APPLICATIONS PRATIQUES
11^ Péricardite et endocardite aslhéniques ;
12* État pyogénique aigu de rorganisme, affectant particulièrement les articulations et les viscères.
On pourrait ajouter bien d'autres maladies à cette liste, mais nous m avons dit assez pour montrer à quelle classe appartiennent les affections dans le cours desquelles il est très-imporlant de s'assurer, chaque jour, de l'état dynamique du cœur.
n ne faut pas croire que dans toutes les affections que nous venons de citer, il exista un véritable ramollissement secondaire. Jusqu'ici cette lésion , dans les cas au moins où elle est subordonnée aux lois qui régissent les affections locales, secondaires et périodiques, paraît appartenir exclusivement au typhus, dans ses formes les plus tranchées; il ne faut pas supposer, nonplus, que dans les maladies qui, sans être le typhus ont un caractère typhoïde, il y ait nécessairement affaiblissement du cœur; dans ces maladies, comme dans le typhus, on rencontre quelquefois l'excitation de Torgane cardiaque, même avec un état général d'adynamie; souvent, les signes de la débilité du cœur existent, mais on peut dire, qu'en général, ils ont un caractère transitoire et variable ; l'usage des stimulants est moins efficace et leur administration demande plus de précautions que dans la debilitation avec ramollissement qui appartient au typhus. Dans la scarlatine maligne, dans la variole putride, dans le delirium tremens j typhoïde et compliqué, il arrive souvent que les stimulants ne fassent point disparaître l'état typfaiqne, malgré l'existence d'une prostration considérable et la faiblesse de la circulation. Nous ne savons comment expliquer le peu de succès de la médication, dans les conditions que nous venons de spécifier. L'existence ou l'absence du ramollissement cardiaque y entre peut-être pour quelque chose ; c'est ce qui semble résulter an moins de l'expérience clinique. Cependant il n'en «st pas moins certain que la connaissance de l'état du cœur est d'une grande importance pour le médecin praticien, même dans les cas autres que le véritable typhus.
Nos recherches ont pour principal résultat d'établir que dans le typhus avec affaiblissement du cœur, la médication stimulante est non-seulement indiquée, mais qu'elle sera bien supportée par le malade, et probablement suivie de bous effets. Il en est ainsi dans tous les cas où les signes de la débilité ne varient pas à des
&&A DE L'ÉTAT DU CŒUR DANS t1^' TYPHUS.
intervalles rapprochés, c'est-à-dire lorsque les alteroitifss de faiblesse et d*6icitation que nous avons signalées dans quelques cas malheureux manquent. La disparition progressive de Timpulsiee du cttur y Taffaiblissement ei Textinction du bruit systolique , et rétat du cœur qui simule les battements cardiaques du foaiiis dans Tulérus » sont autant d'indications faciles à saisir de l'usage du vin, et nous y trouvons la certitude que, le plus souvent, ce médifsament sera utile.
En outre, il y a quelques raisons de croire .que les accideits graves et bien marqués de l'adynamie, dans le typhus, sont amieiicés, pour ainsi dire, par Tapparition prématurée des sigies physiques de l'affaiblissement et du ramollissement des ventricules. On pourrait donc, par une observation opportune de l'état du coMir, prévoir la prostration générale et la combattre en adminiatraat le vie è Isrges doses, même lorsque le pouls est fort, la soif vive, la peau chaude et les taches d'un rouge vif.
Nous avons vu cependant que la debilitation du cœur n'eiisle pes dans tous les cas de typhus ; quelquefois, dans tout le cours de h maladie, le co^r ne présente d'autres phénomènes morbides que h modification de la fréquence de ses battements ; dans d'autres dmiistances, il y a surexcitation de l'action du cœur coïncidant avec un pouls faible et avec les signes d'une adyiiamie extrême. Daas un troisième ordre de faits, on voit la puissance contractile des veaurîeules s'abaisser progressivement jusqu'à un certain point ci revenir ensuite à son état normal. Dans le premier cas, le vin est quelquefois inutile ; dans le second, il est ordinairement inefficace; mais dans le troisième, ce médicament devient, on peut le dire, notre ancre de salut pour le traitement. Rien de plus singulier que la faculté qu'eut les malades de supporter les stimulants diffusibles, à des doses considerables, sans qu'on voie se produire aucun des effets nerveux qui se montrent lorsque, dans l'état de santé, on boit une quantité de vin à laquelle on n'est pas accoutumé.
