AFFECTIONS DU TISSU MUSCULAIRE DU CCBOB
peliie tumeur qui ne gênait aucunement le malade. Au mois de jaa« vier 1838, les palpitations se montrèrent de nouveau; six semainci après, elles avaient augmenté au point de forcer H*Heon à eotnr à l'hôpilal. Il avait beaucoup maigri, et accusait une faiblesse gêné* rale ; mais il se plaignait seulement de la violence des palpitalions, car la tumeur de la thyroïde ne causait que peu ou point de douleurs. L'appétit et le sommeil étaient conservés. Le pouls battait 90 fois par minute. L'aspect particulier de cet individu attirait immédiatemenl l'attention. Au-dessous de la trachée et dans le point occupé par h glande thyroïde existait une tumeur volumineuse de consistance douce et mollasse, faisant saillie, surtout dans les parties latérales, el reasemblant , par beaucoup de points , à un bronchocèle d'un voliuie moyen. A la main, on percevait un frémissement ayant de l'analogie avec celui qu'on rencontre dans les varices anévrysmalea; il avait aaa maximum d'insensité au niveau du lobe gauche. De grosses veÎMi distendues rampaient à la superficie de la tumeur, et, en appliquaot le stéthoscope, on entendait un murmure musical intense. Ce méflM phénomène se retrouvait sur le trajet des carotides; mais ces vaisseaux ne paraissaient être pour rien dans la production du frémisseoient* Les globes oculaires étaient proéminents et fortement tuméfiés. Il n'y avait ni stridulation, ni dysphagie, seulement des parcelles d'alineuU passaient quelquefois par les ouvertures nasales postérieures. Le cœur battait avec violence entre les quatrième et cinquième côtes; les bruits cardiaques n'offraient aucun bruit de souffle. Les battements des carotides et de la sous-clavière étaient appréciables à la vue. Par un examen attentif de la tumeur, on reconnut qu'eu exerçant, avec le pouce et l'un des doigts, la compression des vaisseaux du cou, les vibrations devenaient tout d'abord plus fortes: augmentait-on la pression, elles cessaient complètement. Il n'en était pas de même de l'impulsion pulsatile des vaisseaux du cou. En pratiquant l'examen slétlioscopique de la tumeur pendant qu'on exerçait la compression î\ gauche, on ne retrouvait plus le frémissement, ni, par conséquent, le bruit anormal, du côté correspondant, bien qu'il continuât à se faire entendre du coté opposé. La tumeur, qui, aa moment de l'entrée du malade à Thêpital, mesurait 16 lignes 1/2 (anglais) à partir de son point culminant jusqu'à la sixième vertèbre cervicale, se réduisit à lô lignes au bout de très-peu de temps. Les palpitations avaient perdu de leur viuleucc, le frémissenieot et h
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Uimeur diaiinuèrent beaucoup, surtout à droite, et le malade quitta Thôpital afec uoe amélioration notable à tous les points de vue.
Quelque temps après, les accidents éprouvés antérieurement se rqMxkloisirent à un degré beaucoup plus fort, et il s*y joignit de la diarrhée et une poussée d*hémorrhoïdes. — Le malade rentra à Thùfàà. Les palpitations s'étaient montrées de nouveau, et s^accomppaieol de violentes pulsations de Taorte abdominale. La tumeur était leflée telle que nous Tavons décrite ; elle avait seulement un peu diminué de volume; le frémissement et le murmure étaient toujours aussi marqués. Les vaisseaux du cou étaient énormément gonlés; on ne put cependant reconnaître aucun point de contact entre les carotides et la tumeur. Le cœur battait avec violence entre les sixième et septième côtes gauches. Ces battements présentaient de temps en temps des intermittences dont le malade avait conscience. Le premier bruit était remarquable par sa force, le deuxième, au eoDtraire, plus court, plus aigu et plus faible que de coutume. L'acte cardiaque s'accompagnait d'une espèce de murmure musculaire fui semblait résulter de la violence de la contraction ; mais il n'y avait aucun bruit de souffle valvulaire. La pulsation de Taorte abdominale était très-énergique : la moindre pression exercée sur ce vaisseau déterminait l'apparition d'un bruit de souffle. Les globes oculaires n'avaient subi aucune modificalion nouvelle ; on remarqua Texistence, chez ce sujet, d'une disposition à la distribution irrégulière et à la division des artères. La cubitale naissait plus haut que de coutume; elle était superficielle dans une portion de son parcours; de b radiale partait un gros vaisseau transversal placé un peu au-dessus du poignet. Le traitement consista en une médication antioerreuse et en calmants anodins, pendant la nuit; plus tard, on ad- Biinislra la digitale pendant longtemps. Sous Tinfluence de ces moyens, le malade récupéra, en partie, son embonpoint et ses forces. L*eicitation des artères se calma, et le pouls dépassa rarement le souffle de 80 pulsations. Après quinze jours, les intermittences du cœur avaient disparu, et la violence de ses battements avait beaucoup diminué. Le malade quitta l'hôpital au bout de six semaines, et Tamélioration qu'il éprouvait alla dès lors toujours en augmentant, ainsi que le prouve la note suivante recueillie plusieurs années après : € Le cœur est tranquille ; les bruits ne présentent aucune modification ; les yeux sont revenus presque tout à fait A leur
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état normal ; la tumeur elle-même a beaucoup diminué et est deram solide, selon toute apparence ; on n'y retrouve plus de flrémissmnaet, ailleurs que sur le trajet d'une grosse yeine sinueuse qui êe dirif» de haut en bas, à sa face antérieure. Au niveau de cette veine, on pv>çoit un murmure intense et un léger frémissement cataire. »
Nous eûmes l'occasion de suivre ce malade pendant plasieon années encore, et d'observer la marche décroissante des symptAiMi morbides. Cette décroissance nous parut commencer par le cœar, dont les fonctions devinrent de plus en plus régulières. Pois, Félal des yeux s'améliora ; mais, même après la disparition de la tnmélkction, ils conservèrent encore une e^cpression particulière de fixité.
