A6 TRAITEMENT DES MALADIES ORGANIQUES DU GOBUR
reconnaître dès le début, et de suivre dans leurs progrès, les altérations interstitielles du tissu de Torgane, et les modifications qui s'opèrent dans sa vitalité. Sachons nous contenter actuellement de ce que nous connaissons, et évitons surtout de nuire à la cause de la médecine pratique en établissant des règles de traitement sur des données insuffisantes. Que le praticien ne perde jamais de vue cette vérité, sur laquelle nous avons tant insisté dans le cours de cet ouvrage : c'est l'état vital, bien plus que l'état physique du cœur, qui doit lui servir de guide. Qu'il connaisse bien les effets de la maladie cardiaque sur les autres organes, et les troubles sympathiques qui peuvent naître dans le cœur lui-même; rarement, alors, il se trompera dans l'institution des moyens de curation.
On a accusé la médecine contemporaine de s'occuper trop exclusivement de la nature et du diagnostic de la maladie, et d'en négliger le traitement. Les travaux des médecins du continent ont été signalés, surtout, comme étant riches en faits d'anatomie pathologique, mais stériles pour la pratique médicale. Cette accusation est empreinte d'une certaine exagération : gardons-nous de décrier les travaux d'hommes qui ont fait tant de choses, uniquement parce qu'ils n'ont pas pu tout Taire. La médecine est une science à marche progressive; Tanatomo-pathologiste est le pionnier du médecin praticien; si celui-ci veut reculer les limites de ses connaissances, il doit habituer son intelligence à des travaux plus élevés, et à des conceptions plus générales que celles qui sont requises, pour observer et pour relater des faits pathologiques isolés. Non-seulement il doit peser exactement l'importance des phénomènes, et les effets que produisent, en se combinant, des maladies différentes, mais il doit étudier certaines conditions qui sont placées hors de la portée de l'anatomie pathologique. Qu'il sache même ignorer, quelquefois, les lésions organiques. Sans perdre de vue les faits acquis par les investigations de la science moderne, qu'il les dépasse ; et que, voyant l'ensemble plutôt que les détails, il fonde son diagnostic, son pronostic et son traitement sur une large base, comprenant les causes et les modifications particulières à la maladie, aussi bien que ses effets. C'est ainsi qu'on arrive à combiner avanlageusetnent la science de nos jours et la science de nos prédécesseurs. Ainsi se développe cette habileté particulière qui est pour ainsi dire l'instinct du penseur, la véritable mens medica^ seule elle nous permet de penser et d*agir, avec succès
TIAITEMENT DE L'HÏPERTROPHIE DU CXEUR. 347
et npidement, sans efforts de mémoire, sans raisounements compliqués. C'est là le grand desideratum en médecine, lorsque nous avons afbire à des combinaisons variées d*affections locales et à des états morbides généraux. Pour atteindre ce but, il est utile d*observer avec soin, et d'observer beaucoup. Tous n'y arrivent pas également. Quelques-uns même semblent incapables d'y atteindre jamais. Ainsi l'explique comment, avec une expérience moindre, Tintelligence aédicale de tel individu brillera d'un éclat plus vif. En médecine, nous avons sous les yeux des phénomènes constamment variables ; l'état filai d*un organe ne peut toujours se déduire de son état physique, et les influences que subit l'économie entière ne s'expliquent pas davantage par l'anatomie. S'il en était autrement, la science médicale serait facile, mais en même temps, elle cesserait de fournir matière au travail de l'intelligence, et c'est ce travail qui en constitue, à lui senl, toute la difiQculté et toute la gloire.
Dans l'étude extra-anatomique de la maladie, les effets du traitement occupent une des premières places. Le docteur Latham fait obierrer avec raison que < le traitement des maladies, envisagé I comme il doit l'être, fait partie réellement de leur nosographie. Ce
> qu'elles demandent, et ce qu'elles peuvent supporter, la nature et
> la puissance des remèdes employés, les modifications produites par » les moyens curatifs, tout cela doit compter au nombre des preuves i les plus certaines de la nature et des tendances de l'acte patho-
> logique (1). i
Nous nous sommes déjà occupé du traitement de l'endocardite et de la péricardite : examinons maintenant celui qu'on doit opposer aax affections chroniques ordinaires du cœur et principalement à l'hypertrophie, à la dilatation, aux affections valvulaires du cœur gauche, et à l'affaiblissement de la contraclilité, dans la dégénérescence graisseuse.
