SYMPTÔMES DE COMPRESSION
On rencontre dans quelques cas, au lieu des grosses veines nnaeoses et se ramifiant sous la peau, un gonflement élastique et réoitent du cou tout entier. Cette tuméfaction particulière porte le nom de tuméfaction en pèlerine {Hppet4ike). Elle est très-caractéristique, mais n*a rien de constant.
La dilatation des veines résultant de la compression exercée par «n anévrysme diffère par quelques points, de celle qui succède aux OMladies du cœur. Quelquefois elle est limitée à un des côtés du cou, on bien elle y est beaucoup plus marquée. Les rameaux veineux, mammaires et intercostaux sont plus souvent dilatés ; de plus, les polsations dues au reflux veineux n'ont jamais été observées, au moins à ma connaissance. On retrouve les ondulations déterminées par rimpulsion latérale de la carotide ou de la sous-clavière. Jamais nous n'avons rencontré la tuméfaction en pèlerine du cou, dans les maladies du cœur.
Enfin, lorsqu'il y a un état variqueux des veines afférentes au tronc cave supérieur, lorsqu'on même temps on ne constate, ni les signes du rétrécissement mitral qui accompagnent la congestion pulmonaire avec dilatation des cavités droites du cœur, ni les signes d'une autre affection cardiaque, on doit admettre l'existence d'une tumeur thonciqué.
Compression de Vœsophage. — Cette lésion anatomique est plus rare que la compression des voies aériennes, sans l'être cependant beaucoup. D'après le docteur Greene, elle serait plus commune lorsque l'anévrysme naît de la portion transversale et descendante de l'aorte thoracique. Jamais nous ne l'avons rencontrée dans les anévrysmes de Taorte ascendante ; elle appartient parfois aux anévrysmes de l'artère innominée ou de la portion inférieure de l'aorte descen* dante. La compression de Tœsophage peut s'accompagner de stridulation, et ce dernier symptôme est parfois le seul qui tourmente le malade. Dans les cas de cette espèce, l'anévrysme est probablement peu volumineux, et il appartient à la portion inférieure du tronc artériel. Dans un fait cité plus haut, le malade, à son entrée dans mon service, se plaignit seulement de dysphagie, d'éructations, et de perte de l'appétit. Dix jours auparavant, il avait été pris d'une douleur dans le dos, et il avait éprouvé des élancements et des tiraillements, rapportés par lui à l'extrémité inférieure du sternum. Il n'existait, du reste, comme signes physiques d'une affection thora-
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cique, qu'an ^ftaibVissfijpfk^nt, du murmure vésiculaire dans l6 poumon <)jroit. Ij*anévrysiq[ie, dont le voluofp ji*e^ci^dait pas celui d*un œuf ide poule, $*ouyr|( dana Tœsophag^, qu*il çomprimaU contre la broach» droite.
La dysphagie résultant d*un anévrysme est assez variable dans sei symptômes. Elle siège habituellement au niveau du tiers moyen du sternum, et quelquefois plus bas. Chez un même malade, ainsi que le docteur Law en a rapporté un exemple, elle peut occuper succès* sivement des points diiïérents du conduit o^opbagieu; elle siégeail tantôt au niveau de la fourchette du sternum, tantôt à Tépigasire (1). La gène de la déglutition est variable, depuis la dysphagie complète, qui est rare, jusqu'à 1^ sensation i\n léger obstaple. Habituelle* ment, les aliments liquides passent plus facilement. Le malade peu^ n'éprouver que de la douleur, e^ ne pas avoir la sensation d'un obstacle mécanique. S'il essaye d'avaler, il se produit souyent un accès qui se compose d'efforts de von^issement, de hoquets convulsifs, de toux laryngienne et de dyspnée. Dans d'aulrea cas, les accidents consistent en une douleur avec sensation de pesanteur, suivie de hoquets et de vomissements, ou plutôt de mouvements de régurgitation se montrant lorsque le malade veut déglutir des aliments solides. Lorsque le bol alimentaire est arrêté en dessus du rétréciisseneni, oi arrive quelquefois à le faire descendre en faisant avaler une grande quantité de liquide. Si Ton pratique alors l'auscultation entre les épaules, on perçoit, au moment du passage des aliments liquides et solides par le conduit rétréci, une série de bruits singuliers et caractéristiques. Chez quelques malades, une seule gorgée de liquide suffit pour qu'il se produise une espèce de spasme qui arrête les ingesta et ne leur permet, ni d'avancer, ni de reculer; il y a en même temps dyspnée ou arrêt de la respiration.
Un malade observé par le docteur Law ne pouvait plus avaler, s'il venait à se mettre dans le decubitus dorsal; il mangeait toujours assis, le corps penché en avant et de côté. L'anévrjsme était multiloculaire, très-volumineux, et couche, pour ainsi dire, sur les parties latérales de la colonne vertébrale. L*usage de la sonde œsophagienae peut-il aider au diagnostic entre cette forme de dysphagie et celle qui résulte d'un rétrécissement organique de l'œsophage? Cela est
(1) TroMoetions of thr pathological Socifit y of Dublin^ 27 février ISA t.
