‹ Traité des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 22 sur 121 · MALADIES DES VALVULES DU GCEUR · texte numérisé non relu

MALADIES DES VALVULES DU GCEUR

Le praticieDy appelé à traiter une affection vahulaire, doit, après avoir reconnu l'existence d'une lésion organique de l'orifice mitral, de Torifice aortique, ou des deux orifices à la fois, étudier avec une attention toute particulière les points que voici :

l"" L'obstacle au cours du sang est-il considérable?

2"* L'énergie du cœur a-t-elle augmenté ou diminué d*une manière permanente?

3*" Y a-t-il agrandissement des cavités du cœur?

A*" L'action du cœur est-elle régulière ou irrégulière?

5"* Quelle a été la durée de la maladie?

C'est après la solution de ces questions que le traitement peut être institué ; et c'est sur elles que se fonde, en grande partie, le pronostic.

Supposons, par exemple, que l'on rencontre un murmure lié au premier bruit et ayant son siège au niveau de la valvule mitrale avec ou sans hydropisie des extrémités inférieures. Si l'impulsion du cœur est normale, si ses contractions sont régulières et que le pouls soit en rapport avec leur force et leurs autres caractères, si la région précordiale a sa sonorité habituelle à la percussion, si enfin les pou* mons ne présentent aucun signe de congestion, et si le foie n'a pas augmenté de volume, on peut en conclure que l'intervention active du médecin n'est pas bien nécessaire. Qu'il soit modéré dans les changements à apporter aux habitudes du malade, lorsque le brait de souille existe depuis longtemps sans s'être beaucoup modifié, et si la santé générale n'est pas compromise ; qu'il se contente, en ayant soin de ne pas éveiller les craintes du nnlade, de l'engager à éviter toutes les causes qui stimulent le cœur outre me* sure, et que Vexpérience fait connadre pour chaque cas parti'culier.

De même, si, dans le cours d'une ntfection valvulaire chronique, l'œdème des extrémités inférieures s'est produit , si le malade a es des attaques d'asthme cardiaque, ou s'il a craché du sang, si l'énergie des contractions du cœur est conservée et que le pouls soit petit et faible, si le cœur fond ionne avec irrégularité et que la percusbion révèle l'augmentation de volume de ses cavités, si enfin il semble manifeste que les accidenis paroxystiques ont été déterminés par diverses causes, telles qu'un exercice musculaire poussé trop loin, des désordres du -«Ai^; du (QJe^ (les inquiétudes morales, ou l'abus des stimulants , on

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ta cooclura que les cavilés du cœur sont atleinles, et que la maladie suil très-probablement une marche progressive. Le traitement et le pronostic seront établis en conséquence. Le praticien sait qu'il j affaire, non-seulement à une maladie des valvules, mais ù ses effets coosëculifs les plus graves; il sait aussi que le danger d*uue mort mbite est beaucoup plus grand que dans le cas précédent.

Enfin, le médecin peut constater les signes indiquant un affaiblissemeot du cœur, et ceux-ci se présentent sous deux formes également caractéristiques :

V Contractions du cœur extrêmement irrcguliëres, Taibles, rapides et tremblottantes (fluttering) (1) ; le pouls qui leur correspond est rapide, inégal, irrégulier et intermittent. Il est difficile ou impossible de distinguer le premier bruit, du second.

2* Ralentissement pathologique des contractions du cœur, avec consenration de leur régularité ; l'impulsion cardiaque est faible, et peat même manquer entièrement, lorsque le cœur est tranquille, ou lorsque le malade n*est pas couché sur le côté gauche.

Si, en même temps que ces symptômes, le praticien constate, chez sMi malade, le besoin involontaire d'une respiration suspirieuse, s'il j a eu des attaques répétées de syncopes ou d'accidents simulant fapoplexie, et si ces désordres sont atténués par une médication sti- Qulante, il en conclura, qu'avec une maladie valvulaire mitrale (NI aortique, ou bien occupant à la fois les deux orifices, il existe un affaiblissement du cœur, et très-probablement un commencement de dégéDérescence graisseuse. Le sens commun, sans qu'il soit ici besoin de parler d'expérience médicale, indique suffisamment alors le traitement à instituer.

D*après ce qui précède, on voit que si le diagnostic des affections \alvulaires dépend de l'existence de certains signes physiques et de leur interprétation, le pronostic et le traitement, au contraire, sont fondés sur l'état dans lequel se trouve le tissu musculaire du cœur. Il est vrai que dans les affections valvulaires confirmées, la mort peut queliiuefois arriver subitement, le plus ordinairement par la rupture des Talvales ou des cordes tendineuses qui les sous-tendent. Mais l'appréciation de l'état du cœur, dans son ensemble, peut seule nous

;l, Fiutt^ring : ce moi n'a pas d equivalent dans la langue française; il signiflr ha€raI*.iULnt : «emMablc au battement de.^ ailes d'un oiseau.

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