TvmîUmÊftmi de rhjpertroplile du MMir.
Lorsqu'on a à traiter une hypertrophie, il faut se rappeler qu'on rencontre des malades chez lesquels la force des contractions cardia*
(I; LKtureu On SuhjecU ranw^ifil with Ctinirn/M^^linne, cU"., h) P. M. Latham. M. D. t»>ndon. 1855.
3/l8 TRAITEMENT DES MALADIES ORGANIQUES DU COBUE.
ques n'est augmentée que bien peu, si tant est qu'elle le soit, et que dans des cas où le cœur est Irës-développé, on n'obtient quelqaefob de l'amélioration que par les stimulants. Les signes physiques et kf symptômes d'une hypertrophie ne doivent donc pas faire repousser, de prime abord, l'emploi de ces moyens de traitement, ni faire adopter une diète et une médication débilitantes. Cette médication agit souvent, plutôt sur les troubles secondaires que sur l'état du cœur ou da pouls; ainsi, par exemple, on augmente quelquefois l'orthopnée en supprimant les stimulants.
On pourrait donner à la forme que nous venons d'indiquer le nom d'hypertrophie passivey en opposition avec celle qui s'accompagM d'une excitation de l'organe. Les dangers du traitement antiphlogistique et la nécessité de l'emploi des stimulants appartiennent le phK fréquemment, sans doute, à l'hypertrophie qui dépend d'une insulBsance aorlique; mais ils se rencontrent aussi en l'absence de toute lésion valvulaire.
Modérer la force et l'excitation générale du cœur, telle est l'indication à remplir dans la forme active. En effet, nous sommes obli|é d'admettre l'opinion soutenue avec tant de force par le docteur Latham, et de reconnaître avec lui que l'hypertrophie confirmée est Inoi* rable : non pas qu'il y ait aucune raison pour que la guérison smt impossible, mais parce qu'il nous manque la preuve qu'elle ait jamais été obtenue ; aussi doit-on proscrire des tentatives qui s'adressent i une lésion probablement irréparable, et qui ont pour résultat d'affûblir et de compromettre la santé générale.
Hope a fait remarquer que l'art de traiter une hypertrophie consiste à maintenir le malade dans un léger état d'aSiaiblissement, et i assurer le calme de la circulation, tout en se gardant de prodnin l'anémie ou la debilitation. Suivant cet auteur, le cœur revient avec une facilité surprenante à son volume normal, lorsqu'on peut obtenir l'état de calme dont il vient d'être question, sans affaiblir le malade. Ce résultat, dit-il, n'a rien qui doive étonner, lorsqu'on voit la rapidité avec laquelle, chez certaines personnes, telles que les danseuses, les forgerons, etc., etc., les muscles volontaires passent de )*hypertrophie à Témaciation et à la faiblesse, si rexercice musculaire vient i être complètement suspendu.
Mais si Ton se rappelle que Thyperlrophie sans complications est rare, que cette affection, lors même que le péricarde, les valvules
TIAITEIIEirr DE L*HYPEBTR0PH1E DU CŒUR. 3i!i9
et l'iorte ne présenteraient aucune altération, peut être Tindice fone dépravation de la santé générale, on comprend sans peine combien il faut hésiter à affaiblir le cœur et à débiliter Torgansme. En théorie, les indications du traitement se dégagent claire* ' Bent. Mais qui pourrait affirmer que le travail de la réduction du folnnie du cœur, une fois établi, s'arrêtera juste au point oA l'organe I repris ses dimensions normales ? En cherchant ^ remédier à une liliection, ne risque-t-on pas de provoquer chez le malade Timmiseoce d'un autre état morbide complètement différent? Ce problème comprend toute la question de l'atrophie musculaire. Si les obser- Yatîons de Retzius sur la diminution du volume de l'utérus dans Petit puerpéral, sont applicables à l'atrophie des muscles de la vie de relation ou des muscles de la vie organique, nous risquons peutêtre, en diminuant le volume du cœur, de provoquer l'explosion d'une de ses affections les plus graves (1).
