‹ Traité des maladies du cœurChapitre 100 sur 418 · CAUSES CHIMICO-VITALES · texte numérisé non relu

CAUSES CHIMICO-VITALES

rendotliélium et composée de cellules munies de prolongements, insérés dans une substance fondamentale hyaline. Thoma croit que cette formation dépend de l'interruption du courant sanguin du placenta, d'où il résulte un nouvel obstacle pour le courant aortique, lequel se ralentit sensiblement. Mais dans toute cette évolution on ne voit pas encore le mécanisme de la production de l'endartérite.

Cause vitale. — Après ces dissertations sur l'origine mécanique de la sclérose il importe de signaler les théories édictées par Koster et H. Martin qui considèrent ce processus de la sclérose comme provenant des vasa vasorum; mais cette conception ne s'applique pas à la généralité des cas qui comprennent les artères dépourvues de vaisseaux nourriciers. L'étude des artérites d'origine péricapillaire de Letulle iest bien autrement importante et compréhensive delà généralité des artérites; mais ici il ne s'agit que du mécanisme en lui-même de cette production scléreuse; il n'est pas question de la cause éloignée comme le genre de vie, ni des causes chimico-toxiques dont nous avons maintenant à parler.

5. — Deuxième série de causes. Artérites d'origine chiiuico-vitale.

Nous rangeons peut-être arbitrairement parmi les causes chimico-vitales l'alcoolisme, la goutte, le saturnisme, le diabète, l'impaludisme, le rhumatisme, les virus, principalement la syphilis, et les agents microbiologiques comme ceux qui produisent l'endocardite. Reste à déterminer la place de l'altération générale du système artériel et particulièrement des vaisseaux des reins qui y participent souvent.

(i) Alcoolisme. — Déjà Morgagni avait signalé le danger de l'alcoolisme et son influence sur le développement des

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anévrismes. IIopc, insistant sur la fréquence prédominante des maladies artérielles chez l'homuie el plus marquées que chez la femme, explique ce faitpar les professions pénibles de l'homme et particulièrement par l'abus du vin ou des boissons alcooliques. C'est surtout Traube qui a insisté sur celte importante causalité, qu'il considère d'ailleurs comme indirecte, en ce sens que l'abus des spiritueux détermine d'abord une augmentation des obstacles au déversement du sang du ventricule gauche dans le système aortique. L'alcool agit, d'après Traube, en excitant les artérioles, de sorte qu'elles se contractent d'une manière plus marquée et provoquent l'activité du cœur. Le point de départ de l'arlérite serait donc Yexcès de tension dans le système aortique avec hypertrophie consécutive du ventricule gauche, tension à laquelle viendrait plus tard seulement s'adjoindre la série des altérations sclérotiques des vaisseaux. En France, Lancereaux a traité cette question avec soin et l'a résolue d'une manière négative ainsi que Dickinson en Angleterre; la question de l'alcoolisme s'applique en effet surtout aux scléroses du rein ; si les scléroses locales du rein et des artères périphériques sont connexes, cette question devra être facilement jugée; ma.is adhuc sub jiidice Us est.

(2) Goutte. — La goutte est indubitablement une des causes principales de l'artérite; comme elle se développe notamment chez les gens à vie plantureuse (nourriture abondante et succulente, usage de boissons stimulantes et sédentarité), la pathogénie se trouve tout expliquée; mais il est loin d'en être toujours ainsi ; on voit des goutteux sobres, qui ne sont pas, malgré leur sobriété, exempts d'altérations scléreuses des vaisseaux et du cœur.

(3) Saturnisme. — L'intoxication saturnine agit spécialement sur les artères d'abord pour les contracturer (Kusmaul et Maier, Marey), puis pour les altérer sans doute

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