée. de Weber. de Galczowski.
Mon lacrymotome est un petit bistouri très fin, courbé sur le tranchant, sans aucun bouton ni sonde. Il est émoussé et aplati, de sorte qu'il entre facilement dans le plus petit orifice (fig. 67).
Le couteau de Weber est un bislouri très fin, muni au bout d'une petite sonde terminée par une olive (voy. fig. 66).