AFFAIBLISSEMENT OU COEUR
22. — Un peo de sommeil; pas de délire. La physionomie est Didlleare, les yeux sont moins injectés. Pouls à 100 pulsations, plein al relier ; i / étaii iniermiUent avani qu'an eûi augmenté hier la fuaniité de vin prescrit. Les bruits du cœur sont faibles ; le deuxième est toujours prédominant. — Vin, 20 onces : en raison de la bibleese du malade, on a ajouté 8 onces de vin à la quantité prescrite hier ; booillon.
28. — Selles et urines involontaires ; respiration à 32, moins laborieuse. Extrémités réchauffées artificiellement ; prostration considérable; le pouls est à 8& pulsations, petit ; l'impulsion du cœur est pies distincte, le premier bruit toujours plus faible que le deuxième. — Vin, 20 onces; vésicatoire sur le cœur et à la nuque.
2A. — L'aspect du malade est meilleur, le sommeil est bon; lorsque Smyth est soulevé dans son lit, il se plaint d*étourdisse<meals; l'affection bronchique a beaucoup diminué. Pouls à 80; impulsion du cœur perceptible, le premier bruit est plus fort. — Vin,' 20 onces.
25. — La nuit a été tranquille, les symptômes s'amendent. Le pouls est à 80 pulsations ; sa force est satisfaisante ; l'impulsion du cœur est naturelle; les bruits ont repris leurs proportions normales. — Vin, 16 onces.
26. — Il n'y a presque plus de toux; le sommeil est bon; le pouls est à 70, régulier; phénomènes cardiaques ut supra. —Vin, 16 onces.
2^. — Convalescence.
One. XL. — Typhus maculé avec symptômes de catarrhe gastrique et symptômes nerveux très-^éveloppés ; modification retnarquable de faction du cœur; administration du vin.
Thomas Gavanagh, âgé de quinze ans^ est admis, le 1& avril, à l'hôpital, après trois jours de maladie. Il existe i la région dorsale quelques taches pâles peu distinctes ; la soif est excessive ; il y a de kl diarrhée et de la sensibilité à l'épigastre.
Le malade tousse un peu, et expectore abondamment des matières spumeuses^ Le pouls est à 120 pulsations, petit et facilement dépresiUble ; l'impulsion du cœur est forte et les bruits cardiaques s'endistinctenieni dans une grande étendue de la poitrine. On
600 DB L*ÊTAT DU COtUR DANS LB TYPHUS.
prescrit une application de sangsues à Tépigastre et des boissons gazeuses.
16. — Les symptômes généraux persistent; respiration à 82; k pouls est à 126 ; l'impulsion du cœur a perdu de sa force.
17. — Les taches sont plus distinctes-, les accidents abdominaai continuent ; 36 respirations à la minute. Il y a un peu de délire. Le pouls est à 120, plus Taible qu'hier; Timpulsion du cœur se voit i peine, mais elle se perçoit facilement'au toucher ; les bruits cardiaques sont normaux.
18. — A la suite d'un bain de siège, il s'est produit one soeur abondante; le malade est moins bien ce matin; il existe on délire tranquille continu; la face est pâle et affaissée; la peau est moins chaude, les taches, Irès-abondantes, prennent une teinte livide; la langue est sèche et brune; soif vive; sensibilité très - développée dans la région iléo-cœcale. Pouls à 132, pulsations encore plus laiblet qu'hier; on sent et l'on voit battre le cœur; les bruits cardiaqoes sont extrêmement faibles, le premier ^ surtout y que Von entende peine.
19. — - La faiblesse a encore augmenté; la peau est chaodeel sèche ; les pétéchies, très-abondantes partout, ont une coloration livide et foncée ; il y a 30 respirations à la minute, et elles sont moias laborieuses ; soif vive. Les bruits du cœur ressemblent exactement i ceux d'un fœtus au huitième mois; a la fin de l'expiration, on seil très-indistinctement le choc du cœur. — Vin, 3 onces; arrow-root.
20. — Le sommeil a été meilleur et le délire moins fort ; la physionomie est plus satisfaisante; les yeux sont moins injectés; les symptômes abdominaux persistent. Respiration à 28, interrompue fréquemment par des soupirs ; dans la région postérieure de la poitrine on perçoit des râles sonores et sibilants; sur l'oreille gaoche existent deux petits points gangreneux. Pouls à l&O, un peu plus fort qu'hier; l'impulsion du cœur est plus distincte et ses bruits se perçoivent a droite du sternum. — Vin, 3 onces; arrow-root.
