MALADIES DES VALVULES DD CCBOB
salions qu*il percevait dans la tète ; il prétendit an jour qu*il lai semblait sentir dans son cerveau le mouvement d'une baratte i beurre. L'usage de Topium augmentait les accidents.
Bientôt après, la maladie revêtit un caractère qu'elle conserva avec une persistance singulière, jusqu'à l'approche de la mort. Le malade avait des accès de frissons, suivis de fièvre intense et de sueurs, qui s'accompagnaient presque toujours d*une inflammation locale ressemblant à de l'arthritis, avec cette différence cependant qu'elle avait son siège plutôt au voisinage des articulations que dans l'articulation ellemême ; les frissons se succédaient à des intervalles de huit à qua* rante* huit heures, et aucun traitement ne put les enrayer. Jamais la malade ne présenta de véritable arthritis. L'articulation tibio-târsienne, par exemple, semblait-elle être atteinte? On ne trouvait aucun signe d'un épanchement articulaire, mais le dos du pied était rouge, douloureux et sa température était élevée. Il en était de même au genou ; la tuméfaction ne siégeait pas dans l'articulation, mais dans une étendue de deux ou trois pouces carrés (anglais) audessus de la rotule. Si la main était prise, les symptômes locaux occupaient la région des os du métacarpe, plutôt que les articula* tiocs. Dans la dernière période de la maladie, l'inflammation locale consécutive à chaque accès de frissons se montra dans les points les plus insolites; la paupière, le nez, le pourtour des ongles étaient souvent le siège dé cette inflammation éphémère.
Au début de cette singulière maladie, le cœur était sujet à une excitation qui se reproduisait de temps à autre : celte disposition disparut ensuite. L*organe central de la circulation, tout en présentant un double murmure qui se propageait dans les artères, jouissait d*un calme remarquable. Une des circonstances les plus extraordinaires de ce fait, c'est le degré d'excitation des battements artériels au voisinage des diverses inflammations locales. Il est impossible de donner une idée du caractère des pulsations telles qu'elles se montraient dans Tartère tibiale antérieure et dans ses branches. Lorsque le pied était atteint, il survenait dans Tartère que nous venons de nommer des pulsations si nettes et si violentes, que l'impulsion qu'elles communiquaient était comparable au coup d'un marteau d'acier sur une enclume, et qu'il semblait que le pied tout entier allait éclater et se diviser u chaque pulsation ; cependant le cœur battait tranquillement et le pouls radial était foible et dépressible.
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La maladie persista sans rémission pendant trois mois; on remarqua alors qu'à la suite d'une attaque pendant laquelle la main gauche avait été atteinte, la température du bras correspondant diminuait et que le pouls devenait petit et peu distinct au poignet. Quinze jours auparavant il y avait eu des douleurs très- fortes dans le bras (anche. Bientôt on put constater que toutes pulsations avaient cessé dans l'avant-bras, et on ne les retrouvait qu'à peine dans la partie supérieure de Tartëre humorale. Après une quinzaine, les pullatioDS reparurent faiblement au poignet, mais il n'y eut aucun arrêt dans le processus morbide qui s'était établi. Les accidents se répétèrent de jour en jour sans modification. Les sueurs devinrent colliqaatives, la diarrhée se montra, et une pneumonie congestive vint terminer la lutte que le malade soutint contre la mort pendant près it quatre mois, sans qu'aucun traitement eût une action favorable. Les Crissons reparurent tous les deux ou trois jours, jusqu'au dernier ■ois, pendant lequel la fièvre prit une marche plus continue. A chaque frisson succédait une de ces inflammalions locales particulières avec les pulsations signalées ci-dessus, tantôt dans un point et tantôt dans un autre. L'autopsie ne fut point pratiquée.
Quelle qu'ait été la nature de celte maladie, qui résista à l'emploi da quinquina, de l'opium, du mercure, de Tiode, du colchique aossi bien qu'à l'administration des stimulants, ce fait est éminemment instructif. C'est un exemple d'excitation locale extraordinaire da système artériel, coïncidant avec des inflammations passagères, dans le cours d'une insuflisance aorlique ancienne.
Il est peu de maladies dont la nature soit plus obscure que cette eiagération locale de l'action des artères, et il n'est pas de symptôme pins singulier, dans un cas d'insuffisance aortique.
Il est certain que, dans l'exemple cité, nous n'avions pas affaire à de Tartbritis. Etait-ce là une forme erratique et miUastatique de l'artérile? C'est la seule supposition que nous nous permettions de faire.
