‹ Traité des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 43 sur 121 · DILATATION DU COEUR · texte numérisé non relu

DILATATION DU COEUR

)• La cavité pleurale du côté gauche est oblitérée, dans sn totalité, par d'anciennes adhérences organisées ; la moitié gauche du thorax est rêtrécie. Le poumon, moins développé qu*à Fétat normal, est gorgé de sang et refoulé le long de la colonne vertébrale; il cède et se déchire ions une pression peu énergique : sa couleur est d*un rouge pourpre Ibacé ; il ne crépite dans aucun point de son étendue, et ressemble, iê tous points, à la rate lorsqu'elle a subi un commencement de décomposilion. Les glandes bronchiques du médiaslin postérieur soDt tuméfiées et contiennent des matières calcaires. Il n*y a pas d'épanchement dans le péricarde, qui n'uiïre aucune trace d'adhémce entre ses feuillets. Le cœur, beaucoup plus grand que de coutaiDe, n^a pas augmenté de poids dans la même proportion : les Ofités gauches sont flasques et affaissées ; celles du côté droit du cœar, et surtout Toreillette, sont distendues par du sang noir. La surface de l'organe est d'un brun pâle ; la quantité de graisse qui se trouve à sa surface dépasse de beaucoup celle qu*on y rencontre f ordinaire; le tissu musculaire, pâle, mou, graisseux, se déchire bcileroent. Le ventricule gauche ne contient pas de sang. Sa cavité tu agrandie d'une façon remarquable, sans qu^il y ait hypertrophie k ses parois; il offre ainsi l'exemple d'une dilatation passive cpDsidérable : l'oreillette gauche est également vide. Les orifices loriculo-ventriculaires n'offrent rien d'anormal; il en est de même de rorifice aortique. Au point d'insertion de l'une des valvules on remarque une petite particule de matière calcaire; son volume l'égale pas celui de la tête d'une épingle ordinaire ; le jeu de la lalvule n*est, en aucune façon, gêné. En versant de l'eau par l'aorte, elle ne pénètre pas dans le cœur ; la membrane qui tapisse l'aorte eit colorée par des taches d'un rouge foncé; on rencontre, audessous de cette membrane, quelques points, où se sont faits des dépôts de matières athéromateuses. A la surface du sang épanché dans la poitrine, pendant Texamen du cœur, surnagent de nombreux globules d'huile. Le sac péricardiaque contient environ un quart de liquide. Le foie, sans avoir beaucoup augmenté de volume, s'étend au-dessous du rebord des côtes. Sa coloration est celle de Facajou foncé; il semble tuméfie et boufTi, sa surface est rude et granoleuse. En y pratiquant une incision, l^s veiqes dilatées laissent échapper en ruisseau du sang très-noir. La vésicule du fiel contient trente calculs biliaires d'un volume moyen. A droite de l'ombilic, on

268 AFFECTIONS DU TISSU MUSCOLAlttE DU COECR.

retrouve les traces de la pelile hernie signalée par M. Colles à notre attention ; en incisant les veines, il s'en écoule des globules huileux mêlés à du sang ; le reste de l'appareil urinaire et la prostate sont dans un état d'intégrité parfaite (1). >

Jetons maintenant un coup d'oeil général sur les symptômes de cette forme de la dilatation du cœur, symptômes que Ton attribue, en généra], à un rétrécissement de l'orifice mitral. Tout d'abord il semble qu'il soit peu important de déterminer si l'affection occupe les valvules ou l'appareil musculaire. Cependant une opinion erronée sur la maladie peut être le point de départ de fautes considérables en pratique : on défend au malade l'usage des stimulants, dont peut-être il avait l'habitude; on prescrit une diète sévère, l'usage de la digitale, et l'on interdit tout exercice actif, dans la crainte d'une mort subite. Cette appréhension elle-même, lorsqu'on en fait part au malade, produit les effets les plus désastreux.

La maladie se 'montre sous deux aspects différents, suivant qu*on examine le malade au moment de l'aggravation paroxystique, ou pendant les intervalles de repos qui les séparent.

Dans ce dernier cas, on trouve le malade jouissant, en apparence au moins, d'une santé parfaiie : il mange, boit et dort bien, souvent même il est capable d'accomplir tous les actes de la vie qu'il est appelé à mener, pounu toutefois qu'ils n'exigent pas de grands efforts musculaires. L'intelligence est intacte, et le système nerveux a conservé toute son énergie. Peut-être rencontre-t-on un peu d'œdème des extrémités inférieures et une toux chronique, mais ces accidents sont attribués à la goutte et à une bronchite habituelle. Par un examen plus attentif, on remarque, cependant, que le malade éprouve de la dilBculté à gravir les terrains en pente, et que le pouls, continuellement faible, petit, irrégulier, présente des intermittences; par la palpation attentive de l'abdomen, on trouve le foie dépassant de beaucoup le bord des côtes, sous la forme d'une tumeur aplatie. Le malade n'accuse aucun trouble dans sa santé, il n'est pas ictérique et peut se livrer aux charmes de la vie de société.

Les paroxysmes se produisent habituellement en même temps qu'une exacerbation de l'affection bronchique ; ils vont jusqu'à Torthopnée, et commencent par une diminution de la sécrétion rénale,

(1) DuUin QuorterfyJoumai ofmedkaf science, 2« «crie, toi. I, 1846.

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