21. — Sommeil bon; intelligence plus complète. Le malade se plaint d'une soif excessive; respiration à 32; la peau est chaude el sèche; les taches, d'une abondance insolite, sont livides; on des points ecchymoses de l'oreille est transformé en vé^cule; extrémités chaudes. Pouls à 132, plus plein et plus fort; l'impulsion do coanf est comme hier ; à droite du sternum, les bruits du cœur suni i
APPAIBUSSEMENT DU CGBUR. &0i
distincts, surtout le premier, qui est remarquablement Taible.— Vin, (Mices.
22. — Symptômes ut suprd. Respiration, AO ; pouls, 125 ; point de changements du côté du cœur. — Vin, 5 onces,
2S. — Le délire persiste ; la peau est plus Traîche, les taches sont moins livides, la toux est plus fréquente et plus grasse. Pouls, 135 ; lorsque le malade est couché du côté gauche, le choc du cœur est fort; le premier bruit est plus distinct. — ^Vin, 5 onces.
2A. — Le malade a perdu l'expression typhique ; regard clair et éveillé; le pools est bien meilleur, à 110 pulsations; il est mou ; Timpakion et les bruits cardiaques ont repris de la force. — ^Vin, 5 onces.
Convalescence.
Pour une affection aussi variable dans ses complications que le typhus 9 il doit y avoir dans ses effets, sur un organe mobile comme le cœur, des différences et des modifications importantes. L'étude de h maladie convaincra sans peine tout observateur impartial, qu*i eôlé des lésions secondaires bien marquées du typhus, il y a une foule de modifications fonctionnelles éphémères , et d'altérations orga« niques, variables dans leur étendue, leur siège, leur durée. Sans nul doole, le cœur est soumis à ces influences roorbigènes, comme toutes les autres partiesde l'organisme; il lessubit comme le cerveau, les pou- BMHis ou la muqueuse gastro-intestinale. Ainsi s'expliquent beaucodp de circonstances qui se rattachent à l'action du cœur dans les fièvres, circonstances qui paraissent souvent obscures et anomales, et qu'il ne faut point perdre de vue, si l'on veut comprendre la maladie dans son ensemble.
On voit habituellement l'impulsion du cœur disparaître ou s'allaiblir, en même temps que disparaît et s'affaiblit le premier bmit. Toutefois cette règle offre des exceptions singulières. Nous avons déjà dit, que lorsque le cœur revient à l'état de santé, la réapparition du choc cardiaque et celle du bruit systolique ne marchent paa parallèlement; même dans les premières périodes de la maladie, on observe, à ce point de vue, des anomalies et des irrégularités. Noos avons vu, dans quelques cas, l'impulsion cardiaque, qui manquait 9m moment de la systole ventriculaire, coïncider avec le second bruit. L'eiistence d'un choc double est loin d'être rare dans le cours d'un grand nombre d'affections chroniques, sans même qu*il y ait lésion cardiaque évidente ; mais la disparition de l'impulsion ventriculaire,
avec la conservation du deuxième choc n*a été, à ma connaissance» observé que dans l'affaiblissement par ramollissement du cœur, qui se rencontre dans le typhus.
Obs. XLI. — Typhus maculé; prostration extrême ^ avec #ympiômes abdominaux et pulmonaires; choc cardiaque plus distinct au deuxième temps.
Une fille, âgée de treize ans, et arrivée au moins au quinsième jour de sa maladie, fut reçue à l'hôpital dans un état de prosiratîoo considérable.
Malgré la période avancée de la maladie, cette fille était couverte d'une éruption abondante de petites taches foncées. La face était livide et affaissée, et il existait un écoulement purulent considérable par les narines. Céphalalgie intense, délire continuel, sanglots et plaintas incessantes. La peau est chaude ; soif très-vive avec sensibilité à l'épigastre *, pouls à 120 pulsations, extrêmement faible.
