ANGINE DE POITRINE
Teiislence on TubseDce de Tanévrysme disséquant, affection qui passe sotiTent inaperçue , s'il ne s'est pas fait une hémorrhagie dans le péfîcarde.
Traiiemeni. — Je n'ai rien à ajouter au traitement de l'accès fTangine de poitrine, indiqué dans les traités de médecine pratique. D'un avis général, la médication principale consiste dans l'administration des stimulants. Parmi ces médicaments, on comptera wrtoul sur le vin, Teau-de-vie, l'ammoniaque, Téther d'Hoffmann. Les doses auxquelles on les administre doivent se régler sur les effets produits. On pourra appliquer sur la région précordiale des cataplasmes sinapisés et des fomentations chaudes. Dans remploi de ces moyens, on sera guidé par un examen attentif du choc et des bruits da co&or, et par l'état général du malade. Ëufîn, si Testomac est distendu par des gaz, cet accident devra être combattu par une médication appropriée.
Le docteur Latham conseille l'opium pour calmer la douleur; il donne de 30 à 60 gouttes de laudanum. L'administration de cet agent et des autres anesthésiques, dans le traitement de l'angine de poitrine, est réglée, en partie, par la connaissance acquise antérieurement» de la force des contractions cardiaques. Ces moyens tiiérapeutiques seront appliqués plus tardivement, s'il n y a aucune rai* son de supposer une debilitation considérable du cœur. Une expérience récemment acquise paraît démonirer les dangers de l'inhalation da chloroforme, dans la dégénérescence graisseuse du cœur. Peutêtre retirerait-on, cependant, quelques avantages d'une potion qui en contiendrait de 10 à lô gouttes. Citons ici un fait clinique qne nous devons à un praticien distingué, en Angleterre : — Une dame, d'un tempérament nerveux, le consulta pour une névralgie intercostale gauche qui durait depuis longtemps. On appliqua du chloroforme sur la région précordiale, et au bout de quelques minutes, il survint une violente attaque convulsive, suivie d'un état prolongé de prostration, qui nécessita l*usage des stimulants, pendant pinsieurs heures.
Le traitement général de l'angine de poitrine est celui de l'affaibliasemeut ou de la dégcnéresceuce graisseuse du cœur.
Eu étudiant les troubles fonctionnels du cœur, on peut, au point de vue de la pratique, les diviser en deux catégories : l'une d'elles com« prend les cas dans lesquels les palpitations, la douleur, ou les autres
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accidents se montrent indépendants de tout état morbide extériaor au cœur; dans Tautre catégorie se rangent les faits où les symptômes cardiaques sont sympathiques d*aflections variées, locales oa générales. Mais, même en adoptant une division aussi simple, on rencontre bien des faits d'une nature si complexe, qu'on ne peut les ranger, raisonnablement, ni dans l'une ni dans l'autre de ces cê^ gories.
Aussi, sans nous embarrasser d'une classification difficile on même impossible, nous allons examiner, au point de me clinique, quelques-unes des affections qui s'offrent le plus souvent à notre observation.
Névralgie simple du cœur. — Souvent un malade se plaint d'une douleur qu'il rapporte au cœur; parfois même, cette douleur s'accompagnede palpitations. Celles-ci ne sont point toujours le résollal de la douleur; elles peuvent être dues à la frayeur éprouvée par \9 patient. Il est très-difficile de distinguer la véritable névralgie du cœur, des formes ordinaires de la névralgie intercostale ; et le pies habituellement, la douleur attribuée à la névralgie cardiaque n*a aucune importance. A vrai dire, ce symptôme appartient rareoient aux premières périodes des affections chroniques do cœur, qui très-souvent débutent silencieusement et sans douleur. Cependant, si celle-ci est tenace, et s'accompagne de palpitations ne reconnaissant pas pour cause la frayeur du malade ; si d*autre part, elle s'étend au membre supérieur gauche, et ne dépend point d'an trouble gastrique, elle constitue un symptôme qu'il ne faut pes négliger; Tabsence complète de tous les signes physiques mor* bides ne doit même pas donner la certitude qu'il n'existe pts one lésion latente, en voie de progrès. Pour établir ce diagnostic en doit, de toute évidence, considérer l'âge, l'état physique et le tempérament du malade. Entin on ne doit pas conclure, d'une façon absolue, contre Texistence ou l'imminence d'une lésion urga* nique, parce que la douleur n'est point continue ; elle peut offrir da intermittences, dans le cours de diverses formes morbides à marche progressive et continue.
