‹ Traité des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 34 sur 121 · MALAD1£S DES VALVULES D0 COBUR · texte numérisé non relu

MALAD1£S DES VALVULES D0 COBUR

S'il s*agit d*une afieclion mitrale, la loi de rétrodilaUtion aeraîl encore applicable. L*oreilleUe gauche se dilate, ainsi que l'indique la malité à la percussion, puis les cavités droites du cœur. La pléni* tude (fullness) de la région précordiale qu'on observe dans l*aQévrysme actif du ventricule gauche manque; le pouls est petit el n^offre ni la dureté ni le caractère vibrant qui indiquent une angmentation de la puissance du ventricule gauche. Forget indique ui autre signe diagnostique qui est inadmissible, c'est la faiblesse de l'impulsion cardiaque. Nous savons que lorsque le ventricule droit s'hyperlrophie consécutivement à un rétrécissement mitral, l'imputsion produite par le choc du cœur est habituellement forte. Forget a donc réuni deux signes diagnostiques incompatibles, en associant la faiblesse de l'impulsion cardiaque à la matité précordiale à la percussion.

La loi de la rétrodilatation a-t-elle une valeur assez grande pour avoir fait faire un. pas en avant à la science du diagnostic? Cela est fort douteux. La dilatation à tergo n'est pas constante, et lorsqu'elle existe, on ne peut pas toujours la reconnaître sûrement et sansdifficultes. Combien de fois les signes de l'hypertrophie et de la dilatalioe du ventricule gauche ne manquent-ils pas, dans l'affection des valvules aortiques? Par quels moyens reconnaîtrons-nous la dilatation de l'oreillette gauche, dans le rétrécissement mitral? Ily a loin du diagnostic théorique à celui qui est sanctionné par l'expérience. Forget rapporte un cas dans lequel le malade, homme de soixante* cinq ans, affecté de bronchite chronique, présentait des battements irréguliers du cœur et une impulsion cardiaque faible. Un murmure un peu rude accompagnait le deuxième bruit, et ne se prolongeait pas dans l'aorte. On diagnostiqua une affection de la valvule mitrale. A l'autopsie, on trouva le ventricule gauche fortement hypertrophié, et Foi get, modifiant immédiatement son diagnostic, déclara qu'il devait y avoir une altération des valvules sigmoïdes. En effet, cellei«ci étaient ossifiées, raccourcies et insufiisantes, et la valvule mitrale était saine. Ce fait est cité à l'appui de la loi de la rétrodilatation. Hais il faut plus que cela, pour donner le nom de loi à un fait qui a pu se reucontier, accidentellement, dans un certain nombre d'observations. Revenons au malade du docteur Fleming, et voyons si It loi de la rétrodilatation est applicable dans ce cas.

Il s'agissait d'un individu qui présentait la réunion des symptônet

DIAGNOSTIC FONDÉ SUR L*ÉTAT DES CAVITÉS CAItDIAQUES. 2SS

SiÎYants : nmrraure valvulaire, pouls petit, faible et irrégulier,

absence des signes indiquant une hypertrophie active du ventricule

ganehe, phénomènes appartenant, au contraire, à un affaiblissement

de la contractilité cardiaque. A Tautopsie, on trouva un accroisse-

nenl considérable du cœur, dû, presque exclusivement, à la dilatation

hjparirophique du ventricule gauche. Dans ce cas, avant que le

cMr fût ouvert. Forget eût annoncé une affection de l'orifice aor-

lifw, et cependant les valvules mitrales seules étaient malades ; les

lalmles sigmoîdes, saines, fermaient complètement l'orifice. On ne

éûk pas oublier, d*ailleurs, que la rétrodilatation est un phénomène

coBsécutif des affections valvulaires, et que le moment où il devient

aiseï considérable pour être utile au diagnostic, est très-variable dans

la différents cas. Il peut s'écouler bien des années avant que la

ctvité se dilate, bien qu'il existe un murmure ; quelquefois, même,

hnort arrive par syncope, par asphyxie ou par rupture des valvules,

mot que les signes de la rétrodilatation soient devenus manifestes.

liott ne pouvons expliquer pourquoi les cavités s'hypertrophient et

le dilatent quelquefois, tandis que, dans d'autres circonstances,

m conditions ne paraissent avoir aucune tendance à se montrer ;

1 parait certain, que pour qu'elles se produisent, il faut plus

fi'in simple obstacle mécanique. Il doit y avoir quelque altération

lilile ou quelque modification organique du tissu musculaire qui

tnonse l'apparition de la dilatation ou de l'hypertrophie, et l'ab-

mce de cette modification parait assurer l'intégrité des cavités car-

iiques.

Eo effet, la rétrodilatation n'est pas seulement le résultat, pure-

MBt mécanique, d'un obstacle à la circulation, pas plus que l'hyper-

tiuphie à lergo n'est une modification inévitable, destinée à vaincre

H obstacle. Le rétrécissement aortique peut être porté très-loin, sans

fi*il j ait hypertrophie et dilatation du ventricule, c'est là un fait

tmnu de tous les anatomo-pathologistes. Plus d'une fois, j'ai vu le

matricule gauche n'offrir aucune modification dans son état, bien

fie le rétrécissement de l'orifice fût assez considérable pour qu'on se

tesandât comment la circulation avait pu continuer à s'accomplir.

Le professeur Smith a observé plusieurs faits de celte espèce, et il a

pa constater dernièrement la coïncidence d'un état de contraction do

leatricule gauche (hypertrophie concentrique des auteurs) avec une

obstmclion considérable de l'orifice aortique.

Page 1