Le premier bruit du cœur ne s'entend presque pas ; il s'accom* pagne d'une impulsion si faible qu'on la perçoit à peine. Le deuxième bruit est très-net et s'accompagne d'un choc distinct. Le lendemain, le premier bruit avait repris de la force ; les caractères de Tini* pulsion ne s'étaient point modifiés. Le jour suivant (dix-septième ou dix-huitième de la maladie), le choc ventriculaire commença i réapparaître, et le premier bruit augmenta beaucoup d'intensité; ao vingt et unième jour, le cœur avait repris son action normale.
Ce cas était très-grave ; toutes les cavités du cœur semblaient être affectées, et l'existence des taches livides i une période aussi avancée de la maladie aurait pu faire porter un pronostic défavorable. Cependant la guérison fut parfaite (1).
Dans le fait suivant, nous trouvons le défaut de correspondance qui existe quelquefois entre la réapparition de l'impulsion et celle du premier bruit.
(1) L'apparitiou d'un ccoulcmeni purulent abondant par les narines est un »}m* ptôinc rare dan» le typhus d'Irlande. Je l'ai rencontré quelquefois a>ec une tbcHiH dance telle^ que le pus coulait comme un ruisseau par le nés.
BÉAPPARITION DU CHOC ET OU BKUIT YIKl«Tai€ULAlR£. AOB
Obs.XUI. — Typhus péléchialj les brui($ du eaur sont faibles f mais bien proportionnés } le défaut d'impuUiùn persiste pendant cinq jours 9 malgré la réapparition gradmlle du premier bruit.
Une jeune femme entre à l'hôpital, au huitième jour d'un typhus, hvet les symptômes de l'épidémie régnante. L'éruption pétéohiale n'a point encore paru. Les bruits du cœur sont normanxi et Ton sent rimpiilsion cardiaque. On remarque, cependanti que dans la position verticale, il y a tendance à la syncope. Au deuxième jouTi les bruits dn cœur s'affaiblissent, mais conservent leurs rapports de proportion, et le choc du cœur disparaît complètement; il ne oommonça à rspanttreqae le dix-septième jour; le pouls était alors à 70 puisa* tiens.
Il est rare que Voû rencontre la Jenteur de la réapparition de Timpulsion cardiaque, signalée chez cette malade : le plus ordinaire-* ment, ce choc redevient perceptible quelques jours avant qtie le pouls ail repris son rhjthne normal.
Quelquefois le retour du premier bruit a lieu simultanément dans toute l'étendue de la région ventriculaire : ou bien on le retrouvo feulement i la pointe, tandis qu'à la base, on ne perçoit que le deoxièaie bruit ; on a même cité un cas où les bruits reparurent on procédant de haut en bas.
Il arrive parfois, aussi, que l'altération du cœur ne présente pas sas périodes régulières d'accroissement et de décfoissanoe, soit qu'il j ait aflaiblissenient simple, soit qu'il existe simultanément un ramollîs* siDeBt. Ainsi, il peut se faire que, pendant deux ou trois jours, las sjBptdmes indiquent un ramollissement progressif; puis il sonrîaiil aae période de surexcitation, qui peut durer pendant vingu^uatra keares, et à sa disparition, le premier bruit ne se retrouve plusi eila Miadie marche comme à l'ordinaire.
Dans quelques cas, nous avons vu une période d'excitation du ccsur nivra la période d'affaissement, et durer jusqu'à la mort; l'observa» lion suivante nous fournit un exemple de cette circonstance exeep* tiaanalle.
kQk M L*ftTAT DU GGKUR DAKS LE TTPBUS.
Obs. XLIII. — Typhus petechial; proitratimf iymptômeê veux et accidents catarrhaux graves; au douzième jour ^ fair blesse extrême de fimpulsian cardiaque; les fonctions du eesur reprennent leur énergie pendant les cinq jours qui précédèrent la mort.
Une femme, âgée de quarante-cinq ans, est reçue à rbApilal wn onzième jour de la fièvre. Il existe du délire et un élat de coltafms extrême. Décubitus dorsal^ extrémités froides, pouls misérable. La malade parle continuellement, dans son délire; elle pousse firéquemment des cris perçants. La face est injectée ; la physionomie exprime une férocité sauvais : les pupilles sont normales, les dénis et les lèvres couvertes de fuliginosités. La malade indique la têle comme étant le siège des douleurs. La soif est intense; la peau di tronc est sèche, chaude, et couverte de pétéchies abondantes el livides. La langue est brune et fendillée. Le pouls, petit et faiMe, bat 136 fois par minute.
