LÉSIONS AN ATOMIQUES
rappariiioiiy les progrès et ]e déclin de la débilité du cœur, dans des eas tout à fait identiques avec ceux où l'autopsie a révélé l'altération Sféàfkle da cœur ; ce fait ne prouve-t-il pas péremptoirement que les malades, après avoir été atteints d'une affection du tissu musculaire eardiaqoe, ont fini par en guérir?
Il faut noter la rareté des symptômes du ramollissement du cœur, ^bns le cours de l'épidémie qui suivit la famine de 1847 : fait fautant plus remarquable, que la complication de scorbut fut très- CMumone. Mes observations appartiennent surtout aux années 1837 a 1838, et l'on peut dire, d'une façon générale, que le ramollisse- Dent typhique du cœur paraît être soumis aux mêmes règles que les antres lésions secondaires, et que sa fréquence varie beaucoup avec les diverses constitutions épidémiques.
Douze années se sont écoulées maintenant depuis la publication de mes recherches sur l'état du cœur dans le typhus, et je n'ai rien i changer aux conclusions auxquelles j'étais arrivé à cette époque. Comme autrefois, nous disons que dans quelques cas de typhus bien marqué, on rencontre un état particulier du cœur, état non inflamnatoire, différent de celui que présentent les muscles soumis à la Tolontéy et qu'on ne saurait attribuer à une décomposition cadavérique.
Voici en quoi consiste l'altération dont il s'agit : le cœur a conlerré, ou peu s'en faut, son volume normal ; il a habituellement une lante livide (cette même coloration se retrouve souvent dans des (ffganes différents, à la suite des fièvres). Sa consistance est extrêmement mol'e, surtout au niveau de ses cavités gauches; fréquemment le venlricule de ce côté se déchire sous la pression. Le péricarde et Tendocarde n'offrent rien de particulier, et les valvules sont saines. La lésion principale occupe le tissu musculaire , qui est alors infiltré d*uDe matière de sécrétion collante, et de consistance gommeuse. Le ventricule gauche présente un aspect singulier : il n'offre plus trace des fibres musculaires ; toute leur couche superficielle est convertie, dans une épaisseur d'un huitième de ligne, en un tissu homogène dans lequel on ne retrouve pas une seule fibre musculaire ; ce tissu altéré est ordinairement d'une coloration foncée, et il ressemble à la substance corticale du rein. Il peut se montrer sous la forme de plaques d'une épaisseur variable et d'une étendue d'un quart à trois quarts de ligne. Cette altération se retrouve quelquefois sur la cloison
interventriculaire et, k un degré moindre, dans le ventricule droit. Li trame, formée par l'entrecroisement des faisceaux musculaires internes, est à peu près saine ; bien que ceux-ci puissent être plus pâles qie de coutume, leur consistance est peu altérée. Le ventricule droit est presque toujours plus ferme et plus dur que le ventricule gauche; celui-ci peut être ramolli au point de se déchirer par une pressiot légère. Dans un cas, les deux ventricules paraissaient égalemeit affectés : le ramollissement de l'organe était si considérable, qu*ei saisissant le cœur par les gros vaisseaux et en le retournant la pmole en l'air, il retombait sur la main, qu'il recouvrait comme le chapeM d'un gros champignon. Cependant, même dans ce cas, le ventricob gauche était plus ramolli que le ventricule droit.
Rien dans les autres parties du corps ne permet de distinguer les cas de typhus avec ramollissement du cœur de ceux où cette lésion manque. L'altération secondaire la plus importante est l'affectiOB bronchique, qui existe très-fréquemment. L'existence des altération de l'iléum n'a rien de constant.
Tel est le plus souvent l'état du cœur chez les malades qui présentent les signes physiques attribués à la maladie typhique. Les résultais de notre pratique sont, sur beaucoup de points, les mêmes que ceux de Louis. Cependant, jamais nous n'avons rencontré Tamincissemeiit des parois du cœur, ni l'aspect de sécheresse et de dépoli à la coupe du tissu cardiaque.
Tous les phénomènes vitaux et anatomiques qui accompagneflt cette altération doivent la faire ranger au nombre des lésions secondaires spéciales du typhus, telle, par exemple, que l'infiltration des glandes muqueuses de l'intestin : elle peut disparaître, sans laisser i sa suite une désorganisation durable. Jamais, jusqu'ici, nous n'avons vu se produire un travail de réaction morbide dans le tissu infiltré, ainsi que cela se rencontre dans la dolhiénentérite, et probablement aussi dans l'affection pulmonaire typhique. II est possible qu'en raison des fonctions du cœur, la mort survienne par affaiblissement de l'organe, avant que la réaction ait pu avoir lieu : peut-être aussi la réaction inflammatoire se développe-t-elle moins facilement dans le tissu musculaire que dans les glandes solitaires ou agrégées de l'intestin. Il est jusqu'à trois raisons différentes, que nous devons citefi et qui prouvent que le cœur n'est point le siège d'un travail de réaction. Ce sont : l"" la rapidité du rétablissement des fonctions de
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rorgane dans la convalescence ; 2"" Texcitation du cœur qu'on remirqae quelquefois, peu de temps avant la mort, et Tabsence, dans ce cas, de toute lésion inflammatoire reconnue à l'autopsie ; 3° enfin cette circonstance que jamais, dans bien des centaines de Taits observés depuis douze années, on n'en a rencontré un seul où le ramollisse- Beiit et la faiblesse du cœur, pendant le cours du typhus, ait donne lien à une affection valvulaire consécutive.
