X AVERTISSEMENT DU TRADUCTEUR
médicale; on reconnaît généralement combien cette distinction est erronée; et cependant, à aucune époque, la ligne de démarcation existant entre la théorie et l'application ne s'est aussi prononcée ; loB travaux et les tendances de la génération médicale contemporaine n'en fournissent que trop la preuve I Qui n'est frappé, en eflët, des progrès qu'a faits depuis quelques années la médecine, envisagée comme une science naturelle, et qui pourrait dire qu'il en ait été de même de ses progrès, au point de vue de la pratique? Le caractère dominant des ouvrages qui paraissent de nos jours est presque exclusivement scientifique. Plusieurs causes encouragent cette tendance ; il en est une que nous signalerons particulièrement, en raison même de son influence.
La méthode analytique prévaut généralement dans les ra* cherches modernes. Appliquée aux sciences naturelles, elle a produit des résultats si merveilleux, si inattendus, qu'on n'a pas hésité à l'étendre à la médecine, science d'induction philosophique par excellence. Il s'en est suivi un entraînement de l'esprit d'investigation vers le genre d'études reposant, au plus haut degré, sur l'analyse dans sa forme la plus absolue : l'étude analytique des fiaits matériels. C'est cette méthode qui a inspiré les clarifications adoptées aujourd'hui ; c'est à elle que sont dus les progrès énormes réalisés par l'anatomie et la physio* logie normales et morbides. Nous ne voulons donc, ni en con« tester l'utilité, ni en méconnaître l'importance. Stériles jusquelà, au point de vue de la pratique de l'art, les oonquétes de la science moderne sont devenues fécondes pour le praticien qui a su les appliquer, sous les inspirations et avec les enseigne* roents de l'expérience clinique.
A cdté de ce mobile des tendances scientifiques prédomi* nantes de notre époque, il en est un autre qui mérite d'être signalé : c'est le désir, désir légitime, de mettre de bonne heure en relief son individualité. On a hâte de publier, sans attendre que les leçons de la clinique médicale aient mûri les fruits de l'étude ; il peut en résulter, sans doute, des travaux remarquables à quelque titre, mais rarement ces travaux seront marqués au coin d'une utilité réelle, au point de vue de Tapplication de la science à l'art de guérir, parce qu'ils ne re-