‹ Traité des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 32 sur 121 · MALADIES DE5 VALVULES DU CCBUB · texte numérisé non relu

MALADIES DE5 VALVULES DU CCBUB

rouge, et appliqués sur tout le trajet des nerfs cubitaux; le cœur battait avec une force eitraordinaire, au point d'ébranler le corps enthr. Les carotides soulevaient avec force les téguments, et Ton pouvait suivre à la superficie du corps le trajet de toutes les branches arte* rielles. A chaque battement du cœur, le corps du malade tout entier semblait offrir une expansion générale, comme eAt pu le faire ho vaste anévrysme.

Le malade, pour obtenir quelque soulagement, renversait habituellement la tête en arrière, et plaçait la oolonne vertébrale dans Textension, comme dans Topisthotonose ; les bras étendus d'abord en baS| étaient ensuite levés autant que possible au-dessus de la tête, afin de donner un point d'attache fixe aux muscles grands pectoraux, daas l'espoir de diminuer la sensation de constriction thoracique. La posi» tion du malade, la pâleur de sa face, ses yeux noirs hagards et d^m aspect sauvage, Texlréme intensité de Tangoisse, la sueur qui perlait d'abord en grosses gouttes et qui bientôt coulait le long du cou, tMt cela formait un tableau vivant qui se refuse à toute description, -et nous offrait l'image d'une souffrance qu'on ne peut imaginer ni décrire.

Lorsque l'accès était terminé, le malade retrouvait une tranquillité parfaite ; il semblait sortir d'une lutte soutenue avec désespoir, et était plein de vivacité d'esprit et de gaieté. Si l'accès survenait pendant la nuit, le malade était réveillé subitement par une sensation ressemblant à un cauchemar, et il se levait brusquement. Le plus petit effort musculaire, Taction de s'envelopper de son couvre-pied, par exemple, suffisait pour déterminer Tinvasion de l'accès, aussi avait-il pris rhabilude de se coucher tout habillé. Bien souvent, la nuit, fiatigué par ses efforts pour empêcher l'accès, et vaincu par le sommeil, bien qu'il restât levé, il tombait sur le sol, et se relevait brus(|uemeiit, en proie à un accès d'une violence inaccoutumée. Vers la fin, les accès devinrent de plus en plus fréquents ; l'action de manger sufBsait pour les ramener, aussi (^prouvait<il souvent une grande crainte lorsqu'il s'agissait de prendre de la nourriture. S'il lui venait l'idée qu'il était placé de fnçon h ne pouvoir prendre, à volonté, la position qui pourrait le soulager, coin suffisait pour déterminer un accès; la plus petite émotion morale uvnit le môme effet. Pendant longtemps il ne put voir aucun de ses amis; il descendait diner à cinq heures, et si quelqu'un remarquait son arrivée ou lui demandait de ses nouvelles.

AfracnO!! DES VAtTULES A0RTIQTTE8. SS3

0 fur? enait un accès. Pendant le dtner, il marchait dans la chambre m s*aceoiidait à la cheminée, et ne s'asseyait jamais pour prendre ses fspus*

L'usage des stimulants diffnsibles avait été toujours suivi d'une grande anélioralion, et sans aucun goût réel pour les boissons fortes, il prit, pendant de longues années, rhaj[)itude de boire, chaque jour, 18 grands verres de punch ; une attaque de delirium tremens le lètermiBa à cesser cette pratique et à lui substituer l'usage de l'opium ; ivec beaucoup de ménagements et de précautions, il réduisit la dose 4e ce dernier médicament à une pinte de laudanum par semaine; acere fallait-il que ce laudanum conttnt de l'opium de la meilleure fialité. Aucun sel de morphine, ni même les gouttes noires, ne remplisëaienl le même but, à moins qu'on n'employât des doses trèsélevées. Les autres stimulants, la liqueur anodine de Hoffmann, par Qemple, combinée avec des sels de morphine, produisaient du soulagement. Tous les six mois à peu près, il survenait une suppression firtieUe des urines, atec douleurs dans la région des reins. Vers la la, Tanasarque apparut aux membres inférieurs. Jamais il n'y eut de piiflement œdémateux de la face; mais il ne faut pas oublier que le ■abde ne se couchait jamais, la position horizontale paraissant gêner l'action du cœur; il n'y eut pas non plus ni dyspnée ni toux. Cet hmune fut trouvé mort dans son lit; une heure auparavant, il avait M TU dans sa position habituelle, assis ou plutôt soutenu verlicale- ■enl dans son lit, et il avait exprimé à son domestique sa satisfaction f avoir passé une bonne nuit.

