‹ Traité des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 46 sur 121 · AFFECTIONS DU TISSU MUSCULAIRE DU CCRUS · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DU TISSU MUSCULAIRE DU CCRUS

nique : il est plas rationnel aujourd'hui de les attribuer i «ne aofmentation ou à un affaiblissement de la contractilité de l'orgaoe. Les exemples les plus remarquables de l'intensité exagérée des bmîfi cardiaques se rattachent certainement à rbystérie el aux autres' affections nerveuses qui ne s'accompagnent (on le suppose au moins) d'aucune altération organique du cœur. Objectera-t-on que la con* traction du ventricule droit donne lieu à un bruit plus clair que celle du ventricule gauche ? Mais il ne nous est pas encore permis d'affirmer qu'on puisse distinguer le son produit au niveau de l'un des ventricules, de celui qui se produit dans l'autre ; et même en adroaltant la réalité du fait, d'autres causes peuvent expliquer la différeuee qui existe entre les deux bruits.

Enfin, il faut faire remarquer que, bien qu'en théorie, on ne doife pas compter le murmure valvulaire véritable au nombre des signes de la dilatation du cœur, cette dilatation peut atteindre un degré si prononcé, qu'il en résulte une insuffisance des valvules; il y a alors production d'un murmure valvulaire : nous en avons cité un exemple. Ce murmure a son siège au niveau des orifices cardiaques, tout en ne reconnaissant pas pour cause une maladie des valvules.

IHUitatloii liypertroplil^ae dm ettar.

Celte affection , si commune dans les cas d'altération ou d'obstraction valvulaire, est très-rare sous la formes impie. On pourrait même la passer sous silence dans un ouvrage élémentaire de médecine pratique : en effet, dans l'immense majorité des cas où le cœur est hypertrophié, on constate l'existence d*une affection siégeant à Torifice aorlique, aux orifices auriculo-ventriculaires, ou bien aux uns et aux autres à la fois. On a, cependant, rapporté quelques exemples de dilatation hypertrophique simple, nous allons donc en tracer théoriquement le diagnostic, comme nous l'avons fait pour la dilatation du cœur.

En admettant que la contractilité du cœur soit aussi grande, an moins, qu'à l'état physiologique, voici les signes qu'on observera :

l"" Augmentation de l'étendue de la matité à la région précordiale. L*élendue de cette matité mesure ordinairement le développement do cœur.

2° Augmentation de la force de l'impulsion du cœur; cette impulsion se fait, en outre, sentir dans une surface plus grande que

MLATATION HYPERTROPHIQUE DD COEUR. 27S

de coalume. L'extension de l'impulsion est un des signes les plus tranches de l'hypertrophie du cœur. Il ne faut pas une bien grande expérience pour distinguer si elle dépend de l*anomalotrophie de TorgHie, ou seulement d'une excitation simple de ses fonctions. Nous retiendrons sur ce point.

3* Les bruits du cœur sont habituellement plus forts, et en gênéid ik ne s^accompagnent d'aucun murmure. On trouve quelquefois ai premier bruit un caractère de tintement. Le même phénomène se rencontre également lorsqu'il y a seulement surexcitation nerveuse, «t pent manquer dans les cas de dilatation sans hypertrophie ; aussi doit-on le rapporter à l'activité extrême de la contraction musculaire plutôt qu'à la dilatation, ou même à l'épaississement du ventricole.

Mais il n'est pas rare de rencontrer de cœur très-développé, sans qo'il y ait augmentation de la force du choc ou des bruits cardiaques. L*organe ne se contracte pas brusquement; aussi l'impulsion est bible et mal localisée, bien qu'en appliquant la main sur la région précordiale, on constate une impulsion étendue et profondément sitoée. A l'autopsie, il est assez commun de trouver le cœur plus volu- BÎneux qu'on ne le croyait d'après les caractères des bruits, du choc cardiaque et du pouls, même lorsque l'examen a été pratiqué longtemps avant la mort.

Dans les cas de cette espèce, il existe probablement un état plus on moins avancé de dégénérescence graisseuse qui affecte alors, de préférence» la forme d'un dépôt interstitiel de graisse. Il peut y avoir aussi insuflBsance de la puissance nerveuse; ou bien, le cœur ne trouve plus, en raison de son volume, la place suffisante pour que son expansion soit complète, et ne peut plus mettre en jeu sa puissance de contraction tout entière. L'étude de l'hypertrophie du cœur, sans altération des orifices valvulaires, a peu d'utilité pratique. Nos tentatives pour étudier isolément les lésions de telle ou telle cavité du cœur, sont restées également à peu près stériles. En effet, si l'on peni, théoriquement, indiquer a priori les signes de la maladie qui a son siège dans l'un ou l'autre ventricule, en pratique l'hypertrophie, avec 00 sans dilatation, est rarement limitée à une seule portion du cœur.

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DllatatloB avec o« sami hjpertropUe ées orelUeites.

Dans la plupart des dilatations du cœur, les oreillettes sont affectées en même temps que les ventricules; cependant ce que nous savons de cet état se réduit à bien peu de chose. Fort heureusement, il n*y a pas à cela de grands inconvénients en clinique. Nous ne connaissons encore aucun signe, ni aucun symptôme qui permettent de reconnaître directement la dilatation de Tune ou des deux cavités auriculaires. Il est probable que celte dilatation existe, lorsqu'il y a augmentation du volume du cœur, surtout dans le cas d'un rétrécissement mitral. Les deux oreillettes sont alors atteintes, et celle du côté gauche présente, suivant les remarques du docteur Adams, Topacité de Tendocarde et Télargissement de ToriHce des veines pulmonaires. Le cercle des manifestations morbides se complète par Tapparition d'une congestion pulmonaire et de la dilatation des cavités du cœur droit.

Nous avons déjà signalé la diflîculté qui résulte de la position anatomi(|ue de l'oreillette gauche, lorsqu'il s'agit de reconnaître par l'exploration physique une augmentation de son volume. Les signes et les symptômes d*une affection des cavités droites, succédant à un rétrécissement de l'orifice mitral, peuvent seuls la faire présumer. Supposons, par exemple, un malade qui aurait présenté pendant quelque temps un murmure mitral, sans les symptômes d'une affection pulmonaire, et sans que rien indiquât un engorgement des cavités cardiaques ; si l'action du cœur devient irrégulière, s'il y a hémoptysie, si le malade accuse de la dyspnée pendant les efforts musculaires, si les jugulaires offrent des pulsations, et si l'on sent la pointe du cœur battre au niveau de Tépigastre, on peut conclure, en toute assurance, que Toreillette gauche est dilatée et probablement hypertrophiée, que le calibre des veines pulmonaires a augmenté, et enfin qu'il y a obstacle à la libre circulation du sang, dans les cavités droites. On arrivera i* ce diagnostic par induction, car les faits analogues à celui que nous avons cité (l), et où l'on constata une matité due probablement à une augmentation du volume de l'oreillette, doivent être très-rares : rien ne prouve d'ailleurs qu'il n'y ait pas ca erreur dans l'interprétation des symptômes offerts par le malade

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