‹ Traité des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 87 sur 121 · RUPTURE DES VALVULES MITRÂLES · texte numérisé non relu

RUPTURE DES VALVULES MITRÂLES

ijaelque analogie avec celui que nous venons de donner. Dans Tun el dans Pautre, la rupture eut lieu pendant le cours d'une pneumonie; mais, chez le malade de Corvisart, il n'y avait point hyp^trophie du cœur, et il fut diflicile de reconnaître à quel moment l'accident s'était produit. Ce malade, à la suite de grandes fatigues, avait été pris des symptômes d'une pneumonie, et saigné largement avant son entrée à l'hôpital de la Charité. Il était alors au huitième jour de h maladie. Le pouls était petit, serré, fréquent et irrégulier. Le choc du cœur était fort, et de plus, pour me servir des expressions de Corvisart, t on sentait un battement confus et irrégulier, qui ne ressem- Mail en rien aux mouvements du cœur. >

Le malade était extrêmement agité, et privé de tout repos. Les SfinplAin6s augmentèrent, et pendant la nuit suivante il y eut une agitation terrible*, le malade ne cessait de s'asseoir et de se recoucha, luttant contre une suffocation imminente. Ces souffrances ne cessèrent qu'à la mort.

Avant l'ouverture du corps, Corvisart porta le diagnostic d'une lésion aiguë du cœur, avec rupture ou déchirure d'une de ses parties constituantes.

La partie supérieure du poumon droit était hépatisée, et il existait one pleurésie interlobulaire. Le cœur avait son volume ordinaire. Une des grosses colonnes charnues de la valvule mitrale était déchirée en travers à sa base, et flottait librement dans la cavité du ventricule, an niveau de la partie des parois du cœur dont elle avait été séparée avec violence (1).

L'observation suivante a été communiquée à la Société pathologique par le docteur Gordon ; il a bien voulu nous permettre de la reproduire ici.

(1) GMrrisart m cité deux autres cas de rupture valvulaire^ dans lesqneb on ne pot déterminer exactement le moment où Taccidcnt se produisit. Dans l'un, le jBalade vécut encore vingt mois après le moment présume de la rupture.

Celle-ci semblait s'être produite à l'occasion d'un cflbrt exagéré^ fait pour sou* lever un poids très-lourd. Deux des cordons tendineux de la valvule mitrale étaient rompus ; le point où la rupture avait eu lieu était lisse et arrondi. Dans le trollième fait (obs. XXXIII), il est douteux que la rupture ait été le résultat d'une violence. (Essai star les maladies et les lésions organiques du cœur, etc., par J. N. CorvisaH, p. 226-227.)

iTOKU. ^V

kBl DE LA RUPIUBB DU CGBOB.

Obs. LXVIII. — Inmffisance aortique^ avec hypertrophie ei iHmtation du ventricule gauche; rupture de$ cordes tend%neu$e$ de la valve antérieure de la valvule milrale.

Un homme âgé de fingl-sept ans, avait eu, onxe années auparavant, une atteinte de fièvre rhumatismale, dont il se guérit assez bien pour reprendre le métier d'agriculteur qu'il continua à exercer jusqu'à l'été de 1850. Le 17 juin, après s'être exposé d'une façon répétée à de fortes clialeurs , et s'être probablement fatigué en portant des fardeaux trêspesnnts, il fut pris, pour la seconde fois, d'un rhumatisme articulaire aigu. Cette maladie fut de courte durée, et rien, pendant son cours, ne put faire supposer l'existence d'une «flection du cœur. Cinq mois se passèrent, puis ce malade entra dans le service du docteur Fausset; il se plaignait d'une sensation de pesanteur à l'estomac, et de Timpossibilité de se livrer à aucun effort musculaire. Le docteur Fausset reconnut l'existence des signes ordinaires de tinsufiisanceaortique, avec hypertrophie et dilatation du ventricule gauche. Vers la fin du mois, dans une tentative que fit le malade pour courir afm de se mettre à l'abri de la pluie, les palpitations du cœur devinrent beaucoup plus fortes que de coutume, et s'accompagnèrent, pendant plusieurs heures, d'une sensation de strangulation. A partir de ce moment, la maladie, qui jusque-là avait suivi une marche lente et continue , changea de caractère. La douleur, nulle auparavant, apparut ^ le malade éprouvait un point douloureux et pongilif di côté gauche, et une sensation pénible de constriction de la poitrine. Les palpitations, qui se montraient d'abord à l'occasion d'etforts mus» culaires seulement, devinrent incessantes et s'accompagnèrent de nausées, de vomissements fréquents et de céphalalgie. Il y avait une toux répétée, avec expectoration spumeuse et rouge, et le sentiment de la gêne de la respiration et d'une sufTocation imminenla. Les sonf* frances les plus vives étaient dues à la privation de sommeil, n^sultant de l'impossibilité de se coucher, ou même de conserver, pendant quelque temps, la même position.

Ce malade fut reçu à rtiôpital de Whitworth le 2& décembre 1S50. li était pâle et anémié; sa physionomie exprimait la douleur eC l'angoisse. Il y avait de l'aphonie, et il ne parlait qu'à voix trèsbasse. L'agitation continuelle et le< symptùnn-s ci-;lessus mentionnés

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