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douteux. Il est bien entendu que si Ton soupçonnait la présence d'un aiiéyrysaie,on devrait s*abs^enir, à peu près coiqnpléteaient, de remploi dç ce moyen d'exploration ; on a vu, en effet, Tusage de la sonde produire la rupture d*un sac anévrysmal. Cependant, puisque la dysphagie anévrysmale peut se montrer et disparaître plusieurs fois, à des intervalles assez longs, l'œsophage doit probablement supporter pendant longtemps, sans se désorganiser, la compression exercée par la tumeur. Il y a donc un moment où l'introduction de la sonde n'offrirait aucun danger; cependant elle ne doit pas être tentée. Il est probable aussi que la rupture de l'anévrysme est due plutôt au spasme œsophagien qu'à la lacération , par la sonde , des Ussus qui recou- Trent la tumeur. Dans le fait tiré de ma pratique, et qui a été rapporté par le docteur Porter, la sonde œsophagienne ne rencontra pas d'obstacle marqué, et la sensation éprouvée par l'opérateur fat celle du passage de Tinslrument sur une tumeur de consistance molle; l'hémorrhagie eut lieu sept jours seulement après l'opération. Chez un malade du docteur Law, la sonde fut arrêtée par un obstacle, à quatre pouces de l'isthme du gosier. Il n'y eut pas d'accidents. La mort n^arriva que quatre mois après, et ne fut pas occasionnée par la rupture du sac. 11 est peu probable qu'on puisse jamais, à l'aide de la sonde œsophagienne, reconnaître si le rétrécissement par compression de l'œsophage est dû à un anévrysme, à une tumeur cancéreuse molle ou à des tubercules scrofuleux placés sous la membrane muqueuse. En général, on ne doit donc pas user de ce mode d'exploration, avapt de s'être minutieusement assuré qu'il n'existe, ni stridulation inférieure, ni inégalité de la respiration pulmonaire.
L'observation suivante est très-iutéressante. C'est un exemple de dysphagieavecdespériodes de rémission, sereproduisant pendant long; temps. La perforation de l'œsophage eut lieu, mais sans hémorrhagie*
Obs. LXXII. — Anévrysme de la crosse de V aorte ^ avec perforation de lœsophage et de la bronche gauche. — Dysphagie et stridulation inférieure, se montrant à de longs intervalles. — Disparition des signes physiques de V anévrysme, — Mort sans hemorrhagic.
Un gentleman âgé de trente-neuf ans éprouva, au mois de mai 1841, une douleur dans la portion inférieure de la région dorsale et dans
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les parties latérales du thorax. Cette douleur débuta assez brusquement, et finit par se fixer au niveau de la huitième vertèbre dorsale. On appliqua des exutoires sur les parties latérales de la colonne vertébrale , dans la supposition qu'il existait une carie des vertèbres : aussitôt que la suppuration fut établie, tous les accidents s'amendèrent. Après quelques mois, il survint une toux, présentant un timbre croassant, et de la dyspnée, qui augmentait par les efforts e| lorsque le malade essayait de rester debout sans être soutenu; si, an contraire, il s'appuyait sur des béquilles, ou s'il restait assis et penché en avant, les symptômes diminuaient d'intensité. Bientôt la dysphagia se montra. Je fus alors appelé en consultation avec sir Philip Crampton et le docteur Smyly. Ce dernier avait reconnu l'existence d'un bruit de soufHe, ayant son maximum d'intensité à la partie supérieure de la région antérieure de la poitrine, à gauche.
Nous constatâmes les signes suivants : La respiration s'accompagnait de stridulation inrérieure; le pouls était petit et faible i gauche ; à droite, il était bien développé. La clavicule gauche et la portion du thorax placée au-dessous étaient mates à la percussion ; dans les mêmes points, on percevait un battement diastolique fort, et lié à un bruit de soufHe. Il ne pouvait y avoir de doutes, quant à l'existence d'une tumeur thoracique, et nous fames d'accord pour admettre que c'était probablement un anévrysme.
Quelques mois après, tous les signes physiques commencèrent i disparaître. La dysphagie cessa ; le bruit de souffle ne s'entendit plus; le pouls radial du côté gauche reprit son caractère ordinaire, et le malade vécut en bonne santé pendant plus d'un an, excepté, toutefois, lorsque la suppuration des exutoires diminuait ou se suspendait. Au commencement de l'année 18A3, on négligea d'entretenir les cautères, et la dysphagie se montra de nouveau, à un degré qu'elle n'avait point encore présenté. Le malade fut rapporté en ville, mourant presque d'inanition : le docteur Smyly rétablit les exutoires ; la dysphagie cessa encore, et l'on vit la santé générale reparaître. A cette époque, j'examinai de nouveau le malade avec attention ; je ne pus retrouver aucun des signes physiques d'un anévrysme, ni d'une tumeur thoracique. Le 15 avril 18A3, le malade fut pris d'une diphthérite, qui gagna les bronches, et il succomba sans qu'il se fût produit d'hémorrhagie.
Autopne, — Le cœur était sain. Un anévrysme faux, très-volumi*