DILATATION DU COEUR. S
Mie, et qu'il existe souvent une diathèsc goutteuse. Mais il ne faut pas oublier que c'est Tensemble de la maladie qu'il faut considérer, et non pas, isolément, chacun de ses phénomènes.
Aa point de vue clinique, les dilatations cardiaques font partie fane série d'affections qu'on peut rapporter à la debilitation cariaqoe. Différentes par leurs signes spéciaux, par leurs symptômes et nrtout par leur historique et les circonstances qui les accompagnent, lUes présentent un phénomène commun ; c'est la diminution de la contractilité dn cœur, et surtout de sa portion ventriculaire.
Lorsqu'il y a complication d'une affection hépatique, le mercure igit avec une efficacité singulière. CiCla n'est pas facile à expliquer. Nous ignorons souvent si la maladie a débuté dans le foie ou dans le cœur. Il est certain que lorsque ces affections se combinent, les deux «fines atteints réagissent mutuellement Tun sur l'autre; tout ce qui agit sur l'un d'eux détermine dans l'autre des troubles nouveaux. Je vais rapporter comme un exemple de cette forme d'affection du cœur (la plus fréquente de toutes, lorsqu'il s'agit de dilatation), la relation ée la maladie de mon vénéré maître et ami, feu M. Colles, qui a rempli si longtemps la chaire de chirurgie au Collège royal des chirur- |iens, en Irlande. L'observation de la maladie de cet homme remarquable et de cet eminent chirurgien a été publiée par nous a 18AA. En la reproduisant ici, en abrégé, nous croyons nous coBfbnner au désir exprimé par M. Colles, de voir l'histoire de la naladie servir, autant que possible, aux progrès de la science Médicale.
11. Colles, en avançant en âge, éprouva des attaques fréquentes de laatte régulière. Depuis Tannée 183A il était :!ujet à de la bronchite chronique, avec exacerbations aiguës revenant de temps à autre. Pendant ces accès, on observait comme symptômes principaux, de la éyspoée et des palpitations du cœur; le traitement employé consista en petites émissions sanguines générales, qu'on faisait suivre de l'usage des pilules bleues et de la poudre de Dover. De temps en temps survenaient des érysipèies bénins de la face, qui amenaient, ainsi que les attaques de goutte, une diminution ou une suspension des accidents thoraciques. Cet état persista pendant six ans environ, •t pendant tout ce temps H. Colles ne cessa presque jamais de se livrer à ces labeurs, qui deviennent un devoir pour ceux qui se sont élevés a une haute position médicale, labeurs auxquels ils ne peu-
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vent se soustraire. Au printemps de 18A0, les premiers symptômes de l'affaiblissement de l'organisme apparurent subitement. H. CoUes, qui s'était couché sans éprouver de malaise, fut pris, pendant la nuit, d*un accès d'asthme cardiaque. La sensation de suffocation imminente qui marqua l^ début de l'accès eut une intensité effrayante, au dire du malade. L'orthopnée dura toute la nuit, elle s'accompagnait de respiration sifflante. Dans la matinée, le pouls élait rapide, irrégulier et inégal ; il en était de même des contractions du cœur. La poitrine était sonore à la percussion. Une attaque de goutte aux extrémités inférieures ne tarda pas à se déclarer, man lorsqu'elle disparut, les jambes restèrent plus œdémateuses que de coutume.
Voici les signes physiques perçus dans la région cardiaque. L*im« pulsion du cœur était Taible, irrégulière et rapide ; l'organe lui-même semblait correspondre à une étendue considérable de la surface do thorax. Son action était si rapide et si irrégulière, que l'analyse des bruits devint très-difficile; le premier ressemblait parfois au second, et vice versa. Il n'y avait ni murmures valvulaires, ni pulsations anormales, ni frémissements artériels.
Quelques mois se passèrent ainsi ; puis on conseilla le changement d'air et les voyages, dans le but d'obtenir les bons effets que devaient produire un climat nouveau, et le repos. M. Colles se rendit en Suisse, et là sa santé s'améliora au point de lui permettre de gravir un jour une montagne, pendant fort longtemps. Le retour de ses forces fut un grand bonheur pour le malade. Cependant, quelque temps après son retour à Dublin, les accès reparurent comme par le passé. Je le vis après un intervalle de quelques mois, et je constatai alors, pour la première fois, que le foie, tuméfié d'une manière permanente, formait une tumeur lisse et aplatie. Le malade continua à éprouver, de temps à autre, des accès de dyspnée, précédés habitud* lement d'une diminution de la sécrétion urinaire. Pendant ces accès, qui duraient ordinairement plusieurs jours, l'irrégularité du cœur, l'anxiété précordiale, allaient toujours en augmentant, jusqu'à ce qu'il se produisit de Torlhopnee. L'urine était sécrétée en petite quantité et ne contenait que peu de sédiments. A chaque accès la tuméfaction de foie augmentait rapidement, et diminuait de même, lorsque les symptômes s'amendaient. On ne constatait aucune amélioration, tant que la sécrétion des reins n'était pas librement établie;