‹ Traité des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 36 sur 121 · MALADIES DES VALVULES DU COKUIU · texte numérisé non relu

MALADIES DES VALVULES DU COKUIU

vules auriculo-ventricolaires doivenl présenter, à leurs bords libres» les poches décriles plus haut; les cordons tendineux, ainsi que les colonnes charnues, doivent avoir une longueur proportionnée à la capacité des ventricules. Si la confonnation des valvules n*est pas normale, elle permet le reflux du sang du ventricule dans Toreillette pendant la systole ; il y a alors insuffisance, ou bien obstacle à la pénétration du sang dans le ventricule pendant la diastole.

» Le premier de ces états se rencontre souvent lorsqu'il y a épais« sissement des bords libres des valvules, et réunion de ces bords aux cordons tendineux qui s'attachent à la partie moyenne des valvules ; disposition qui empêche la formation des poches. Il se produit encore par le raccourcissement, rallongement ou la rupture des cordons tendineux, par des végétations ou par le dépôt de caillots sanguins, etc., sur le bord des valvules; et encore par l'adhérence des valvules aux parois du ventricule. Dans le second cas, réitération est due à la présence d'excroissances très-marquées, de caillots sanguins, de concrétions calcaires sur la face auriculaire de la valvule; elle peut résulter aussi d'adhérences des cordes tendineuses entre elles, ou avec le bord libre des valvules, dont le jeu est empêché. >

Actloa éem valvolcs ««atl •lunaires.

< Les valvules semi-lunaires de l'aorte et de l'artère pulmonaire sont, tout le monde le sait, refoulées contre les parois du vaisseau, par la colonne de sang chassée des ventricules pendant la systole da cœur ; au moment de la diastole, elles se laissent distendre par le sang qui revient vers le ventricule, sous l'influence de l'élasticité des artères*

» Les valvules aortiques perdent parfois leur mobilité, et cessent

^e pouvoir s'adosser aux parois de l'aorte, par le développement d'ex*

'issances, de concrétions calcaires, etc., sur ces valvules, ou par

Hhérenccs qu'elles contractent entre elles. Il y a alors obstacle

"ée du sang dans le vaisseau. Si le bord libre des valvules est

ou retourné sur lui-même, s'il s'y est développé des végé*

Sien s'il y a eu déchirure partielle à leur point d'attache

>, les valvules ne peuvent plus prévenir le retour du

'^e l'aorte dans le ventricule pendant la diastole car-

ACtlON DES VALVULES SEMI-LUNAIBES. 2&9

I II est bcila de reconnaître après la mort si les valvules aortiques Amaient pendant la vie. Il suffit de verser de l'eau dans Taorte : si lesfihmies sont saines, elle est arrêtée par l'abaissement des valvules Mftiques 9 et ne pénètre pas dans le ventricule ; l'eau arrive au contraire dans cette cavité si les valvules sont insuffisantes.

> Noos ne pondons, malheureusement, pas appliquer cette méthode 9IZ valvules auriculo-ventriculaires. Si l'on coupe la pointe du lentricnle gauche, et que Ton y verse de l'eau par cette ouverture arli6cielle, après avoir lié l'aorte, il arrive quelquefois que l'eau ne piflBe pas par l'orifice mitral. Mais il n'en est pas toujours ainsi, et, ei répétant Texpérience, on reconnaît bientôt qu'elle ne nous permet pis de conclure relativement à l'état physique des valvules. Lorsqu'on i rempli d'eau l'un des ventricules, et fermé l'orifice artériel, si l'on vient i exercer une compression sur le ventricule, les valvules mitrale 01 trieuspide sont distendues quelquefois; mais elles n'empêchent IMS complètement le reflux du sang, même lorsqu'elles sont dans kir état physiologique. La raison en est très-simple : il nous est iapossible de reproduire sur le cadavre la contraction des muscles ^nllaires et la diminution concentrique des cavités du cœur. La eaaforroation des valvules auriculo-ventriculaires, celle des cordons feadineux et des muscles papillaires, et les modifications que l'insitfisance des valvules amène dans les oreillettes, nous permettent, seales, de reconnaître à l'examen cadavérique si l'occlusion de l'ori* kt était complète, i

KxpU«atioit des bmlts ▼eBlricalaires.

c En comparant les faits cliniques avec les résultats des autopsies, on reconnaît que le premier bruit est rarement distinct au niveau du ventricule gauche, lorsque la valvule mitrale permet le passage du sang dans Toreillelte, pendant la systole du cœur. On entend alors, en {énéral, un murmure systolique dans le point où le cœur frappe les parois thoraciques; le premier bruit normal se fait entendre distinctement dans les autres parties de la région précordiale. Il en est de même pour le ventricule droit, quand la valvule tricuspide est insuffisante; le premier bruit manque alors pour le ventricule droit; il est remplacé par un murmure, mais on le retrouve au niveau du îcntricule gauche et sur le trajet de l'aorte et de l'artère pulmonaire.