Les respirations, pénibles et interrompues, sont au nombre de A6 par minute. Le murmure vésiculaire est masqué, dans toute rétendae du thorax, par des râles muqueux et sonores intenses. L'impulsion di cœur ne se perçoit pas ; les bruits cardiaques se distinguent i peine, mais l'intensité du râle bronchique ne permet pas d'attribuer celle circonstance à leur faiblesse seule.
On administra le vin à larges doses, et le lendemain, malgré le refroidissement persistant des extrémités, on percevait le choc di coBfur, et ses bruits se faisaient entendre sous la mamelle : ils afaieti évidemment repris de la force depuis la veille. Le pouls, à lAO pel* sations, avait augmenté de force. Au quatorzième jour, le pouls, ptas plein et beaucoup plus fort, était tombé à 128 pulsations ; on senlail alon les battements du cœur dans une étendue de pluneun pouces en carré. Les bruits cardiaques étaient plus intenses , le preoUer surtout. On continua Tusage du vin, à la dose d'une once toutes las heures; après chaque dose, la malade semblait éprouver une aroélitration manifeste, mais passagère.
Depuis cette époque jusqu'à la mort , qui survint au dix^lMntième jour , et qui semble devoir être attribuée à TaugmentatioB de la congestion ou de FinOammalion pulmonaire, le choc du cœur
EXCITATION 00 GGBUR SUCCÉDANT A SON APPAIBLISSEMENT. &05
consenra son énergie, et les bruits cardiaques restèrent distincts.
La chute du pouls, que l'usage du vin fit tomber, au quatorsiëme jour, de ihO à 4 28 pulsations, fut la seule circonstance favorable qui se présenta ches cette malade ; en effet, bien que cette modification, obtenue par l'usage des stimulants, se fût accompagnée des signes indiquant le retour de Ténergie du cœur, celle-ci dépassa bientôt les limites où elle aurait pu être favorable, et Ton vit succéder à la dépression des fonctions cardiaques un état manifeste d'excitation. L'apparition de cet état, à une période avancée d'une maladie aussi grave, nous fit prévoir les résultats les plus fâcheux. De l'observation de ce fait et de quelques autres faits analogues, on peut déduire la règle suivante : La décroissance du pouls dans la fièvre après l'emploi des sti" mulanis^ et le retour progressif de la force du coeur ^ ne sont favorables que dans les cas où l'énergie des contractions de l'organe ne va pas jusqu'à l'état de surexcitation.
Dans l'observation que nous venons de rapporter, l'excitation dn cœur dura jusqu'au moment de la mort, mais lorsqu'elle succède aux signes d'un affaiblissement commençant de l'organe, elle peut n'être que passagère ; elle est indiquée alors par la plénitude et par la force dn pouls, par l'intensité plus grande des bruits du cœur et par l'animation de la face. Cet état dure quelquefois moins de vingt-quatre heures; on trouve ensuite les bruits du cœur plus altérés qu'ils ne l'étaient avant l'excitation momentanée : il arrive nuémey parfois, que le premier bruit ait disparu complètement.
Le plus souvent, les signes qui indiquent l'affaiblissement de la puissance du ventricule gauche se montrent sans qu'aucune irr^- Urité ni aucune hyperstimulation des fonctions dn cœur aient fixé Dotre attention sur cet organe. On observe quelquefois une excitation peu marquée, mais éphémère; et encore celte circonstance est rare, et ne se montre probablement que d'une façon accidentelle. Tout, en effet, semble prouver que l'altération typhoïde du cœur, comme celle des autres organes, se fait, à son début, d'une façon insklieufe, et par un travail silencieux, pour ainsi dire. Cependant, dans quelques cas rares, l'action du cœur offre une énergie exagérée pendant une période de temps considérable, avant l'apparition des signes qui indiquent son affaiblissement. Il n'y a point alors hypertrophie active, et nous ne savons â quelle cause il faut rapporter l'exagération de la force du cœur. Les signes de la cardite manquent, et après
&06 DE f/ÉTAT DU CCKUR DANS LE TYPHTS.
révolution complète de la maladie fébrile, lorsque la convalescence est complète, Tacte cardiaque redevient normal ; et cependant le ccbot a présenté successivement une période pendant laquelle sa force 9*ett accrue, ou tout au moins s*est conservée intacte, et une période d'affaiblissement, avec disparition ou diminution de Tun des bruits.
