‹ Traité des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 47 sur 121 · DILATATION AV£C OU SANS UYPKRTBOPHJE 1)KS ORKUXETTKS · texte numérisé non relu

DILATATION AV£C OU SANS UYPKRTBOPHJE 1)KS ORKUXETTKS

(kml il s*agit. Nous nous sommes déjà prononcé sur le peu de certitode do diagnostic de la dilatation des oreillettes fondé sur les résultats de l'exploration directe.

Peut-être serait-il possible d'aller un peu plus loin, et de dire qu'il ) a hypertrophie avec dilatation dans le rétrécissement mitral, et dilatation simple dans les cas où Torifice s'est agrandi et est insuffisant, comme dans ce fait cité par H. Fleming.

Les rapports anatomiques de Toreilletle droite rendent son explolalion physique plus facile; en outre, elle doit se laisser distendre pins fortement que celle du côté opposé. Dans les cas où cette distension a atteint un degré extrême, il est probable qu'on verra se produire deux signes physiques très-remarquables : la matité à la percussion, et des pulsations, probablement diastoliques.

n y a quelques années, un homme déjà âgé entra à Meath Hospital, avec les signes d'une affection du cœur et d'une obstruction reioeuse générale. A droite du sternum on trouvait une matité considérable que n'expliquait aucune affection de la plèvre ou du poumon. Le cœur était à sa place, ses contractions étaient irrégulières et plutôt fûMes que fortes. Entre les deuxième et cinquième côtes droites, et dans une étendue qui correspondait à celle de la matité, on percevait une pulsation diastolique profonde, et très-distincte; elle était synchrone avec le premier bruit, mais nous ne saurions dire aujourd'hui si elle s'accompagnait d'un murmure. Pendant quelque Itoips nous crûmes avoir affaire à un anévrysme, en raison de la ressemblance très-grande que nous retrouvions entre les symptômes et ceux que nous avions observés dans un cas d'anévrysme vrai de l'aorte. Cependant, en raison de la rareté de l'anévrysme vrai et de l'iotégrité complète de la circulation que nous avions toujours observée dans cette maladie, notre premier diagnostic fut modifié. La pulsation diflérait manifestement de la pulsation ventriculaire, bien qu*elle se produisit au même instant. Elle se percevait dans une étendue considérable du thorax, et offrait les caractères du battement anévrysroal, lorsqu'il n'est pas très-fort. Il est difficile de donner une idée plus exacte de ce battement; ce que nous en avons dit suffira à tout clinicien un peu exp«*rimenlé. Après quelques jours, la pulsation devint moins distincte, et les symptômes de la congestion pulmonaire s*aggravèrent. Le malade succomba quinze Jours environ après son entrée à l'hôpital.

276 AFFECTIONS DU TISSU MUSCULAIRE DU CflBUB.

Autopsie. — L*aor(e tout entière est parfaitement saine; les poQmons, très-congestionnés, sont évidemment emphysémateux. Le t0IItricule droit est dilaté et légèrement hypertrophié; roreillette di même côté offre Taspect le plus singulier et attire notre attentioD dès que le thorax est ouvert : elle apparaît alors sous la forme d'une vaste tumeur d'un rouge pourpre, recouvrant toute la partie antérieure du poumon droit; ses parois sont très-minces dans quelqoas points; dans d'autres, au contraire, les colonnes charnues, et surtout celles de l'auricule, sont hypertrophiées. La cavité de l'oreilletle contient plus d'une livre de sang liquide, en grumeaux.

Le volume considérable de l'oreillette explique facilement la matité, car il n'y avait ni épanchement dans la plèvre, ni induration des poumons. La circonstance la plus intéressante de ce fait, est l'apparition des pulsations; elles étaient dues à l'entrée, par saccades, du sang à travers l'orifice auriculo-ventriculaire, à chaque contraction du cœur. De fait, l'oreillette était convertie en un véritable anévrysmay quant à l'action mécanique exercée sur les parties environnantes.

L'observation que nous venons de rapporter donne lieu à des considérations nouvelles sur la manière dont le cœur fonctionne a l'élal de maladie. Si les oreillettes peuvent présenter des pulsations ratsemblant à celles d'un anévrysme , n'en pourrait-il pas être de même pour les ventricules? Il est certain que si l'on admet la contraction saccadée des oreillettes sur le sang, une des deux condilioni requises pour la production de pulsations ventricnlaires existe; k deuxième condition serait un affaiblissement notable du ventricule eC l'impossibilité où il serait de se vider complètement à chaque contraction. Nous pensons que les choses se passent quelquefois ainsi, dans la dégénérescence graisseuse du cœur, avec dilatation du ventricule gauche. Dans les cas de cette espèce, nous avons trouvé parfois une grande faiblesse du bruit systolique et une impulsion diffuse, manifestement diastolique; cet étnl offrait beaucoup de ressemblance avec celui qui appartient à l'anévrysme vrai de Taorte ascendante. L'impulsion se dislingue alors tout à fait de celle qui est due à la contraction ventriculaire; elle a un caractère d'expansion bien marqué, et est bien différente de l'impulsion ordinaire du cœur, à l'état de dégénérescence graisseuse. Ces circonstances tendent à prouvai qu'elle se produit alors dans le ventricule, pur le fait de la systok de roreillette.

Page 1