AFFECTIONS DU TISSU MUSCULAIRE DU CGBOB
ces phénomènes était Teffei d'une pression empêchant un afflot suffisant du sang, et donnant lieu à la flaccidité des ireines. Laa principes formulés par le docteur Corrigan, à propos du murmure et du frémissement, liés aux maladies des artères, sont applicables à ce cas (1).
L'anatomie pathologique de cette maladie nous fournit des données très-incomplètes ; Tétat des veines et des artères n'est même pis connu d'une manière satisfaisante. Dans le cas observé par le profetseur Smith, les artères thyroïdiennes étaient énormément développées et flexueuses; chez le malade de sir H. Marsh, la veine jugulaire interne du. côté droit était distendue. Il est à peu près certain qu'A existe, dans cette maladie, une tendance à la dilatation de toutes les veines cervicales (2).
Les dissections ne nous ont rien appris encore quant à l'état des yeux ; mais il nous est difficile de ne point croire à une hydropbthalmie double, ou tout au moins, à un accroissement de volume du globe oculaire lui-même. En prenant en considération la nature de l'appareil vasculaire de l'organe visuel, et en se rappelant que la vision reste intacte, et que l'œil ne se vascularise point, ne doit-on pas en conclure que Thypertrophie de l'œil est due à une augmentation réelle des humeurs aqueuse et vitrée? Il n'y a pas la moindre apparence que l'exophthalmie résulte d'une affection cérébrale (S). Noos
(!) De Vitutuffimnrn ^termanente de Vorifice aortique {Efiinb. metlicnl andntr^ gicalJoumal, vol. XXXVII, p. 230).
(2) A propos du bronchocèlc vasculaire, Hassc fait remarquer que tous lesvaif* seaux sanguins ont au^nnenté de volume, que les veines, eu particulier, fonnent des plexus très-denses, très-considérables et souvent noueux ; que le tissu do la tumeur semble formé de parois vasculalres indurées. — La trame de la griande a presifue complètement perdu sa structure granuleuse ; elle est mollasse et colorée en rouge fonce. Après la mort, la tumeur s'affaisse en grande partie ; cUe m reprend son volume que par une injection artificieUe ; les parois des artères et des >cines sont amincies; les membranes dilatées des >aisseau\ renferment des caillots volumineux, et l'on rencontre des cavités considérn!)les remplies de sang noir et coagulé. 11 est probable qu'il y a plus d'une espèce de bronchocèlc vasculaire, et bien que nous puissions considérer comme tel l'état de la thjroide dans la maladie que nous décrivons, il est é>ident que cet état n'est que l'un des anneaux d'uâe chaîne composi-e de manifestations morbides variées.
(3) lu' fait du d(''\t'ioppcnient viumltaiié de la maladie dan'< les deux U'ux, vi de l'uliscnci' de tout swuptùine indi(|uant un aluès du cerveau, e!<t complètement déuionstrutif à cet égani, Sims parler des phénonièiie> irénéraux de la maladie.
APPICnO!! DU CŒUR ET DE LA GLANDE THTBOÎDE. 297
ne saurions admettre, non plus, qu'elle reconnaisse pour cause un odème du tissu cellulaire de Torbite : il est à noter, en effet, que la sailUe des yeux est souvent d'autant plus marquée que l'émaciation est phs grande. Cette circonstance se rencontre, d'une manière trësfnppante, dans le fait communiqué par nous au docteur Graves.
L'hypertrophie des yeux peut se montrer subitement. C'est ainsi qa'dle se développa à la suite d'un accès prolongé de toux et d'expeetoration, avec efforts de vomissements, chez une malade du doctesr Adams. Dès le lendemain, le phénomène en question attira l'ittention des amis de la malade.
