DISPARITION DU BRUIT SYSTOLIQUE. 41S
NeaTième jour. -- Le choc cardiaque perd son caractère saccadé.
Onzième jour. — L'impulsion du cœur est faible, et, bien qu'on entende les deux bruits du cœur, ils sont très-peu marqués, et le dfuième prédomine. Le lendemain, les symptômes ftcheux augmentent; les taches sont plus abondantes; le pouls, filiforme et très- Jépressible, est à 116. Congestion de la partie postérieure des pounMms. Au niveau des cavités gauches du cœur, les deux bruits ont fispam. A droite, on les perçoit encore. Le choc du cœur ne se fait plus sentir.
TVeiiième jour. — Tous les bruits du cœur ont disparu complétewnt. Le pouls est à lAA pulsations; la peau est chaude et les taches très-abondantes.
Quatonième jour. — Le pouls est tombé à 128. Il est plus fort, cl Ton perçoit quelques traces des bruits du cœur, à droite. Ce changement favorable parut continuer. Le pouls tomba à il'2 pulsations et l'apparence du malade devint meilleure. Il mangeait avec plaisir ; cependant, une aggravation subite survint h minuit, et le malade 9occomba en quelques heures, dans un état apparent de syncope.
Autopsie faite douze heures après la mort. — Les muscles tournis à la volonté sont sains, à l'exception des muscles pectoraux, qui sont ramollis et gluants. On trouve, dans la plèvre droite, un épanchement séreux ; dans le péricarde, il existe également six onces de sérosité ; du reste, cette membrane est saine. Les deux poumons sont fortement congestionnés en arrière. Le cœur est pâle et ses mscles sont relâchés. En le mettant sur la table, il s'étend en s'aplatissant; saisi par les gros vaisseaux, il retombe sur la main qu'il recouvre à la façon d'un bonnet. Le tissu des deux ventricules •a réduit en pulpe par une pression très-légère. X.e cœur donne au toucher la sensation d'un membre œdématié et ramolli; la surface d'une incision qu'on y pratique laisse écouler, par tous ses points, nn liquide visqueux. On peut è peine, même è l'aide d'une loupe, retrouver dans les parois ventriculaires les traces de fibres musculaires. Les gros vaisseaux et les viscères abdominaux sont
Dans ce cas, et dans celui qui va suivre, le ventricule droit était plus fortement ramolli que le ventricule gauche. Cette particularité est très-rare, ainsi que le prouvent les autopsies et l'étude ' diniq«e de la maladie.
lliti DE L*ÉTAT DU COKUH DANS LE Tn>BnS.
Ods. XLIX. — Typhui adynamiqut ; accidents nerveux ei pukiUH naires graves ; faiblesse considérable du OBUr^ apec préiomi* nance du premier bruit. —Mori au douzième jour.
Une femme, âgée de quarante ans, se présente an huiliàma jott de sa maladie. Il y a prostration extrême et anxiété* La peau ait couverte de larges taches d'une coloration foncée ; beaacoap de ett taches sont saillantes.
Respirations, 36; pouls, à 100 pulsations, plein. La malade a été saignée avant son entrée à Thôpital. Au neuvième jour de la iiuil«dÎ6| il y a des soubresauts de tendons. Délire continu, pendant lequel la malade parle à voix basse ; râles congestifs dans la poitrine. L'im* pulsion cardiaque se sent à peine. A la pointe du cœur, ou entend les deux bruits cardiaques, mais le premier est prédominant i ai haut degré ; à la base de Torgane, le deuxième bruit ne a'enlcui plus du tout.
Au onzième jour, la malade est couchée sur le dos, dans un état semi- comateux; les taches sont élargies sous forme de grandes plaques livides; la congestion pulmonaire a augoàenté. Chaque (eis que la malade essaye d'avaler, il survient un accès de suffocation. La pouls est à 100 pulsations et exlrémement faible; si la malade feul s'asseoir sur son lit, il se produit une tendance très-alarmante i la syncope. L'impulsion cardiaque est imperceptible; le premier bruit du cœur est prédominant. La malade succomba le lendemain, deu* zième jour de la maladie, sans agonie. Aucun traitement m'avait amené la plus légère amélioration.
Autopsie, — Le cœur seul fut examiné. On trouva dans le péricarde six onces environ d'un liquide séreux pâle ; l'orgaue était pâle, flasque et tellement ramolli, que son tissu se déchirait sous la plus légère pression ; nous remarquâmes que le ventricule droit était plus altéré que le ventricule gauche.
