NATURE DE TA MALADIE
i; ce qu'il ne faut pas négliger pour Tinstitulion du pronostic et do traitement
N'oublions pas que dans bon nombre de maladies chroniques, le eonr est plus ou moins affecté de dégénérescence, sans que cet état se traduise par des signes ou des symptômes qui attirent l'attention di inuticien sur cet organe. La circulation parait s'accomplir avec lae énergie suffisante, cependant les fibres musculaires du cœur pgBfent s'atropbier et cesser subitement de remplir les fonctions qd leur sont dévolues.
Aussi, dans le traitement de beaucoup de maladies chroniques, et surtout dans les affections aiguës qui viennent s'enter sur des états pathologiques anciens, on doit prendre en grande considération l'état di cœur; il en est de même chez les malades qui ont dépassé la période moyenne de la vie, et chez les sujets jeunes et débilités par une quelconque. Nous devons donc chercher par tous les moyens
Imx. On peut lire dans une seule de ces petites taches, toute l'histoire de la dégé- ■érescence graisseuse ; ou retrou\c daus son voisinage la fibre musculaire à Tétat physiologique ; puis les stries transversales deviennent moins distinctes ; dim forment plutôt une stTio de petits points juxtaposés qu'une ligne continue : Im intenralles qui séparent les points s'élargissent de plus en plus, et les points pêrùueni bientôt affecter une disposition longitudinale plutôt qu'une disposition traimersale : enfin, toute régularité disparait et les points tapissent la surface du tiao tout entière, comme les saillies qui recouvrent lu peau d'un poisson. Il est probable que les fibres musculaires ont déiù perdu toutes leurs propriétés depuis longtemps. Hais de nouveaux changements se produisent : aux taches que nous tfOM décrites se mêlent de petits globules d'huile, qui vont en augmentant et fu te réunissent au point que la fibrille se convertit en une masse de gouttelettes dlinile contenues dans le sarcolemnie.
llab ce n'est point là l'altération unique que subissent les fibres musculaires : tfcc quelque précaution qu'on agisse, on reconnaît qu'elles sont courtes et qu'eUes ifttnt nne fragilité insolite : ce fait a peut-être une importance plus grande que la dêfénérescence graisseuse, proprement dite, de l'organe.
Tels M>nt les caractères anatomiques ordinaires de la maladie : ils sont asseï trancbèï pour qu'on ne les laisse pas passer facilement inaperçus, lorsqu'on les a rencontrés une seule fois. Mais il ne faut pas s'y lier trop exclusi\ement. Kn effet, la iléfénérescence graisseuse peut a>oir en\ahi l'itrgane dans son entier, sans qn'oB observe ces taches qui sont l'indice de l'altération arrivée a un degré ettréme, dans quelques points isolés. Dans ce cas, il sera d'autant plus difGcile de ■eturer I etenilue et l'importance de la lésion, qu'on manquera des points de t-oaiparais4>n que doiuu' le tissu cardiaque, dans les parties où il est resté sain. CHU* difticulté ne peut être \aincue qu'à l'aide de l'exunien microscopique ; celui^i ' des résultats infaillibles, toutes hs fois qu'on a été amené à y avoir recours.» aious. 21
322 DE LA DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE DU COm.
à nous assurer du degré d*aUéraUon organicpie ou foucUonnel du cœur. Toutes les fois, en effet, que Thématose se tait mal^ soit par rinsufiBsance de Finflux nerveux, soit par le fait d'une nutrition incomplète ou trop riche, l'affection graisseuse du cœur peut se défslopper.
On se demandera si cette maladie est constituée par pne lésioo
locale primitive, ou si elle est consécutive à certaines altérations do
sang. Sans nous arrêter à des distinctions subtiles, et en restant sor
le terrain de la pratique, on doit admettre que les deux formes de II
maladie graisseuse du cœur (qu'il y ait dépôt de graisse autour de
l'organe ou dégénérescence primitive de la fibre musculaire) le
rapportent à des conditions générales de l'organisme. La première
de ces formes résulte de circonstances qui favorisent la formation de
la graisse, dans des limites compatibles avec la santé ; la seconde,
c'est-à-dire la transformation graisseuse proprement dite, coïncide
souvent avec des altérations analogues, siégeant dans des organes
différents, et Ton peut admettre, en toute assurance, qu'elle esi
secondaire à un état morbide général. Le docteur Quain croit c que
» la déposition des molécules graisseuses dans la fibre musculaire
» résulte d'une modification chimique ou physique du muscle lui-
> même, et qu'elle est indépendante des actes auxquels on donne le
1 nom de fonctions vitales (1). »
Raisonnant d'après la formation de l'adipocire dans les matières animales privées de vie, cet auteur en arrive à conclure que lorsque les composés protéiques, l'albumine et la fibrine, sont placés dan> des conditions défavorables ù leur organi>ation, ou bien lorsqu'ils entrent dans la composition de tissus dont Torganisation ou la vita* lité est imparfaite, ils dégénèrent, et passent à l'état de graisse* Cette modification serait toute chimique, et se produirait, lorsqae par une cause quelconque , il y a afl'aiblissement du pouvoir vital qui préside à la nutrition de l'organe. Cette opinion semble avoir été indiquée par Kokitansky.
Or, quelle peut-être la cause immédiate de ce défaut d^iuner* vation du cœur? Cette question a de Timportance, si l'on admet que la maladie soit locale. Suivant le docteur Uuain, Tobstruction des artères coronaires est commune dans celte affection ; sans nous pro-
(i) fV i*uff'ft'twn tjraifst'UA'r du cœur^ par UicliarJ Ouain, M. l). {^etiu-v chirwgictil Tra us-actions y \o\. XXXIII, p. 140;.