DESTRUCTION DES VERTÈBRES
les organes affectés le plus souvent d'eclopie, sont la rate, les reins (surtout celui du côté gauche) et le foie. Aussi, si Ton n*a pas affaire i un anévrjsme diffus, on constate parfois l'existence de masses solides recevant une impulsion communiquée, sans expansion, et Ton est arrêté par les mêmes difficultés que pour le malade dont nous Tenons de rapporter Thistoire. Dans l'observation du docteur Beatty » le déplacement du foie, en bas et en avant, dans les dernières périodes de la maladie, et le retour de l'organe à sa position normale, après kl rupture de l'anévrysme, sont des circonstances d'un haut intérêt. J*ai rencontré quelque chose d'analogue, dans un anévrysme de la portion de l'artère hépatique qui est recouverte par la capsule de Glisson. Une rupture subite du sac dans la cavité péritonéale occa* sionna la mort. Le foie était moins volumineux que de coutume; la vésicule du fiel et les canaux hépatiques étaient distendus par la bile, à un point extrême. Le malade présentait un ictère persistant. Pendant la vie, on n'avait observé aucune pulsation (1).
Il est fort douteux que, dans l'état actuel de la science, on puisse reconnaître la destruction du corps des vertèbres à des signes certains. Cette lésion n'est pas constante, les faits cités plus haut le prouvent. Quelquefois, il est vrai, on constate de la douleur à la pression des apophyses épineuses du rachis ; mais ce symptôme ne soffit pas pour prouver l'existence d'une carie douloureuse. Tantôt on rencontre des douleurs névralgiques épouvantables, sans érosion des os ; tantôt, au contraire, cette lésion existe sans les douleurs lancinantes et sans la sensation sourde et persistante décrites par le docteur Law ; il y a donc de fortes raisons pour croire, conune
(1) Voyex Dublin medical Journal, V* série, >ol. V, p. 401. Mou ami le docteur Gairdncr a cité ce fait, dans la relation d'un cas d'ancvrysmc de l'artère ■ic«entérique supérieure {Edinburgh Monthly Journal, 1850). l*n des premiers symptômes observés fut uoe hématémèse ; cet accident indiquerait, suivant le docteur Gairdncr, que le sang passait directement du sac ancirysmal dans les conduit! hépatiques : il ajoute qu'on eût pu, par nue dissection attentive, retrouver les traces de cette communication. Sans toucher au fond de la question, il nous semble^ lorsqu'on rapporte les travaui d'autrui et qu'on eu tire des conclusions, qu'il vaut mieux les accepter tels qu'ils sont, que de les croire entachés d'erreur ou d'omission. Dans le fait eu question, il n'existait rien qui pût faire croire à l'existence, à on moment quelconque de la maladie, d'une communication entre Tanévrysme et les conduits hépatiques. L'autopsie ftat pratiquée avec ^and soin : nous éUons •itisté par le professeur Porter et par feu le docteur Uooston.
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il a été dit plus haut, que la résorption des os se fail sans douleurs. Lorsque la douleur existe, elle semble devoir être rapportée, d'une part, à un état inflammatoire ou nerveux du sac; et de l'antre, aux effets produits sur les filets nerveux avoisinants. En thèse générale, on peut dire que plus Tuuverture de l'artère est élevée, et plus il est probable que la maladie sera douloureuse. Les souffrances les plus fortes ont été observées, lorsque l'anévrjsme était placé entre les piliers du diaphragme; Touverture de Taorte siégeait un peu audessous du tronc cœliaque. On a affirmé que les douleurs étaient moins fortes dans le ca^ où la perforation occupait la moitié antérieure des artères, que dans le cas contraire. Je ne puis me prononcer â ce sujet, mais je suis convaincu de la rareté des anévrysmes par perfotalion de la paroi antérieure du vaisseau.
Le fait suivant est fort intéressant, au point de vue qui nous occupe : Un de nos confrères et amis fut consulté par un gentleman qui présentait les symptômes caractéristiques d'un anévrysme abdominal ; un bruit de souffle profond se faisait entendre dans la région épigastrique gauche. Après un examen attentif, on prévint les amis du malade de la nature de Taffection et l'on prescrivit le repos, une médication èalmante et une diète modérée, mais réparatrice. Cependant le inalade fut mécontent. C'était un grand amateur de chasse et il avait bâte de reprendre son exercice favori, la chasse au renard. Il consulta un autre praticien, celui-ci diagnostiqua une névralgie simple, et con« seilla au malade de se lever, de monter à cheval et de se mettre en chasse, à la première occasion.
Cet avis fut suivi, et, chose remarquable, pendant les huit ou dix jours suivants, le malade passa tout son temps à chasser, s'exposant à une excitation continuelle et à la fatigue, et les symptômes morbides disparurent complètement. Bientôt après, cependant, les douleurs reparurent; la tumeur anévrysmale s'accrut et le malade revint à son premier médecin. La mort arriva subitement, et, à l'autopsie, on constata l'existence d'une érosion profonde de trois ou quatre vertèbres dorsales. Ce fait est un exemple de la suspension des douleurs, dans un cas d'anévrysme abdominal, sous l'influence d'une impression morale et d'une excitation agréable, ainsi que l'a observé le docteur Beally ; il prouve, également, la nature non inflammatoire de la résorption des os. Signalons enûn ce l'ait, qu'un individu atteint d'un anévrysme et d'une destruction étendue du corps des vertèbres