Ainsi, le praticien, avant d'opter entre la cure radicale de l'hy** pertrophie du cœur et le traitement palliatif, devra peser mûrement les points suivants :
1* L'hypertrophie du cœur, se montrant en dehors de toute affection des valvules ou de l'aorte, est un fait exceptionnel.
^1) Les olMerfatioiis de RcUius sur le retrait de Tutériis après l'accouchement, pabliées dans les Hygieia de Suède, en 1851, ont été mises à contribution par le processeur Simpson^ dans ses ContriMiom to Obstetric Pathology and Practice 'Uomihiy Journal of medical science, août 1852). \jc professeur Simpson fait remarquer avec raison^ « que si Ton étudie jamais avec succès le mode de ré-
• sfMiitkm des organes, ce sera probablement en observant le retrait ou Tinvo-
• bttioD'de l'utérus chez la femme et chez les animaux inférieurs^ après la partu-
• ritioa. s
Celte remarque est contirméc par la découverte de Retzius^ qui a reconnu que la résorption des parois de Tutérus^ à l'état de puerpéralité^ est précédée de la déféoéresccnce (graisseuse de leurs fibres musculaires, et que le san^c, chez les iemiBes dans l'état puerpéral, offre, à l'eiamen microscopique, des globules graisseui en excès. 11 est presque inutile de faire remarquer combien ce dernier fait est en harmonie avec l'opinion du professeur Smith sur le mode de développement de la dégénérescence graisseuse du cœur. Nous ne pensons pas, cependant, qne celle-ci se rencontre au début, ou au moins à une période peu avancée, de toute atrophie musculaire. L'émaciation rapide d'un seul membre, dans la paralysie saturnine, et au début des maladies articulaires chroniques où elle se montre comme un signe prémonitoire, ainsi que feu le docteur (:U)Ues l'a professé depuis longtemps, semble prouver que, dans ce^ ra!«, la dégénérescence graisseuse, si elle eii«tr, i»M c<mM*cutive « rntrophio.
350 TRATTfillBNT DES MALADIES ORGANIQUES DC C(XDB.
S"" Les affections valvalaires peuvent être en voie de développeiMit progressif, sans qu'aucun signe physique en révèle l'existence.
S"" Lorsqu'il y a complication d'une altération des valvules aortiques, la théorie et les résultats de la pratique sont d'accord pour combattre l'emploi du traitement antiphlogistique.
&*" La facilité avec laquelle se produit l'anémie chei les si^els ainsi affectés, doit nous rendre circonspects, lorsqu'il s'agit d'afltiblir l'économie ou de 'diminuer la masse du sang.
6*" L'anémie peut produire une surexcitation de l'organe, d'une part, et faciliter, d'autre part, le développement de la dégénères» cence graisseuse.
Le traitement conseillé par beaucoup d'auteurs consiste dans l'usage de saignées générales ou locales, dans l'application de sétooa et de cautères et dans l'emploi de divers médicaments sédatifs.
On doit faire rarement usage de phlébotomie, et les saignées répé* tées, dans le cours de la maladie qui nous occupe, ne sauraient être trop blâmées. Le docteur Latham a beaucoup insisté sur ce point et sur les effets fâcheux de l'anémie, qui viennent s'ajouter à ceux de l'hypertrophie du cœur (1).
On ne peut adresser les mêmes reproches aux saignées locales; souvent on modifle très -avantageusement l'action du cœur en appli* quant quelques sangsues de temps en temps. Cette pratique ellemême ne doit point être poussée trop loin. Les ventouses ont l'inconvénient de produire, au moment de leur application, une certsiae excitation.