Obs. L. — Fièvre péiéchiah ; prostration^ variations dans VHaê du cœur et du pouls. — Mort.
' Lue femme, âgée de trente ans, d'une bonne constitution, entre i l'hùpital, après six jours de maladie. Les taches sent nvmbreuses et
VABUTIONS DANS L'ÊTAT DU GCfcCR. 445
très-livides. Diarrhée, délire et insomnie. Au neuvième jour, consécotifement à l'usage du vin, le pouls monta de 120 à 130 pulsatiOBs; aa douzième jour, on dut cesser les stimulants, à cause de Texcitation nerveuse considérable qu'ils produisaient. Le pronostic ht jugé très-grave. Les symptômes prédominants étaient le délire, ■M eisudation diphthérilique de Tistlime du gosier, les soupirs Mqnents, b respiration suspirieuse, dite cérébrale, et eufin une fciWnif extrèoie.
Pendant tout le cours de la maladie, l'état du cœur varia d'une 11(00 singulière. Au huitième jour, les bruits cardiaques étaient plus distincts que la veille, et le pouls était à 120 pulsations; le lendemain, la yonls était à 130, Timpulsion du cœur se sentait i peine, et les knita étaient redevenus faibles, bien qu'ils eussent conservé leurs proportions relatives. Le dixième jour, les fonctions du cœur s'accomplissaient si irrégulièrement, qu'on ne pouvait les analyser; tenta impulsion avait disparu. Le lendemain, le pouls, plein, battait ISA fois par minute, et cependant les bruits cardiaques étaient trèsbibles et l'impulsion du cœur manquait. Celle-ci reparut le treizième jiv; en même temps les bruits devinrent plus forts et le pouls descendit i 100 pulsations. Au bout de deux jours, il remonta à 120, pas i 130, et la veille de la mort, on vit reparaître l'irrégularité titréme, déjà observée au dixième jour. Le premier bruit s'entendait i peine et le deuxième était distinct. La malade mourut le dixnaovîème jour.
Auiaftie faite vingt heures après la mort. — Le tissu muscu" bire général est sain ; il y a un peu de congestion i la partie postérieure des poumons. Le péricarde contient une demi-pinte environ de séroiité d*un jaune«f aille, du reste il est sain. Le cœur est petit et présente le ramollissement du ventricule gauche, mais à un degré ■oindre que chez d'autres malades. A la coupe, on reconnaît les fbns musculaires; cependant le tissu de l'organe a une apparence pins homogène que de coutume, et laisse sourdre un liquide gbifinx et semi- gélatineux. Il n'j a point d'ulcérations intestinales, WÊSÊ b membrane muqueuse du jéjunum et de l'iléum est fortement eengeitionnée et ramollie*
/il6 DE L*ÊTAT DU GGCUR DANS LE TYPBUS.
Ods. LI. — Typhus maadi grave ; complicaUon d'mie inflammaiion puhnonaire intense; caractère fœtal des hruiis du OBmr. Administration du vin. — Mort.
John Harris, d'ane constitulion plélhorique, a toujours joui d*0M bonne santé, et bien qu'il ait Tbabitude de prendre du whisky, il m fait pas d*excës de boisson. Il a la fièvre depuis six jours; la poitrias et les bras sont couverts de péléchies bien nettes et d*un rooge vif; céphalalgie et brouillard devant les yeux. La langue est chargee, répigastre est très-sensible à la pression ; il y a de la constipalicw. Le malade urine peu*, le pouls est plein, à 96. Les respiralioiM atteignent le chiffre de 28. A la partie antérieure de la poitrine, oa entend quelques râles sibilants et sifflants. Ln face est très-injectée. On prescrit des boissons gazeuses.
Quatre jours après, le pouls monte à 116 pulsations; las brute du cœur sont très-faibles , et au dixième jour ils ressemblent besii* coup à ceux du fœtus pendant la vie intra-utérine.
A partir de ce moment, Tétat du malade s'aggrava. L'affectioa bronchique devint plus intense, et se généralisa tellement, qu'il déviai très-difficile d'observer exactement les bruits du cœur; cependaat l'impulsion cardiaque manquait; le pouls devint intermittent et sa fréquence alla jusqu'à 120 pulsations, et le lendemain jusqu'à 136. Au seizième jour, les extrémités s'étaient refroidies. La mon snrvial le lendemain, dix-septième jour de la maladie. Chei ce roabde, oa avait administré les stimulants. Il avait pris environ 80 onces de via. On avait appliqué des ventouses sèches et des vésicatoires, et adnn« nistrc des émétiques, qui avaient produit un grand soaltgemeal quelques juurs avant la mort.