On observe les difl'érences les plus tranchées dans la durée de la première période de la maladie qui doit se terminer par l'inocclusion des valvules aortiques. Il y a des individus d'un à^'e assez avancé, dont Tapparence indique une prédisposition à une affection du cœur; ib sont, en général, assez sujets à la dyspepsie et à la goutte. Sons rinfluence d'un dérangement passager des fonctions de Testo-
Di ces individus se plaijgnent de battements dans la tête et d'un
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sentiment de malaise qui adirent rattention du médecin sur l'état da cœur. On reconnaît alors que le pouls est dur, sans présenter cep6ii* dant cet affaissement subit {collapsing character) qui existe dans l'insuffisance aortique. Les pulsations artérielles ne sont point Titl» bles, et la guérison des troubles digestifs peut faire disparaître pov longtemps les symptômes observés. Et cependant, chez ces malades, on entend, d'une façon continue, un murmure systolique, simple, se propageant sur le trajet de Taorte : ce murmure a son maximom d'intensité à la base du cœur; souvent il ne se perçoit pas à gaodie du mamelon, et le deuxième bruit cardiaque est net. Les malades peuvent rester pendant très-longtemps dans cet état; ils jouissent d'une santé excellente et peuvent se livrer à un exercice actif, s^s aucun trouble respiratoire. Je soigne en ce moment un gentleman qui depuis deux ans est dans cet état, et qui peut se livrer à la chasse et à Téquilation, il peut même gravir impunément une colline longoe et rapide, sans que la respiration en souffre. Je ne doute pas qae las faits analogues ne soient communs. L'immunité dont jouissent ces malades, quant aux progrès de l'affection cardiaque, parait dépendre (le ce que ceux qui en sont porteurs échappent aux effets de la régurgitation s«mguine, les valvules continuant à fermer l'orifice aoriique.
Le murmure de l'insuffisance aortique, ordinairement douMs, peut être quelquefois simple; il accompagne alors la systole, ou bien il se rattache à la régurgitation du sang. Habituellement, il a un timbre peu élevé, doux et sans résonnance musicale. Parfois, au contraire, lorsque existent des ossifications considérables et irrégulièrement disposées, à l'orifice de l'aorte, on perçoit un munniire musical qui se propage, même duns les artères éloignées du cœur, et qui est parfois assez distinct pour (Hre entendu à distance. On pent également rencontrer un murmure musical intense avec les signes gé« néraux de l'insuflisîmcc aortique. Le professeur Banks a montré dernièrement à la Société pathologique un cœur dont les valvules aortiques étaient altérées et ne fermaient plus. Des végétations énormes et des masses de tissu iitliéroniateux mou remplissaient les sinus et couvraient la face \enlriciilaire des valvules. En versant de l' eau par l'aorte, elle pénétrait dans le ventricule; il semblait même que le passage du liquide fût plus facile dans ce sens que dans le sens opposé. Une portion de la matière athéromateuse, de plus d'un pouce de long,
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dqvi s*iiDplaiiUiit par un pédicule étroit, s'étendait, libre de tous côtés, l'aortey où elle vibrait sans doute comme Tanche d*un instrual de musique. Dans ce cas, on entendait sur le trajet de Taorte iB brait musical très-fort, et les artères offraient des pulsations fiûbles, comme dans les cas ordinaires d'insuffisance aortique. Le ■ihde avait succombé à la suite d'un accès de dyspnée, le premier ^'il eût présenté dans sa maladie.
•m «itif éÈÊkgmmmîUimeu tiré» de l*étet éem cavités eardllaqmes.
Maintenant que nous avons étudié, d'une façon générale, le iia^ostic pratique des affections valvulaires, nous pouvons nous oceoper des travaux de Forget, un des derniers auteurs qui aient écrit !ir les maladies cardiaques, et examiner s'il est en droit de déclarer, cmme il l'a fait, que la loi de la rétrodilatation fournit des données met positives et assez fixes pour constituer un progrès dans le diapostic des affections cardiaques. Faisons remarquer d'abord, que la Aéorie qui veut qu'une cavité du cœur se dilate lorsqu'il y a obstacle 1 sa depletion, suivant la direction tracée par la nature, n'est pas lonvelle; il est juste d'ajouter que l'auteur n'en réclame pas la priorîfé, mais il soutient qu'il l'a, le premier, appuyée sur des bases solides, et qu'il en a fait ainsi un élément important du diagnostic.
On arriverait facilement, suivant Forget, à déterminer le siège des ■alidies valvulaires du cœur gauche. Il a démontré la difficulté qu'il ja à distinguer, par les signes stéthoscopiques, les affections des cavités gauches, de celles qui on: leur siège k droite ; cette difficulté était admise depuis longtemps par les praticiens. Il avance également qu'on ne peut reconnaître, avec certitude, si la maladie occupe isolément l'orifice mitral ou l'orifice aortique, en se fondant iniquement sur l'étude du siège et du caractère dos bruits anorttanx : de sorte qu'en tenant compte de la grande fréquence des ttaladies du cœur gauche, et en admettant qu'un murmure permalenty rade le plus souvent, et accompagné de frémissement, soit le dgne caractéristique de l'affection valvulaire. on pourrait, lorsque ce brait existe, conclure, selon lui, à l'existence d'une affection de l'ori- 8ce aortique, si le ventricule gauche est dilaté ou bien hypertrophié-, on diagnostiquerait au contraire une affection des valvules mitrales, ii le ventricule gauche ne s'est pas modifié.