Quant aux sétons et aux cautères, leur efficacité n'est nnlleineBl démontrée. Il faudrait, en tout cas, donner la préférence aux cautères. L'application d'un selon sur le cœur, lorsqu'il bat avec violence, donne lieu quelquefois à une hémorrhagie qu'il est difficile d'arrêter. J*ai rencontré quelques cas malheureux de cette espèce, et trèsembarrassants pour le praticien. L'une et l'autre de ces méthodes oit l'inconvénient d'appeler continuellement l'attention du malade sur le
:1] « Ganici-vous, dit le dm^tour Latham^ dans io Irailomcut do l'hypertrophie » du i*(Pur, )(nrdi*i-\ous surtout de sai|cncr \m malades au point de produire la » pAleur et rappnu\risscnient du sanj?. • 'I^'c:on wt.] — I^ répujrnancc à te tenir do la lancette, dans les maladies chroniques et dans heaucoup do mnla<li(^ ailTvës. 9urtout dans les llë\res, est une des choses qui prou\ent le mieux qu'on a i k un praticien instniit et sur.
TIAITBMBNT DE L*HTPERTROPHIE DU COBUR. 551
r, dreonstaiice qui contribue, plus que toute autre, à entretenir eC i augmenter Tactinte morbide de cet organe. Peut-être devrait-on employer les exuloires de préférence lorsque les signes de l'hypertrophie sont de date récente, et se montrent à la suite d'une attaque d*endopéricardite.
L'application de vésicatoires de petite dimension est quelquefois utile, n semble qu'il soit plus avantageux de les répéter fréquemment, qve d'imposer au malade les ennuis d'une suppuration prolongée. Nous avons essayé, sans résultats marqués, d'administrer la digitale par la méthode endermique, qui a été tant vantée par Bouilland(l).
La méthode de Bouillaud consiste à appliquer un vésicatoire sur la région précordiale, puis à saupoudrer chaque jour le derme (lénudé d'une quantité de poudre de digitale, variable entre six et quinze grains. — c Ainsi, dit-il, nous arrivons à diminuer, comme par » enchantement, le nombre et la force des pulsations du cœur. » Il est évident que si Texpérience venait à démontrer refficacité de ce moyen, il présenterait de grands avantages sur l'emploi de la digitale à l'intérieur, qui produit si facilement la debilitation de l'estomac.
Au nombre des sédatifs employés dans le traitement de l'hypertrophie active du cœur, et dont l'utilité est la plus incontestable, on doit compter les différentes préparations de digitale et l'acide cyanhydrique. Le docteur Hope préconise hautement l'extrait d'aconit, surtout lorsqu'il y a douleur : nous n'avons pas expérimenté cet agent thérapeutique. Quant à la digitale, elle parait agir mieux, et à des doses assez faibles pour qu'on puisse en conseiller Tusage pendant longtemps. C'est au praticien à choisir la forme sous laquelle il lui
(1) Le* obsonttioDft que j'ai pu faire sur ce mode d'atiministratinn do la difriUlOy D'oDt été ni assez noiiibreusi's^ ni asseï exactes, pour me pernaettre de ■e prononcer pour ou contre. Si ou l'adoptait, U faudrait s'aMurer que la di}nlaie e*i de bonne qualité et réduite eu poudre aussi fine que po:tôible : peut-être po«rniit-on se servir dans ce cas de la dif^taline ; car, bien que U's reclierches <le BMM^IIt el Que^enne démontrent qu'un milligramme seulement de ce sel, lorsquon l'applique sur le derme dénudé, y détermine une tension douloureuse et la l^i^y>^ (j^ parties >oisines, il pourrait \ avoir aiantage i Taiipliquer sous forme d'un liniment à la surface de la peau. {Mémoires sur Ut digitaline, par MM. Ho- BoUe et Que\enne ; HapjMjrts- faits à i^Aciulémie nntionalf tie mèleciiie, Paris, 1851.;
352 TRAITEIIENT DES MALADIES ORGANIQUES DU GOKIi.
convient de l'administrer. En général, la teinture ou Tinrosion les préparations qu'on doit préférer.