Examen nicroscopique fait onze heures après la mort. — - La cœur a son volume naturel; il est livide et extrêmement moa, cédaaC à la pression, surtout au niveau du ventricule gauche. A la surfaos du ventricule droit, on trouve quelques plaques laiteuses. La membrane qui tapisse l'oreillette gauche ne présente rien de retaarquable. Le ventricule gauche est divisé de la base à la pointe ; la tis^u musculaire y offre un aspect singulier; on ne retrouve pas une seule fibre; dans les deux tiers de son étendue, on remarque une couche d'un tissu homogène en apparence, d'une coloration plus
VARIATIONS DAMS L'ÊTAT OU GOStll. &!7
tacêe, et d'on huitième de ligne en épaisseur. Le lîssu du ventrioileesl inOltré d'une matière gommeuse» agglutinant les doigta et oCranl quelque ressemblance avec la substance corticale des reins; ■ne section transversale donne les mêmes résultats. Le réseau des musculaires présente plus de consistance, mais son état est le t. Les colonnes charnues postérieures semblent être peu altérées ; elles soal seulement pâles, mais leur consistance est normale. On peel en dire autant des colonnes charnues antérieures. Le ventricule drok est plus dur et plus Terme; il n*a pas le même aspect. L'oreillette droite contient un caillot sanguin ; la couleur de la membrane qui la tapisse n'offre rien de remarquable; la cloison du cœur est ramollie et livide. Dans Tabdomen on ne trouve aucune lésion. L'iléon est parfaitement sain et les glandes mésentériques n'ont point augaie de volume.
OiS. LU. — Typhus tnacuU avec $ymptômeê nerteux grave$; préiaminance au deuxième bruit au sixième jour; absence com^ pUie du premier bruit au dixième jour. — Mort. Ramollissement du cœuTf ulcérations de Viléon.
Richard Casbel, âgé de quarante- six ans, Tut reçu à Thêpital le & novembre, après six jours de maladie; il se plaint de douleurs dans le dos, le cou et les extrémités : prostration considérable ; faciles abondantes, peu marquées sur |^ ventre et la poitrine, beaucoup plus foncées sur le dos. Peu de sommeil la nuit dernière ; délire tranquille, presque continu; pas de céphalalgie; pupilles légèremeat contractées; toux rare, sans expectoration. Selles lii|uides, i; abdomen mou et sensible à la pression ; soif vive. Langue el aèche i son centre, dents fuligineuses. Pouls i 116 puisa- , un peu faible. Respirations, 28. L'auscultation fait reconnaître m pea de bronchite des deux poumons. Lorsque le malade est couché sur le dos, on ne sent pas le choc du cœur ; dans le décubitus wm le cAté gauche, le choc reparaît. Les deux bruits du coaur s'eoteudaol ; le premier prédoiûine légèrement sur le deuxième. Lavement aMNlin. Vin, 8 onces.
7 novembre. — Beaucoup de délire; peau chaude et sèche, taches foncées ; respirations, 28 ; pouls, i 110, comme hier. On ne sent plus l'impulsion du caur; les bruits sont plus faibles; à gauche
»TOKBS. 27
&18 DE L*ÊTAT DU CCEUR DAHS U TYPHI».
et au-dessu8 de la mamelle^ on les entend i peine ; ils sont un pen plus appréciables au niveau du sternum. Le deuxième bmit astpré» dominant. Pr. : vin, 8 oncee.
8. — Pas de délire; prostration extrême; le corps exhale une odeur fétide, très-forte ; les taches sont très-foncées. Fuliginositéf abondantes de la bouche. Le malade ne peut se soulever sans aide. Pouls très-faible et irrégulier, entre 116 et ISA pulsations; pis d'impulsion du cœur. Le bruit systolique est très-faible, surtout i droite du mamelon; le deuxième bruit est encore le plus fort Vin, 16 onces ; thé de bœuf.