Les deux observations qui vont suivre se rapportent aux conditions que nous venons d'indiquer : elles offrent, en outre, un intérêt particulier, puisque l'on observa, dans Tune et dans Tautre, un phénomène rare : la prédominance du premier bruit sur le deuxième, coïncidant avec la débilité du cœur.
Obs. XLIV. — Fièvre pétichiale avec bronchite et diarrhée; énergie des contractions du cour conservés jusqu'au neuvième jomr\ au seizième jour^ prédominance du premier bruit. Administra' tion du vin ; guérison.
Un homme de trente ans, vigoureux et bien musclé, entre à ThApital le 11 mai, après neuf jours de maladie. Éruption pétéchiale abondante; rfties de bronchite dans les deux poumons ; le cœur se contracte avec force, ses deux bruits sont normaux. Le pouls est plein, i 108 pulsations. — Ventouses et vésicatoires sur la poitrine. Piloles bleues et ipécacuonha.
18 mai. — Diarrhée intense. Pouls fort; les deux bruits sont bien distincts et ont conservé leurs proportions relatives; ils paraissent éloignés de l'oreille. — On supprime les pilules ; cataplasmes sur le ventre.
lA. — La diarrhée continue; les taches sont abondantes et bioa développées. Bruits cardiaques plus faibles, le choc du cœur ne se perçoit un peu qu'à la fin de l'expiration. Pouls à 100 pulsations, fort. — Potion saline, arrow- root.
15. — L'affection bronchique s'est aggravée, l'impulsion du cceor ne se sent pas du tout. Les deux bruits sont faibles, maïs distincts, le pouls est faible, à 100 pulsations. — Vin, 6 onces. Vésicatoire sur le thorax, pilules d'ipécacuanha, jusquiame et carbonate d'ammoniaque.
16. — Pupilles contractées. Persistance des accidents brou* chiques; la langue est rouge et rôtie. L'impulsion cardiaque n*est pas appréciable; bruits cardiaques comme hier. Le pouls est à 92, un peu plus fort qu'hier. — Vin, 12 onces; bouillon; potion stibiée.
niÊDOMINANCE DU PREMIER BRlTIT. &07
17. — Ub peu de diarrhée, pas de vomissements; rafiection bronchique diminue, la lividité des pétécbies n'a point augmenté ; les pupilles sont moins contractées; la langue devient humide et pâle sur ses bords. Le vin a été donné chaud. On sent Timpulsion du ccrar; le pouls est à 82 ; on entend les deux bruits du cœur.— Vin, 10 onces; pilules de musc et de camphre.
18. — L'état de la langue est meilleur; les taches pâlissent. Les bruit du cœur sont moins distincts qu'hier; c'est â peine si l'on eniend le deuxième. On perçoit l'impulsion cardiaque. — Même près» cription.
19. — Le sommeil a été bon ; la diarrhée continue ; bruits du cœur comme hier; le choc n'est plus appréciable. — Vin, 10 onces; vésicaloire sur le cœur, potion au quinquina.
21. — Amélioration générale, sommeil bon, sueurs. On entend iff deux bruits^ ils sont faibles, mais ils ont leurs proportions nor^ moles; l'impulsion cardiaque n'est point sentie; pouls à 72. Vin, 8 onces.
22. — L'amélioration continue; au niveau des cavités droites, les bruits ont leurs caractères ordinaires; à gauche, le premier bruit est bemueoup plus faible que le deuxième. Pas d'impulsion. Même médication.
23. — La peau est fraîche, l'appétit bon; il n'y a plus de râles bronchiques. Le premier bruit est beaucoup plus distinct; le choc du cœur est à peine senti ; pouls à 72. — Vin, A onces. Convalescence.
Obs. XLV. — Typhus petechial ^ avec palpitations et affeclion bronchique; prédominance du premier bruit. — Guèvison.
William Hawkins, âgé de trente-quatre ans, entre à Thôpital le 18 octobre, après onze jours de maladie. Celle-ci a débuté par des frissons suivis de chaleur et de violentes palpitations qui durèrent pendasl sept jours; le tout s'était montré à la suite d'une exposition prolongée au froid. Le pouls est intermittent, ainsi que les battements dn cœur, qui sont violents.
