DILATATION DC COEUR
Les signes physiques de la maladie que nous décrivons sont ceux qui résoUeni de raffaiblissement et de la dilatation du cœur. Notre eipérience, il est utile de le dire, ne nous a permis de les étudier que dans des cas où il existait des complications du côté du foie et do poamon. Jamais nous n'avons rencontré la dilatation simple, dont je sais loin, cependant, de nier l'existence.
Les signes physiques se ressemblent beaucoup, chez tous les malides atteints de tlilatation du cœur. Les bruits cardiaques sont fréquemment altérés, de façon qu'il soit difficile de distinguer le premier bmit do deuxième : cette difficulté est augmentée, encore, par la rapidité, l'irrégularité et la brièveté de l'acte cardiaque. A ?rai dire, ranalyse de l'action du cœur est souvent difficile. Les phénomènes
• noa^eUe que les fonctions liépatiqucs sont supplémentaires dos fonctions fmlmo- » naircs. Ce fait est prouvé par Tétai <lu foie chez le fœtus qui n'a pas respiré, et
> par les conditions où se trouve la mémo glande chez les animaux à poumons » vé<iculaîres incapables de remplir complètement Tacte <le l'hématose; enfin, il » ressort également des faits où Ton trouve Tînocclusion de la fosse ovale. Mais
> le phénomène dont il s'agit est élucidé surtout par les observations de feu le
> docteur Houston, sur les organes circulatoires des animaux plongeurs : U a » démontré que chez ceux qui supportent une submersion prolongée, tels que les
• oiseaux aquatiques, la tortue, le marsouin, etc., les veines du foie sont dilatées
• de manière à former de vastes réservoirs où le sang s'accumule, lorsqu'il y a
• obstacle à la liberté de la circulation, pendant la suspension de l'acte respira-
• toire. Os réservoirs sont d'autant plus considérables et d'autant plus répandus
• dans le système veineux tout entier, que Tanimal peut supporter une submersion
• plus prohingée. Chez ceux qui ne plongent qu'accidentellement, lorsqu'ils » poursuivent leur proie dans des eaux peu profondes, les veines hépatiques
• «euXcs présentent des dilatations qui reçoivent le sang, retardé ilans son cours ;
• mais chez le marsouin et chez le phoque, qui habitent des eaux profondes, et
• dont la submersion est beaucoup plus longue, la disposition en résenoir occupe » le système veincnx presque tout entier. Il me semble qu'on peut appliquer les » remarques ingénieuses du docteur Uoustou, à rcxplication de l'augmentation
• temporaire du volume du foie, dans les cas dont il s'agit; elles indiquent que I cette tuméfaction est un moyen de diminuer le danger de la congestion pulmo-
• naire, et qu'elle a pour but de retarder la circulation du sang veineux, lorsque
• Il respiration est entravée d'une manière sérieuse et que les poumons ne peu* » vent plus remplir leurs fonctions, de manière à assurer la prolongation de la
• vie. .Vjoutons que la teinte bilieuse de la peau et la formation des calculs
• biliaires, dans ce cas, doivent être rapportées, probablement, à la génc de la
> circulation pulmonaire. Les observations de Tiedemann et Gmelin tendent à
> prouver que la sécrétion de la bile se fait alors avec plus d'abondance. » {Compte rtndn df laiyticMé itathohyiqWf 1843.)
362 AFFECTIONS DU IISSU :klUSCULAI|lE DU COEUR.
stéthoscopiques sonl habituellement plus intenses dans la région inrériei^re du sternum qu'à la région mammaire; celte circonstance, qui existe d'une façon continue, s'apprécie mieux encore pendant les accès de dyspnée, auxquels les malades sont sujets. A ce nioment, l'impulsion du cœur est souvent plus forte. On a dit que la matité de la région précordiale n'existait pas dans cette aflection. En admettant ce fait, on ne saurait y voir un signe différentiel entre la dilatation sans hypertrophie et la dilatation liypertropbique, puisque, même dans ce dernier cas, la sonorité est souvent normale.
Les murmures valvulaires manquent en général ; tout au moins ne les perçoit-on que rarement. On ne peut en conclure, cependant, quMls n'existent jamais dans la dilatation pure et simple, ou bien, comme le veut le docteur Walshe, qu'ils doivent être attribués, lorsqu'on les rencontre, à un agrandissement des orifices résultant de k dilatation des cavités du cœur. Dans un cas observé par nous, le murmure valvulaire qui existait au début de la maladie disparut pendant les dernières années de la vie du malade. Ce murmure avait le caractère d'un bruit mitral; l'autopsie ne nous expliqua, ni son apparition, ni sa cessation.
La similitude des symplômeft et des signes que présentent les malades atteints de dilatation du cœur, se retrouve aussi dans la manière dont la murt survient. Chaque nouvel accès semble laisser le patient dans un état pire; enfin, les poumons se congestionnent, et la mort est le résultat de l'asphyxie. Dans la maladie de M. Colles, il te produisit, peu de temps avant la murt, une induration étendue du poumon, accompagnée de respiration bronchique et d'un bruit de frottement sec. L'autopsie révéla, cependant, plutôt la splénisation, que l'hépatisation pulmonaire (1).
Bien que ces faits se montrent chaque jour, surtout en TÎIle, iU sont appréciés différemment par les praticiens. Les uns croient è une maladie du foie, les autres à une afTertion valvulaire du cœur, d'autres encore à un hydrothorax dû ù une alfeclion des reins : pour quelques-uns enfin, ce ne serait que de la goutte mal placée. Chacune de ces opinions est à la fois bien et mal fondée. Il est certain qae le cœur, le fuie et le poumon sont atteints dans le plus grind nombre des cas; il est vrai aussi que les reins fonctionnent d'une façon anor-
(1) ObêervtktUtnt sur la maladie et la mort fie feu A. Colles, ptr W. Stoàtl, M. D. {Dublin qunrtprly Journal of tnedieai scwnce, \o\. I, p. 303.^