9. — Agitation pendant la nuit, carphologie, marmottement continuel. Miction involontaire ; décubitus sur le cAté; taches très-abondantes, tout à fait livides sur le dos. Pools i 120 pulsations, extrêmement faible, disparaissant sous la plus légère pression. Dans le décubitus sur le côté gauche, on ne sent pas l'impulsion du cœur; elle devient forte lorsque le malade est couché sur le dos. La doutU puliation du cotUT a diiparu^ le deuxième hruit persiele seul ; il eil net et clair ^ plui distinct d la base du eesur. Vin, 20 onces ; eau-devie, 2 onces.
10. — Le malade est couché sur le dos ; la bouche est largement ouverte : spasmes continuels des muscles de la mâchoire inférieure ; plaintes incessantes; sueur profuse; fétidité extrême du corps; res* piration, AO; selles involontaires. Pouls, à 150 pulsations, extrêmement irrégulier et faible ; l'imp^sion du cœur est sensible ; on ne peut se rendre exactement compte de l'état et des bruits du* cœur, i cause des plaintes continuelles du malade. Mort à une heure de Ftpresmidi.
Autopsie faite mngt heures après la mort* — Le cadavre a une coloration plus livide que de coutume: les pétéchies de la partli antérieure du corps sont pâles; celles du dos sont livides et foncées. Abdomen tympanique. Le péricarde contient environ une demi-piila de sérum, d'une couleur jaunepaille ; le cœur est gros, et si mou, qttU conserve la forme qu'on lui donne; les cavités droites sont plus ramollies que de coutume, les doigts y pénètrent sans grande résistanee; toutefois Taltéralion est beaucoup plus marquée dans la moitié gaudie du cœur : le ramollissement y est porté si loin, que le poids seul du doigt suffit presque pour qu'il en traverse les parois ; celles-ei se déchirent facilement, et les lèvres de la déchirure, loin d'être hu-
TABIATIONS DANS L'ÉTAT DD GCBDB. 419
mdaSy paraissent être tout à fait sèches. La cloison interventriculaire est éplemcnt ramollie. Le» cavités droites contiennent du sang noir et liquide. Dans Testomac, on trouve quelques plaques rouges, légè« remenl saillantes. Au voisinage du pjlore, la muqueuse, ramollie et épaissie, s'enlève facilement avec le manche du scalpel. Le duodénum •si i peu près sain; il y a seulement, dans deux on trois points, quelques traces d'inflammation. L'iléon est plus compromis, surtout dans kt don derniers pieds de son étendue. Près de la valvule iléo- OBcale eilslent cinq ulcérations circulaires : leur surface est couverte d'une membrane très-mince , au-dessous de laquelle on trouve un liquide jaune ressemblant à du pus; la plus grande de ces ulcérations a le Tohime d'un penny d'argent; autour de ces points infiltrés, Fintasiio eel fortement phlogosé ; des vaisseaux capillaires iiyeclés se raonfiant autour des ulcérations, jusqu'au niveau desquelles on se peot les suivre, même avec l'aide d'une forte loupe. En détackanl BOUS l'eau la membrane qui recouvre les points ulcérés, et en enlevant la matière puriforme par un lavage, il reste une dépression marquée, au fond de laquelle on voit facilement la tunique musculeuse de l'inleslin : on trouve plus haut, dans l'intestin, des plaques ellipti* qoee dispersées ci et li. Les glandes agrégées sont saillantes dans plusieurs points.
La modification de l'impulsion cardiaque, notée pendant les jours qui précédèrent la mort, est une des circonstances les plus remarquables de ce hit. Signalons aussi l'état normal de cette impulaion lersqm le malade était couché sur le dos, la veille de sa mort, alors que le premier bruit cardiaque manquait complètement. Dans les cas de celle espèce, on observe ordinairement le choc du cœur sans bruit cerreepondant, ou bien le bruit cardiaque, sans choc. Mais ici, et ■ieui encore dans l'observation LI, il semble, d'après l'état du pouls, el d'après les signes physiques qui y sont relatés, qu'il y ait eu de la part du cœur une succession d'efforts inutiles, pour lutter contre la ■aiedie qui l'avait envahi.
