DILATATION DV COEUR
d ce résolut ne s'obtenait que par un traitement mercuriel, suivi de remploi des diurétiques. Ces médicaments, on put le constater pluâeors fois, manquèrent toujours leur effet, lorsqu'on ne les Taisait pas précéder de Tusaige du mercure; aussi ce dernier médicament ht-il bien souvent employé. C'est à lui qu'on doit, en grande partie, tftribaer la prolongation de la vie de M. Colles : en effet, plusieurs Us déjà les sympiômes avaient été as^z graves pour donner lieu à me orthopnée complète, à de Tanasarque, et à une congestion pulwinaire fori alarmante. Pendant Tété de 18A3, M. Colles avait vu tes attaques se reproduire toutes les cinq semaines environ, avec des ialenralles d'une santé passable, lorsqu'à la suite d'un traitement nerctiriel prolongé, il recouvra un état de santé qui ne lui était plus habituel depuis longtemps. L'appétit était excellent, l'apparence otérieure s'améliorait rapidement, et l'embonpoint était revenu en pirtie. Au commencement de lautomne survint un nouvel accès qui fiU intense, mais qui céda, cependant, au traitement ordinaire; ce fU la dernière fois que Torganisme subit l'influence de la médication. Au mois d'octobre, un nouveau paroxysme se montra, exactemeai avec les mêmes caractères que les accès précédents ; pour la premiere fois, le traitement mercuriel ne fut d'aucune utilité. L'anasarque augmenta ; il se fit une congestion des deux poumons, et elle fut assez considérable pour produire une matilé générale et de b respiration bronchique. La mort lui succéda de près ; elle eut lieu le 1" décembre 1843(1).
(1' Si j'ôtai"* le hiofrraphe de M. GoUes, je pourrais m'étcnclrc sur les excellente!» qualité?* de son esprit, sur l'iiidépeiidiuico de sou caraetère, la hardiesse de *• pcnsi-o, la générosité chaleureuse de sou cceur, et sur le zî'le infaligiible qu'il Ipportait dans la pratique et dans son euseiguenient professionnel. Nous n'estimons i tMite leur taleur ce que nous possédons que lorsque nous venous à le perdre. Mais c'est un privilège de l'homme accompli et du sage, que son exemple lui surtife cnmmc une partie immatérielle de lui-même. Fort des principes arrêtés sur ce qnî était bon et ce qui était mauvais^ ne faisant et n'enseignant jamais que ce ^'U croyait juste, M. Colles a fait faire un grand pas H la chirurgie en Irlande et hn a dnoné un lustre qu'elle ne saurait perdre désormais. Dès le début de la ■aladic qui de\ait l'emporter, il s'entretenait habituellement d'une façon calme et libre, a\ec moi et ses autres confrères et amis, de la nature de sa maladie et de M terminaison probable. Dès l'été de i8d2, il me fit remarquer qu'il viendrait on utinient où les remèdes, qui a\ aient réussi si souvent, ce»seraient d'agir. Il voulut «lu'ou examinât n>cc soin sou cadavre, et que cet examen fût fait par le profe*M.*ur Smith en pré«»ence de tous ceux qui ra\ aient aidé de leurs conseils
160 AFFECTIONS DO TISSU MDSCUUUtB DU C€KUB.
L'autopsie fut pratiquée par le processeur R. W. Smith, «i piéseuce de sir H. Marsh, du proresseur Harrison, et de moi-même. Eo i^oici le résultat :
c Le corps tout entier est le siège d*un oedème, plus marqué a«i pieds et aux mains. La peau est légèrement ictérique. En ouvrant thorax, on trouve les cartilages costaux ossifiés. On enlève le sternum : la plèvre droite contient une demi-pinle environ d*un sérum de coloration foncée, tenant en suspension de nombreux flocons de lymphe, qui paraissent être de formation récente. Le poumon droit est très -congestionné dans toute son étendue : à sa base on trouve deux tumeurs arrondies du volume d'une orange environ, el de naten emphysémateuse ; en les divisant en deux, on reconnaît qu'elles ne contiennent pas seulement de l'air, mais aussi du sang noir, offrait l'apparence du sang veineux ; le tout a l'aspect du tissu de la rate. Après un lavage, on trouve que la surface de section a une slnictiue tout à fait celluleuse. Les cellules sont vastes el très-irrégulières. Le poumon congestionné offre, dans toute son étendue, a l'exceptien d'un point très -restreint et situé au sommet, une consistance ptas ou moins solide, mais qui n'a pas les caractères de Tinduralioa qui succède à la pneumonie; il ne se déchire pas sous l'effet d'une pression modérée : sa consistance est le résultat d'une congestÎM excessive.
iiicdicaui. « Je pciiso, me dit-il^ que cet examen sera utile à la science, et je nk que l'uutopsie sera faite avec soin, et que ses résultats seront publiés exactement.» Il écrivit ensuite la lettre suivante au professeur Harisson :
iî ociobra 184t.
« Mon cher Robert^ je pense qu'il y aura quelque avantage, non-seulement pour ma famille, mais pour la société tout entière, ù ce qu'on détermine par un examen le siège exact et la nature de ma dernière maladie. Je suis convaincu que vous m'accorderez ma demande et que vous veillerez à ce que cet examen soit Dut avec soin y et de bonne heure.
• Les parties sur lesquelles j'attire votre attention plus particulicremejit, sosl le cœur et les poumons, une petite licrnie pincée immédiatement au-dcisui de l'ombilic, et la tumeur de Ihypocbondre droit.
» I,a similitude qui existe entre l'observation du révérend P. Roc el la mienne me fait soupçonner qu'il y a quelques rapports entre le gonflement de Thypch cbondre et Us lésions du cirnr.
« Bien à \ous, mon cher Robert.