‹ Traité des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 111 sur 121 · MODES DE TERMINAISON · texte numérisé non relu

MODES DE TERMINAISON

M partie par un caillot volumineux qui vint obturer Torifice de sortie, et l'on arrêta le sang momentanément, avec une compresse et ae bande. Il se fit encore, pendant un jour ou deux, un léger suintement ; puis survint une nouvelle hémorrhagie très-alannante qu'on arrêta encore, en ajoutant de nouvelles compresses. Les mêmes phénomènes se reproduisirent pendant à peu près dix jours; le sang jaillissait tous les deux ou trois jours et suintait continuellement après chaque hémorrhagie. La malade mourut épuisée et sans qu'il sorvfnt de syncope. En enlevant les compresses, on reconnut que l'ouverture extérieure s'était considérablement agrandie -, elle avait atteint la dimension d'une pièce d'une demi-couronne.

L'observation suivante, que je dois au docteur Neligan, mérite d'être étudiée, surtout au point de vue des idées de Gairdner, quant à la nature de certaines hématémèses, que cet auteur attribue au suintement d'une tumeur anévrysmale (1).

Obs. LXXIII. — Tumeur pulsatile de la crosse de Vaorie; des^ iructxon des côtes et perforation des téguments; hémorrhagies fréquentes^ et signes indiquant la diminution de la tumeur; amélioration notable sous V influence d'une diète généreuse.

Un menuisier de la marine, Agé de cinquante- six ans, fut reçu à rhêpital de Jervis street, au mois de novembre 18AA. Depuis trois ans il présentait une toux violente et des accès de dyspnée qu'il attribuait lui-même à une tumeur siégeant dans la région thoracique antérieure et droite, entre les seconde et cinquième côtes. Celte tumeur était ovale, à grand diamètre dirigé de haut en bas. A son niveau, la percussion faisait reconnaître de la matité; un y percevait un battement violent, synchrone avec la systole cardiaque, et Tauscoltation révélait un bruit de souffle double très -marqué. La peau était d'une coloration plus foncée au niveau de la tumeur, que dans les parties environnantes; la troisième et la quatrième côtes semblaient avoir été détruites à leur extrémité sternale, dans les points où elles étaient en contact avec l'anévrysme. Le pouls était beaucoup plus développé è droite qu'à gauche, et le malade était tourmenté par une toux fatigante et revenant par quintes. Sa voix avait un timbre enroué tout particulier.

(I) Edinburgh Monthly Journal of medicine^ 3' iiéric. vol. 1. 1850. arous. 38

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A rextrémité supérieure de la tumeur existait une tache rooge, d'un pouce de diamètre eniriron, et au centre de laquelle était pheé un petit oriOce muni d'un appareil valvulaire; de cet orifice a'échap^ paient, à chaque pulsation du cœur, des jets d'un sérum sanguinolent. Cette ouverture semblait communiquer avec la tumeur et présenter des sinuosités. Le malade déclarait que, depuis un an, il s'était échappé plusieurs fois du sang par cet orifice ; l'hémorrhagie était paritab très-abondante, et se faisait par un écoulement continu. Il ajoutait que, d'abord, la peau était devenue de plus en plus mince, jusqu'au moment où apparut une grosse bulle de sang qui creva, et devint le point de départ d'une hemorrhagic. Celle-ci fut arrêtée, à grandpeine, et pendant quelques jours il y eut écoulement d'un liquide sanguinolent. Les mêmes phénomènes s'étaient reproduits, chaque fois que la tumeur s'était ouverte.

Au début, il avait, pendant plusieurs mois, éprouvé un accès de palpitations, se renouvelant habituellement deux fois par jour. Ces palpitations s'accompagnaient d'une douleur vive, située à la partie inférieure du thorax, à droite : douleur dont le siège remonta graduellement jusqu'au point occupé par la tumeur. Puis on s'aperçât que les côtes étaient projetées en avant*, enfin, les accidents que nous avons décrits plus haut se montrèrent et allèrent en augmentant. Le malade avait été traité, deux ans auparavant, par des saignées répétées et une diète rigoureuse; remploi de ces moyens avait été suivi de bons résultats. Cependant la tumeur avait augmenté de volume depuis.

Une semaine environ après l'entrée du malade à l'hôpital, la pellicule qui recouvrait l'orifice extérieur s'était distendue de plus en plus, au point de former une tumeur sanguine du volume d'une grosse noix. Dans la soirée du 3 décembre, cette tumeur creva et un jet asseï mince de sang s'échappa. Malgré une compression raisonnable, il s'écoula ainsi une assez grande quantité de sang, jusqu'au momeol où le malade tomba en syncope ; on put alors arrêter l'hémorrhagie par une application de charpie sèche, et en comprimant, d'une façon continue, avec la main.

