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KYSTES ET TUMEURS DE LA CORNÉE

A. Kystes et vésicules. — 11 est extrêmement rare de rencontrer à la urface de la cornée des collections liquides qui ressemblent à un kyste. Elles

sont ordinairement constituées par un liquide clair et transparent comme de l'eau, accumulé dans une poche formée par la membrane élastique antérieure décollée.

Desmarres et Bowman ont décrit deux cas de ce genre, sous le nom de kystes ou tumeurs séreuses, de la lame élastique antérieure. De Graefe et Weber donnent à cette affection le nom de kératite vésiculeuse.

J'ai vu ces kystes se produire à la suite des abcès chroniques superficiels, ou à la suite de l'opération de la pupille arlificielle, lorsqu'une partie de l'iris était restée emprisonnée dans la plaie. L'humeur aqueuse, restant longtemps en communication avec une poche qui se forme au-dessous de la pellicule cicatricielle, macère la membrane de Bowman et la détache sur une cerlaine étendue.

Rien n'est plus difficile à guérir que ces kystes. On doit enlever leur paroi antérieure, et cautériser ensuite, mais souvent la maladie récidive. J'ai rencontré souvent des kystes séreux au sommet d'un ptérygion.

B. Tumeurs verruqueuses. — Bowman a observé une tumeur de ce genre chez une femme âgée de vingt-huit ans. Cette tumeur, située un peu au-dessous du centre de la cornée, adhérait à l'iris. Sa surface était raboteuse, et l'on apercevait au microscope un grand nombre de papilles coupées en travers et très fortement vascularisées. C'est peut-être à cette même catégorie de tumeurs qu'on doit rapporter celles que Fél.-Ânt. Guérin et Delavigne ont opérées. Le papillome de la cornée, opéré par Szokalski, ^présente aussi quelque chose d'analogue.

C. Épithélioma et cancer. — Les tumeurs épithéliales et cancéreuses de la cornée ne sont pas très rares; elles sont le plus souvent situées près de son bord, et paraissent prendre naissance dans le limbe conjonctival.

Ordinairement elles sont arrondies et régulières, leurs boids franchement accentués, et des vaisseaux nombreux arrivent de la conjonctive.

Les cancers primitifs, développés au centre de la cornée et loin du bord conjonctival, sont tout à fait rares. Stellwag von Carion en a rapporté un cas. Pour ma part, j'ai eu l'occasion d'opérer avec le docteur N. Gueneau de Mussy une malade qui portait un épilhéhoma du centre de la cornée, sans aucune trace d'altération ni à la conjonctive ni à la sclérotique.

Traitement. — A. l'origine même de l'afi'ection, on peut se contenter de l'extirpation de la tumeur et de la cautérisation de la surface dénudée avec un caustique quelconque.

C'est ainsi que Foersler, de Breslau, a enlevé une tumeur cancéreuse de la cornée en faisant une sorte d'abrasion. La tumeur n'avait pas atteint la substance propre de cette membrane. L'instillation du collyre au sulfate de zinc concentré a suffi pour amener la cicatrisation de la plaie. Quelquefois, après 1 abrasion, je cautérise la plaie avec un thermo-caulère.

Mais si la tr.meur prend une extension plus grande, il faut alors enlever I hémisphère antérieur de l'œil, ou i)ien taire une énucléation du globe de l'œil tout entier.

Dermoides. — Les dermoides sont des tumeurs congénitales, assez rares affectant le plus souvent un seul œil et s'implanlant en général à la partie externe et inférieure du limbe cornéal. Nul à la naissance, assez pelit pour passer inaperçu jusqu'à 12 ou 13 ans. leur volume peut s'accroître rapidement en une poussée, au moment de la puberté et atteindre la grosseur d'une lentille, (1 une fève ou même d'une petite cerise. La surface de la petite tumeur b anchàtre, jaunâtre, ou rosée et en tout semblale à celle de la conjonctive est glabe a la naissance; mais au moment où la barbe pousse elle peut se couvrir de poils semblables comme couleur aux cils du malade. La lésion, de consistance cartilagineuse, indolore au toucher, a une structure analogue à celle de la peau; c'est un ilôt de paupière adhérent au globe oculaire.

Ces caractères sont suffisants pour reconnaître le dormoide et le distinguer des polypes, du pinguicula, du phérygien, du lipome, de l'angione, du kyste conjonctival. Au reste, nous renvoyons pour plus de détails à ce sujet, à la thèse d'agrégation du L. Picqué où se trouvent résumées les 94 observations connues de dermoide de la cornée et de la conjonctive.

Bibliographie. - Hermami Berthold, Zur Casuistik der an der Hoimhaulgrenze vorkommenden Carcinom und Sarcom {Archiv f. O/^ht/inlm., Bd XIV, Abth. III p 149) Pétrequin, A?males d'oculist., t. XXI, p. 130. - M^igni, Sarcome de la cornée {Annales d'ocidïst., t. LT,p. 223]. — Szokalski, Papillome de la cornée (Annales d'oculist., t. LIV, p. GO. — L. Picqué, Maladies congénitales du globe de l'œil. Thèse d'agrégation' Paris, 1886. ^ ^

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