AFFECTION DU COEUR ET DE LA GLANDE THYROTDE
très-fleueiiseB, sont fortement dilatées. Apoplexie cérébrale avec «ilnYasalîon sanguine. Augmentation du volume de la glande thyroïde. Il n'existe au cou ni dilatation, ni ramifications des veines soperfieidles.
Le dernier fait observé par nous est celui d*un homme de trente* trab ans qui a été atteint d*un gonflement du cou, à deux reprises fiflérentes. Cette tuméfaction se montra graduellement, et pour la jireaiière fois, il y a quatre ans. Le malade, très-nerveux, avait éfrosYé de grands ennuis ; en outre, sa santé était altérée par une çpKcatîoD exagérée a l'étude. Sous Tinfluence du repos et du changement d'air, la turgescence du cou diminua progressivement et (fispanit an bout d'un an. Plus de trois années se passèrent ainsi, lorsqu'il y a six mois, à la suite d'un travail intellectuel continué jtv et nuit, les accidents se manifestèrent de nouveau par de la ftoe de la respiration, et une sensation de constriction au cou. Celui-ci m taméfia de plus en plus, et le malade fut contraint de faire élargir eontinoellement ses cols de chemise. Les yeux étaient rouges et ojectéSy mais il n'y avait ni dysphagie, ni palpitations. A cette époque, las médecins qui soipaient le malade lui ayant déclaré qu'il était dbcté d'un anévrysme, le système nerveux subit une violente lacoiuse, et il en résulta, naturellement, une aggravation de l'état •orbide loeal. Lorsque je fus appelé, le cou était fortement agrandi tes sa circonférence, et avait pris la forme qu'on rencontre quelfMfois dans l'anévrysme de l'aorte : l'œdème n'entrait pour rien tes cette disposition particulière. La glande thyroïde était forte- ■enl hypertrophiée ; elle formait une tumeur aplatie, présentant de chaque cAté de vastes dilatations veineuses, sous forme de sailfias flastiques et sacciformes. Je ne pus trouver aucun frémisse- BWBl, mais la portion centrale de la tumeur offrait une pulsation fiastolique qui précédait de peu, mais distinctement, le pouls radial. Ob percevait un murmure systolique profond ayant son maximum fiDlSBsilé en haut du sternum, et qui s'entendait faiblement sous les daricales. Le cœur battait régulièrement, mais avec une activité exagérée ; il n'y avait point de murmure valvulaire. Ce fait nérile d'être étudié, bien qu'il diffère, par quelques points, de ceax qoe nous avons déjà cités. Les yeux étaient turgescents à un certain degré, et le point de départ de la maladie n'était pas use tureicitation nerveuse, car le malade vivait, au
29& ArrBCTX0K3 BU TISSU iiuscuuiHB DU cmn»
moment de la première atteinte de la maladie, dans un pays où le goitre est endémique. Les différences les plus importantes, at qv0 nous devons signaler» consistaient, d'une part, dans la présence de tumeurs veineuses, et, d'autre part, dans r<nbsence des sons anormaox et du frémissement qui offrent une si grande ressemblance avec les signes de la varice anévrysmale. Le murmure systolique avait, setog toute probabilité, son siège dans les artères thyroïdiennes.
En passant rapidement en revue tout ce qui a été dit sur raffectioa dont nous traitons, il Taut bien reconnaître que nous ne la connaissons encore que très-imparfaitement. En effet, bien que cette maladie ne soit pas rare, les autopsies n'ont fourni que peu de lumières sur sa nature. Quelques examens attentifs et bien dirigés de l'état du cœur, de l'aorte, des carotides et des artères thyroïdiennes, des globes oculaires et du système veineux du cou, combleraient un grand vid# dans la pathologie cardiaque. A la vérité, pous apprendrions à connaître les effets de la maladie , plutôt que sa causa ; il n'y en aurait pas moins, à cela, de grands avantages pour U pra* tique médicale.
Dans l'état actuel de nos connaissances, ou peut conaidérar oomiM établi, que cette affection, si distincte par ses triples caractères, ait, dans l'origine, plutôt une affection fonctionnelle qu'une affection organique. Dans les faits cités par sir H. Marsh et parle professeur Smith, on a trouvé des altérations organiques du cœur, mais il y a tout lieu de croire que ces altérations avaient été précédées, de beaucoup, par une excitation nerveuse spéciale. L'observation XXVI nous prouve que la maladie peut se terminer par résolution, même lorsqu'elle est confirmée. Il est également prouvé qu'à une période moins avancéo elle guérit souvent. En considérant, en outre, les siyats chas lesquels cette affection se développe et les causes qui la détermiaeil habituellement, il y a de fortes présomptions pour que son point de départ se trouve dans une névrose du cœur, et peut-être aussi des vaisseaux cervicaux eux-mêmes. A ces considérations, ajoutons on fait important : c'est que, dans Thypertrophie ordinaire do cœor, la coïncidence de Taffeclion de la thyroïde est rare; et cependant l'hy* pertrophie semble favoriser à un liaut degré l'afflux du sang vara b tête et le cou.
L'affection de la glande thyroïde diffère par plusieurs points do bronchocèle ordinaire. Le plus souvent, ainsi que l'a fait ramarqoar
AFffiCIlOa Db GCElia ET DE LA GL4ND£ THYliOlDE. 295
le docteur Gravegi la tumeur devient stationnaire, après avoir acquis mi certain développement. Bien que la dérormation du cou puisse atteindre des dimensions plus considérables que celles qui lui ont été iMJgnéeft par cet auteur, jamais nous n'avons rencontré cet accroislemeat énorme de la glande thyroïde, qui appartient au goitre «dinaire.
Le signe distinctir important, c'est le frémissement particulier analogue à celui de la varice anévrysmale. Il peut occuper la tumeur tout fiBtiëre, ou bien être plus ou moins localisé. Nous ne savons même pas encore si ce phénomène se passe dans les branches des artères thyroïdiennes, dans les veines, ou bien s'il n'appartient pas à un état Dorbide de tout le système capillaire de la tumeur. Enfm, on observe nn murmure dans les veines superficielles et un bruit de souffle, dont le ûige probable est le système artériel de la thyroïde, mais qu'on perçoit quelquefois au niveau de la portion supérieure du sternum et sous les clavicules. Ce murmure se montre sans qu'il y ait aiïection dn cœur ou de l'aorte.
Lorsque la maladie se termine par la guérison, la tumeur thyroïdienne perd de son volume et semble devenir solide; le frémissement el le murmure disparaissent; on peut cependant les retrouver sur le trajet de quelques-unes des veines du cou, qui ont été modifiées dans kor structure.
Le sang qui afflue à la tumeur parait être fourni surtout par les artères thyroïdiennes inférieures. Dans l'observation qui appartient an professeur Smith, ces artères étaient dilatées au point d'égaler en volwne l'artère humérale ; les carotides et les thyroïdiennes supérieures étaient saines. Une circonstance notée dans l'observation XXVI fient encore à l'appui de cette opinion. En exerçant une compression à la base de la tumeur, et immédiatement au-dessus des dafidiles, il était possible d'agir, à volonté, sur les pulsations diastoliqses et sur le frémissement cataire. Il ne faut pas oublier que les battanents des carotides continuaient à être perçus lorsqu'on arrêtait ce frémissement; rappelons aussi que le premier effet de la compression était d'accroître l'intensité du frémissement et du bruit anormal, mais que ces deux phénomènes disparaissaient si la pression augmentait. Cette observation prouve, autant que peut prouver on lait isolé, que le siège principal du frémissement et du murmure est dans les veines. On peut admettre que l'intensité de