La mort paraissait avoir été facile, car la position du corps était Il même qu'au moment où il avait été vu pour la dernière fois.

Pendant tout le cours de la maladie, qui dura dix années, il n'y al jamais la moindre apparence de congestion, ni d'une interruption k la circulation. Jamais il n'y eut ni épistaxis, ni hémoptysies, H soffusionB sanguines oculaires, ni'céphalalgie, ni rêves effrayants; cafin, et nous l'avons déjà fait remarquer, jamais ce malade ne pré- NbU de toux, quelque légère qu'elle fût, ni de dyspnée.

A l'autopsie, faite trente heures après la mort, on n'aperçoit, après fabiation du sternum et des côtes, qu'un péricarde immense qui adhère de tous points à la surface du cœur, et ce fait vient conflr- ■er Topinion qu'on s'était faite sur l'origine de la maladie. La base èi eœur eal plaoée plus haut que d'habitude ; le ventricule gauche

2€3 7ftZ.TT:LfiS

« i7i«mçflm « uuMt: I m 4^n oinsrAuire; ie poids do i^jT. lar^ 01 itt fa i rwrs ^ -safflute aufSK, est de iA onoes « Mssus. LVT^nnoniifr ** inii^ m eliè famehe do ccbut, ^ k ^ ^ Hannii» ja pâle àm cœur. GeUe-d

ft a jaez^ n&Mre ôi cbk «ant :

'ja sin& a? ^ «» «^ 1«*?*^ iJMçnaMiŒi rif lb par des dépôts

or rcrisiûfts-

ùt}t wsoKTt accauf : * w^fa^açt àm sb^ sit iiib»

Of TKâOL DK {WKZ k piÙ 1

. ec U rapiânê swc HfnTig se :

cÎAji k knit ôe refta Âe se }nttiii|{flr. Vi

ek-Atee pwmsBHi vMar <t

TunnmcEi 9*^ ot cnntame;.

sesUkaA ui p«xi£ Biflàfe of fiw-^nues^ i

La Ài«»tf<^"g Be rèvâi mciBf an&Y lOiênein ^'eii pat ûérei ctoBDe u onse mabèasat at \k iditl £ b*t mvwiÊL mmcuB éeu- <iiemB&t cuts rencèfàuùf ; a nèsua or b jmiiiiM de coips et des cirmstxcres &r.nesseire&. if Akw Eb^ cnt devoir attribacr b iDift Î mie FTDCOpe-

Tooies le^ iDèâ»caâMts àifnmuàe^ Tvs^ de It diptale par eiemjùe, af^raxûeni k mnbdif ; il en «ftaal de aêae des pugatifs

D sonUe qae if viùnBf éninie ôb rjnr eit de piiadiiiie um voBssaiY ôe it parDf correspoiàmie ôe iiimx« aats ceDe-ci était, as coittnùxe, apbtk.