A ce sujet, le (ait suivant est, au moins, instructif : — Je fus consuite par le docteur Lyoïi^, pour un gentlemen âgé de cinquante-sept ans environ, etqui, depuisquelqiie temps, éprouvait un malaise général et des troubles gastriques. Il se plaigiiait également d*une sensatioa
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singiilière de chaleur dans le bras gauche et dans la moitié du cou. Au membre inférieur correspondant, la même sensation existait, mais bien moins distincte. Un examen très-attentif ne put faire découTfir aucune affection du cœur. Ces accidents remontaient à deux ODS. Je revis ce malade après un an ; cette fois, encore, les phénomènes cardiaques n'offraient rien d'anormal.
Gel état dura pendant trois années; la sensation de chaleur dans le bras s'exaspérait de temps en temps; le malade fut pris, alors, d'un rhumatisme musculaire, et six mois après, le médecin traitant, en eiaminant le cœur, par hasard, reconnut l'existence d'un bruit de soufflet, ayant en apparence son siégea l'orifice mitral. Au bout d'un au environ, survint une péricardite, et pendant sa période d'intensité, le bruit mitral disparut, pour reparaître lorsque les bruits péricardiaques cessèrent. Depuis, ce bruit de souffle mitral a toujours persisié, et les signes de l'hypertrophie du cœur s'y sont ajoutés.
Pour comprendre la chaleur perçue dans le bras gauche, il faut dire que le malade avait été pris, après l'âge de vingt-cinq ans, d'atlaqaes épileptiques qui reparurent pendant cinq années. Il avait présenté de temps à autre des verti^'cs, mais, jusqu'à présent, il ne s'est iBODtré aucun autre symptôme d'une affection cérébrale (1).
L'apparition de la douleur névralgique du bras ou de l'épaule doit toujours éveiller notre attention, car c'est, habituellement, un symptôme de diverses affections intra-thoraciques. Lorsqu'elle dépend d*ine affection cardiaque, elle parait suivre le trajet des nerfs de Wrisberg et se propage, quelquefois, jusque dans les doigts. Parfois continue, paroxystique, ou intermittente, elle est souvent diminuée par les médicaments opiacés, ou par des topiques stimulants ; s*U j a de l'intermittence, le quinquina trouve utilement sa place. Les résultats obtenus par la médication ont donné lieu, fréquemment, i de fausses interprétations de la nature de la douleur, et on laisse passer inaperçues diverses maladies très-importantes, dont la dooleur était presque le seul symptôme saillant, pendant quelque temps au moins. C'est ce qui a quelquefois lieu, par exemple, pour ranévrysme de l'aorte, dans diverses maladies du cœur, au début de
(Ij Siifnalons Ici la découvertt?, faite par Reinnk, ilr ganplions inicro^copiquél llacift à la Mirfaro du cuur, et semblables à ceux qu'il n rcncontn';» dans let tB}au\ bronchiques et dans TcMomae. L'application de cette obsiTTatJon à la ■édedoe pratique n'est point encore faite. (Mailer's Archives, 1852.)
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la tuberculisation pulmonaire, dans quelques formes de péricardil6, et peut-être aussi, nous le croyons, au moins, dans des cas de tumeurs cancéreuses du thorax.
Dans le traitement de la névralgie cardiaque, tout ce qui tméliert et fortifie la santé générale est avantageux. S'il existe des symptôONi de goutte ou de dyspepsie, ils doivent attirer notre atlenlion d*oM façon spéciale. Un exercice réglé a souvent les meilleurs résultats» et l'on peut employer les médicaments usités en général contre les affections névralgiques. Le proto-carbonate de fer, uni oo dm à une préparation aromatique, sera souvent utile. La teinture fermgi* neuse et aromatique de Heberden, combinée avec l'eau de laorier* cerise, ou Tacide hydrocyanique étendu, sont d'on emploi commode. Parmi les topiques médicamenteux, nous citerons la belladoMf Taconit et la vératrine sous forme de liniments ou d*emplâtres. Je n*ai point employé les courants électro-magnétiques, mais leur effict* cité, dans d'autres cas de maladies nerveuses, laisse supposer qe*ib offriraient ici les mêmes avantages. Mais l'un des moyens les phn efficaces, c'est de convaincre le malade qu'il n'est point atteint d'uae affection organique du cœur.
