COMPLICATIONS
Beax el rempli de caillots sanguins, naissait de la première partie de Faorte descendante ; il s'adossait au corps de cinq des vertèbres dorsales ; celles-ci étaient le siège d'une perte de substance considérable. La bronche gauche et l'œsophage étaient comprimés par la tumeur. Le premier de ces conduits communiquait avec le sac par une perforation bouchée par un caillot. Sur le trajet de l'œsophage, on trouva deux perforations placées presque vis-à-vis l'une de Tautre, et établissant, en apparence, un passage à travers le point comprimé. Elles étaient également obturées par des caillots sanguins. L'aorte était épaissie dans ses parois et athéromateuse. Au sommet des deux poumons, on constata la présence de dépôts calcaires et de tubercules anciens.
Cette observation mérite d'être étudiée ; les limites que nous nous sommes tracées nous permettent seulement d'en signaler les traits principaux. Ce sont :
1* La disparition d'un grand nombre des symptômes et des signes ordinaires de l'anévrysme.
2* Le changement évident qui s'était opéré dans le siège de la tumeur, et la cessation des accidents causés par la compression des oignes avoisinants.
3* L'amélioration produite par l'usage des béquilles : cette amélioration était due, sans doute, à la diminution de la pression exercée sur la tumeur par la courbure en avant et en bas de la colonne vertébrale, au point où elle était en partie détruite.
à"" Le rapport singulier existant entre la suspension de presque tous les accidents, et l'abondance de la suppuration fournie par les exutoires. La dysphagie elle-même, après s'être montrée à un degré qui rendait imminente la mort par inanition, disparut lorsque les cautères furent rétablis.
La cessation complète des bruits et du murmure de l'anévrysme, et le mouvement de recul par lequel il abandonna la partie antérieure de la poitrine, s'expliquent seulement, en admettant que la tumeur se soit creusé un nouveau lit aux dépens du corps des vertèbres dorsales.
C«Hiplle«U«Bs ëe VmméwrjmaÊe ëe l'aorte thamclqve.
On peut les diviser en deux groupes : dans le premier, nous rangerons les maladies qui accompagnent la lésion principale, sans
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être produites par elle; le second groupe comprendra les lésions diverses, organiques ou fonctionnelles, dont Tanevrysme est le point de départ.
L'anévrysnie thoracique se montrant souvent chez des hommes d'une constitution forte, il n'est pas surprenant que U nombre des affections qui l'accompagnent ou qui l'ohl précédé soit très-limité. La complication la plus fréquente est la tuberculization; dans ce cas, la phthisie a souvent dès symptômes équivoques, irréguliers, et sa marche est lentement progressive. On comprend qu'il doive en être ainsi, en raison de l'âge auquel l'anévrysme est le plus commun. La coexistence des deux maladies est plus commune qu'on n6 le pen^ en général, et la mort est quelquefois le résultat de la phthisie; (e malade succombe sans qu'il y ait eu rupture du sac. Lorsque ces deux affections se combinent, je pense que c'est la lésion artérielle qui s'est montrée la première. Souvent il m'a semblé que certains anévrysmes mériteraient le nom d'anévrysmes consomplifs ou strumeux; le même état général détermine simultanément, et les dépôts tuberculeux dans les poumons, et les altérations des tuniques de l'aorte.
Au nombre des affections qui accompagnent l'anévrysme de Faorte thoracique ou qui en dépendent, on doit compter :
1** L'hypertrophie du coeur;
2"" La gangrène du poumon ;
S"" La paralysie, due probablement à l'obstruction artérielle.
L'hypertrophie du cœur ne se montre qu'accidentellement. Elle existait quelquefois avant le développement de l'anévrysme, ou bien il y avait insuffisance aortique. Dans le cas, au contraire, où le cœur et ses valvules ne sont point affectés, il n'y a aucune raison de supposer qu'un anévrysine placé sur un point quelconque du trajet de Taorle nécessite un excès de travail de la part du cœur ^ aussi le cœur est, en général, sain, dans les cas d'anévrysmes volumineux. On peut en conclure que la force de la pulsation anévrysmale ne dépend pas uniquement de la systole ventriculaire. J'ai démontré en 183 A que la violence du choc de rauévrysme s'expliquait par une loi d'hydrostatique, et que dans la presse hydraulique l'introduction d'une petite quantité de liquide dans le réservoir produit une force bien supérieure à celle qu'il a fallu employer pour l'y faire pénétrer. L'impulsion diastoliqnè du sac aiiévrysmal pent
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donc èt^ pdlssflnte, bien que la S]f$tote ventriciilaire soit faible. Les (idlsations ànévrysmales les plù^ fortes que j'aie janiais renconirées, existaient chez un malade dont le cœur était petit è( atrophié. L'anénjsme était volumineux, et le sac descendait dans Tabdomen. Les douleurs qu'occasionnaient au malade les seuls baCfèroenls de Fanéirjsme étaient indescriptibles; s'il se couchait, il lui semblait que h force des pulsations dût le jeter hors de son lit. La violence de riropulsion de l'anévrysme sera d'autant plus grande que le sang contenu est plus liquide. Dans l'anévfysme faux, lorsque les càillols soiit rares et la forme de la tumeur plus ou moins sphérique, il est facile de comprendre comment les parties environnantes sont déchirées et détrnites par la violence excessive de l'expansion.
