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SYMPTÔMES DB COMPRESSION

Comparons maintenant Tanevrysme avec les maladies du larynx, au point de vae des altérations de la voix et de la stridulation.

Anécrysme de Vaorte.

i* La lésion de la voix manque souvent.

2* La stridulation existe sans aphoaie.

3^ Les altérations de la voix sont variables.

4* La stridulation est inférieure, le pfatt ordinairement.

5* La respiration est souvent faible dins un poumon et forte dans l'autre .

6* La stridulation se lie à une respiration forte dans un des poumons.

7* La stridulation s'accompaj^ne de naftité à la percussion dans la partie supérieure d'un des poumons.

Affections chroniques du larynx.

l® L'altération de la voix existe habituellement.

2* La stridulation coïncide i^vec l'aphonie.

3* La perte de la voix est beaucoup plus constante et se fait progressivement.

^^ La stridulation est toujours supérieure.

5^ La respiration est égale des deux côtes (en supposant l'intégrité des poumons).

6^ La stridulation s'accompagne d'un murmure vësiculaire également affaibli des deux côtés.

1^ La stridulation existe sans matité, (si les poumons ne sont le siège d'aucune autre maladie).

Compression des artères et des veines. — Les artères dont la compression peut avoir de l'importance pour le diagnostic sont les artères aoos-clavières et les carotides primitives ; il est beaucoup plus rare de voir les autres branches artérielles comprimées. Dans la plupart des cas, la compression se manifeste par la cessation ou par l'affaiblissenoit des pulsations de Tartère affectée ou de Tune de ses branches, ■tissant au delà du point comprimé. L'absence du pouls radial à un bras oa l'inégalité entre les battements de l'artère aux deux poignets, eil on (ait connu depuis longtemps. Ce phénomène est plus signiflcatifs'il se rencontre du côté droit, où le pouls a un développement ptss considérable, à l'état physiologique. Nous n'avons jamais observé la gangrène du bras résultant d'un défaut de circulation artérielle; la compression se fait lentement et progressivement, et la circulation eoUatérale a le temps de s'établir.

L'oblitération de la carotide n'est pas aussi généralement connue. Elle est plus commune qu'on ne le suppose, et il faut, selon toute pro-

doeteur Todd a rencontré l'atrophie des muscles serrant i l'émission de la yoît^ «tans un cas où le nerf récurrent était comprimé et aplati, du côté corrcspondtBt. Le professeur Banks a fait dernièrement In même remaniue (voyci les TfWMacti<ms de la Société pathologique de Dublin) .

Le docteur Smith a récemment montré à la Société pathologique de Dublin le larynx d'un cheval qui présentait la même lésion; ce cheval était cornard.

5^^ DE L'AN^VpYSIf]^ P£ L>OaT£ TliOBAGIQUE.

b^)ité, lui attribuer les (roubles cérébraux qui compliquent assez souvent {es anévrysmes de l'aorle thorncique et du tronc innomioé.

La lésion de Tencéphale est probablement analogue à celles qu*a signalées le docteur Law, et qui résultent d*un afflux insuffisant de sang artériel. Chez un malade qui présentait une oblitération de la carotide par un anévrysme, on put reconnaître avec certitude le moment où celte affection se produisit. Dès qu'elle débuta, et jusqu'à Tapparition d'une hémiplégie gauche , le malade accusa de la douleur dans la tôte, du vertige, des tintements d'oreilles, la perception de visions lumineuses, et un engourdissement passager du bras et de la jambe gauches. La paralysie se montra dans l'espace d'une nuit; mais cette circonstance est en rapport avec la cause i laquelle on Ta attribuée (1).

Si l'oo recherche quel est l'état anatomique de l'artère comprimée, on voit quelquefois le calibre du vaisseau s'oblitérer dans une certaine étendue; celui-ci se convertit en un cordon fibreux aplati; parfois 9USSÂ l'artère est saine, et conserve son calibre au delà du point pu si^e la compression. Cette compression peut exister» même pendant joi^gtemps, saf|s déterminer Toblitératiou; eu eflet, il m'est arrivé plus d'une fois de voir le pouls radial et le pouls trachéal repa* raîlre après avoir manqué pendant longtemps. C*est U un des signes qui indiquent un changement daus la direction de la tumeur, phéno- Miène curieux que nous décrirons bientôt. Dans quelques cas il se développe probablement une artérite du vaisseau comprimé. Ainsi, cliez un malade où le pouls manquait aux carotides et aux sous-clavières, la première de ces artères était oblitérée dans toute la partie examinée, et convertie en une corde dure; la sous-clavière, au contraire, était béante et parfaitement saine, au delà du point où siégeait la compression.

Compression des artères nourricières du poumon. — Le docteur Carswell a démontré que la gangrène pulmonaire est produite par la compression des artères nourricières du poumon {'2). Voici dans quel ordre se succèdent alors les phénomènes :

1° Signes et symptômes d'une tumeur thoracique ;

([) Duhlin Journnf of m f dirai science^ vol. V, p. 406. Voyez ûusi»i l» niriTwn' (In jloctnir Liw sur les rapport» existant entre les affoclions r^rtli.'iqucs c\ !«' ufre('lion<5 cérébrales (i^»V/.,\ol. IX).

