‹ Traité des maladies du cœurChapitre 101 sur 418 · CAUSES SPÉCIFIQUES · texte numérisé non relu

CAUSES SPÉCIFIQUES

par l'action directe du sang plorabifère sur les vaisseaux.

(4.) Diabète. — Le diabète est également une cause fréquente desartéries et des myopathies cardiaques; récemment Huchard a cherché à démontrer qu'il n'y a là qu'une coïncidence fortuite; cette appréciation est douteuse; j'ai fait ressortir la connexité de ces lésions avec le diabète (voir Traité d'hygiène alimentaire, régime des diabétiques, p. 491 ). Outre l'adipose du cœur j'ai noté surtout des hypertrophies ou des dilatations du cœur « sous l'influence des artères sclérosées dont la circulation défectueuse, incomplète par suite de la rigidité des parois artérielles, provoque des efforts considérables du muscle cardiaque; en outre les malades présentent souvent les signes de l'angine de poitrine, c'est-àdire d'une artérite coronaire. « Il y aurait même à chercher si les gangrènes diabétiques ne sont pas sous l'influence des artères. Schmitz {Berl. klin. Woch., 1876) ramène les accidents céphaliques avec faiblesse du cœur à une dégénération graisseuse de cet organe (80 cas sur 109 diabétiques). Leyden insiste sur l'asthme cardiaque se manifestant souvent même dès le début. Lécorché a recueilli en un court espace de temps 14 cas d'endocardite comme complication du diabète, siégeant principalement à l'orifice milral.

Nous trouvons maintenant des faits de diabète plus nettement corrélatifs avec l'artérie ; quatre cas d'artério-coronarite (Vergely) : d'après Frerichs de fréquentes scléroses artérielles et cardiaques principalement chez les diabétiques goutteux, des athéromes indiqués par Lécorché, Démange, enfin un grand nombre d'observations de Jacques Meyer (Z. fur kl. M éd., t. XIV) relatives surtout aux dégénérescences graisseuses et fibreuses du cœur.

{b) Rhumatisme. — L'action du rhumatisme aigu, que je tente de faire considérer comme une maladie infectieuse, atteint aussi facilement les artères que le cœur; l'endartérite

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de ce genre tend à la chronicilé sous forme do sclérose et de dégénérescence. A cet égard une séparation doit être faite d'avec le rhumatisme articulaire chronique, qui n'a point de rapport avec la forme aiguë comme l'ont démontré Charcot et Bouchard; celle-ci (d'après Guéneau de Mussy) agit dans la proportion de 68 fois sur 140 rhumatisants.

(6) Impaludisme. — L'impaludisme, d'après Lancereaux, est une des causes les plus actives del'artério-sclérose, qui se manifeste de préférence sur les gros troncs vasculaires, et surtout sous forme de plaques.

(7) Fièvre typhoïde. — FarioZe. — A la suite de la plupart des maladies bactériques, et surtout de la fièvre typhoïde et de la variole, on observe des arlérites aiguës, qui passent fréquemment à l'état chronique (Ducastel, Brouardel, Blachez, Landouzy et Siredey). L'action de ces maladies infectieuses n'est en général que transitoire.

(8) Syphilis. — Mais la syphilis provoque des lésions profondes, permanentes des artères qui ont été parfaitement décrites par Heubner: voir aussi les thèses de Duput, de Baroux (1884). On trouve surtout ces lésions dans les artères cérébrales, qui ne produisent d'autres troubles que ceux qui se rapportent vulgairement à l'encéphale. Si le cœur est envahi, ce qui est rare, il existe en même temps une artério-sclérose généralisée, avec quelques caractères spéciaux difficiles à saisir, comme la partie anatomique est elle-même difficileà distinguer de l'anatomie de la sclérose en général (Voir page 310).

