XXV. Les phénomènes respiratoires sont de trois sortes
a. Accès de dyspnée, lorsque le malade se livre à des efforts musculaires, comme dans toutes les maladies du cœur ;
i. Gène croissante de la respiration allant jusqu'à l'ortbopnée, et sonenant spontanément ;
c. Accidents particuliers, appartenant exclusivement à la dégénérescence graisseuse. Voici en quoi ils consistent : après une période pendant laquelle la suspension des fonctions respiratoires est, en apparence, complète, surviennent des inspirations d'abord faibles et courtes, mais qui augmentent progressivement de force et de profondeur et acquièrent enfin une violence extrême ; puis leur intensité suit une progression descendante jusqu'à leur disparition
3bO DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE DU COEUR.
complète qui commence une nouvelle période d*apnée. Ao moment de la violence de Taccës, le murmure véaiculaire devient puéril à an haut degré.
XXVI. La dégénérescence graisseuse existe en dehors de toute affection des valvules; cependant on rencontre, communément, la coïncidence d'une affection des valvules aortiques, plus ou moins développée. Aussi on pourra diagnostiquer la maladie aux signes suivants : lenteur du pouls, faiblesse de l'impulsion cardiaque, alTaiblissement du premier bruit au niveau du ventricule gauche, avec un murmure simple, le deuxième bruit conservant sa netteté.
XXVII. En l'absence du murmure que nous venons de signaler, et lorsque le pouls est lent et régulier, ou bien lorsqu'il est irréguliefi inégal et rapide, on pourra porter le même diagnostic , fondé sar les attaques pseudo-apoplectiques répétées, avec ou sans les phénomènes particuliers de la respiration, décrits sous le numéro XXV.
Appendlee an chapitre précédent.
Diagnostic général. — Le diagnostic de la dégénérescence do cœur a été indiqué, sans beaucoup de développements, par les docteurs Hope et Walshe. Le premier de ces auteurs se contente de dire qu'à sa connaissance, les signes de la maladie sont : l*" l'affaiblisse» ment des bruits du cœur et surtout du bruit systolique; 2* l'irrégola* rite du pouls, sans affection valvulaire; 3*" de l'oppression et même de la douleur dans la région précordiale, avec les signes d'un ralentissement de la circulation, donnant lieu à des congestions cérébrales, hépatiques et pulmonaires, c L'ensemble de ces signes, dit il, eil caractéristique; en effet, le premier appartient à l'hypertrophie simple, et les autres ne se montrent jamais au début de cette affection. Aussi, leur réunion dénote probablement que le cœur est chargé de graisse (1). »
Le docteur Walshe fait remarquer que « les signes physi']ues de la maladie graisseuse sont ceux du ramollissement du cœur : impnl* sion faible, choc de la pointe peu distinct, sonorité normale de la région précordiale (à moins que le volume du cœur n'ait été modifié par une autre cause), premier bruit Taible, sourd et raccourci;
(1) Traité des mn/adiêt ffti (W/r, <»tr., p. 324. V r<IH.. 1849.
premier silence prolongé, deuxième bruil faible (il s^enlend quelquefins mieux an niveau du deuxième cartilage costal, et mieux è gauche qo*i droite, si la dégénérescence est plus avancée pour le ventricule gaocbe, ce qui arrive souvent) . On rencontre quelquefois un murmure régurgitant; je ne Tai jamais observé. Le pouls offre des irrégnbrités dans sa ibrce et dans son rhythme : ces irrégularités se produisent, soit d'une manière continue, soit de temps en temps, sous l'influence d'une excitation du cœur, du développement de gax dans le tube digestif, d'une indigestion, de l'eiTort, etc. La fréquence du pouls peut alors devenir extrême ; il m'est arrivé de ne plus pouvoir le compter, en raison de sa fréquence surtout et de son irrégularité. La diminution du nombre des pulsations qui existe quelquefois, dépend de la faiblesse de certaines contractions systoliques du cœur, el aussi de la rareté plus grande de ces contractions (1). >
Le docteur Walshe décrit brièvement les symptômes généraux ; mais, à l'exception de la tendance aux syncopes, il ne signale aucuns caractires qui ne se retrouvent dans bien d'autres maladies du cœur. La même remarque s'applique à une analyse plus complète des symptômes généraux, faite par le docteur Quain. Les signes caractéristiques ont été indiqués par les docteurs Cheyne et Adams : dans les observations qu'ils ont publiées anciennement et dans celles du docteur Townsend et du docteur Law, on retrouve la lenteur particulière du pouls, les fausses attaques d'apoplexie, et, en un mot, les accidents les plus marqués de la dégénérescence graisseuse.
Les résultats de mes recherches sur l'état du cœur dans le typhus, publiées en 1834, ont, au point de vue surtout de l'étude des signes physiques, une importance notable pour le diagnostic de la dégénérescence graisseuse du cœur, dans le cas au moins où celui-ci fonctionne avec régularité. Ces deux états morbides peuvent s'accompagner de raCaiblissement et quelquefois de la disparition du bruit systolique et de l'impulsion du cœur. On rencontre, dans certains cas, le ralentissement des fonctions du cœur pendant la convalescence du typhus. Ainsi, cette maladie et la dégénérescence graisseuse du cœur, bien que différentes par leur nature, s'éclairent réciproquement par leurs symptômes.
[i] Traité pratique drx mntadirs du cœur et des ))oumons, p. 494.