19 (douiième jour). — Taches abondantes, céphalalgie intense ; Timpulsion du cœur est faible, le premier bruit t emporte de beaucoup le deuxième ; abdomen tympanique; pouls régulier A 100 pul-
liOS DE L'ÉTAT OC CCBUR DàNS U TTPHCS.
salions \ constipation.— Yésicatoire sur le ventre; camphre, potion i la craie ; vin de rhubarbe, lavement térébenthine.
20 (treizième jour). — Pouls à 10&, plus fort, mais intimiltent : l'impulsion cardiaque manque ; les bruits du cœur sont plot faibles, et présentent les mêmes intermittences que le pouls. Le premier bruit est très-prédominant; bronchite des deux poumons. Ventouses, vésicatoire, 5 grains de mercure cum cretd^ toutes les quatre heures. Dans la soirée, le pouls et l'action du cœur sont réguliers. L'affection bronchique augmenta ensuite beaucoup d'intensité, et en vue de combattre cet accident, on appliqua des vésicatoires à plusieurs reprises, et l'on poussa le mercure jusqu'à une légère salivation : le pouls et le cœur ne présentèrent plus d*intermittences, mais pendant tout ce temps le premier bruit l'emporta sur le deuxième.
2A (dix-septième jour). — Vin, 6 onces. Le vingt et unième jour, le pouls est à 6A ; pas d'impulsion cardiaque ; les bruits ont repris leurs proportions relatives. Au vingt-neuvième jour, l'impulsion reparaît; les bruits sont naturels et le pouls est à CA.
Ce malade quitta l'hApital complètement guéri.
Obs. XLVL — Fiètre astkinique succédant d une alêapsÊ d'irritation gastrique: absence du deuxième bruit.
Une femme, âgée de quarante-quatre ans, fut prise des accidents du typhus, après une attaque bilieuse prolongée. Elle présentait une grande prostration, qu'augmenta encore une hyperpurgation produite par un purgatif salin énergique administré m début de la fièvre, suivant la méthode de traitement si généralement adoptée dans les classes inférieures de notre pays. Les syoh ptômes généraux étaient ceux d'une fièvre pétéchiale de mauvaise nature, avec symptômes nerveux graves, diarrhée, inflammation bronchique, et pctéchies étendues et livides. Au huitième jour, le pouls était à 11 A pulsations, faible, et le cœur ne présentait qu'an seul bruit. Au neuvième jour, on reconnut que ce bruit unique était le premier. Le pouls était alors à 170 pulsations et extrémemenl faible. Le choc du cœur se sentait, bien qu'il fût affÎEiibli, et le premier bruit, qui s'entendait faiblement à la pointe du cœur, et dans une étendue d'im pouce et demi environ, en remontant, disparaissait complètement à la base de l'organe. Le lendemain, le premier brait
DISrâiinON DU OEUXIEME BRUIT CARDIAQUE. 409
était deieaii dklÎDct, mais il 11*7 a?ait pas de deuxième bruit. La mort arrin le onxième jour. L*autopsie ne put être faite.
Nous tfons déjà dit qu'il eiiste une relation entre la Torce des pBhatum» artérielles et les caractères du deuxième bruit. HabituelleflMot, en effet, lorsque le deuxième bruit est faible, le pouls est aussi aiagiilièrement affaibli. Nous citerons une observation dans laquelle, avec on pouls fort et bondissant, le deuxième bruit était très-distinct et très-intense ; le premier bruit manquait complètement.
Nous ne savons encore rien sur la nature de l'excitation du cœur, qoi se produit, d'une façon intercurrente, dans le'typbus. Elle n'est point due à la cardite, et nous ne pouvons que la rapprocher des autres lésions fonctionnelles, si communes dans le cours de la maladie. Je croirais volontiers que celte complication est plus commune chex les malades du sexe féminin. Voici dans quelles circonstances ■eus l'avons rencontrée :
l"" Excitation permanente du cœur, avec collapsus général, refroi«* dissement, et disparition du pouls. (Voy. obs. XXXV.)
1:* Excitation passagère se développant chez un malade ayant déjà offert les signes d'un commencement d'affaiblissement du cœur : cette excitation fut suivie bientôt des accidents très-marqués de la débilité du eœur avec ramollissement. (Voy. obs. XXXVII.)