Si le ramollissement cardiaque est une des affections secondaires da tjphus, il doit, comme les lésions analogues, présenter une certaine périodicité. En d'autres termes, ce doit être un accident qui ne coïncide pas avec la fièvre, mais qui se montre d'une manière intercorrente, se développant et disparaissant à des périodes fixes. Or, le plus ordinairement, les signes physiques qui dénotent l'affaiblissement da cœur paraissaient le sixième jour environ, et au bout d'un seplàiaire le cœur semblait rétabli, en ce qui touche sa puissance contnctile au moins, car nous avons vu, quelquefois, une certaine lenteur des battements persister plus longtemps.
En moyenne, on peut fixer au sixième et au quatorzième jour Fapparition et la cessation des signes de la debilitation cardiaque. II est probable, cependant, que l'action de l'organe se ralentit quelquefois avant le sixième jour. Nous avons vu le cœur s'affaiblir dès le cinquième jour, et l'on peut admettre que la débilité disparaît quelquefois avant le quatorzième. En effet, nous ne pouvons reconnaître l'existence et la disparition de l'affection du cœur qu'a l'aide des signes physiques : or, il n'est pas probable que ceux-ci soient bien marqués à son début ou au moment où elle tend à disparaître. L'irrégularité même de la période à laquelle se montre la débilité cardiaque donne encore plus de probabilité à Topinion qui fait de cette maladie une manifestation secondaire du typhus.
Dans notre mémoire original, nous avons cru pouvoir diviser les cas de typhus fever de ce pays en deux grandes classes : dans l'une, 00 observe les symptômes progessifs de l'affaiblissement du cœur ; dans l'autre, les fonctions et les bruits de cet organe conservent, pendant tout le cours de la maladie principale, leur force normale. Nous conservons cette division générale, tout en faisant remarquer que la proportion des cas qui rentrent dans l'une ou l'autre de ces catégories sera infiniment variable, suivant les épidémies, et suivant le moment où les faits auront été recueillis.
Les recherches failes par nous, depuis 1838, nous paraissent être de nature à justifier la classification suivante des cas de typhus :
l*" Les signes d*un alTaiblissement du cœur existent.
2*" Les fonctions du cœur ne présentent rien de remarquable pai" dant tout le cours de la maladie.
S"" Les fonctions du cœur sont excitées d'une façon permanente* Cependant, ni les symptômes physiques, ni les résultats de Tautopsie ne révèlent la plus légère trace d*inflammation.
A"" Il y a probablement débilité simple du cœur : ces cas diffèrent de ceux du n° 1, en ce que le ramollissement typhoïde n'existe pas*
ô° Dans le cours d'une fièvre peu prolongée avec rechutes (short and relapsing fever)y et plus rarement dans le typhus maculé, on perçoit un bruit de souf&e qui paraît dû plutôt à un état nerveux oo anémique, qu'à une endocardite.
Les conditions signalées sous les n''* 1 et 3 représentent deux étais tout à fait opposés. Ils ne se révèlent nécessairement ni par h chaleur de la peau, ni par les caractères du pouls, ni par l'étal général des forces. On peut constater de la chaleur à la peau et on développement moyen du pouls, dans des cas où l'action du cœur a diminué progressivement, au point de devenir presque imperceptible* D'un autre côté, cet organe peut avoir conservé toute son énergie, et cependant le malade est sans pouls, froid, livide, et couvert de pétéchies d'une coloration Irès-foncée.
On ne saurait accorder trop d'importance à la division que nous venons de formuler. Elle comprend des questions majeures du traitement et du pronostic. En effet, reilicacité des médicaments stimolants dans la fièvre , et surtout les doses auxquelles on peut lei prescrire, dépendent, sinon de l'état même du cœur, au moins de l'existence d'un ensemble de symptômes , dont le ramollissement et l'affaiblissement cardiaques font partie.
Depuis la publication du travail de Louis, jusqu'à nos recherches i Meath Hospital, on ne s'était guère occupé de la question dont nous traitons en ce moment. Notre premier soin fut d'établir le diagnostic du ramollissement du cœur dans le typhus ; puis nous nous efforçâmes de déterminer jusqu'à quel point la connaissance de cet état pouvait être utile pour le traitement de la maladie. On verra que les signes diagnostiques, que nous décrirons bientôt, appartiennent en propre i l'affaiblissement du cœur, et indirectement au rainollisâement. — Ce