Le 31 décembre, on constata une diminution notable dans k volume de la tumeur. L'impulsion semblait produite par un corps beaucoup plus solide qu'auparavant, et la sensation de mollesse et de ûuctuation s'était complètement modifiée. Huit jours après furviat

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VM nouTelle hémorrhagie, mais, cette fois, la quantité de sang qui B*échappa fat beaucoup moins considérable. Le malade quitta l'hôpital le l*"" février 18A6, déclarant qu'il se sentait tout à fait bien. Li toui et la dyspnée avaient disparu presque entièrement. La tumeur Miil toujours évidente, mais elle était dure, et donnait à l'observalÉ«r la sensation d'une masse pulsatile dé consistance solide. L'ouiPilture sinueuse était tout à Mt Iftarmée, et l'écoulement du sérum ■mguinolent était complètement supprimé.

Le traitement employé consista dans l'administration répétée de la morphine, à petites doses, jointe à une alimentation fortifiante, iBiis prise en quantité modérée. Le pouls, qui donnait 70 pulsations I l'entrée du malade, était tombé au chiffre de A8, et s'y maintint constamment.

n est plus que probable qu'on avait affaire, dans ce fait singulier, A OD anévrysme volumineux ouvert à l'extérieur. L'ouverture était, SUIS doute, petite, et le canal qui laissait passer le sang devait être iinueux. On peut s^expliquer ainsi comment il était impossible que le sang s'échappftt brusquement par un jet considérable.

On se demandera s'il n'y avait pas là une tumeur fongueuse. Cette opinion, la seule qui puisse être mise en question, n'est pas admissible; en effet :

1"* Les symptômes qui marquèrent le début de la maladie sont eeax d'un anévrysme se présentant avec des caractères bien tranchés.

T Les pulsations de la tumeur étaient fortes et s'accompagnaient d'un double bruit de souille.

S* La tumeur n'avait extérieurement aucun des caractères d'une tttmeiir fongueuse ou de mauvaise nature ; il n'y avait, à la surface de la peau, rien qui indiquât une affection cancéreuse.

A* La santé du malade était encore relativement bonne, après trois ionées, bien qu'elle eût fléchi pendant quelque temps : circonstance qui ne se fût pas rencontrée dans le cours d'une affection de nature nudigne.

Nous avons observé deux f^it«!, dans lesquels un anévrysme de Faorte donna lieu à des hémorrhagies peu abondantes et répétées. Dans l'un et l'autre cas, la perforation s'était faite dans la cavité pleurale droite. Les symptômes furent très-semblahles ; chaque perte de sang produisait de la défaillance et de la matité dans la portion ialéneuredu thorax ; cette matité correspondait exactement A la quan-

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tité et au siège de Tépanchement. Les hémorrhagies se renouvelèrent, deux fois dans un cas, trois fois dans Taulre; dans ce dernier, Télat général et les caractères du pouls prouvaient que la perte de sang s'arrêtait complètement entre chaque hémorrhagie. Le malade dont il est question avait été guéri d'un anévrysme poplité. Quelques mois après, il éprouva de la douleur dans le côté gauche de la poitrine, et l'on soupçonna l'existence d'un anévrjsroe placé, probablement, sur le trajet de l'aorte descendante. Peu de temps après, le diagnostic ne devint que trop certain. Je vis le patient à la suite d'une première hémorrhagie qui s'accompagna d'une attaque convulsive violente, et de la disparition du pouls. La partie inférieure du côté droit de la poitrine était mate, dans la hauteur de la main. Le malade se remit, et la circulation se rétablit. Au bout de peu de jours, un nouvel épanchemenl sanguin eut lieu, et les mêmes symptômes se reproduisirent, La matité, cette fois, remonta jusqu'au-dessus de l'angle de l'omoplate. La troisième hémorrhagie fut mortelle; elle arriva en ma présence. Aussitôt après l'épaochement, le malade semblait être en très-bon état ; il était gai, sa face était bien colorée, le pouls plein, développé et régulier; l'appétit était bon, et la respiration tranquille. II se coucha, par hasard, sur le côté gauche : aussitôt, les convulsions reparurent avec une violence efîrayanie, le pouls disparut et, après quelques respirations spasmodiques, le malade était mort. A l'autopsie, on trouva la cavité de la plèvre remplie d'un sang décomposé en sérum et en caillots. L'anévrysme s'était ouvert i la partie inférieure de l'aorte thoracique. Mous ne découvrîmes rien qui pût expliquer la suspension des deux premières hémorrhagies ; le cœur n'offrait aucune altéralion.

La mort survenant subitement, et avec des accidents désordonnés^ est plus rare dans l'anévrysme qu'on ne pourrait le sup« poser. Elle succède souvent à des accidents progressifs de longue durée et s'accompagnant , quelquefois, de peu de souffrances; parfois aussi, elle est précédée d'une angoisse prolongée. La terminaison fatale peut également être subite, sans douleurs d'aucune espèce, et sans qu'il y ait rupture du sac. On a observé, â Dublin, plusieurs faits sembables. Moi-même, j'en ai rencontré un dam un anévrysme faux, et il y a, à la collection de l'hôpital de Richmond, des exemples d'auévrysmes vrais, dans lesquels la mort

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