S* Excitation et exagération des contractions du cœur, à une période avancée de la maladie, dans un cas où s'étaient montrés les signes de l'affaiblissement et du ramollissement du cœur, ainsi que eeox du retour de Torgane à l'état normal. (Voy. obs. XLIII.)
L'apparition de l'une ou de l'autre de ces diverses formes doit tœjotirs faire porter un pronostic défavorable. C*esl dans la deBxièofe de ces formes que le danger est le moins grand. Hais ce qui doit nous inspirer les craintes les plus grandes, c'est l'excitation du CQor, survenant à une période avancée de la fièvre, surtout s'il s'y joint les symptômes d'une débilité générale d'une part, et de l'autre la biblesse, la rapidité ou la disparition du pouls.
En opposition avec les cas où il y a excitation du cœur, nous placerons ceux où l'impulsion et le bruit systolique manquent; cet état, bien qu'il dénote un degré extrême d'affaiblissement de l'un ou des deux ventricules, n'est pas révélé nécessairement par la force du pouls ; on ne saurait trop insister sur ce point. Le pouls peut conserver sa force et aon volume ordinaires , même quand le ramollissement du coMir
&10 DE L*ÊTAT DU COEUR DANS LE TTraUS.
est assez avancé pour déterminer Textinetion do premier bniil. kmà le praticien, en interrogeant la circulation dans la fièfre, ne doit-il pas se contenter d'examiner seulement le pouls, et y joindra comparativement, et chaque jour, l'appréciation de la force impaliive et des caractères des bruits cardiaques. On trouvera; dans l'observition suivante, la disparition, puis le retour des bruits et de l'impulsioi du cœur dans la dernière période de la maladie.
Obs. XLVII. — Typhus maculé grave, délire; caractère fœtal iî$ bruits du ecmr. — Administration du vin à fortes doses; gué" rison.
Patrick Quin, flgé de vingt ans, entre à ThApital, le 27 février. D prétend n'être malade que depuis cinq jours, mais il a l'aspect d'oa individu arrivé à une période beaucoup plus avancée de la fièvre. 0 est abattu, froid, hébété, et couvert d'un éruption abondante de taches livides : prostration extrême , yeux injectés , langue couverU de fuliginosités brunes; pouls à 126 pulsations, petit et sans force; l'action du cœur est faible, la respiration est précipitée. — On prescrit A onces derin.
28 février. — Délire violent pendant la nuit ; collapsus, décobilus dorsal, jactitation continuelle, soubresauts; extrémités froides; rétention d'urine. Pouls à 132, mou, petit et variable ; l'impulsion da cœur ne se perçoit pas ; les bruits sont faibles, mais nets ; les pulsations des carotides sont également peu marquées. — Vin, 2& onces; vésicatoire à la tète.
1*" mars. — Le sommeil a été bon ; l'état du malade est à peu près le même qu'hier, on éveille cependant plus facilement son attention; miction involontaire. Pouls à 120 pulsations, un peuplas fort : les bruits du cceur ressemblent d ceux de la circulation fœtale. — Vin, 2A onces; lavement térébenthine.
2. — Sommeil bon, langue humide; respirations 30; les taches disparaissent; extrémités chaudes; l'action du cœur est plus énergique, ses bruits plus intenses , ils se rapprochent de l'état normal. — Vin, 14 onces.
3. — Délire violent pendant la nuit, peau chaude ; pouls i lOA; l'impulsion du cœur est plus forte. — Vin, 12 onces.
A. — Idem, soif vive; pouls à lOti. — Vin, licences.
IH8PARITI0N DU BRUIT SYSTOLIQUE. hU
6. — AggravitioD de Tétat du malade ; collapsus, délire violent, earphoiogie, soubresauts, soupirs, contraction des pupilles, inconti* ■ace d'urine; peau chaude et sèche; la bouche est couverte de fulipoosités noires. L'impulsion du cœur se sent distinctement; le deuiëme bruit est beaucoup plfis fort que le premier. Pouls à 120 polsalions. — Vin, 16 onces; potion avec térébenthine, musc, omphre et opium; thé de bœuf; frictions avec de la flanelle.
6. — Amélioration, sommeil. Le malade a davantage la conscience de ce qui l'entoure. Pouls à 106. — Yin, 46 onces.