Depuis longtemps on a considéré comme étant de mauvais augure, dena la cours de la fièvre, les variations de la fréquence du pouls se succédant i des intervalles rapprochés. Dans l'observation L, qui se IsmÛDa par la mort du malade, cette circonstance fut bien marquée aux septième, huitième et neuvième jours. Les phénomènes cardiaques étaient ceux qu'on rencontre fréquemment, lorsque la
420 D£ L'ftTAT DU GGBUR DANS LE TTPHUS.
maladie doit se terminer d'une façon favorable. Sons Tiofluence de Tadministration du vin, le pouls, après avoir présenté de l'irrégularité pendant une journée, tomba de 130 è 12i, à 11 '2, et à 100 pd* sations; l'impulsion cardiaque reparut alors, et les bruits da coBor reprirent de la force. Mais au bout de deux jours, le pools remonta à ISO pulsations pour retomber bientôt à 120, avec des bruits du cœur bien proportionnés et de l'excitation de l'organe. Le lendemaîu, cependant, on entendait à peine le premier bruit et le deuxième était distinct et clair. La mort survint le jour suivant; le ventricule gaucke était ramolli à un certain degré.
Expliquera-t-on ces phénomènes par une nouvelle attaque de l'affection typhoïde secondaire? ou bien, y a*t-il eu un comaieocemeot de réaction inflammatoire dans le tissu du cœur? Des recherches ultérieures nous donneront la réponse è ces questions, et nous appreodrout dans quelles limites les variations de l'innervation du cœur, sans altérations organiques, peuvent influer sur l'apparition de ces particularités.
Oss. LUI. — Typhui odynamique^ mbices; délire ei himopîyiU. — Mori au vingl'$eptièmeJQm\ RamoUi$$emeni du vemiriemk gauche.
Un jeune homme fut apportée l'hôpital au mois de novembre 1839. U avait de la fièvre depuis trois semaines. Prostration extrême; peau froide et couverte de vibices étendues; bouche tapissée de fuligioo« sites. Toux; pouls à 130 pulsations, très-faible. On sent i peioe l'impulsion du cœur, et le deuxième bruit prédomine. Le lendeioaia, la peau s'est réchauffée, mais on ne perçoit l'impulsion que lorsque le malade est couché sur le côté gauche. Les bruits sont distincts au niveau des cavités droites, et le deuxième bruit est plus fort. Le vingttroisième jour, le malade crache une grande quantité de sang noir; h cet accident succède une expectoration abondante de mucosités et de liquide sanguinolent venant de la poitrine. Ce jeune homme tonbe bientôt dans un état semi-comateux. Les signes d'une congestioB pulmonaire intense allèrent toujours en croissant ; le pouls resta fixé à 12& pulsations è peu près, et la mort survint au vingt-septièmt jour de la maladie. Il y avait eu une excitation nerveuse riolente, mais de peu de durée.
BâllOLUSS£M£NT CARDIAQUE LIMITÉ. A21
Autofiie faite quatorze heures après la mort. — Les poomoDS mil congestionnés au point de ne plus surnager; de la surface des iidsioiis qu'on y pratique s'écouie une grande quantité d*un liquide spameu et sanguinolent. Toutes les ramifications bronchiques sont remplies du même liquide. Il n'y a pas de tubercules. Épancbements plaonox peq abondants ; le péricarde contient environ 6 onces de firosilé pâle. Le cœur a son volume normal ; il est flasque et trèsraaiollit surtout au niveau du ventricule gauche. Les viscères abdo* aiiiiaQX sont sain».
Cette observation est intéressante, surtout en ce qu'elle nous offre les signes du ramollissement et de l'affaiblissement du cœur pendant kÎM plus longtemps que de coutume; ils se montrèrent à une période oà déjà, dans la plupart des cas, le cœur a passé par les phases dn nmollissament et du retour à l'état normal. C'est le vingt et nième jour qu'on nota pour la première fois l'état du cœur, et il est probable que le travail de ramollissement existait déjà depuis IsDglemps. Peut-être aussi la disparition du ramollissement avait-elle été retardée par quelques erreurs dans le traitement. Si l'on eût aàninisiré de bonne heure les stimulants , le résultat eAt peut-étrt été différent.
Obs. LIV. — Symptômes nerveux graves^ dans um eàs de typhus pétéeàial; eessaiion du premier bruit au niveau du cœur gauche. Ramollissement cardiaque porté très-loin^ et limité auvenirieule du même côté.