Le traitement qui nous a semblé le plus utile» dans les cas qoe Ton considère comme des exemples d'hypertrophie simple du cœv» consiste dans l'application d'un petit nombre de sangsues à la région précordiale, application que l'on répète à des intervalles variables de trois à six jours : en même temps le malade prend, à trois reprisai, dans les vingt-quatre heures, de six à douze gouttes de teinture de digitale. Ce traitement doit être continué pendant plusieurs semainei, pourvu, toutefois, que l'effet déprimant du médicament ne soit point assez marqué pour devenir inquiétant. Dans le cas où la digitale déterminerait des nausées ou de l'anorexie, on la remplacerait par l'acide hydrocyanique donné trois ou quatre fois par jour à la doM d'une à deux gouttes. Le meilleur véhicule est l'eau distillée. On peut appliquer des emplâtres calmants sur le cœur; et si ce moyea répugnait au malade, on emploierait l'extrait de belladone. De cette façon on arrive à diminuer la violence de l'acte cardiaque; dans quelques cas, on la fait même disparaître d'une manière défuiitiTe. Les bons effets de la belladone, employée par la méthode endermique, doivent faire rechercher un mode d'administration semblable pour lai autres sédatifs. Nous avons déjà parlé de la méthode de Bouillaud ; mais l'application de la méthode endermique aux sédatifs, dans kf affections actives du cœur, inflammatoires ou non, demande à être discutée d'une façon générale. L'action de la belladone ou de l'atropina sur l'iris, doit nous faire espérer que ce même médicament agirai! utilement en diminuant l'énergie fonctionnelle des autres moschi de la vie organique.
Lorsqu'il n'y a pas de fièvre, et que la langue est nette, la digitale, prise à l'intérieur, rend de grands services, dans le traitement de l'hypertrophie active du cœur.
Voici dans quelles conditions surtout on peut espérer des résullati avantageux du traitement que nous venons d'indiquer :
1*" Lorsque la maladie se montre dans la jeunesse ou à un âge pat avancé, et chez des individus d'une bonne constitution ;
2^ Lorsqu'il y a intégrité des fonctions digestives, ainsi que la prouvent l'état de la langue, la coloration de la peau et les caractères de l'urine;
3* Lorsqu'il n'existe aucun état fébrile d'aucune espèce ;
tmAlTEllENT DE L*HY^EtlTROPHlE DU GOBUft. 853
A* Lorsque les signes d'une affection des valvules, et surtout ceux d'une insuffisance aortique manquent.
Mon expérience est d'accord avec les résultats obtenus par Hope,, quant à Tinutilité de l'hydriodate de potasse, administré dans le but dedîminuer le volume du cœur : je n'ai jamais employé moi-même ce médicament, mais j'ai connu des malades chez lesquels il avait été essayé sans succès.
Coaime moyens palliatifs, ou doit assigner la première place aux narcotiques; c'est surtout dans le cas où il y a suractivité des fonctions dn cœur et douleur, que Ton peut administrer l'opium, la jusquiame, Facide hydrocyanique, le haschisch et le chloroforme. Quelquefois, comaie dans un cas d'hypertrophie considérable cité par le docteur Groker-King, le malade s'habitue à l'action des narcotiques^ qu'il faut alors donner à très-fortes doses pour obtenir les effets sédatifs.
de riiTpertropiae eu eoMir, liée * urne valY«lair««
C'est au docteur Corrigan qu'on doit les vrais principes à appli- ^oer dans ce cas de pratique médicale. Ses recherches et ses obser- Titions se rapportent au traitement lie l'hypertrophie qui accompagne l'altération des valvules aortiques, cependant tout praticien doit reconnaître que les règles, qu'il a si habilement tracées, sont également justes lorsque la lésion siège à l'orifice mitral. Négliger, dans Ton et l'autre cas, de suivre les préceptes de Corrigan, c'est agir au détriment de son malade. Tous les jours, nous rencontrons des cas où l'état de la maladie s'est aggravé sous Finduence d'une double erreur. D'abord le praticien prend pour une affection récente, une lésion existant de longue date et incurable; puis il emploie le traitement antiphlogistique qui contrarie et qui annule les dispositions anatomiques prises par la nature pour assurer la prolongation de b rie (1).