Nous pouvons affirmer, en toute sécurilé, que nos recherches sar l'état du cœur dans les fièvres permettent de juger très-facilemeat s'il est nécessaire d'administrer les stimulants, dans un cas donné de cette maladie ; non-seulement elles peuvent servir de guide à des praticiens jeunes et sans expérience, mais elles donnent à tous un nouveau degré de certitude et de confiance en soi-même, lorsqu'il
MfilMCAttOff StlttOLàlITË. 4&T
s'Agit d'MDplôjBr la médication stimulante, d'en augmenter ou d'en légler lés doses. On y trouve aussi des indications pronostiquée nou- ^ies et irts-importantes. A peu d'exceptions près, on peut dire que k rttppêfitioA de l'impulsion et du premier bruit cardiaque à la suite de remploi des stimulants, nous permet de prévoir une tertuinaison IlllM^blé, surtout lorsque la fréquence du pouls diminue eu même Mipêt t'éciproquement y un état d'excitation du cœur atec une inpulibii forte, et des bruits nets et bien proportionnés, indiquent quHl y ft dinger, surtout si le pouls est faible et rapide» et si sa flfé^ent^ augmente, plutôt qu'elle ne diminue, par l'emploi des Himulaiits;
Nous ne saurions dire pourquoi cette médication est ai utile lor8«> ^'il y â ramollissement ou affaiblissement du cœur, ni comment il M fêix qtt*on puisse la porter aussi loin sans inconvénients, et même ivee des avantages si marqués. Le cerveau serait-il dans un état Éttftiogue & celui du coeur? ou bien ne serait^l pas, en raison de la Adblesse du ventricule gauche, placé dans les conditions d'une anémie Miporeire dont il subit les conséquences? En parlant de l'emploi du vin et de la facilité avec laquelle les malades le supportent dans Tilfection graisseuse dû cœur, nous avons déjà émis l'opinion qu'il j atrait peut-être analogie entre l'affaiblissement chronique du cœur et la débilité récente et transitoire qu'on rencontre dans la fièvre. D'au autre côté, dans le typhus avec ramollissement cardiaque, la syneope pendant la position verticale est rare. Sur ce point, toutefois, h* observations sont incomplètes, et lorsque la syneope a été rencon» irée, le changement de position du malade était le réaultat d'un accident. Peut-être le cerveau supporte4-il mieux l'aflaiblissement du t&mt dans la fièvre que dans la dégénérescence graisseuse, en vertu €wm de cee actions conservatrices qu'on rencontre dans les maladies ligués, surtout lorsqu'elles ont un caractère de périodicité? Lorsqu'il y a dégénérescence graisseuse, il existe, en général, en même temps que la faiblesse du pouls, un ralentissement considérable des pulsations, l'altération typhofde, au contraire, le pouls est habituellement l à toutes les périodee. Sa lenleur, lorsqu'elle se rencontre, est dpbémère et coïncide avec le retour de l'impulsion et du premier bruit indiquant que l'organe a repris sa force, en grande partie, tout MU moins.
