RECHERCHES DE LOUIS. S
> forai abstraction des cas dont il s*agit, dans ce qui va suivre : ce
> qui réduit à dix-sept le nombre des sujets qui doivent nous occuper. » Le ramollissement du cœur existait encore à un degré très-médiocre I dans deux de ces cas. Mais comme il était borné au côté gauche, I on ne pouvait le regarder comme une disposition naturelle, avec I d'autant plus de raison qu'il arrive quelquerois, quand le ramollis- I sèment est considérable, qu'il Test encore plus à gauche qu'à droite. I Dans les autres cas, il était universel, très- prononcé, le cœur très-
> flasque, à tel point que chez plusieurs sujets cet organe n'ayant ) pour ainsi dire plus de forme déterminée, prenait tontes celles I qu'on lui donnait, et les gardait comme un linge mouillé ; son tissu
> avait alors très-peu de cohésion et se laissait déchirer ou pénétrer I avec la plus extrême facilité.
» En même temps qu'il était ramolli, le cœur était, dans beaucoup
> de cas, plus ou moins décoloré, d'une teinte pelure d'oignon plus ion moins foncée, ordinairement livide et violacée, à sa surface I extérieure comme dans l'épaisseur de son tissu. La face interne I des ventricules et des oreillettes était au contraire, chez les mêmes I sujets, d'un rouge violet foncé qui pénétrait quelquefois au delà de
> la membrane qui la tapisse, et paraissait le produit d'une sorte
> d'imbibition du sang, dont elle avait plus ou moins exactement la I couleur. Ainsi ramolli et décoloré, le cœur n'avait plus, à la sur- » face des incisions pratiquées dans son tissu, l'aspect un peu humide
> qu'il offre ordinairement : il était aride et mat en quelque sorte,
> i peu près comme nous l'avons déjà vu pour le foie, dans des cir*
> constances analogues. Son volume n'était pas plus considérable
> que dans l'état naturel, et il paraissait plus petit dans deux cas • (obs. ià et 33) : ce qu'on ne doit pas considérer, à mon avis, » comme un effet du ramollissement de l'organe, mais plutôt comme
> nne disposition naturelle qui existait aussi sur d'autres sujets dont
> le cœur n'offrait rien autre chose de remarquable (obs. 31,39, Al). » Un autre fait qu'il importe dç signaler, c'est que dans presque
> tous les cas de ramollissement dont il s'agit, les parois des ventri-
> cules, celles du côté gauche surtout, étaient manifestement moins
> épaisses que dans l'état naturel (souvent 6 millimètres et demi
> pour le ventricule aortique). Et comme cette diminution d'épaisseur » n'avait lieu que dans les cas de ramollissement, il faut admettre^
> ce me semble, qu'elle tenait à la même cause,
876 DE L'ÉTAT DU COBOR DANS tE TYPHUS.
> Si ces faits sont insuffisants pour faire connaître la cause do
> ramollissement du cœur, au moins sont-ils exclusifs de l'une dé
> celles qui président à un grand nombre de lésions, je veux dire
> rinflammation ; car, comment l'admettre dans un ramollissemenl
> aigu, accompagné de l'amincissement, de la décoloration et d*uM » sorte d'aridité du tissu qui en est le siège? Une pareille suppott- » tion impliquerait véritablement contradiction ; et, comme je Tai ]» dit pour le ramollissement du foie, si l'on connaissait une cause
> de lésions opposée à l'inflammation, il serait naturel de lui rap*
> porter le ramollissement qui nous occupe.
> D'autres considérations, déjà présentées au sujet de la rate, » viennent encore à l'appui de ces réflexions. Les parois du cœur, ]ft plus ou moins ramollies, n'offraient de traces de pus dans aucun
> cas; dans aucun, il n'y avait inflammation du péricarde; inflam*
> mation qui devrait être assez fréquente dans le ramollissement do » cœur, s'il était de nature inflammatoire. Et l'on ne saurait opposer
> à cette manière de voir les cas de péricardite observés à la suite I d'autres maladies aiguës, le ramollissement du cœur n'existant que
> sur deux des huit sujets qui en étaient l'exemple.
» D'ailleurs, la fréquence et la profondeur du ramollissement étaicat » d'autant plus considérables, que la maladie avait été plus prompte* » ment mortelle. Ainsi, le cœur était ramolli chez près de la moitié » des individus qui avaient succombé du huitième au vingtième jour
> de l'affection ; chez le tiers de ceux qui avaient été emportés dans
> la période suivante, et dans une proportion un peu moindre cha » ceux qui étaient morts ensuite. En outre, de sept cas dans lesqoeb » le ramollissement était extrême, aucun n'est relatif aux individus
> emportés après le trentième jour de l'affection, et l'on en trouvait :
> ft chez les 17 sujets des premier et deuxième groupes, 3 chei les
> 20 du troisième.
h En sorte que, quel que fût le degré du ramollissement, la pro* » portion des cas où il avait lieu chez les divers groupes d'individos
> était à peu près la môme; et ce ramollissement, comme celui du
> foie et de la rate, était plus profond chez ceux qui avaient été em- » portés après le vingtième jour de la maladie ; on ne le rencontrait • pas, dans son maximum, chez les sujets du quatrième groupe (1). »
(1) Umï*, Fth-rv tijp/mdc, 2«cilil., 1841. Paris \o\. I, p. 208-300.