! 1 , Voici commcni s'exprime le docteur Corri^n : 1 1^ maladie que nous » MydioDt est une Insuniitancc de l'appareil vahulaire placé à l'orifice aortique ;
• cettf insuffiMnce a pour résultat de permettre au sang de refluer dans le \en-
• tricule. Lorsque les valvules sont saines, elles supportent, par intenraUes, la
STOKBS. 23
l^U TRAlT£liBNT DES MÂUDIfiS ORGANIQUES DU OIBUR.
Il est cerlain, également, que les mauvais effets du iraitaoïeil spoliatif, dans ces cas, doivent être souvent attribués, en partie, i ta ^ commencement d'affection graisseuse ; ainsi, ce traitement est dou* blement nuisible, soit qu'il agisse en diminuant seulement la puisaaaci du cœur, en dehors de toute dégénérescence, soit que cet organe ail déjà été affaibli par une modiGcation interstitielle de son tissu; Teipérience et la théorie sont d'accord à ce sujet. Voici un exempk qui démontre bien la virité des principes que nous venons d*eiposer.
Un homme, atteint depuis longtemps d'une hypertrophie du cœir qui ne donnait lieu à aucun accident sérieux , consulta un médecin ; celui-ci fit appliquer immédiatement un grand nombre de sangsues à la région précordiale. Les effets de cette médication ne se firent pas attendre et furent des plus remarquables : des aeeès
» colonne de sanjr contenue dans laorle, vi le cœur fonctionne rcinJlU'remfnt, ■ » l'aide de son énerpe normale et du développcnu'ut pliy^iolo^rique de non Umi » nniëCuUire. Mais lorM|uc le» valvules aiUîri^s n'apportent plus leur r««Uai> g:ent d'action à l'accuniplissenient de ces fonctions, lorsipie le cœur n'a pla« » seulement à pousser le san^j: dans l'aorte, mais reste chargé de la tâche dôvoloe » aux \alvules, il est ainsi force de snpport«T en partie, après chaque contrar- » tion, le poids de la ctdonne s<in(?uine, et deuent incapahlc de remplir ce double M rôle, à l'aide de ses ressources ordinaires. \a nature alors, pour donner au » cœur les moyens <le suflire au surcroit de travail qui lui est impos<'>, augnwtttf » son énergie, en (goûtant à lu masse du tissu musiMilaire, et l'Inportrophie se » produit. Cette circonstance est en harmonie a%ec la loi {lénéralo qui vevi fêt s les muscles se développiMit et se renforcent proportionnellement à la puisMacr » avec laquelle ils sont appelés à a^j'ir. L'hypertrophie est-elle une maladie, eu » bien n'est-i>lle qu'une sa>;e prévision de la nature destinée à rendre le cttur » capable d'accomplir sa tâche? De la réponse à cttte «piestion dépend l'instita* » lion du traitement. Or, cette réponse ne saurait être douteuse. 1^ puittascr
• de contraction ordinaire ne suffit pas pour entretenir la r<^gularitf de la cir- » culation ; la nature se charge, sagement, d'\ {nmrvoir en augroentani la taire » contractile de l'organe. 11 est é\iduil, des lor*. qu en troublant ce travail » répiu-ateur et en diminuant la ctmtractilite du cœur, ou bien, en d'aulivj
• termes, en essayant de combattre l'hypertrophie, ainsi que le \eulent bieonec. » Berlin, etc., on prive l'organisme de la seule force qui a<surc la eirrulatmi éa » sang. Personne n'a jamais songe à diminuer l'Inpertrophie du tissu muscuiairv » «le rc'.tomac, du rectum ou de la xessie, dans le rétrécissement du pylore,
• du rectum ou <ie l'urètlire.
9 Dans les exemples que nous \enousdc citer, on recoDuait que rhipertfepWt
• est destiuéc à rendre la force de l'organe égale ù l'obslaclo qu'il doit vaincM. » Or^ ce principe u limple a ete eiitièraïuenl inccoiuiu> à propoa des ouladiai di
TBArrEMeNT DE l'hypertrophie du cgbdb. 85S
dhyants d'asthme cardiaque se montrèrent ponr la première foia, et i des intervalles très-rapprochés. Je fis prendre à ce malade du Iv, sous forme d'one teinture aromatique; je prescrivis une nourlitare aobstantielle et du vin en petite quantité; quelque temps après, la santé redevint ce qu'elle était auparavant, et cet homme pot continuer à remplir dans un hôtel les fonctions de premier prçon.