11 est indispensable d'étudier ici les recherchée du doctenr Hudson
b&8 bE L'ÉTAT DC COBOR DANS LE TÏPflUS.
sur le sujet qui nous occupe (1). Dans un mémoire publié en iSiS, cet auteur reconnaît l'importance de la règle formulée par nous, et qui veut que la diminution de l'impulsion cardiaque et la faibleoa ou la disparition du premier bruit soient des indications importantes et nouvelles de l'utilité du vin dans la fièvre. Il ajoute que les signes de l'affaiblissement du cœur indiquent l'usage de l'opium aussi bien que l'usage du vin, et qu'on emploiera ce narcotique avec avantage dans les cas de fièvre avec délire. Suivant lui, l'opium n'agirait plus d'une façon favorable, lorsque avec des symptômes cérébraux analogues ou identiques, les contractions du cœur ont conservé leur éneipe. Le docteur Hudson compare les accidents cérébraux de la fièvre, à ceux que l'on rencontre dans le delirium tremens^ maladie dans laquelle le cerveau présente deux états différents : dans l'un, les stimulants et l'opium sont utiles ; dans l'autre, il faut saigner el purger les malades. Selon lui, ces deux mêmes conditions existent dans la fièvre, et elles dépendent toutes deux de l'état du cœor: d'une part, il y a faiblesse de l'organe et il faut combattre les symptômes cérébraux par le vin et l'ppium ; d'une autre part, l'énergie des contractions cardiaques indique un traitement tout opposé. En laissant de côté la question de l'emploi de l'opium et de son influence sur l'état du cerveau qui succède, on peut le supposer au moins, i l'affaiblissement du cœur dans la fièvre, on trouve dans le mémoire du docteur Hudson quelques points qui n'ont point été éclaircis dans les recherches faites à l'hôpital de Heath. L'étal du cerveau est rapporté, chez quatre malades. Pour le premier, il s'agissait d'une fièvre pétéchiale avec symptômes de ramollissement cardiaque : les veines de la pie-mère étaient congestionnées et les ventricules contenaient plus de sérosité que d'habitude. Le ventricule gauche du cœur présentait des taches d'une coloration variable, dues à la disparition complète des fibres musculaires qui étaient converties, dans différents points, en un tissu se rapprochant beaucoup de celui du poumon képatisé aux diverses périodes de la pneumonie.
Chez le deuxième malade, il y avait délire avec marmottement et jactitation, disparition de l'impulsion cardiaque et du premier bruit. La mort eut lieu au dix-septième jour; le cerveau et le
(i) Hf^herchef sur les rapports existant entre le ttélire et certains états du cœur tlans la fièvre y avec observations par Alfred Hudson M. D. {Dublin Jonrwil of medical science, 1" série, vol. XX).
LÉSIONS DE L*ENCi:i»IlAl.E. !|!|U
cœiir présentaient la même apparence que dans le cas précédent. Chez les deux malades suivants, on constata les signes de l'affaiblisiement du cœur, qui était ramolli. Dans un cas, le cœur, était inQltré de saugy circonstance qui ne se rencontre pas habituellement. L*exa* men de Tencéphale manque dans ces deux observations.
De nouvelles observations sont indispensables pour établir, que dans la Gëvre avec affaiblissement du cœur, il y anémie du cerveau par défaut d'afilux du sang artériel. Toutes nos observations, et les deux premières autopsies relevées par le docteur Hudson, tendent à prouver qu'il en est ainsi. Mais le septième fait rapporté par Tauteur que nous venons de citer, démontre la nécessité de recherches plus complètes. Il s'agissait d'un homme qui entra à l'hôpital au sixième jour de la fièvre; il présentait des taches, un délire tranquille el de la tendance à la stupeur : les extrémités étaient froides, le pouls bible, à 100 pulsations. Le malade ne pouvait sortir la langue de la btiache; Timpulsion du cœur était forte et visible, et Ton entendait les deux bruits ; la tète fut rasée et couverte de compresses imbibées d*eau froide; huit sangsues furent appliquées derrière chaque oreille, et un vésicatoire fut placé à la nuque. On administra aussi deux grains de calomel, deux fois par jour.
