‹ Traité des maladies du cœurChapitre 104 sur 418 · ANGINE DE POITRINE · texte numérisé non relu

ANGINE DE POITRINE

A la sclérose des artères coronaires se rattachent diverses lésions dégénératives du myocarde et divers syndromes, à savoir : V asthme cardiaque et V angine de poitrine, plus rare, qui ont été souvent confondus. Tandis que l'asthme cardiaque consiste en un accès de véritable dyspnée avec ou sans phénomènes de stase sanguine dans les poumons (catarrhe bronchique, œdème pulmonaire), l'angine de poitrine a pour caractère fondamental une douleur paroxystique, avec un vif sentiment d'angoisse qui siège au cœur et s'irradie dans divers départements nerveux. La dyspnée y est nulle comme l'a déjà observé, il y a un siècle, Parry un des plus anciens et des plus sagaces observateurs de cette maladie, ou si elle existe, c'est qu'elle est provoquée par la douleur elle-même se réfléchissant fortement sur le centre respiratoire, ou bien c'est que l'angine est combinée avec l'asthme cardiaque et dépend peut-être de la débililation subite du ventricule gauche, au cours des maladies coronaires.

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^ On voit déjà, d'après cet exposé, que la sclérose coronaire n'est nullement synonyme d'angine de poitrine; lu lésion artérielle peut vcunne exister sans provoquer ni altération du myocarde ni asthme cardiaque, ni angine de poitrine; elle peut rester latente, et il n'est pas rare de trouver à l'aut^opsie un rétrécissement, ou même une embolie dans une branche coronaire sans que rien pendant la vie ait pu faire soupçonner la moindre défectuosité de ces artères nourricières du cœur. La proposition inverse ne peut se réaliser que jusqu'à un certain point; si en effet, après la mort par l'angine de poitrine, les artères coronaires paraissent avoir conservé leur intégrité, c'est que leur fonctionnement pendant la vie a été imparfait comme cela a lieu surtout dans les maladies valvulaires aortiques, qui empêchent le sang d'affluer librement dans ces artères, et provoquent ainsi une ischémie ou anémie du cœur Car c'est là le véritable point de départ de Vangor pecioris; la synonymie de l'angine de poitrine est donc : ischémie cardiaque. Jenner avait indiqué, il y a cent dix ans, la corrélation de l'angine et des lésions des coronaires; personne n'avait élevé la question, ni formulé la doctrine de l'ischémie avant mes premières observations qui ont paru en 1(S75 (Journal des connaiss. méd., 1875) et mes premières recherches qui sont longuement développées dans mon livre de 1879 et de

Il s'agit maintenant de montrer les diverses phases par lesquelles il a fallu passer pour arriver à un résultat qu'on ne songe plus à mettre en doute.

§ I • — Histoire et critique des tliiSorics.

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