Il est difficile de savoir jusqu'à quel point cette expression élail naturelle au malade, homme d'un caractère hardi et détermiBé et qui portait la tète haute. Au moment du dernier examen mquel il fut soumis, tous les signes et les symptômes d'une affeclkni de cœur avaient disparu ; la tumeur de la thyroïde était solide dam tous les points de son étendue. Elle était presque hémisphérique, et le présentait plus de traces de frémissement ou de bourdonnement. L^ veine signalée plus haut avait le volume du doigt, elle divisait, dans son parcours, la tumeur un peu à gauche de la lipe médiane, et reposait dans un sillon qui y était creusé et qu'elle dépassait légèrement en saillie. Les parois de la veine semblaient être épaissici; sur tout son trajet on percevait du frémissement cataire et vi murmure singulièrement rauque. Les battements àes carotides avaient disparu; les veines jugulaires étaient tout à fait dans len état naturel.
Quelques-unes des circonstances de ce fait méritent une atteirtioi spéciale. La première atteinte de l'aiïection fut éprouvée par le roaiadi sept ans avant son entrée à l'hôpital : il y eut alors des palpitatieM violentes, qui cesièrent après avoir duré pendant trois mois. A Petception d'une petite tumeur de la thyroïde qui datait de plotlem années et qui n'était nullement gênante, In santé se maintint dani m état satisfaisant jusqu'à une période qui ne remontait pas è plu di dix mois avant l'entrée du malade à l'hôpital. Cette circonstance tm* blerait prouver (|ue la glande thyroïde, après être restée stalionnain pendant quelque temps, peut redevenir le siège d'un travail omitbide, lors d'une deuxième atteinte de l'aiïection du cœur.
Knfin, on doit noter que, chez ce malade, l'excitation du system
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artériel ne se limita pas aux vaisseaux du cou. Au moment où raflaetion atteignit son summum d'intensité, il y eut de la douleur fisaltant de la violence des battements de l'aorte abdominale. D'un antre côté, il n'est pas douteux qu'on ne rencontre, dans un grand ■onlire de cas, une disproportion extraordinaire entre la force des yitaatkHis artérielles du cou et celles des artères des membres. On yomnlt probablement dif iser ainsi les différents etemples de l'affeclioi (|ae BOUS décrivons : >
1* T«meurs thyroïdiennes avec pulsation et rrémissement consé* eitib k une exagération de l'activité fonctionnelle du cœur;
V Tumeurs indolentes et non puisât îles, existant depuis longtemps, nns altération remarquable des fonctions du cœur, mais revêtant, à la Mile d'un accès de palpitations, les caractères de la varice anévrys- ■ale.
(Test peut-être dans ce dernier cas qu'on voit se développer, ée préférence, les tumeurs volumineuses du cou formées, en partie, par la thyroïde altérée dans sa structure, et en partie, par de vastes éitatalions veineuses qui constituent , en apparence , des tumeurs distinctes de chaque côté de la glande elle-même. Sir Henry Marsh a rapporté un de ces faits, et il y a au muséum de Fhôpital de Richnend la reproduction d'une tumeur qui présente un développement prodigieux des veines el de la glande thyroïde. Les pulsations et le fténissenient cataire existaient i un haut depré.
Le fait suivant a été communiqué, en 18A1, à U Société patholo* giqoe de Dublin, par sir Henry Marsh. Le sujet était une femme de hOTle stature; elle éprouvait des palpitations et de la dyspnée qui iogaientaient par Texercice et sous Tinfluence des émotions morales. Le ecevr fonctionnait irrégulièrement et d'une façon toute particu* Hère. Trois battements se succédaient : le premier, énergique et dis* liMt; le deuxième était double, et le troisième semblait se faire un fm attendre. Puis il y avait un intervalle de repos. Au reste, il i'exbtait pas de bruit de souffle. La malade présentait les symptômes erdinaires de la maladie : Tengorgement des veines do cou, la saillie des globes oculaires avec Texophlbalmie, et Thyperlrophie de la glnde thyroïde. Celle-ci Augmentait on diminuait, suivant que le e<Mr battait avec plus ou moins de violence. Il y avait une turges* cence correapondante des veines du cou, au point que les jugulaires exteniea formaient, de chaque côté, une tumeur qui donnait une ap»