(2) Voyci »oii Anntomie pathologiqtêe.

j^riiPTÔMES DE COMPEESSIOK. 583

T $ympt|Ame8 de la gangrène du poumon.

Dans un Tait cité par le docteur Greene (1), et où il y avait com- Hmsion de la bronche gauche par un anéyrysme, deux symptômes vpn93rqttables se produisirent quelques jours avant la roor( : un gon- Sapeitf emphysémateux k la partie antérieure de la poitrine, s*élen- ^§i au^ deux bras, et apparaissant alternativement i l'abdomeo, au 4os et au scrotum, et une expectoration de matières extrêmement fétides. Le malade succomba à un épuisement progressif. — La bipncbe gauche était fortement comprimée et envahie par la gan« grène. Gelle-ci s*étendait à la trachée et au larynx. ▲ la portion supérieure du poumon, on constata Texistence de petites cavités gangreneuses, et le lobe inférieur était plus ou moins sphacélé (gangrène non circonscrite de Laennec).

Ce fait, rapproché dç ceux du docteur Carswell, est fort instructif, au point de vue du diagnostic de la gangrène du poumon, aussi bien qu'à celui des tumeurs intrathoraciques. Rien de plus remarquable, dans la première de ces maladies, que le défaut de proportion entre les symptômes, qui sont graves, et les signes physiques, qui manipeat souvent pendant très-longtemps (2) . Peut-être, dans ce cas, «-l-on affaire à la gangrène diffluente de la muqueuse bronchique, décrite par Rokitansky (3). Je n*ai jamais vu le sphacèle du poumon «nccéder à un anévrysme ; mais j'ai rapporté un fait où il reconnaissait pour cause la présence, dans le médiastin postérieur, d'une tameur cancéreuse molle et simulant un anévrysme de l'aorte. La bronche gauche était comprimée, et la respiration faible dans tout le poumon correspondant. Quelques jours avant sa mort, le malade expectora tout à coup une grande quantité de matières sanieuses et purulentes très-fétides. Une tumeur encéphaloïde volumineuse avait son point de départ dans le médiastin postérieur; elle entourait la branche gauche de Tartère pulmonaire, qui était aplatie et rétrécie. Le poumon était repoussé de haut en bas; dans sa partie supérieure,

(I I Trniunctioii^ ih la Sornft» paiho/ogûjur fh DuUin (Duhiin Journal of medical xnmrp^ vol. XVII, p. 522). Co fait est de 1836, et l'on y trouve mentionnr le double battement nnévrystmal.

(2) Hcrlirrrhc^ cliniqur.f xur la gnngrcrtf* du poumon (Duhiin qunrtfrh/ Journal of mefiical science, n° XVII, 4850).

(3) Voyez son Anatomie pathologique.

584 DB L*ANÊYRTSME DE L*ÂORTE THOftACIQUE.

on trouva une caverne gangreneuse du volume d'un petit œuf de poule (1).

Chez ce malade, on constata les sjmptAmes suivants : pnlsatioB dîastolique, bruits doubles, bruit de soufiDe systolique, matité i la percussion, dysphagie, stridulation trachéale, inégalité de la respiration et aflaiblissement des battements de l'artère radiale gauche. La voix n'était pas altérée. Il y eut, de plus, des convulsions, de la paralysie, une douleur dans l'épaule et le côté, et des hémoptysies. Je crois ce fait le premier où l'on ait trouvé des pulsations dans oo cancer thoracique. M. Carmichael, qui voyait le malade avec moi^ croyait à un anévrysme. Je me bornai à diagnostiquer une tomeor, et cela pour deux raisons. D'abord, les symptômes existaient depuis plus de quatre ans ; puis, avec une matité étendue et très-marquée, les pulsations diastoliques étaient beaucoup plus faibles qu'elles n'auraient dû l'être dans un anévrysme volumineux en contact avec les côtes.

L'absence fréquente des symptômes physiques, dans la gangrène pulmonaire, et l'existence, dans le fait du docteur Greene H dans celui qui vient d'être cité, des signes de la compression du toyaa bronchique avant l'expectoration fétide, doive faire admettre l'existence probable d'une gangrène pulmonaire et d'une tumeur thoracique, si cette expectoration a été précédée d'un aflaiblissement de la respiration dans un poumon.

Compression des veines. — Un état variqueux considérable des ▼eines superficielles du cou et de la poitrine est plus fréquent, seloe toute probabilité, dans les tumeurs anévrysmales que dans l'ané- Trysme. La compression peut s'exercer sur les veines innominées ou sur la veine cave supérieure; elle se traduit alors par le développement anormal et par les sinuosités des jugulaires et du réseau veineux superficiel de la poitrine. La veine cave supérieure adhère parfois à la tumeur, et son rétrécissement peut dépendre, non-seulemeot de la compression, mais aussi des adhérences contractées par ses parois internes entre elles.

Il en était ainsi dans un cas d'anévrysme variqueux observé par le docteur Hayne, et cité dans l'appendice annexé à ce chapitre.

(I) Recherches sur la pathologie et le diagnostic ilu cancer des poumons et du médiastine [Dublin Journal of médical science^ vol. XXI, p. 227).

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