Le lendemain, septième jour de la maladie, prostration considérable. Décubitus dorsal, délire avec marmottement, difllculté de déglutition. Le pouls est à 112 pulsations; le cœur a beaucoup perdu de sa force, et le premier bruit manque à gauche. On continue l'usage do calomel et l'on administre & onces de vin; le jour suivant, le cœur a repris de la force, et les bruits sont perceptibles ; le pouls est faible et est monté de 11*2 à I2O pulsations. Au neuvième jour, survint un accès convulsif qui dura pendant trois heures, et qui cessa à la suite de l'écoulement de 5 onces de sang, qu'on tira de Tartère temporale. Le cœur battait avec force, mais on sentait à peine le pouls radial. Le malade succomba le lendemain ; l'impulsion du cœur était restée forte jus(|u'à la fin. L'examen de l'encéphale fit reconnaître un léger aplatissement des circonvolutions cérébrales, dont la surface était rouge et finement injectée. Les ventricules contenaient une grande quantité de sérosité. Le cœur était fortement contracté et vide.
Ce fait vient à Tappui du principe énoncé plus haut, et qui veut que le pronostic soit défavorable, lorsque dans la fièvre maculée, il y a, en même temps, faiblesse du pouls et violence de l'action du cœur.
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Û50 DE L'ÉTAT DU COEUil DANS LE TYPHUS.
En rapprochant la surexcitation de cet organe de Tintégrité de son tissu musculaire, et en présence d'une attaque de convulsions, grave et prolongée, on doit reconnaître que cette observation offre un contraste frappant avec celles où il y a ramollissement et affaiblissement cardiaque.
La disparition de la force du cœur, survenant au septième jour, prouve que dans le typhus il se produit quelquefois une debilitation passagère, mais subite, du cœur. Déjà nous avons dit quelques mots i ce sujet, en parlant des variations que peuvent présenter les affections secondaires, dans le cours du typhus (1).
Le fait suivant, qui a de Timportance, a été rapporté par le docteur Hudson. Une fille âgée de seize ans, est admise à l'hôpital au douzième jour de la fièvre; elle va assez bien jusqu'au dix-neuvième; il se montre alors du délire ; les contractions du cœur sont fortes, on les perçoit dans toute l'étendue de la rt^gion précordiale : le délire continue ; la face pâlit et se contracte ; les extrémités se refroidissent; le pouls devient faible et filiforme, mais l'impulsion du cœur reste forte et bondissante. La mort survient au vingt- troisième jour. La superficie du cerveau est légèrement injectée ; l'arachnoïde e^t opaque, épaissie par places ; liquide suus-arachnoIJien plus abondant que de coutume. Le tissu cérébral, très-vascularisé, offre une fermeté exceptionnelle, les artères de la base du cerveau sont pleines de sang. Les poumons ne présentent rien d'anormal; le cœur, résistant et contracté, est tout à fait sain.
Le même auteur rapporte d'autres faits, où les symptômes de l'inflammation cérébrale s'accompagnaient de la conservation de l'activité du cœur; nous ne les citerons pas, l'autopsie n'ayant pas été faite. 11 n'est pas moins très-remarquable qu'on ait rencontré (deux fois seulement, il est vrai) un état du cerveau qui conGrme ce prio-
(1; Dans ses coinnu'ulaircs Mir un cas, où l'aiïnililisKcincnt du cœur succéda à sou eicitalioii^ le docteur Hudson s'cxpiiiue aiiiM : n 11 parait i^ident qur k « dérnul fie piiissnnro musculaire du cœur est sou\eul lie au ramollissement df » »on li^su ; mais il non* paraît trèîwloulcuT que cotte 1é<<ion l'nrcompajnio nécci- » >aircinenl ; nous a\on» \n les »if{nes de l'nfrnihlij^sement du cwur «• pnxiuirp i> pi ndaiit qucliiue teuip», duns des cas où 1 on lrou\ai(, à laulopsie, k* cœur » fernu et >ain : rccipro(|uemeut, les syuiplôines de la débilité cardinquc mâuj* «lucnt parfois, hicn que Ion constate après la mort un ranioUi$5cment da V cœur. » {Op. Cff.]