Le malade, Agé de dix-neuf ans, fut examiné par nous, pour la première fois, au huitième jour de sa fièvre. Il y avait eu du délire, des épistaxis et de la dyspnée ; l'éruption se montra le cinquième jour. Au neuvième, il existe une sensation de firoid extrême. La peau était chaude et couverte de pétéchies nombreuses et d'un rouge vif. Il y avait du délire, de l'insomnie; les yeux roulaient dans les orbites; la hngne était sèche et fendillée, et les lèvres couvertes de fuliginolilés. Pas de symptômes abdominaux. Le pouls est à 116 pulsations, régolîer et plein. Le choc du cœur est violent et les deux bruits sont distincts. Ils ont conservé, à la base, leurs proportions relatives, nornales ; i la pointe, le deuxième bruit prédomine.
Le lendemain, les accidents nerveux s'étaient aggravés ; la petu
un DE L'ÉTAT DU GCBUR DANS LE TYPHUS.
était tràs-chaude et les taches encore plus abondantes ; le ponli battait 482 fois; il était petit et trésniépressible. Les bruits da ecaor, très* faibles, avaient le caractère fœtal. L'impulsion se pereemit audessous du sternum ; elle manquait complètement au-dessooi et i gauche du mamelon.
Le oniième jour, le délire est incessant, les soubresauts des tendons ont lieu non-senlement aux membres et à la face, mais tu tronc lui-même, qui est affecté de secousses convulsi? es, souvent asset fortes pour donner au corps la forme d*un arc, le malade reposant sur la tète et sur les talons seulement ; cependant , le pouls est tombé i 121 pulsations, il a plus de force et Timpulsion du ccsur s'est accrue. On entend les deux bruits i droite, mais à gauche on n*en perçoit qu'un seul, et c'est le deuxième.
Ce malade mourut le troisième jour. Le pouls était defonu imperceptible, malgré l'impulsion saccadée du cœur, qui existait la mile de la mort.
Auiopsiê faite douze heures mprèi la mort. — Le tissu musculaire général ne présente aucune altération ; il est rouge et ferme, i l'exception des grands pectoraux qui sont légèrement ramollis. Les poumons paraissent sains, mais ils sont congestionnés en arrière; les conduits aériens sont remplis de mucus mousseux, et le tissu qui réunit les cartilages de la trachée, ainsi que les fibres circulaires des tuyaux bronchiques du second ordre, présentent une apparence lifide fort remarquable. Le péricarde contient une quantité considérable de sérum. Le cœur a son volume naturel, mais le ventricule gauche présente une couleur livide qui contraste avec celle du ventricule droit; il est également beaucoup plus mou ; sur sa partie latérale, on trouve deux points où la couleur est encore plus livide; elle approche du rouge pourpre. Cette lésion a une épaisseur de deux lignes : l'une de ces deux taches, celle qui est la plus rapprochée de la pointe da cœur, est plus étendue et plus profonde. Le tissu de ce ventricule est bien moins ferme qu'à l'ordinaire ; il se déchire sous une pression très-légère, et cependant les colonnes charnues ne sont nullement altérées, et le ventricule droit est tout à bit sain. Les gras vaisseaux et les viscères abdominaux sont dans un état d'intégrité parfaite.
La circonstance la plus intéressante de ce fait est le siège de la maladie, circonscrite aux parois du ventricule gauclie. Le ventricule
MSPARinOlf DES DEUX BRUITS CARDUQUES, A GAUCHE. ft2t
Anrii semblait aV oir échappé complètement au travail morbide, et les rignes physiques étaient bien en rapport avec les résultats de Tautepsie. Jamais nous n*avons rencontré une disparition aussi complète de l'impulsion du ccsur à gauche, avec sa conserYStion à droite, ni une dilKrence aussi grande dans l'apparence des deux ventricules à Tautepsie. Nous devons noter également l'intégrité des colonnes charmes, surtout avec un ramollissement si considérable de la paroi ventriculaire. Jusqu'ici nous n'avons point insisté suffisamment sur Pexamen comparatif des colonnes charnues et du tissu ventriculaire: on peut dire qu'en général , le ramollissement est moins défdoppé dans les colonnes charnues ; souvent elles résistent à une pression tous laquelle le ventricule se déchire. Louis fait remarquer que la eoioration foncée, qui existe fréquemment à l'intérieur du ventricule, est dm plutôt à une imbibition du tissu qu'à un travail de ramollis* sèment. Faut-il voir dans celte immunité des colonnes charnues une de ces précautions inscrutables de la nature, qui s'efforcerait ainsi d'assurer le plus longtemps possible la continuation des fonctions si inpoilantes du cœur? Combien, en effet, le ramollissement typhoïde do cœur serait plus dangereux, s'il atteignait les tissus qui président au jeu des valvules, au même degré que la masse du cœur.
