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KYSTES ET TUMEURS DE L'IRIS

KYSTES ET TUMEURS DE l'iRIS.

A. Kystes. — L'iris devient quelquefois le siège d'un ou de plusieurs kystes, qui, en augmentant, envahissent la chambre antérieure et recouvrent complètement la pupille.

Symptomatologie. — Dès le début, la surface antérieure de l'iris est soulevée sur un espace plus ou moins hmité par le kyste qui se développe dans son parenchyme. Il marche avec lenteur sans amener longtemps de douleurs. L'iris, de même que le kyste, ne présente alors aucun changement de couleur; mais sa surface est lisse, uniforme, sans aucune trace de fibres radiées ni de taches pigmentaires.

Quelquefois la tumeur est blanchâtre, opaline et semble contenir du liquide, comme dans le cas du malade] de Ad. Richard (1). Dans celui observé par Wharton-Jones (2), le kyste était transparent et ressemblait h un cristallin luxé. Le plus souvent les kystes sont uniques; d'autres fois ils sont bilobaires(fig. 181). Ce sont les brides cicatricielles qui les divisent eu deux.

Mais à mesure que le kyste augmente et se porte vers la cornée, l'œil s'injecle et devient douloureux; la vue se trouble et la vision diminue.

Puis survient une véritable poussée inflammatoire, ressemblant beaucoup à une attaque d'iridochoroïdite décrit (3).

En elïet, l'œil est rouge et l'injection périkéralique très marquée ; des douleurs périorbitaires se déclarent. La première inflammation dure une quinzaine de jours, et se calme pour quelque temps; il se produit ensuite une seconde poussée inflammatoire plus sérieuse que la première, puis une troisième, et ainsi de suite. Celte succession de crises névralgiques et inflammatoires occasionne ;i la longue une iritis chronique qui ne tarde pas à se communiquer à la choroïde, si l'on n'intervient pas à temps.

Pour apprécier le degré d'altérations survenues dans la pupille et les membranes internes de l'œil, il est indispensable de recourir à l'examen par l'éclairage oblique et l'ophthalmoscope.

^ L'éclairage oblique permet de juger, comme le dit Guépin, de la nature de l'enveloppe du kyste, de son développement en arrière de l'iris, ainsi que de l'état de ses bords libres ou adhérents. L'état de la pupille pourra être aussi précisé par ce mode d'exploration, ce qui est d'autant plus important que, dans

(1) Richard, Gazette hebdomadaire, 1854, p. 1002.

(2) Wharton-Joues, the Lancet, 1852, p. 568.

(3) Guépin fils. Des kystes de l'iris, thèse de Paris, 1860.

MALADIES DE L'IRIS, quelques cas, elle peut fttre recouverte par une sorte de voile léger de nature exsudalive, comme cela avait lieu dans le cas observé par moi (1) Le kyste dé passe ordinairement le bord de la pupille sous la forme d'un corps arrondi convexe et bien réguliei-. '

Lorsque la pupille n'est pas complètement cachée par le kyste, on peut s'assurer avec l'ophthalmoscope si les membranes internes sont saines, si le cristallm et le corps vitré ne sont pas troublés. Cet examen est d'autant plus nécessaire que l'alfection survient très souvent à la suite de blessure, ou après les opérations de cataracte, dont les débris peuvent encore se trouver derrière l'iris.

Diagjiostic différentiel. — Le diagnostic ne présente point de difdculté; on ne pourrait ù la rigueur confondre l'affection qui nous occupe qu'avec un abcès, un condylome de l'iris ou avec une tumeur à myéloplaxes; mais toutes ces tu-^ meurs sont couvertes de vaisseaux, tandis que le kyste de l'iris présente une surface lisse, demi-transparente, ne contenant à sa surface ni vaisseaux ni fibres iriennes. L'absence complète des plaies, anciennes ou récentes, sur la cornée, complétera le diagnostic, puisqu'on sait aujourd'hui que les kystes se développent presque toujours sous l'inQuence d'un traumatisme.

Anatomie pathologique. — Il existe plusieurs variétés anatomiques de kystes de l'iris. Tantôt la tumeur est développée à la surface de la membrane, tantôt dans le dédoublement de ses plans, comme l'ont vu Robin (2) et Bowmann. Tantôt la poche est mince et le contenu séreux. Ailleurs la paroi est épaisse, formée de plusieurs rangs de cellules épithéliales, et le contenu est formé d'une matière griscàtre, granulo-graisseuse ou colloïde. Enfin il faut rapprocher de ces formations kystiques les tumeurs perlées, ou épithéliums perlés (Monoyer), qui sont formés d'un véritable bourgeon épilhélial plein, dont la genèse a donné lieu à

nombreuses théories. — Kystes ou tumeurs perlées, ces productions contiennent quelquefois des cils, comme dans le cas observé par Stoeber (tig. 182), I \ ainsi que dans celui de Graefe.

De récents travaux du professeur Masse de Bor- Kig. 182.— Kyste de l'iris, deaux permettent de rapporter la production des

kystes et tumeurs perlées, à la pénétration dans la chambre antérieure, au moment du traumatisme, de quelque fragment d'épithélium cornéen ou conjonctival. Ce fragment fait grelfe sur l'iris, et le bourgeon végétant, ainsi formé, peut donner lieu à la dégénérescence kystique.

Étiologie. — Les kystes de l'iris reconnaissent le plus souvent pour cause le traumatisme, soit que la blessure ait été accidentelle, soit qu'elle ait été faite par un chirurgien pendant l'extraction de la cataracte ou toute autre opération. Nous ne trouvons jusqu'à présent qu'une seule exception à cette règle : c'est le fait rapporté par Stoeber, dans lequel cette cause n'a pu être invoquée.

Pronostic. — Il est assez grave. Si on laisse la maladie se développer, une irido-choroïdite peut en être la conséquence. Hulke (3) a rapporté un cas dans lequel une inflammation sympathique se déclara dans l'autre œil, l'affection fui enrayée immédiatement par l'excision du kyste.

(!) Galezowski, Anniles d'oculistique, 1862, t. XLVIf, p. 239.

(2) Ch. Robiu, Anaiyse analoinujuc des kystes, in Guépia flIs, Thèse. Paris, 1800, p. 18.

(3) Hulke, Roy. Lond. Ophth. Uosp. Rep., t. VI, p. 12.

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