ANGINE DE POITRINE. 49S
D'aillearSy on devrait trouver à l'autopsie le cœur, ou l'une de ses effilés au moins, dans un étal de contraction énergique. Or, je ne sache pas qu'on ait jamais constaté cette particularité chez les malades ayant succombé à un paroxysme d'angine de poitrine. Les connaissances très- incomplètes que nous possédons sur le spasme cardiaque, sont en coniradiction avec l'opinion qui en fait le point de départ de l'angine pectorale. Les symptômes de cette affection nanquaient dans le cas de contractions spasroodiques du cœur, chez vn malade atteint de tétanos, et dont il a été question plus haut.
En examinant la question, on ne doit point perdre de vue les considérations suivantes :
1* L'angine de poitrine n'a été rencontrée que rarement sans altérations organiques du cœur ou des artères; chez le même individu, la maladie peut occuper des points différents, et affecter des formes diverses.
2*" Les sujets chez lesquels l'angine de poitrine se montre le plus communément, sont ceux chez lesquels existe une debilitation du cœur, dont les effets s*lggravent encore par la présence de lésions organiques des muscles cardiaques, de l'endocarde, des valvules, des artères coronaires ou de l'aorte elle-même.
Ceci nous conduit à la doctrine professée depuis longtemps par Parry; il attribue les symptômes de l'angine à l'exagération momentanée d'un affaiblissement du cœur existant antérieurement.
Les opinions de Tauteur que nous venons de citer, sur ce sujet controversé, sont contraires à l'idée d'un spasme cardiaque. En laissant de côté ce qu'il dit de l'obstruction des artères coronaires, condition qui n'est point indispensable, bien qu'elle se rencontre fréquemment, on voit qu'il rapporte les symptômes de l'angine thoracîqae et la terminaison fatale, non à une augmentation, mais à la diminution de la force musculaire du cœur. La maladie consisterait m une syncope précédée d'une anxiété notable et d'une douleur dans la région du cœur, et résulterait d'une lésion organique qui diminue la puissance de Torgane. Les symptômes observés dépendraient du ralentissement du cours du sang et de son accumulation dans les cavités du cœur (1).
Le docteur Parry a insisté fortement sur l'absence de la dyspnée,
(!; L*ou\rage du docteur Parry, intitulé Recfierches sur les symptômes et les
Il9ll DES ALTÉRATIONS FONCTIONNELLES DU COEUl.
et même des palpitations, dans les cas les plus tranchés de cette ladie. L'accélération de la respiration et une certaine forme de rei^ ration suspirieuse signalée déjà dans le chapitre consacré à la dégénérescence graisseuse du cœur peuvent se montrer, et ces symptômes ont été probablement désignés quelquefois sous le nom de dytpnée. Cependant, la difficulté extrême de respirer, que ron observe dans l'asthme cardiaque, n'est point un symptôme essentiel de ]*«•• gine de poitrine. Heberden fait remarquer qu'à l'exception de k douleur thoracique, les malades se portent d'abord parfaitement bias. Dans les faits observés par Parry, et dans ceux qui lui ont été communiqués, loin d'éprouver de la dyspnée, ils faisaient fréquemnneit de profondes inspirations et retenaient leur respiration sans difficulté, et même avec plaisir. Il n'y avait donc, dit-il, ni accélération nigèae de l'acte respiratoire. Un de ces malades avait pour habitude de s'arrêter sur une respiration profonde ; il produisait ainsi une diminutioo momentanée de la douleur thoracique; Heberden fait remarquer que les malades sont soulagés « lorsqu'ils redressent les vertèbres dorsales. > (1)
Les accidents respiratoires de Tangine de poitrine consistent réellement en une certaine forme de respiration suspirieuse, symptôme important de raiïaiblissemenl et de l'état graisseux du cœur ; ce phénomène est encore en opposition avec la théorie de la nature spasmodique de l'angine de poitrine ; lorsqu'on le rapproche de l'état du
caufirs de la syncope angineuse, vulgairettient appelée angine de poitrine, a été publié en 1799. C est certuincinent la mciUcure monographie qui existe sur ce sujet. Dans son résumé (p. l&l)^ il fuit remarquer que les causes qui detcrmineiit les accès sont celles qui produisent l'accumulation du sang daas les cftTÎtéf en cœur; cette accumulation résulte d*uue compression mécanique ou de Thyperstinmtation du sy.-tème circulatoire a en vertu de laquelle le cœur, affaibli par mu » organisaliou viciée, a de la tendance à passer à Tétat de repos, tandis fue k 9 sang continue à progresser dans le système veineux. D'om il suit que la puîf- » sance du cœur étant donnée, la tendance aux accès sera en raison directe èâ » ttwmfintum du sang dans les veines ; et qu'au contraire étant donné le moiww » turn du sang dans les veines, la tendance aux accès sera en raison méoia dt U » puissance du cœur. » U (youtc qu'après s'être rapproche jusqu'à un certain point de l'état de repos, c'est-à-dire de la suspension de ses Tonctions, le cceur peut recouvrer son excitabilité au point de rétablir plus ou moins complètement la circulation ; la mort survient enfin, suivant lui, « en raison d'une ineicitaluliti 9 du cœur, portée au point de devenir irrémédiable. » [i) Médical Traruactitms^ vol. Ill, p. 8.