M DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE DU COEUR
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N*ayani aucunes remarques originales à consigner sur ce siyel, je me contenterai de renvoyer le lecteur au travail intéressant de H. Canton, qui a démontré que Tare senile est le résultat de k dégénérescence graisseuse de la cornée. Le docteur Williams Ta observée souvent chez des individus offrant les symptômes d'un affaiblissement du cœur; le docteur Quain rappelle un fait daw lequel les lésions de la cornée dont il s*agit coïncidaient, a un degré très-marqué, avec Tétat graisseux du cœur. Cet auteur pense que Taltération de l'œil peut aider au diagnostic, lorsque les signes al les symptômes de la dégénérescence du cœur existent. H. Cantooa rencontré des cas où Tare senile très-marqué s'accompagnait d'iue dégénérescence du cœur (1).
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Le professeur Smith a noté la congestion apparente des veines superflcielles peu de temps après la mort, et la production de gas dans l'intérieur du cœur et des viscères abdominaux, chez des individus affectés de dégénérescence graisseuse. Il a vu, dans ces conditions, le cœur gonflé comme un ballon, faire saillie hors de la poitrine, au moment où on enlevait le sternum. La putréfaction n'avait poill encore commencé. Les veines contenaient des gaz en quantité notable^ et les vaisseaux superficiels avaient une apparence tachetée parli« ticulière. Le foie, les reins et la rate peuvent contenir assez de gis pour flotter dans l'eau; enfin, l'apparence générale du cadavre a quelque chose de caractéristique, qui a permis au professeur Snûlli de prédire avec exactitude qu'on trouverait une dégénérescence graisseuse chez des sujets qu'il n'avait pas vus de leur vivant.
La production rapide des gaz parait être liée à l'état huileux du sang, et l'on doit noter la présence des bulles d'air dans les veines : elle démontre, en effet, que les gaz proviennent de la décomposition du sang plutôt que des matières graisseuses qui entrent dans la composition des organes. Chez un individu atteint d'une vaste tumeor
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abdominale et qui était, il y a quelques années, i l'hApital de Wliitworthy les veines épigastriques, variqueuses et flexueuses, contenaient de Tair en quantité considérable, pendant les quelques jours qui précédèrent la tnort. On y sentait distinctement des bulles de gaz qu*on faisait mouvoir par une pression exercée avec le doigt. t)ans ce cas, le sang éofitebait probablement de Thuile : Temphysème des organes intérieurs se montre avant les signes ordinaires de la putréractlon.
J'ai observé le développement de gaz dans le foie, chez un individu qtd sticcôitlba à la Hipture d*un petit anévrysme de l'aorte, ouvert dans l'œsophage; celui-^i était depuis longtemps comprimé, au point que ta déglutition était impossible. Le foie avait une coloration d'un blanc Jatmâtre et était évidemment passé à l'état graisseux. Il surnageait lorsqu'on le plongeait dans l'eau, et, dans quelques points, dans le lobe de Spigel tout entier par exemple, il y avait des produits gazeux en quantité si grande, qu'on n'eii pouvait comparer le tissu qu'à celui d'un poumon atteint d'emphysème. Chez ce malade, le sang avait dit sabir une altération profonde ; car Tocclusion de l'œsophage était si complète, que le malade mourait d'inanition au moment où la rupture fatale eut lieu.
Dans la clinique médicale du docteur Graves, on trouvera qoelquee remarques intéressantes sur la production de l'emphysème à la stiitè de pertes de lang considérables. Il cite un mémoire de M. Rérolle {ié Gez), qui a rapporté deux cas d'emphysème. Dans l'un, l'o^ème ae montra après une épistaxis abondante, et le malade mourut rapide- OMDt. Les veines contenaient une grande quantité de gaz, el l'on trouva éns les oreilleites deux caillots emphysémateux. Il n'y avait pas de gaf dans les artères. Chez le second malade, il s'était fait une hémorrhagiè abondante à la suite de l'ablation d'une tumeur volumineuse; dès le lendemain, les extrémités étaient emphysémateuses. Pour ce malade^ comme pour le premier, une syncope prolongée et alarmante succéda à la perte de sang. A l'autopsie, le cœur était revenu sur lui-même, et il existait des caillots dans les cavités droites qui contenaient de Pair. Les petites veines en contenaient également, et en serrant entre les doigts des portions de muscles, vis-à-vis de la ûammed*une bougie, il s*en échappait des jets de matières inflammables, semblables à ceux qui se produisent, lorsqu'on comprime de la même façon, la peau d'une orange. On reconnut également que le tissu cellulaire, divisé par le bk^touri, laissait échapper un gaz inflammable oui
*^Uk DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE DU COEUR.
brûlait avec une légère détonalion, et avec une flamme d*un blanc bleuâtre.
Le docteur Graves rapporte un fait dans lequel Teicitation da cœur avec un pouls frémissant se termina par des attaques répétées d'épistaxis très-abondantes, qui amenèrent une débilité extrême et un emphysème du lissu cellulaire sous -cutané de l'abdomen. Il est plus que probable que, dans quelques-uns de ces cas et dans les exemples d'emphysème spontané rapportés par divers auteurs, il existait réellement un état huileux du sang ; peut-être avait-on aflEûre à des cas de dégénérescence graisseuse du cœur.
Le développement d'un gaz inflammable dans le tissu cellulaire, et d'une matière également inflammable qui sortait en jet du titto musculaire lorsqu'on le comprimait, exige que l'on étende à la dégénérescence graisseuse du cœur et des autres organes, des recherchai entreprises dernièrement par Bischofi' et Liebig sur la possibilité de la combustion spontanée (1).
(1) Voyez la Médecine clinique du docteur Graves^ art. Emphysème succédasi à des hémorrhagics abondantes. Les observations tirées de la thèse de M. Rérolk (de Gex) sont contenues dans la Gazette médicale de Paris ^ t, III, n* 403. Goasultez un fait rapporté par Bally et cité par le professeur Apjohn, dans son TrmêU de la combustion spontanée {Encyclopédie de médecine pratique), Gonsidln également le Rapport sur la mort de la comtesse Goerlitz {Edinburgh tnedicai amà surgical Journal, n^ GXGIl). On y trouvera les opinions de Bischoff et de UM^ contre la doctrine de la combustion spontanée.
Dans l'observation de BaUy et dans celle de RéroUe (de Gex), les inddfiM pratiquées sur les tissus emphysémateux laissaient échapper un gaz inflamiadUl et qui brûlait avec une flamme bleuâtre. Le professeur Apjohn admet qu*il peal se faire dans le corps vivant une décomposition spontanée, mais limitée, q^ accompagne la diminution de la puissance vitale, diminution qui résulte de II maladie ; il se produirait ainsi de nouvelles combinaisons des éléments qui ooi» posent la matière organisée, ainsi que cela se produit par l'extinction complèlf de la force vitale aprt's la mort. 11 ne faut pus oublier, comme le fait remarqiiei le professeur Apjohn, que dans les observations de combustion spontanée qu'oo i rapportées, cet accident semble avoir frappé exclusivement les vieillards aflaiblù et présentant un embonpoint remaj*quable, ou des individus trcs-mnigres, inactifi ou s'adonnant ù Tabus des spiritueux.