Le docteur Corrigan a signalé un état particulier que je n'ai jamais nacontré dans ma pratique : c'est un accroissement extraordinaire de 11 force des contractions du cœur, avec un développement anornal du pouls, sans fièvre et sans inflammation locale. Le malade se plaint d*un sentiment de constriction thoracique et de difficultés pour respirer; ces accidents paraissent dépendre d'une augmentation de 11 masse du sang; les vaisseaux sanguins sont distendus au point
t ccur : il ;$emblc (|ue cet organe soit formé de libres musculoircs d'une nators
• particuUrrC; ou qu'il soit soumis à des lois spéciales^ lorsqu'il lui faut iguster son
• .irtion aux obstacles que reiuoiitre l'aeroniplisseinent <le ses fonctions. L'oubli » d.»5 principes que n<)us venon<; de rappeler a eu trop souvent pour résultat, dans
> k traitement des nfTections \al\ulaires, de donner lieu à une lutte continueUe
• (utrc la nature et la médication. L'une donne au cœur les moyens d'accomplir » $05 foncti«ms, taudis (jue l'autre combat ces efforts réparateurs, et, par l'affai-
• bliiiscment de l'organe, le rend tout à fait incapable de suffire à sa tâche. Les
> «ii|rnées répétées, la diète et tous les débilitants ne contiennent nullement dans
• les maladies <lont nous traiton< ici.
■ Ao lieu de cette médication, on emploiera avec grand avantage tous les
> a)o\f ns de curation qui, eu fortiliant la constitution générale, accroissent pro- " pvrtionneUemeut la force du cœur et lui permettent ainsi de suppléer, dans
• lacti: de la circulation, à l'actiou adjuvante des T«l\ules. Conseillez donc une t durte composée d'aliments tirés dos règnes animal et végétal, pris eu quantité
• «ulfi^ante, et en même temps l'abstensitm des boissons qui augmentent beau-
• cirnp 11 masse de liquides de réconomie, l.i bière par exemple. Il n'y a
• torune nécessité à ce que le malade cesîte de remplir les devoirs de sa profés-
• *ion et de se li\rer à ses tra\au\ habituels, pourvu qu'il n'y apporte pas une > application iis»ei grande pour se fatiguer. En outre, les individus qui se MTcnt
• atteints d'une afl'ection du cœur sont placés sous le coup de la crainte d'une » Biort subite : il est indispensable de les détromper à cet égard ; ici on peut le
• fUre sans hésiter, caria maladie ne se termine jamais de cette façon.
• Le traitement dont nous venons de donner un aperçu, est en opposition » eenplète avec celui qu'on met habituellement en pratique : il avait fixé forte* i aest l'atteiition des hommes de l'art^ longtemps avant que les domieef tbéeri-
• qoes ne fassent venues lui prêter leur appui. » (Voyez le mémoire de GorrigaOi idmhurgh medical and surgical Journal, vol. XXXVII, 1832.)
350 TRÂlTBMKNT DES IIALADIBS OBGANlQUES DO CKMt.
que le cœur en éprouve de la gène ; il est incapable de se conlraclar librement et sun action devient tumultueuse. Une large imistîoB sanguine, suivie de l'administration d'un médicament opiacé, proddt un soulagement immédiat. Le docteur Corrigan Tait remarquer, atee juste raison, qu'une saignée abondante faite dans ces conditions, agit tout autrement que les petites émissions sanguines répétées et irri* tantes, telles qu'on les pratique habituellement.
Je pense qu'on ne doit saigner qu'avec de grandes précautions les malades dont il est question, lorsqu'il survient chez eux des attaques inflammatoires. Ce point a déjà été traité. S'il se montre une inflammation aiguë, telle que la pneumonie, la péritonite, le rhumatisme, k docteur Corrigan conseille un traitement anliphlogistique appliqué immédiatement, mais que Ton ne prolonge pas; et il insiste sur cette particularité, qu'une déperdition considérable de sang ne produit pas alors la syncope. Suivant lui, il faut saigner largement, mais dès que l'inflammation a cédé, suspendre, le plus tôt possible, le traite* ment débilitant ; en le continuant, on agirait d'une manière défavoraUa sur l'afl'ection organique.