(9) Sclérose rénale m-yocardique. — Il reste à|mentionner les rapports de la néphrite interstitielle ou de l'atrophie rénale avec l'artério-sclérose qui ne sont pas encore définis par les divers auteurs; les uns considèrent cette dernière lésion comme un résultat de l'affection rénale, les autres placent l'artério-sclérose en tête de la série morbide, ou font

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dépendre les deux genres de lésions d'une diatlièse fibreuse générale d'après les idées de GuU el Sulton. Du côté des reins cette sclérose aboutit à l'atrophie; puis en supprimant l'élaslicilé des petits vaisseaux la sclérose accroît les résistances au cours du sang. Debove et LetuUe vont plus loin ; l'hyperthrophie cardiaque elle-même réside dans une sclérose des éléments conjonctifs du muscle cardiaque ; les trois termes de la question sont donc renfermés dans cette formule générale delà sclérose générale. Cette opinion, surtout pour ce qui concerne l'hypersarcose cardiaque, est vivement contestée au point de vue expérimental parGrawitz et Israël, puis par Straus qui a obtenu à la suite de la ligature d'un rein une hypertrophie compensatrice de l'autre rein, et l'hypertrophie du cœur, et cela sans aucune trace de sclérose. Cette question reparaîtra à l'occasion des symptômes de l'artério-sclérose générale et localisée au cœur (voir chapitre xxii).

Résumé de la pathogénie. — En tous les cas les altérations anatomiques des artères ont leur valeur clinique; quand même elles sont d'ordre secondaire, elles ne contribuent pas peu à augmenter les troubles circulatoires persistants. Ainsi quand la sclérose atteint les petites artères, quand par conséquent la lumière de ces vaisseaux se rétrécit, cette circonstance exagère les obstacles qui existaient déjà dans le système vasculaire. Il y a donc là une action mécanique quoique secondaire. D'une autre part les intlaences mécaniques qui reposent sur la pression exagérée dans le système vasculaire se font sentir d'une manière incessante, toute la vie, jusqu'à ce que les premiers troubles fonctionnels apparaissent; c'est ce qui explique la rareté des artérites avant quarante-cinq ans. Lorsque la vieillesse arrive, l'élasticité des tissus vasculaires se manifeste ou s'exagère, de sorte qu'il en résulte pour la circulation une augmentation des

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obstacles au cours du sang; tout ceci s'explique si on admet l'influence des causes mécaniques. Chez les femmes la rareté relative de l'artério-sclérose provient d'une vie plus sobre, de l'absence des abus alcooliques, d'un travail physique plus modéré.

Endarlérites syphilitiques. — Toutes ces études, toutes ces discussions ont trait principalement aux artérites des grosses artères. Quelques remarques encore sur les scléroses des artères moyennes et sur toutes les lésions d'origine syphilitique.

Depuis longtemps on avait considéré comme syphilitiques certaines dégénérations des artères et particulièrement les tumeurs de leurs parois, lorsque H eubner fixa l'attention sur l'importance des altérations vasculaires dans le développement des maladies syphilitiques du cerveau, altérations parfaitement étudiées par Lancereaux en France et Clifford Albutt en Angleterre. Les recherches de Heubner furent adoptées en grande partie. Lorsqu'il émet l'opinion que cette lésion est lemonopole de la syphilis et diffère de l'endartérite deforraans habituelle, il est dans le vrai, car l'affection artérielle syphilitique peut être considérée comme une forme particulière de cette endartérite; mais il n'en résulte pas que toutes les altérations artérielles cérébrales qu'on rencontre chez les syphilitiques doivent être rapportées au même processus. Au surplus les particularités caractéristiques de la maladie ne sont manifestes que pendant les premières périodes de la syphilis. Quand elle date de loin, il devient impossible de la distinguer des autres épaississements de la paroi artérielle. Aussi Friedlander ne tarda pas à ne considérer l'affection syphilitique des artères cérébrales que comme une forme de la maladie générale si commune de tout le système artériel, qu'on désigne sous le nom d'artérite oblitérante; il montra en outre l'analogie de cette lésion avec l'organisation de la

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thrombose et dont le type physiologique est l'oblitération du trou de Balai et des arlèr es ombilicales. L'inflammation oblitérante des artères, dit-il, est en général l'expression de la participation des artères à divers processus chroniques inflammatoires des parties voisiaes ; elle se trouve dans le poumon des phtisiques, dans les cavernes, dans les néphrites. Cette artérite oblitérante ou fibreuse joue donc dans le développement des thromboses, comme du reste dans la guérison des blessures, aussi bien dans les processus inflammatoires que dans les actes régénérateurs, un rôle important. Mais je ne vois pas là de caractère spécifique pour la syphilis.

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