‹ Traité des maladies du cœurChapitre 115 sur 418 · CHAPITRE XXIII (h · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII (h

ANGOR PECTORIS EXPÉRIMENTAL

§ !• — Arrêt rapide des contractions rythmiques des ventricules cardiaques sous l'influence de l'occlusion des artères coronaires, par MM. G. Sée, Bochefontaine

et Roussy'.

La doctrine de l'angine coronaire n'a de certitude que par l'expérimentation. Nous avons été les premiers à en fournir la preuve; voici nos recherches auxquelles nous n'avons rien à ajouter, depuis leur publication en 1881, époque à laquelle les expériences exactes sur les chiens n'avaient pas encore été pratiquées.

P. Chirac est le premier qui ait produit expérimentalement l'obstruction des artères coronaires, el il rapporte ainsi le résultat de cet arrêt de la circulation propre du cœur :

« Sed in cane ligata àrteria coronaria, et intercepto pcnitus motu trusionis, non protinus déficit cordis motus; quin

1. Travail du laboratoire do clinique de l'Hôtel-Dieu. 10 janvier 1881 [Acad. des sciences).

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etiam persévérai ad septiiaginta usqiie horse minuta et ultra ^ »

Plus tard, en 1842, Erichsen renouvelait les expériences de Chirac sur le chien, et il observait que la ligature des artères coronaires détermine le ralentissement progressif des pulsations du cœur, puis l'arrêt de ces mouvements, tantôt au bout de vingt et une minutes, tantôt après trois minutes seulement. Ses recherches le conduisirent à conclure que les contractions du cœur disparaissent dans Tordre suivant, lorsque la ligature porte sur l'artère coronaire antérieure (gauche) : dans le ventricule gauche d'abord, puis dans l'oreillette droite, dans l'oreillette gauche ensuite, et enfin dans le ventricule droit.

M. Schiff avance que la ligature d'une artère coronaire produit immédiatement la paralysie de la région cardiaque qu'elle arrose, alors que les parties environnantes conservent leur rythme habituel.

Enfin M. Vulpian a pensé que les troubles cardiaques peuvent varier selon que l'oblitération des artères coronaires « est complète ou incomplète et selon qu'elle porte sur une seule artère ou sur les deux ^ » .

Ces résltats sont loin de concorder entre eux. Encore ne prenons-nous en considération que les phénomènes observés chez le chien, afin de ne pas compliquer la question en confondant avec eux d'autres effets constatés chez le lapin : ce qu'ont fait notamment Erichsen, de Bezold {i8Q7), Samuelson qui plus tard commit la même erreur. — Les expériences sur les chiens par Panum ne sont pas concluantes, car il injecta dans les artères du talc qui ne remplit que d'une manière incomplète le calibre de ces vaisseaux. En présence de ces contradictions ou de ces imperfections,

1. p. Chirac, De motu cordis adversaria analylica, 1G98, p. 121.

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