‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 57 sur 251 · Dilutation forcée. — Procédé de l'auteur · texte numérisé non relu

Dilutation forcée. — Procédé de l'auteur

La dilatation méthodique et progressive des voies lacrymales exige un traitement trop prolongé, c'est pourquoi j'ai inventé une méthode de dilatation forcée. Pour rompre la résistance, je me sers d'un dilatateur spécial dont lu

PiG. 72. Dilatateur de Galezowski.

volume ne dépasse pas celui d'une sonde n° 4 de Bo^Yman (fig. 72). Je rinlroduis après l'incision du point lacrymal comme la sonde ordinaire. Dès qu'il a pu pénétrer jusqu'au bout du canal nasal, je le retire rapidement en pressant sur la tige plus courte, qui permet l'écartement des valves. Par ce moyen on dilate d'un seul coup le canal très largement et on peut ensuite introduire les sondes de plus gros volume sans difficulté.

Cuignet avait employé la dilatation forcée avec de fortes sondes coniques.

Weber se sert d'une sonde conique (fig. 73) ; son extrémité est fine comme la

Fig. 13. - Sonde de Weber.

sonde no 2 de Bowman, tandis que vers le milieu elle atteint un volume beaucoup plus fort que le n° 6. Ces sondes servent à faire pour ainsi dire le cathétérisme forcé ; elles peuvent être utiles là où la méthode ordinaire n'a pas pu donner de bons résultats.

On a employé aussi des sondes de baleine ou de matière élastique (caoutchouc] avec mandrin (Weber), des sondes de Laminaria digitata (Critchett), de plomb, etc. ; mais toutes ces modifications sont ou inutiles ou même dangereuses' notamment celles de laminaria. En effet, introduites dans le canal nasal, elles gonflent à un tel degré, au-dessous du rétrécissement, qu'il est presque impossible ensuite de les extraire. ,o „ r •

Combiende temps doit-on laisser la sonde dans le canal nasal?. Une fois qu on est arrivé à franchir les rétrécissemenis, on doit laisser la sonde dans le canal pendant vingt à trente minutes. Ce temps est nécessaire pour bien effacer les plis de la muqueuse qui constituent le rétrécissement, ainsi que pour prévenir les hémorrhagies qui surviennent quelquefois à la suite du cathétérisme.

INFLAMMATION DU SAC LACRYMAL OU TUMEUR LACRYMALE. 133

Après le calhétérisme, certains malades nerveux tombent en syncope, ou ils éprouvent de véritables attaques de nerfs; il est urgent de retirer immédiatement la sonde, et de laisser le malade couché pendant quelques minutes.

Est-il nécessaire de revenir souvent au cat/uHérisme? — Pour obtenir la guérison du catarrhe du sac, il ne suffît pas de franchir le rétrécissement en introduisant une seule fois la sonde; mais il faut répéter cette opération pendant quelque temps, tous les trois ou quatre jours, et môme, dans des cas exceptionnels, tous les jours; autrement, on risque de compromettre le résultat. Bien entendu, il faudra avoir égard à l'état d'irritabilité du malade et au degré du rétrécissement. J'ai souvent obtenu la guérison en ne faisant passer la sonde qu'une fois tous les six ou huit jours; dans d'autres cas, ces intervalles seraient trop éloignés. Le tact du chirurgien et le diagnostic précis de l'affection indiqueront la conduite à suivre.

Quel est le temps nécessaire pour obtenir la guérison du catarrhe du sac? — Ordinairement la guérison de l'afTection catarrhale tarde longtemps, et quand il ne se manifeste aucune complication, le traitement doit être prolongé pendant un mois ou six semaines. Mais lorsque le sac est hypertrophié ou que les rétrécissements sont nombreux dans le canal nasal, le traitement est beaucoup plus long; û est, d'ailleurs, subordonné à tant de conditions particulières qu'on ne peut jamais préciser avec certitude l'époque de la guérison. J'ai rencontré des larmoiements rebelles et qui ont demandé plusieurs mois et môme des années entières de traitement.

Quelquefois, malgré l'incision du point lacrymal et le cathétérisme prolon'^é la paupière reste déviée en dehors, et les larmes qui ne peuvent pas arriver iusqua lui continuent à s'écouler sur la joue. On suivra dans ce cas les conseils ae Lntchett, et en saisissant laparoi postérieure du canal avec une pince on le retranchera d'un coup de ciseaux. '

Traitement du catarrhe du sac par la dilatation continue {procédé de V auteur). - La méthode de BoAvman est insuffisante pour guérir les tumeurs lacrymales anciennes qui sont accompagnées de distension et d'épaississement de ses parois C est alors que j ai obtenu des guérisons des plus complètes par un procédé que j appelle dilatation continue. Voici en quoi il consiste : je fais d'abord l'in-

r^ntr^r''"'""^"''^""^^^'''^"^'"^^^'^ d-s le

nnli T ' V"'f P^""* antérieure du sac contre la sonde

.annelee. Lne fois la sonde cannelée retirée, j'introduis une sonde en crosse

F'g- 74. — Sondes en crosse.

•ai fait consfruire à ce l .T""' ^ f»'"""^»' boursonHé.. -

», que je laisse en place pendant plusieurs mois. De

temps en temps je retire la sonde, je la nettoie et la remets ensuite en place. De celte façon le' canal se rétablit vite, et chaque nouvelle introduction a lieu sans difficulté. Ces sondes en crosse remplacent le clou de Scarpa (fig. 75) et elles ne doivent être introduites que par la fistule lacrymale.

Fig. 75. — Clou de Scarpa.

L'expérience m'a démontré que ces sondes doivent être maintenues en plac^; pendant un k quatre et six mois. On retire ensuite la sonde et on laisse se cicatriser la plaie extérieure, pour recommencer le cathétérisme par le point lacrymal incisé. A ce moment, trois ou quatre séances distancées suffisent pour amener la guérison définilive du larmoiement et de la tumeur lacrymale.

Souvent la paroi antérieure est tellement distendue et altérée, que j ai du exciser une certaine portion de celle-ci avant de mettre la sonde à demeure.

Le larmoiement est ordinairement bien moindre pendant tout e temps que la sonde reste dans le canal nasal, mais aussitôt qu'on la retire le larmoiemen revient jusqu'au moment où les plis de la muqueuse du canal nasal se son complètement atrophiés, ce qui ne peut être obtenu qu après plusieurs mois de

^'n^esUmelquefois nécessaire de cautériser la muqueuse du canal nasal, lorsqa'elle est recouverte de fongosités. Je me sers alors de la sonde porte-caus t que, que j'ai fait établir sur un bout de la soude de Bowman (fig. 68) et,,, passe dans le canal nasal, après l'avoir préalablement élargi avec l autre bou. de la même sonde.

Page 1