Palpitations nerveuses. — Les palpitations nerveuses se rencontrent dans des circonstances très-diverses. Sous leur forme la pies simple, elles consistent en une susceptibilité et une excitabilité natorelies du cœur, indi^pendantes de toute modification anatomiqee, et de tout effet sympathique d'une affection siégeant dans d'autres organes. Ainsi, quelques individus ont le cœur naturellemeet excitable et sont sujets à des palpitations, revenant à l'occasion de causes très-différentes.
En second Keu, on observe des palpitations nerveuses coïncidant avec des conditions particulières de l'organisme, ou placées sous leur dépendance.
Les exemples les plus singuliers de celte forme de palpitatioei appartiennent à Thyslerie, surtout lorsque cette maladie porte ses effets, successivement ou simultanément, sur des organes différents.
Les palpitations anémiques dépendent d'une excitation fonctionnelle liée à un état général de l'organisme. On rangera dans la même catégorie les cas, déjà signalés, d'excitation non inflammatoire da cœur dans les périodes avancées du typhus.
Une autre série importante de faits comprend ceux où l'action de
rœur est sareicitée et est devenue irrégulière, probableraent sous rinfluence d'une sympathie organique. Tel est Tétat, déjà décrit par B008, et dans lequel se trouvent réunis les symptômes d*une affection hépatique et ceux d*une affection cardiaque. Suivant nous, Tirrégilârité de Faction du cœur, au début au moins, est souvent sympathique. Nous pensons même qu'il y a des affections du foie avec aofoientation du volume de cet organe, dans lesquelles on ne peut saisir euctement le moment où une lésion cardiaque succède à Taltéralion fonctionnelle simple, qui se traduisait par l'excitation et Tirrégulirité des battements du cœur ; ceci est vrai surtout chez les sujets peo avancés en âge. En effet, les signes physiques sont à peu près semblables, soit qu'il y ait dilatation du cœur, soit que cet organe ail conservé son intégrité, au point de pouvoir reprendre tout à coup k régularité de ses fonctions. Théoriquement , le diagnostic semble devoir être facilité par la percussion ; mais, au lit du malade, cette méthode d'exploration donne souvent des résultats erronés. Il est possible que, sous l'influence d'un trouble fonctionnel, il se prodaîse une dilatation temporaire de l'une ou de plusieurs*des cavités cardiaques, et cette circonstance peut modifier les signes fournis par la percussion (1).
Noos avons rapporté deux cas, dans lesquels une irrégularité très* grande de l'action du cœur et des palpitations violentes semblaient être placées sous la dépendance d'une disposition particulière de l'eslomac ; les accidents disparaissaient par le vomissement. Chez un de ces malades, on diagnostiqua une inflammation aiguë, et chez Taotre, une affection organique et compliquée du cœur.
Pour plus de clarté, nous énumérerons les cas de palpitations nerveuses que nous venons d'indiquer brièvement :
1* Palpitations nerveuses simples, ne se rattachant à aucun état pathologique général.
(I) Voyei rarticle Dilatation du ctrur. Le praticien ne îsaurait être trop ittcatif f'il s'agit de diafi^ostiquer une lésion organique du cœur, lorsqu'il y a finbiniiion de phénomènes hépatiques et cardiaques, surtout choz des malades ftm avancés en âge. Nous verrons, en effet, que par un traitement destiné à agir Mr le foie et sur le systî^me digestir, les symptômes et les signes de la dilatation d de l'irrégularité du cœur peuvent disparaître suhitoment, lors même que l'hypertrophie du foie persisterait. Dans les cas <le cette espèce, il n'y a que rarement, on pourrait dire qu'il n'y a jamais, un bruit de soudle. Les symptAmes coaaistent en une irrégularité extrême des battements du cœur, avec des bmit^ rfairt ft étendus, un cboc boiMissapt, et un état corrçspoi|dai|t du poi||s.