250 MUADlfiS ÙÏ.S VALVULES 00 GCSCIU

> Le premier bruil ventriculaire est done produit, en gén4ral| ptr l'interruption subite du cours du sang projeté vers les oreillettes, par suite de la dilatation des valvules niitrale et tricuspidei et par le choc du sang contre ces valvules. Tout choc est le point de dépari d'un bruit, et celui-ci est d'autant plus sourd, que le corps qui frappe ou le corps frappé est plus mou. La tension brusque des valvules par la pression du sang contribue sans doute à la production du premier bruit. En effet, les fibres et les membranes, lorsqu'elles sont tendues subitement, donnent lieu à des sons, non-seulement dans l'air, comme Gendrin et d'autres auteurs l'ont admis, mais aussi dans l'eau. Le premier bruit est souvent clair, et il s'accompagne d'un claquement, et parfois même de tintement ; cette circonstance semble démontrer que la tension des valvules contribue à sa production.

» Le premier bruit est quelquefois le résultat du choc du cœur contre les parois thoraciques. Un coup frappé avec le doigt oa avec la pointe du cœur fortement comprimée contre la surface interne des parois thoraciques d'un cadavre, donne lieu à un cliquetis ou i mi son qui diffère peu du premier bruit du cœur. Si une portion du cœur, légèrement écartée des parois thoraciques pendant la diastole ventriculaire, vient frapper contre ces parois au moment de la systole, ou bien si le cœur vient battre pendant la contraction contre une autre partie des parois thoraciques que celle i laquelle il correspondait pendant la diastole, il se produira un cliquetis ou un son ressemblant exactement au premier bruit du cœur, car ia substance du cœur devient très-dure au moment de la systole. Si le cœur frappe la portion des parois thoraciques à laquelle il était adossé pendant la diastole, l'impulsion ne donne lieu à aucun bruit ou à un bruit très-sourd.

> Le retentissement musculaire du cœur n'est jamais un bmit de claquement; il est toujours confus et prolongé, et se rapproche d'un murmure; jamais, en effet, la contraction d'un muscle ne donne lieu à un son défini, sonore ou métallique. Les contractions du cœur sontelles réellement accompagnées d'un pareil murmure? C'est ce que je ne saurais dire d'après mon expérience clinique ; mais on rencontre assez souvent des cas dans lesquels l'impulsion du cœur est violente et les contractions du cœur énergiques, par conséquent, sans qu*oo entende le premier bruit.

» Les causes que je viens d'indiquer ne suffisent pas pour rendre compte du premier bruit dans tous les cas; toutes les expériences

CAUSES D£S BBUITS V£NTBIC(JUIBëS. 25i

Gdtes jusqu'à ce jour pour expliquer les diverses modifications de ce bruit ont donné des résultats incomplets.

> 11 est beaucoup plus difficile d'expliquer le second bruit ventricutaire. Oo ne peut affirmer qu'à l'état physiologique, ce deuxième bruit ttt toujours son siège dans le ventricule; souvent il parait probabiCy fudquefois mime il est certain qu'il prend naissance dans les artères, et peut s'entendre au loin, en raison de son intensité. Mais il est des cas où l'on est forcé d'admettre que le second bruit se produit au liieau des ventricSles ; c'est ce qui arrive, par exemple, lorsqu'il l'cAtend à peine vers la base du cœur, et qu'il est très-fort et trèsclair i la pointe. Or, ce bruit ne peut s'expliquer par une impulsion dn cœur contre les parois thoraciques, impulsion qui n'existe pas, au moment de la diastole ventriculaire.

a Peut-être le second bruit du cœur résulte-l-elle parfois de l'impulsion du sang contre les parois du ventricule pendant la diastole. Celte impulsion est certainement très-forte dans le ventricule gauche lorsque les valvules aorliquesetmitrales sont insuffisantes. Cependant je n*ai observé qu'une seule fois, dans une insuffisance aorlique, un second bruit prédominant à la pointe. Il avait, dans ce cas, une sonorité et une force insolites. Le renforcement du bruit diasto- Hqoe à là pointe du cœur est plus commun dans l'insuffisance de la valvule mitrale.

> Dans le rétrécissement mitral, on entend souvent, au lieu d'un ■unure prolongé, deux bruits sourds, au niveau du ventricule gauche et pendant la diastole. Gendrin s'est appuyé sur ce fait pour établir sa théorie du second bruit du cœur, et il rattache le redouble* BMnt de ce bruit au défaut de synchronisme de l'implétion des deux ventricules. lime parait plus probable que ces deux bruits font partie d'un seul murmure, qui siège à l'orifice rétréci. En d'autres termes, ce Biorinure produit par le rétrécissement se subdivise souvent eu deu et même en trois, lorsque les mouvements du cœur sont faibles. n arrive firéquemment qu'on n'entende pas le murmure distinctement dans on point donné, tandis que dans des points voisins, on perçoit d{ux et même trois bruits, qui semblent indiquer les moments où le

atteint son maximum d'intensité, a

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