De la mort dans l'anévrysme. — Etant donné un anévrysm'e, il est impossible de prédire ni le sens dans lequel il se dirigera, ni la durée de la vie du malade, ni la forme (tes accidents ultimes. On ne pent même pas aillrmer que la mort doive être le résultat de l'anètrysme : elle est due quelquefois à une affection aiguë ou chronique d'une tout autre nature, surtout si un traitemèùi judicieux a enrajé ou arrêté les progrès de la maladie ànévrysmale. Chez les malades qui n'ont pas d'affection concomitante du cœur et dorif l'anévrysme ne comprime aucun organe important, tel que la trachée ou l'œsophage, la mort, sans déchirure du sac, a lieu de plusieurs façons. Le malade peut succomber aux effets de la compression exercée par l'anévrysme sur les parties environnailtes ; il peut être usé, pour ainsi dire, par la douleur, la privation dé sommeil et une fièvre inflammatoire ; il peut être emporté paf une maladie aiguë accidentelle, la pneumonie, le choléra, la fièvre typhique ; ou bien par la phthisie^ lé gangrène pulmonaire, où une affection cérébrale.
Nous avons déjà vu que la perforation d'un organe creux n'im* plique pas nécessairement Thémorrhagie, et que la mort n*est pas toujours le résultat d*une communication établie avec la trachée, la bronche gauche ou l'oesophage. C'est ce qui arrivera surtout dans les cas où la maladie est chronique, et où', par suite de la depletion du système circulatoire, le sang ne remplit plus complètement le sac émévrysmal. Alors la force impulsive du sang est moindre, et les caillots sanguins qui obstruent la perforation restent en place. Il peut aussi se faire que la mort ne soit pas subite, mêrhe s'il s'est produit tout à coup une hemorrhagic abondante.
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Il en est de même, si Tanevrysme s'ouvre à la surface tégumentaire. Le fait suivant s'est passé à Sir Patrick Dun's Hospital, dans le serrice du docteur Osborne.
Une femme, de trente-cinq à quarante ans, fut admise à rhôpittl pour une tumeur pulsatile, évidemment de nature finévrysmale, et située dans la région inférieure du sternum ; cet os semblait avoir été détruit en partie. Quelque temps après, il se fit, à la partie la plus saillante de la tumeur, une tache circulaire et bien limitée de la grandeur d'un demi-penny. Bientôt la gangrène envahit la peau et lea parties sous-jacentes, qui se détachèrent , et Ton aperçut un tissa qu'on prit pour la face externe des caillots qui tapissaient l'aoévrysme. A chaque mouvement systolique du cœur, ce caillot avançait de manière à fermer l'orifice cutané; il rétrogradait au moment de la diastole. Le docteur Montgomery compara ce phénomène à l'occlusion de l'ouverture d'une Ûûte. La malade était gaie, et parlait beaucoup ; on avait de la peine à l'empêcher de chanter à haute voix. Quelques jours après, le caillot céda, et il s'échappa une très-grande quantité de sang. La mort eût été instantanée, sans la présence d'esprit de l'infirmière, qui, saisissant un tablier de coton, en enfonça un mor* ceau dans la plaie, de manière à en oblitérer l'ouverture. La malade se rétablit cette fois, et pendant longtemps, elle offrit le spectacle extraordinaire d'un individu plein de vie et d'intelligence, dont l'existence dépendait de l'appui précaire d'un chiffon qui semblait, à chaque battement du cœur, sur le point d'être expulsé. Il va sans dire que la malade finit par succomber.
Au muséum anatomique de l'université de Dublin, il existe une pièce artificielle due au professeur A. Harrison, et qui représente on anévrysme dans lequel la mort arriva par des hémorrhagies répétées qui se firent à travers la peau. Je dois au professeur Smith les détails suivants sur un fait analogue :
Une femme, Agée de quarante-six ans, avait un vaste anévrysme de l'aorte thoracique ; la tumeur avait perforé le sternum el faisait saillie à l'extérieur, recouverte seulement par les téguments : ceux-ci étaient légèrement décolorés, et évidemment ils s'amincissaient. Peu de temps après l'entrée de la malade à l'hôpital de Richmond, la peau céda, et une ouverture grande comme une pièce de quatre pence laissa passer tout à coup une grande quantité de sang, à l'état liquide et en caillots, L'hémorrhagie fut suspendue