Imm^fummftt mMtifm iiiiilaei / «wrrynM, — L^uaiffisaiice

MTliqae «til frêqnemmefta }rise pMir m anrârsMf de Taerte oa des

IraKs iHManês; cesie errem e§4 ftdieosif poork Mdeda, et peal

itoe flne. pwr k asalaoe. des coBsétfoeDOK ks plvà. désastreuses :

fltf, à aa rmaiirr^iurf phis amasmot àa» ks cas où b mi-

têÊk wÊuaÊt^ et s*ctf acoonpi^pièe prompieneBt d'oae impol*

AfPECTlOff DES VALYOLES AORTIQUES. 225

Ml bien marquée à la région supérieure du sternum. D*un autre céCé, le docteur Corrigan cite un fait où la maladie, avec une marche très-chronique, déterminait des battements si violents des troncs innoqQ*OD ne conçut jamais le moindre doule sur Texislence d*un s. A l'autopsie, on trouva l'aorte amincie et dilatée au point fw les ¥«lmles ne fermaient plus ; la dilatation s'étendait au tronc inominéy aux carotides et aux artères sous-clavières. Cet auteur afMie avec raison :

« L'élmie de la maladie dont il est question, et la connaissance de

> ce iliit, qu'une pulsation violente à la base du cou ou du sternum

> pent élre due à une autre cause qu'à un anévrysme, empêcheront » qu'on ne se forme trop précipitamment une opinion sur la cause

> <e ces battements. Ils peuvent dépendre d'un anévrysme ou d'une V inmfBsance des valvules aortiques. Si c'est un anévrysme de la crosse tde raorle ou du tronc innominé, les pulsations sont limitées aux I rameaux atteints ou à la région qu'ils occupent ; les autres troncs » nîssant de la crosse aortique battent comme à l'ordinaire, ou avec I ine forte moindre, et il n'y n dans les grosses artères, ni bruit de » iMifflel y ni frémissement. Lorsque , au contraire, les pulsations I ios-stemales, ou celles de la région du tronc innominé, dépendent I ë'nne insuffisance aortique, tous les gros troncs naissant de la crosse I de l'aorte battent avec une violence égale, ou présentent, à ce point I de Toe, des différences insignifiantes, dues au calibre des artères et » à leor position plus ou moins superficielle. On rencontre toujours I alors, un bruit de soufflet et du frémissement. >

c II est important, non-seulement au point de vue du Iraitement,

> nais aussi pour calmer les inquiétudes du malade, de savoir que » l'insuffisance aortique peut simuler un anévrysme de la crosse de

> l'aorte ou de l'origine du tronc innominé. Dans l'anévrysme de

> l'aorte, la vie n'est pas en sûreté un seul instant, et il peut être

> itlle, même avec un espoir bien faible de guérison, qiie le malade » s'abstienne de tous efforts. Dans Tinsuflisance aortique, la mort n'est

> jamais subite, et le malade peut, avec quelques précautions conve- • labies, mener une vie active pendant de longues années. Ce régime

> hi est même favorable (1). >

lais l'anévrysme et l'insuffisance aortique existent quelquefois en-

.1; Edinburgh medical and su rgiyit Journal, vol. XXXVII, p. 236, 237. sTons. 15

336 I1ALAD1£5 D£S VALVULES DO CCBDII»

semble. Nous reviendrons sur ce point lorsque nous en serons arrivé au diagnostic de Tanévrysme; ici faisons seulement ressortir Terreur qui consiste à prendre une affection des valvules aortiques pour im anévrysme. Cette erreur est le résultat de notions incomplôles sur cas deux maladies. Ainsi on croit souvent que le bruit de souffle existe toujours dans l'anévrysme, et Ton en fait un signe de la maladie. Oa admet également que l'hypertrophie du cœur se produit nécessaira* ment à la suite de la maladie que nous venons de nommer, et Toa s'appuie sur ce phénomène, qui se rencontre constamment dans l'insuifisance aortique, comme sur une preuve nouvelle de Texisteaca d'un anévrysme. Et cependant le bruit de souffle artériel, avec les signes de l'hypertrophie du ventricule gauche, qui est de règle dans rinsufGsance aortique, n'est rien moins que constant dans l'anévrysme»

