DE LA RUPTURE DU COBUR
> dénotent une activité bien plus grande de la nutrition à gauche
> qu'à droite, et par conséquent une disposition plus grande, aussi, » à la déposition des tissus de formation nouvelle, t
Le malade du docteur Todd n'était point soumis à son observation au moment présumé de la déchirure. C'était un homme de vingt et un ans, admis à King's College Hospital , avec de l'anasarque et de l'ascite. L'hydropysie avait débuté par la face et les extrémités supérieures, et avait marché rapidement. Le foie avait beaucoup augmenté de volume, et était induré. La respiration était fréquente (AO par minute). Le malade, en proie à une toux qui l'épuisait, conservait une position demi-couchée.
A kl partie antérieure de la poitrine, le murmure respiratoire avait le caractère puéril ; en arrière, il était faible et crépitant. L*im* pulsion du cœur, vigoureuse, se percevait à la vue et au toucher dans une grande étendue du thorax ; il existait un frémissement à la base et à la pointe du cœur; le choc cardiaque se sentait et se voyait au niveau du scrobicule du cœur et dans toute la région précordiale. On constata l'existence d'une matité étendue et de deux bruits de souffle; l*un était plus fort à la pointe et sous le sternum; le deuxième, moins intense, avait une tonalité différente, et s'entendait à la base du cœur et sur le trajet de l'aorte. Ces bruits étaient sysloliques l'un et l'autre ; le deuxième bruit du cœur était faible, mais naturel ; le pouls, petit et filiforme, disparaissait sous une pression légère.
La maladie de ce jeune homme remontait apparemment à vingtsept mois avant son entrée à l'hôpital. A cette époque, il reçut dans une émeute un coup de couteau un peu au-dessous de la mamelle droite. La blessure laissa échapper une grande quantité de sang , puis survint une pleurésie qu'on traita par plusieurs émissions sanguines. Cet état fut suivi d'une constipation opiniâtre qui se termina par des selles abondantes, contenant une quantité considérabl« de sang, en caillots et très-fétide. Quatre semaines après cet accident, une hématémèse eut lieu; cette hémorrhagie et les selles sanglantes se renouvelèrent tous les quinze jours environ, jusqu'aux trois derniers mois de la maladie.
Nous donnons textuellement les résultats de l'examoi nécrotcopique.
RUPTURE DLS VALVULES J RICUSPIDES. 687
c Aulofêi: •*- L'examen du cadavre est pratiqué douie heures, » environ après la mort. Le corps est très-œdèmatié. Les plèvres et > le péritoine contiennent de la sérosité en grande abondance. Celle-ci a s'est épanchée dans la cavité pleurale, pendant les quarante-huit a heures qui ont précédé la mort. Les poumons, fortement œdéa mateux, ne sont point affaissés. Le cœur est très-hypertrophié, a Toreillette et le ventricule droits sont dilatés; les cavités gauches a sont un peu plus grandes que de coutume; les valvules de cette para lie du cœur sont saines, ainsi que les valvules siginoîdes de l'ara 1ère pulmonaire; il n'en est pas ainsi de la valvule tricuspide : su a grande valve, qui sépare rinfunditulum de la portion auriculaire a du ventricule, et qui est placée en avant, Hotte dans la cavité a du ventricule. Elle n'est fixée au cœur que par %n base, au a niveau de la zone ûbreuse auriculo-venlriculaire ; toutes ses cordes a tendineuses sont rompues à des hauteurs différentes, ce qui donne a â son bord libre Tapparence d'une membrane déchiquetée. Les s muscles papillaires, dont émanent les cordes tendineuses, sont s évidemment atrophiés et raccourcis. Le bord de la valvule a ii*esl point épaissi, et Ton ne constate aucune modification dans c sa structure, ni dans les parties déchirées des cordes tendia fleuses. Les extrémités de ces tendons, soit dans la partie qui » adhère aux muscles, soit dans celle qui est restée fixée à la a valvule, iorment de petites nodosités, rappellant rextréinité renflée a des nerfs dans les moignons, après une amputation.
f L'aorte et ses branches ont une dimension moindre que de cou- » lume; leurs tuniques sont amincies, et leur structure se rap- » proche ainsi de celle de Tartère pulmonaire : celle-ci est dilatée s et hypertrophiée comme les cavités droites du cœur.
a L'atrophie des muscles papillaires du ventricule droit , qui a tiennent sous leur dépendance le jeu de la valvule tricuspide, a prouve que la rupture valvulaire existe depuis longtemps. Elle a remonte probablement à l'époque où le malade fut blessé, c*est-à« a dire à deux ans et demi; la forme arrondie et le gonflement a des extrémités des cordes tendineusesindiquent un commencement a de travail de réparation, auquel il n*a manqué, pour être complet, a que la juxtaposition exacte et continue des parties lacérées, a condition impossible, dans un organe comme le cœur.
a La membrane muqueuse de l'estomac est très-mince et très*
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> pâle; çà et là , elle est ramollie. On n'y constate ni ulcérations, ni
> cicatrices.
> Les autres organes n'offirent rien de remarquable. »
Nous pensons, avec le docteur Todd, que la lacération des tendons remontait à Tépoque de la lutte pendant laquelle le malade fut blessé. L'atrophie et le raccourcissement des faisceaux musculaires correspondants prouvent la date déjà ancienne de la rupture.
En comparant les symptômes résultant d'une semblable lésion, et ceux qui se produisent à l'occasion de la rupture des valvules mitrales et des cordes qui les sous-lendent, le docteur Todd fait remarquer que la lacération d'un certain nombre de cordes tendineuses, appartenant à la valvule tricuspide, ne donne pas lieu, immédiatement, à l'apparition d'accidents aussi graves que si la lésion siégeait à la valvule mitrale. Il rappelle, à l'appui de cette manière de voir, l'oeclusion imparfaite de la valvule tricuspide, à l'état physiologique. Nous avons déjà étudié, sur ce point, l'opinion du docteur Adams el de M. King ; et comme H. Todd, nous admettons volontiers, que la rupture des valvules auriculo-ventriculaires doit donner lieu à des accidents plus graves, et plus subits dnns le cœur gauche que dans le cœur droit; dans le premier cas, c'est le poumon, dans le deuxième, ce sont les grosses veines qui reçoivent le sang refluant de l'oreil* lette distendue.
EnGn, H. Todd a déduit avec succès l'engorgement du foie et les hématémëses répétées, de l'état de surcharge de l'oreillette droite et du système veineux (1).
(1) « Il existait dans ce fait, dit le docteur Todd, une complication de aym- » ptômes qui rendait un diagnostic précis et satisfaisant très^ifficile. Auni
• nous n'essayâmes pas de le formuler. Le malade était tellement faible, qu'on » examen répété et minutieux était impossible. La matité considérable, la force
• et l'étendue exagérée du choc cardiaque , nous permettaient de reconnutre » l'accroissement do volume du cœur. Nous attribuons cette lésion à la foil » à l'hypertrophie et à la dilatation des deux ventricules : la dilatation d« » Tentricule droit était indiquée par le fait que le cœur se rapprochait du creux » épigastrique, où les battements cardiaques étaient perceptibles au Coucher et i » la vue, et par le développement considérable do l'hydropisie qui se produit si » facilement dans ce cas. Les veines du cou étaient iirnsquécs par Tanasarqur.
> aussi ne put-on s'assurer de l'existence de la réfninptntion veineuse.
» Le bruit de soufflet, si intense an niveau de la pointe du cœur, rendait pro- « bable l'altération de l'une ou de l'autre dest valvules auriculo-ventriculairei, et