Ici, les résultats de mon expérience sont nuls, car j*ai toujours évité, dans ces cas, de tirer du sang.
Traiicmeai applicable an cas oik le cae«r cat aflatbll et prcbablcniCBt dilaté, et où Ton rcncoatrc, em meaac tcaipa, ■■• entatloB de voluaae du foie et vnc aflbctlon i
Il vient d'être question du traitement à instituer lorsque la contractilité du cœur a augmenté, et qu'il y a hypertrophie réelle; voyons maintenant quels moyens decuralion on doit opposer à Taflaiblissement de l'urgane, que cet aflîsiblissement résulte de la dilatatioa des cavités cardiaques, avec complications pulmonaire et hépatique, ou d'une dégénérescence graisseuse.
Dans ces deux formes, les principes généraux de la médication sont les mêmes. 11 faut éviter tous les moyens qui pourraient déprimer l'organisme, essayer d'améliorer l'état du sang, et augmenter la puissance des fibres musculaires, affaiblies et atrophiées. Le praticien ne doit point perdre de vue qu'il a à traiter une affection très-coropli« quée, et que la maladie du cœur peut n'être que l'expression manifeiie d'un état morbide qui frappe Torganisme tout entier. Les bases do
TKllTBMCirr M l'affaiblissement du CœUR, AVEC Dn.ATATION. %!il
Inileinenl sont les mêmes , lorsque le cœur est affaibli et dilaté (comme dans le cas du docteur Colles), ou bien lorsqu'il y a dégénéreseence graisseuse, sous quelque forme qu'elle se présente ; cependant il est une circonstance importante qui diffère dans ces deux états pathologiques. Nous voulons parler du succès de la médication kjdrargyrique, qui atténue beaucoup les accidents, dans la première de ces affections, et qui en fait disparaître les conséquences fâcheuses.
Il est fort remarquable qu'on ne trouve^ à ce sujet, que des renseignements très-incomplets, dans les ouvrages de médecine, bien fi*an grand nombre de praticiens connaissent les heureux effets du nercure dans le traitement de cette maladie; cependant il est imposable de faire un éloge trop grand de l'efficacité de ce médicament, dans un certain nombre de cas. Nous ne voulons pas dire qu'on •kienne ainsi la guérison de la dilatation du cœur, mais l'expérience de bien des années nous a convaincu qu'à l'aide de ce médicament la peut relarder ses progrès, faire disparaître les irrégularités du cœur qui contribuent à sa production, et surtout prolonger la vie du iBilade en le débarrassant, maintes et maintes fois, de l'hydropisie et des congestions pulmonaires et hépatiques, alors même que ces aecidents sont arrivés au point de faire prévoir une mort prochaine.
En retraçant l'histoire du docteur Colles, nous avons signalé l'action réciproque du foie et du cœur Tun sur l'autre, et nous avons démontré fa'O est souvent impossible de dire lequel de ces deux organes est ilteint le premier et le plus fréquemment. Lorsque les accidents aux« fada se peut donner le nom d'accès paroxystiques se montrent, la eioae qui les produit porte son action, tantôt sur le cœur, tantôt sur le foie. Il est bien certain qu'il existe un état morbide de cet organe qui mène de grandes irrégularités dans l'accomplissement des fonctions da cœur; et cependant ces accidents cardiaques présentent parfois des différences considérables dans leur forme. Ainsi, l'action du cœur pe«l être surexcitée, rapide et irrégulière au dernier point, et cela, pendant plusieurs mois; puis, soit spontanément, soit à la suite d'un traitement qui s'adresse aux fonctions digestives, les contractions et les bmits reprennent une régularité parfaite, sans qu'on trouve les traces les plus légères d'une modification dans le volume ou dans la capacité de l'organe. Rien de plus iii§tructif, car on voit sauvent les praticiens les plus instruits différer d'opinion sur l'état da