7. — Soif vive, extrémités chaudes ; les taches ont une teinte fnn rouge vif et sont moins abondantes; pupilles naturelles, langue hmide. Le premier bruit du cœur a repris de la force; le pouls est à 06 pulsations. — Vin, 16 onces.
8. — Amélioration notable, le malade demande à manger; la peau «1 fMcbe; le cœur fonctionne presque régulièrement, le deuxième brait est beaucoup plus marqué. On sent l'aorte abdominale battre me force.— Vin, 16 onces; suppression dé tous médicaments.
9.— -La peau est fraîche, sommeil. L'impulsion du cœur est éMTgique; les artères du cou et l'aorte abdominale battent avec Ibrce; pouls à 88 pulsations fort et plein. — Cesser le vin.
12. — Convalescence parfaite. Le choc et les bruits du cœur sont ■aliirelt; pouls à 72.
Les observations que nous venons de rapporter suffisent pour dbn- MT une idée exacte des signes du ramollissement typhoïde du cœur, tel qu'on le rencontre habituellement ; on y trouvera aussi un aperçu des caractères du typhus fever de notre pays. Dans un grand nombre de cas on retrouvait la contagion comme cause de la maladie ; l'avons rarement vue se terminer par des phénomènes cri- I, surtout lorsque les signes de ramollissement du ventricule piche existaient; peut-être même ce mode de terminaison ne s'est-il jamais rencontré. Ordinairement, les signes indiquaient IB ramollissement plus marqué du ventricule gauche; il n'était pas rare d'entendre seulement le deuxième bruit au niveau de cette fÊÊÛe du cœor, tandis qu*an-dessous du sternum, les deux bruits se percevaient faiblement, avec prédominance du deuxième. Dans des cat plus tranchés, le bruit systolique manquait partout, et l'on observa parfois la persistance singulière du pouls radial, pendant trente six ou quarante-huit heures, bien quon ne perçût plus ni
&i2 DE L*ÉTAT OU CCEUR DANS LE TYPHUS.
choc, ni bruits cardiaques. La maladie, comme il est facile de le prévoir, se terminait alors par la mort. Celle-ci résoltait-elle da b lésion du cœur? ou plutôt» l'affectioD cardiaque elle-même n'étnl* elle pas un effet de la malignité extrême de la fiëvref
Jusqu'ici nous avons vu dans le ramollissement typhoïde pkilél un guide pour le pronostic et le traitement, qu'une source de daofsn.
Il est difficile d'admettre, cependant, que ce danger n'existe pts, lorsqu'on songe que les deux ventricules ont perdu, en grande partie, leur force contractile, et qu'il existe souvent, en même temps, ma affection secondaire des poumons. On a fréquemment observé, dass ces cas, la respiration dite respiration cérébrale : il y a tout lieo de croire que cet accident est l'analogue de celui que l'on rencoain dans la débilité chronique du cœur. Il en a été question dans le chapitre consacré à la dégénérescence graisseuse. Il est cerUu que l'existence de la c respiration cérébrale >, dans le lyphis, ne contre-indique pas l'emploi du vin. Peut-être, en tenant cooiple des recherches des docteurs Hudson et Law, doit-on adroeilre qti dans cette maladie, le cerveau subit les effets de l'affaiblissement do ventricule gauche, et les poumons ceux de la débilité du venlricalft droit.
Obs. XLVIII. — Typhus maculé; disparition de V impulsion duemsur au douzième jour et des bruits cardiaques au treiziime jomr. — ifort par syncope^ le surlendemain; ramoUissemeni exirêms du cœur.
Un homme, âgé de vingt- huit ans, vigoureux et sain en appareaet, est admis à l'hôpital au sixième jour de la fiAvre. Il vivait dans om maison où déjà trois personnes étaient atteintes de typhus lorsqu'après s'être exposé au froid, il Tut pris des premiers symplôa de la maladie.
Le lendemain du jour de l'entrée (septième jour de la maladie), la prostration est très-forte. La peau est brûlante et sèche; elb commence à se recouvrir de larges taches. Le pouls est à 98 pointions, plein et fort; respiration à 3(5. Dans les deux poumons on entend du râle muqueux, crépitant, fin. L'impulsion do cœor ait saccadée (jerking) , les deux bruits sont distincts, mais faibles. U n'y eut pas de changement notable avant le neuvième jour.