CAUSES DES BRUITS ARTÉRIELS
pression, en vertu de leur élasticilé, et dès que Tacle de propulsion eesse, il reflue rapidement vers le cœur.
> Le sang esl arrêté brusquement dans son mouvement rétrograde par les valvules sigmoîdes, et l'impulsion qui en résulte se communique aui parois des vaisseaux; le son qui se produit alors s'entend, aon-seulement sur le trajet de Taorte et de l'artère pulmonaire, mais souvent encore dans les artères carotides et sous-clavières, même lorsque les parois de l'aorte ne sont plus dans les conditions requises pour la production d'un son. L'exactitude de cette explication du deuxième bruit dans l'aorte et l'artère pulmonaire, est mise hors de doute par des observations physiologiques et pathologiques. Ce bruit oe parait pas avoir une origine différente.
k Si les valvules aortiques sont insuffisantes, le second bruit est remplacé, sur le trajet de l'aorte, par un murmure, et l'on continue à le percevoir au niveau de l'artère pulmonaire. Si l'artère pulmonaire est distendue d'une manière anormale, et c'est ce qui arrive toujours lorsque la circulation pulmonaire est gênée, le second bruit puimoaaire est très-fort, tandis que le second bruit aortique s'affaiblit ou devient imperceptible; il peut aussi être remplacé par un murmure. L'artère pulmonaire distendue comprime avec une force plus grande le sang qu'elle contient, et le choc de la colonne de sang contre les valvules semi-lunaires, au moment où elle rétrograde, est plus violent (1). »
y ai reproduit les observations de Skoda en totalité, dans la crainte de les mal interpréter en les abrégeant. On voit que d'une façon générale, nous sommes d'accord sur la multiplicité des causes qui donnent naissance aux bruits du cœur. El bien qu'il ne soit pas eocore démontré que les ventricules, l'aorte et l'artère pulmonaire poissent produire les deux bruits, l'opinion qui veut qu'il en soit ainsi s'appuie sur d'autres raisons encore, qui n'ont point été indiquées par Skoda. Il y a longtemps qu'il me parait difficile d'expliquer les doubles bruits qui se produisent dans les anévrysmes, sans admettre que la même cavité puisse donner lieu à un double bruit. Le Béme phénomène se manifeste parfois très-nettement dans les carotides, auxquelles il paraît appartenir exclusivement. Nous reviendrons ior ce point en parlant du diagnostic des anévrysmes.
I ; N'ftvajit pas pu n(»u$ procurer à temps Tou^rafrc do Skcxla^ nous ATons mis 1 cuntribution la tr«4liu'tion publiée par le doiteur Aran. U. 8.)
35/i MALADIES DES VALVULES DO CCKTR.
Qaant an pen de probabilité de la transmission des bniits cardia** ques aux artères brachiales et aux antres artères éloignées du centre circulatoire, le texte même de Skoda semble prouver que c*est du bruit normal du cœur qu'il s'agit et non des bruits pathologiques. Quoi qu'il en soit, j'ai démontré déjà qu'un murmure musical dû i une affection de l'oriflce aortique peut se propager jusqu'aux vaisseaux les plus éloignés du cœur. Or, il est difficile d'admettre, que si un murmure qui se produit au niveau même des valvules, peut se propager de cette façon, un bruit (le deuxième bruit du cœur) ne puisse se transmettre quelquefois à des rameaux plus éloignés que ne le sont les artères sous-clavières et carotides.
En énumérant les divers phénomènes qui peuvent donner lieu aux bruits du cœur, je n'ai pas indiqué la contraction musculaire. Il y a tout lieu de croire que cette cause agit quelquefois. On observe souvent, dans la région du cœur, un son particulier dû aux contractions des fibres musculaires, dans des circonstances spéciales. Il se rencontre, pendant le retour à l'état normal, dans le ramollissement typhoïde du cœur, surtout lorsque le premier bruit a disparu pendant quelque temps ; il se produit alors une prolongation du premier bruit, ressemblant assez à un murmure valvulaire. Ce phénomène est dû aux contractions musculaires : c'est ce que prouvent ses caractères sléthoscopiques, sa disparition rapide lorsque l'impulsion du cœur se rétablit, et la rareté extrême des murmures valvulaires, dans le typhus.
Skoda pense que la contraction brusque des cavités du cœur iTa aucune part dans la production des bruits. Tant de causes agissent à la fois pour donner lieu au premier bruit et peut-être au deuxième, qu'il est difficile de prouver que la contraction des ventricules contribue adonner naissance à un bruit systolique bien défini. Cependant nous ne pouvons admettre avec Skoda que la contraction musculaire ne puisse jamais donner lieu à un son clair et bien net. — Depuis bien longtemps j'emploie un procédé très-simple pour produire, dans les muscles volontaires, des sons qui se rapprochent beaucoup des bruits du cœur. J'introduis une aiguille dans une masse musculaire épaisse, le mollet par exemple; j'en place une seconde dans une partie quelconque de la cuisse, puis ces deux aiguilles sont mises en communication avec une pile galvanique faible. Il se produit alors des lei cloniques des muscles jumeaux, et ces spasmes se conti-
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ttuent pendant quelques secondes, après l'interruption da courant. En appliquant à ce moment le stéthoscope , on entend souvent, en même temps que des bruits musculaires confus, des sons bien définis qui ressemblent beaucoup aux bruits du cœur. On peut se demander alors pourquoi la contraction d'un muscle creux tel que les ventricules ne donnerait pas lieu , comme les masses musculaires, à des sons nettement définis.
Mais bien plus : lorsque, par les progrès du rétrécissement mitral, un murmure valvulaire disparaît, le premier bruit ne se suspend pas pour cela. Au contraire, il semble reparaître, après avoir été masqué parle murmure valvulaire. Il est donc probable que la contraction du ventricule gauche joue un rôle important dans la prodaction du bruit systolique, puisque, dans le cas que nous venons de spécifier, le bruit dA aux valvules a cessé.
Enfin, il est un mode d'action morbide des muscles que Skoda n'a pas décrit : les muscles soumis à la volonté deviennent sujets k des contractions extraordinaires et subites, si brusques et si bien définies, qu'elles produisent une succession de sons clairs, bien marqués et d'une intensité singulière. A un faible degré, cette affection n'est fH rare. Le phénomène que nous venons de décrire se perçoit à l'auscultation I au niveau des régions sus-épineuse et acromiale, chez les jeunes sujets, dont l'état nerveux simule la phthisie. On a souvent alors pris les sons que nous venons d'indiquer pour des râles tuberculeux. Un jeune homme que j'ai soumis à des examens répétés, avait la foculté de produire à volonté, dans son épaule gauche, une série de iiraits si forts et si clairs, qu'on peut les comparer à des détonations ou au claquement d'un fouet. En appliquant l'oreille au niveau de répanle, l'intensité des bruits devenait pénible pour l'observateur. Ce jeune homme pouvait également produire des sons, évidemment de même nature, à l'épigastre et le long des insertions de la partie grache du diaphragme.
Toutes ces circonstances semblent devoir faire accorder, quelquefois, sinon toujours, à l'action des muscles une part dans la production du premier bruit au moins, et peut être dans celle des deux bruits dn cœur.