ANGINE DE POITRINE. - CRITIQUE DES THÉORIES
médecin anglais (Ileberden, 1 68) et à un médecin français (Rouchon, même année) qui donnèrent, concurremmenl la description des symptômes, sans connaître les lésions. Par contre, Morgagni et Senac, sans prononcer le mot d'angine pectorale, citent des cas de troubles cardiaques avec ossification des artères coronaires. Le trait d'union fut établi en 1788 et 1795 par Blak de Newry, qui rapporte quatre observations de véritable angine provenant d'une ossification des artères coronaires; il s'agit toujours d'ossification. Jenner reconnut nettement la syndrome et la lésion, mais Parry le premier nota VoblUération des artères, dans ce qu'il appelle à tort syncope angineuse. Tout cela fut oublié, même en Angleterre où Smith, Hamilton, Mac Bride rapportèrent l'angor toujours et partout aune lésion quelconque du cœur ou de l'aorte. L'ossification des artères coronaires ainsi que leur rétrécissement passèrent inaperçus malgré un mémoire publié par Reeder,dont récemment Durosiez, dans une étude historique, a fait connaître le nom et le travail, qui consacre toujours l'ossification des artères comme cause de l'angine (12 observations). Malgré ces avertissements, en France et en Allemagne (Dance, Kreysig), comme en Angleterre, on en resta longtemps aux maladies du cœur.
L'analomie pathologique commença alors à être interrogée. Lartigue, sur 33 cas mortels, trouva bien 18 fois diverses altérations des coronaires. Oglc relate 13 autopsies, après mort subite, avec lésions diverses des coronaires identiques d'autres lésions sans mort subite; il y eut donc des cas négatifs dans les deux séries d'observations, et la question resta indécise malgré Jenner, malgré Parry et Reeder. Aussi vit-on apparaître bientôt en formelle contradiction avec la théorie anatomique une série d'hypothèses, dont quelques-unes régnent encore. La soudaineté et le danger des paroxysmes avec ce sentiment d'anxiété précordiale devaient naturelle-
TYPE ANGINEUX.
ment faire chercher la cause des accès dans le système nerveux et moteur du cœur; de là la théorie des spasmes et de la parésie du cœur, d'une autre pari des névralgies, des névrites.
2. Spasmes et pai-csics «lu cceur. — Ilcberden, le premier observateur de la maladie, en chercha la nature dans un état de spasme du cœur, et cette opinion fut adoptée plus tard par Latham et par Dusch, qui ne fournirent aucune preuve cà l'appui. Ce spasme n'agirait pas seulement comme le muscle intestinal contracté pour produire la douleur, mais il serait en même temps la cause de la diminution d'aclion du cœur (?) pendant l'accès.
Voici en effet la théorie opposée, qui invoque un étatparétique du cœur. Gomme Parry qui parle de sijncope angineiise, Stokes considère le paroxysme, comme dépendant d'une faiblesse subite du cœur préalablement déjà affaibli; les causes qui provoquent cette défaillance déterminent une accumulation de sang dans les cavités du cœur, laquelle à son tour est amenée par une pression mécanique ou parl'excitation du système vasculaire ; le cœur troublé dans ses fonctions tombe brusquement dans Vinaclion ; ce sont là autant d'hypothèses que de mots. Aussi Traubi; ne tarda pas à modifier cette manière de voir; pour ce grand chercheur la syndrome angineuse dérive d'une tension rapide de la paroi venlriculaire à la suite d'une réplétion momentanée des cavités du cœur. Les éléments nerveux sensibles et moteurs implantés dans la substance musculaire éprouvent alors un tiraillement, un pincement qui explique d'une part la douleur, et d'autre part l'état paralytique passager des centres moteurs, c'està-dire la syncope. Samuelson, éclairé par ses expériences dont nous aurons à parler, tend à attribuer la réplétion paralytique du cœur gauche à l'oreillette gauche plutôt qu'au ventricule. Déjà auparavant Eichwald avait expliqué l'accès de sténocardie par une imbibilion du cœur due à des obs- f