On. LV. — Fièvre pétéchiale avec affection pulnumaire interne. — Mori au vingl-deuxiême jour; augmentation de volume et ramoUiisement du cœur.
Un homme, âgé de trente-cinq ans, avait été saigné largement an débat de sa fièvre. Il est reçu à l'hôpital au douzième jour, et dans un état de prostration et de collapsus extrêmes : pouls à 120, fort petit et peu distinct. La peau est froide, et couverte d'une éruption foncée, sous forme de petites plaques. Il y a beaucoup de toux, la respiration est précipitée et difficile ; gros râles muqueux et crépitants dans la partie postérieure de la poitrine. On sent à peine l'impulsion do cœur et l'on ne perçoit ni le premier ni le deuxième bruit. Le quatorzième jour, il se produisit un certain degré de réaction : la face ^injecta, le délire devint plus fort, et les taches plus abondantes. Le pouls, à 116 pulsations, prit beaucoup de développement. Cependant l'impulsion du cœur n'augmenta point ; le premier bruit resta inappréciable; le deuxième bruit s'entendait en appliquant le stéthoscope sur
h2k DE L'ÉTAT DU GOBUR DANS U TYPH08.
répigastre. Peut-être Tintensite des rftles palmonaires entrtiUellt poor quelque chose dans la difficulté qu*on éprouf ait à distinguer les bruits cardiaques ; quoi qu'il en soit, l'ioipossibiUlé de percevoir le premier bruit à Tépigastre prouve bien que la force de k systole avait réellement diminué. Au seixième jour, on entendait distÎBetement le deuxième bruit à Tépigastre ; le premier manquait te«« jours. La mort arriva le vingt-deuxième jour, les denx hrmU du emur faiiaieni défaut depute quarante^kuit heures. Il est remarquMe qu'à partir du premier jour, le pouls oscilla entre iOA et iiO pot* sations.
Auioptie faUe dix-huit heures après la mort. — Le péricarde contient une quantité assex considérable de sérum; le cœur, UM entier, est agrandi et très-flasque, le ventricule gauche est bien plus ramolli que le droit, et se déchire facilement sous le doigt. L'extmct du cœur seul nous fut accordé.
Ces dernières observations offrent, entre elles, une simiKtiide remarquable, aussi bien dans les détails que dans l'ensemble. Dans toutes, on retrouve l'affection typhoïde spéciale du cœur, le ramel* lissement des ventricules, sans traces de travail inHammitoire. Sept fois sur huit cas, le péricarde contenait une quantité de sérosité trop grande pour qu'on pût l'attribuer à un épanchement produit après la mort. La quantité du liquide était, en moyenne, de six onces environ. Il ne contenait aucune trace de lymphe coagulable. Dans un cas, réUI du péricarde n'a point été noté.
Dans quatre cas on observa la congestion des poumons, principe* lement dans leur partie postérieure ; chez trois antres malades, an moins, les signes physiques ne pouvaient laisser de doute, quant i l'existence de celte même lésion.
Les muscles pectoraux étaient ramollis, deux fois, à on cerlaia degré.
Le ramollissement des deux ventricules à la fois se montra sept fois. La lésion prédominait à droite deux fois, et à gauche cinq foL<. Dans un cas, le ventricule gauche était seul altéré. L'état du septum cardiaque n'est noté que dans une seule observation ; il était ramolli i un haut degré : dans deux observations, on nota la conservation de la consistance des colonnes charnues.
L'état des viscères abdominaux n'a pas été indiqué daus deox cas; quatre foiS| on ne trouva pas de lésions; chez les deux derniers ma*
AOGMEMTATiON DU BBUIT ET DV CHOC DIASTOUQUES. 425
ladet, il j afaii ramollissement et vascularisation de la membrane aMiqueuae du jéjunum et de Tiléon ; chez l'un d*eux, on trouva des ricérations de la dernière portion de cet intestin.
L'examen de l'encéphale n'a été pratiqué dans aucun cas.
Eafin, toujours on observa des péléchies , offrant des caractères divers, et subiasant des modifications variables pendant le cours de la maladie.
