CHAPITRE VII
DB l'état du CCœUR DANS LE TYPHUS.
n est fort remarquable, en présence des recherches faites par les anitomo-pathologistes sur Yélai des viscères, et sur les modifications dn sang et des tissus élémentaires dans la fièvre, qu*on se soit occupé si peu du tissu musculaire : cetle remarque s'applique aussi bien aux afiections propres de ce tissu, indépendantes de toute maladie essentielle, qu'aux altérations des muscles soumis à la volonté, et des omicles de la vie organique, dans la fièvre (1). Pour les aflections propres du tissu musculaire, et en particulier, pour l'atrophie et la dégénérescence graisseuse, l'étude microscopique a été cependant fertile en résultats. Mais il faut avouer que nos connaissances sont encore bien bornées, en ce qui touche les lésions du tissu musculaire, placées sous la dépendance d'un état pathologique essentiel, et qui, si Ton raisonne par analogie, doivent offrir des caractères spécifiques en rapport avec la maladie qui leur a donné naissance.
Au point de vue particulier de l'état du tissu musculaire dans le typhus fever, constatons d'abord que l'existence d'une altération des muscles volontaires est admise depuis longtemps. — Pour Laennec, cette altération consiste en un ramollissement poisseux, en un état gluant des muscles, et cette lésion se rattacherait à un commencement de putridité. Ce n'est point une décomposition cadavérique, mais une dissolution des liquides de l'organisme, qui caractérise, on le pensait du moins, les fièvres dites putrides : rien cependant n'est encore bien fixé à cet égard, et l'on peut se demander si cet état particulier des muscles de la vie de relation, résulte d'un commencement de décomposition, ou bien s'il constitue une lésion secondaire spéciale, placée sons la dépendance de l'état typhique.
Sans vouloir discuter ici cette question, il est bon de faire remar-
M; Pour Stok(*s, lo mot ferer (^A synonyme ilc fiè>rc typhique. Nour Vrrom lovYcnt trafluil par />''rre, lorsqu'il ne pouvait y avoir «le doute sur «on accepti»n. ;H. s.;
372 DE l'état du coeur dans le typhus.
quer^ que même dans les fièvres péléchiales terminées par la mort» on rencontre rarement les altérations des muscles soumis à la volonté, lors même que les viscères sont le siège des désordres anatomiques les plus graves. On peut le dire en toute assurance, dans la fièvre, telle qu'on la rencontre dans notre pays, le système muscolaire de la vie de relation est de tous les organes celui qui offre an scalpel les modifications les moins marquées.
Il n'en est pas de même des appareils musculaires de la vie organique. Entre ceux-ci et les muscles volontaires, il n'existe aucmi rapport constant, et il est certain que l'autopsie peut faire reconnaître des altérations graves du cœur, alors que les muscles volontaires offrent l'apparence d'une intégrité parfaite.
Laennec a observé le ramollissement du cœur dans le cours des fièvres essentielles; ce ramollissement lui a toiigours semblé pins évident, dans les cas où les signes de l'altération des liquides étaient plus tranchés. Les signes qu'on rapportait autrefois 'à la putridili étaient les suivants : la lividité et le gonflement de la face, le ramollissement des gencives et de la muqueuse buccale, l'enduit noir de la langue et des gencives, l'apparence terreuse de la peau, la distension de l'abdomen et la fétidité des déjections. L'auteur que nous venons de nommer ne s'explique pas catégoriquement; cependant il semUe admettre que l'état du cœur est un échantillon, pour ainsi dire^ de l'altération qui a atteint le système musculaire tout entier. Cette doctrine est fausse, nous l'avons vu, et Louis a, le premier, rétabli les faits, en disant à propos du ramollissement cardiaque dans les fièvres : c Rien de semblable ne se rencontre dans aucune autre partie du système musculaire ; tous les muscles qui président aux mouvementi volontaires conservent, au milieu de ces désordres, leur coloration et leur consistance normales. »
Nous pouvons maintenant étudier les recherches si importantes de Louis; elles établissent la fréquence delà lésion dont il s'agit el démontrent qu'elle ne se rapporte à aucune forme d'inflammation da cœur.
c Le cœur avait une consistance moindre que dans l'état normal, j» chez vingt-quatre autres sujets. Cette diminution de consistanec
> était peu considérable dans sept cas, et comme à ce degré on de- » vrait peut-être ne la considérer que comme une variété de la cm*
> sistance naturelle, ou, comme on dit, de l'état physiologiqWy Ji