n est permis d'espérer que l'étude de cette maladie jettera quelque lumière sur les fonctions de la glande thyroïde. Le docteur Parry, ea parlant des rapports qui existent entre le bronchocèle et les niiadies de l'encéphale, émet l'opinion que la glande thyroïde c joue,
> jusqu'à un certain point, le rôle d'un diverticulum destiné à enlever
> i l'encéphale une partie du sang qui, poussé trop violemment vers
> le cerveau sous l'influence de causes diverses, pourrait désorga-
> niser cet oi^ne important et en détruire les fonctions. » Rappebns ici le fait, connu depuis longtemps, des rapports existant entre h glande thyroïde et l'état des fonctions de l'utérus ; n'oublions pas BOB plasque, dans l'exophthalroie cardiaque, le docteur Parry a observé raecroissement de la tumeur avant l'écoulement menstruel, et sa diminution après la cessation de cet écoulement; le même auteur a reconnu que la phlébotomie a pour effet de réduire le gonflement du cou. Enfin, on peut rapprocher Tétat de la glande thyroïde, dans ce cas, de l'état du foie, lorsqu'il y a obstruction ou faiblesse du cœur droit.
Voici les conclusions qu'on peut formuler sur cette maladie, encore A pea connue :
I. Dans certaines circonstances particulières, l'action du cœur peut être surexcitée d'une façon permanente, les contractions devenant rapides, irrégulières et plus énergiques que de coutume. Cet état s'accompagne de trois épiphénomènes remarquables, savoir : la turgescence de la glande thyroïde, les battements exagérés des artères da COQ, et l'augmentation de volume des globes oculaires.
H. Cette affection ne s'accompagne pas de fièvre, ni des signes et des symptômes de l'inflammation du cœur; elle se rapporte plutôt k des troubles fonctionnels.
m. L'affection dont il s'agit est plus commune chez la femme :
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elle s'associe alors à rbysiérie, aux névralgies et aux troubles utérins ; cependant elle peut exister chez rbommOi avec tous ses phénomèim caractéristiques.
IV. Elle se développe à tout fige, à partir de Tépoque de la puberté,
V. Elle présente des périodes d'exacerbation et des moments de rémission. Ces variations semblent dépendre de l'état des fonctions du ccèur,
Yl, L'bypertropbie de la glande thyroïde est tout à fait indépendante des causes qui produisent ordinairement le goUre endémique.
VII. Celte hypertrophie s'accompagne habituellement d'une pulsation diastolique.
VIII. Au battement diastolique, on voit se joindre les signes phy« siques ordinaires de la varice anévrysmale.
IX. Le murmure et le frémissement cataire occupent la tumeur tout entière, ou seulement quelques-unes de ses parties. Us varient d'intensité, suivant qu'on les examine sur des points différents, on bien aux différentes périodes de la maladie,
X* Ces signes disparaissent dans les stades ultimes, en mémo temps que |a glande devient plus dense.
XI. Les veines jugulaires ou les grosses veines qui traversent la tumeur présentent des murmures variés, soit au moment où la mala* die est en voie d'accroissement, soit, même, après qu'elle a duré fort longtemps.
XII. Il est possible que la sensation connue sous le nom de bouh hystérique^ soit due à l'existence passagère de la maladie encore à son début,
XIII. Le battement exagéré des artères du cou ne peut s'expliquer ni par la régurgitation du sang dans le cœur, ni par un afflux sanguin vers le cerveau; on ne saurait non plus y voir la preuve d'una excitation générale du système artériel.
XIV. Des bruits de souffle et une impulsion doubles se retrouvent souvent dans les carotides.
XV. L'hypertrophie des globes oculaires ne s'accompagne pas, nécessairement, d'une altération de la vision ; elle ne parait pas produire la prédisposition aux inflammations des tissus profonds de l'œil ou de la membrane qui le recouvre.
XVI. Cette hypertrophie de l'œil varie dans sou développement
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paodant le progrès de la maladie ; elle peut disparaître en grande partie, sinon complètement.
XVII. Lorsque la maladie s'est terminée par la mort, les désordres anatomiques qu'on a rencontrés consistent dans la dilatation et l'hypertrophie du cœur, l'accroissement du calibre des artères thyroîdiennes inférieures, et la dilatation des veines jugulaires.
XVIII. Il y a des cas mixtes dans lesquels un bronchocèle ordi- Biire, existant depuis longtemps, subit l'influence de l'apparition plus récente d'une affection organique ou nerveuse du cœur.
XIX. La maladie paraît consister essentiellement en un Irooble toctîoonel du cq^ur qui peut être suivi d'altérations organiques.