L'insuffisance aorlique peut être prise pour un anévrysme de Taorta abdominale; j'en ai vu un exemple. N'oublions pas que dans les cas où la maladie est bien marquée, et où le ventricule gauche a conservé son énergie, toutes les artères préseutent une exagération de leurs pulsations ; joignons à cela la suractivité des vaisseaux placés au voisinage des organes qui sont le siège d'une inflammation, et nous comprendrons facilement que chez un individu qui présente déjà una exagération de l'action de l'aorte, si une cause locale vient encore l'accroître, il puisse se produire des pulsations extraordinaires, qui simulent alors un anévrysme abdominal. S'il existait une hypertrophie du lobe gauche du foie, on pourrait trouver à l'épigastre, pendant quelque temps au moins, une tumeur agitée de pulsations violentes. Après quelques jours, cependant, tout peut disparaître, et le malade revient à son état de santé ordinaire, si l'équilibre de son organisme n'a point été troublé par un traitement débilitant, et si l*on n'a pas porté l'agitation dans son esprit, en lui annonçant qu'il est atteint d'une affection aussi terrible que l'est un anévrysme abdominal

Kn pareilles circonstances, l'attention du praticien doit porter sur les points suivants :

j"" L'absence des symptômes habituels de Tanévrysme abdominal.

2" Le bruit de souille n'est point limité au vaisseau qu'on suppose atteint d'un nnrvrysnie ; il s'entend dans l'aorte thoracique et à la base du cœur.

3" Il existe des pulsations fortes dos artères fémorales, qui, de même que les carotides, peuvent présenter un murmure.

AFfEÇTIOM DE8 VALVULES AORTIQUI^. 227

Enfin, lês symptômes d'une inflammation constitutionnelle doivent bire rejeter l'existence d*un anévrysme.

On pourrait se demander si l'état que nous venons de spécifier simule parfois l'anévrysme de l'aorte thoracique» aussi bien que celui de l'aorte abdominale. Je n'ai rien à dire à ce sujet : à priori, il semble peu probable que l'aorte puisse se surexciter sympatliiquement dans le tborax comme dans l'abdomen; là, cette surexcitation se ren« contre fréquemment, en dehors même de Tinsuffisaiice aortique. Elle est commune dans l'hystérie; on la rencontre également dans le cours de diverses inflammations du système digestif, à l'époque de la mens* tmation, et pendant la première période de la gestation.

L'observation qui suit est importante au point de vue de l'accrois* sèment d'action des artères, dans l'insuffisance aortique. Le malade foi en est le sujet a ^é confié aux soins du docteur Graves et aux miens, pendant la plus grande partie de sa maladie, si longue et si extraordinaire.

Ok. XXV. — Signes d'une insuffisance aortique existant depuis longtemps. — Symptômes persistants^ simulant la fièvre rhu^ maiismale. Surexcitation locale de l'acte fonctionnel des artères. Cessation des pulsations de ï artère radiale gauche. — Uort,

Un jeune garçon présentait depuis bien des années les signes d'une insuffisance aortique, lorsqu'il fut atteint, au commencement de mars 1851, de la maladie qui l'emporta. On ne put déterminer exactement l'époque du début de l'aff^ection cardiaque; il est certain que le bruit de va-et-vient existait à la base du cœur depuis bien des aimées. Sa dernière maladie commença par des symptômes ressem- Utnt à ceux d'une inflammation gastrique. Cet état avait quelque chose de rémittent; il s'accompagnait d'accès irréguliers, de frissons, qui se reproduisirent pendant longtemps. Ce qui indiqua d'abord qu'il pouvait y avoir là quelque chose de rhumatismal, fut l'apparition soudaine d'une douleur dans un mollet. Les accès de frissons se succédaient quelquefois à quelques heures de distance ; ils étaient suivis d'une fièvre intense, pendant laquelle le pouls radial avait une force inaccoutumée, et vibrait d'une façon singulière. Les contractions du cœur, bien que surexcitées à un certain degré, ne l'étaient pas en proportion du pouls. Le malade se plaignait beaucoup du bruit et des pul-

Page 1