Mais la coexistence fréquente du ramollissement du cœur et d'une éniption pétéchiale évidente ne doit pas (aire conclure à l'existence f OD rapport nécessaire entre ces deux états. Souvent, avec une érup* lioa des plus tranchées, on voit les fonctions du cœur conserver leur éiergie josqu'à la fin de la maladie. Nous en avons déjà rapporté des exemples. J'ai montré, il y a quelques années, à la Société pathologique, le cœur d'un homme vigoureux, qui avait succombé, le douzième jour environ d'un typhus, avec une éruption de taches étendues et (Mcées. Le premier bruit avait conservé toute sa force, et il prédamina, pendant toute la durée de la maladie, sur le deuxième. Le tim moacnlaire du cœur était rouge et ferme ; les valvules étaient aunes, ai le cœur ne nous offrit rien d'anormal, excepté un caillot aiioDgé qui était passé du ventricule droit dans l'artèi^e pulmonaire. L'administration du vin n'avait été d'aucune utilité.
D'un autre cdté, une longue expérience nous a appris que les sâgnes de l'affaiblissement du cœur, sinon de son ramollissement, sont loin de se rencontrer aussi souvent dans les fièvres dites typhoïdes, qna dans le typhus. Sans discuter ici la question de l'identité du typhus et de la fièvre typhoïde, on peut dire, en toute assurance, que les phénomènes qui caractérisent le ramollissement du cœur se rencontrent rarement, lorsqu'il n'y a pas de pétéchies, ou s'il existe seulement quelques taches rosées en petit nombre ; dans ce cas, même lorsqn il y a debilitation cardiaque , l'affection du cœur se manifeste par des symptômes bien moins tranchés; cependant l'administration hardie des stimulants peut encore trouver quelquefois sa place. J'ai cité dans mon mémoire original un fait de cette espèce. Il s'agissait d'une femme âgée, malade déjà depuis trois semaines. Nous la trouvâmes dans un état de prostration extrême ; la peau était froide, les battenenta du cœur faibles et irréguliers ; ce ne fut qu'au bout de huit jours de l'usage du vin et des autres stimulants, administrés à \ doses, que l'état du cœur commença à s'améliorer. La persévé-
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rancé dans l'emploi de la médication stimulante pouvait seule sauter cette malade. La Tonne de fièvre dont elle était afTeclée se rencontre rarement dans nos hôpitaux ; elle est caractérisée par une adynamie extrême, sans les phénomènes de putridité. La maladie dura longtemps ; elle ne parut point s*ètre compliquée d*une affection viscérale. QoelqueroiSy cependant, les signes du ramollissement existent dans la fièvre sans pétéchies. En voici un exemple :
Obs. LVL — FUvre sam péléckies, avec inflammation ahdominaU et pulmonaire légère$$ disparition du premier bruit du cœur pendant pluiieun joun; deuxième bruit diiÉinet^ et ê'aeeom' pagnant d'un choc; diminution de Vimpubion $y$toUfm; poule frémiêêant. — - Guérieon.
Un jeune garçon, âgé de treize ans, et qui avait été exposé i b contagioni se présente à nous, au. septième jour de sa maladie, ibns un état ressemblant plus à une inflammation qu'à une fièvre typhoïde: les artères carotides et temporales battent avec force, ainsi que Taorle abdominale; le pouls est à 116 pulsations, plein et bondissant. Il ja de la soif; la langue est blanche el la peau est chaude. Du reste, pas de manifestations du cèté de la tète, des poumons ou de rabdoinen.
L'impulsion du cœur est distincte et présente un certain degré de frémissement; au niveau des cavités gauches, le deuxième broil prédomine. Cette particularité semble tenir à une augmentation de l'intensité du deuxième bruit, plutôt qu'à un affaibiissomoot du premier. Du côté droit, le deuxième bruit est moins fort qu'à gauche.
Au huitième jour, la surexcitation du système vaseulaire a dimi* nué ; le pouls est à 108 pulsations, et d'une force raisonnable. L'im* pulsion du cœur est moins frémissante. Sous le mamelon, le deuxième bruit prédomine fortement, du côté gauche au moins. Lo premier bruit est plus faible pendant l'inspiration qu'au moment de l'expH ration. Au dixième jour, on observe, pour la première fois, la disparition complète de l'impulsion et du bruit systolique, à gauche. Le deuxième bruit persiste avec une grande netteté, et i*accom* pagne d'une impulsion. Ces phénomènes sont très- évidents à gauche.
Le douzième jour, les signes de la faiblesse du cœur font très-