‹ Traité des maladies du cœurChapitre 118 sur 418 · DU POINT VITAL INTRACARDIAQUK · texte numérisé non relu

DU POINT VITAL INTRACARDIAQUK

sidérer comme démontrée l'existence d'un centre coordinateur des mouvements du cœur. Qu'il y ait, au point de la cloison ventriculaire que nous avons indiquée, une sorte de nœud vital du cœur, en ce sens que, une fois ce point lésé, les ventricules, animés seulement de tremblements violents, perdent très vite leur puissance fonctionnelle, cela n'est pas douteux ; il est clair, étant donné l'effet singulier d'une simple piqûre en cet endroit, qu'il se trouve en ce point un groupe de cellules nerveuses. Mais ce que nous croyons être encore incertain, c'est la nature fonctionnelle de ce centre. Il est possible, en effet, qu'une excitation mécanique ou électrique en ce point, en déterminant des contractions extrêmement rapprochées et désordonnées, épuise très vite et complètement l'irritabilité du muscle luimême, de telle façon que ce muscle ne soit plus capable de recouvrer sa fonction? Ce qui semblerait indiquer que ce phénomène se ramène peut-être à une action accélératrice, c'est-à-dire tonique, exagérée, c'est la production, dans certaines conditions, d'une accélération des battements cardiaques, qui aboutit, plusieurs tracés nous l'ont démontré, aux trémulations décrites, pour peu que l'on augmente l'intensité du courant. Qu'on remarque, d'ailleurs, que ces contractions ondulatoires semblent constituer la seule forme de tétanos que puissent prendre les muscles à mouvements rythmiques. Nous sommes donc en droit de nous demander si les oscillations ventriculaires ne dépendent pas d'un trouble apporté à la fois dans les éléments nerveux et dans les éléments musculaires du cœur. Des expériences en voie d'exécution nous permettront peut-être de trancher la question.

Au point de vue médical, ces recherches ne laissent pas de présenter un réel intérêt. L'observation clinique et l'anatomie pathologique, en effet, avaient montré à l'un de nous

3r.C ANGOR l'ECTOltlS LXl'ÉlUMEîsTAL NKIÎVO-lNTlSACAl'.DIAUUJi.

que la maladie appelée angine de poitrine esl due à une oblitération des artères nourricières du cœur ou artères coronaires. Or, par l'injection de poudre inerte dans ces artères ou par la ligature de l'une d'elles*, on produit des Irémulations identiques à celles que nous venons d'étudier. Il est donc permis de supposer que, si, par suite de l'oblitération d'une artère coronaire, il y a irritation des amas de cellules nerveuses placées dans la cloison interventricu- Jaire, les contractions des ventricules déjà troublées peuvent se transformer en ces oscillations désordonnées, pour ainsi dire folles, devenant rapidement mortelles. Il nous semble, en tout cas, que le mécanisme de l'angine de poitrine peut être singulièrement éclairé par la connaissance de tous ces faits relatifs au nœud vital du cœur.

Applicaiions à Vangine depoilrine. — Il entre là évidemment un élément nouveau dans la question. Ce n'est plus l'oblitération complète qui est nécessaire pour produire la trémulation absolue, c'est-à-dire la mort chez les animaux; il suffit, comme nous l'avons démontré, de la ligature de l'artère coronaire postérieure et de deux rameaux de la coronaire postérieure; la ligature d'un seul rameau de la coronaire antérieure peut produire le même elîet d'arrêt et de convulsions. Dans tous ces cas il existait encore de la circulation dans les parois intimes du cœur. A quoi tient le résultat final? On ne peut l'expliquer qu'en supposant atteint le

centre vî<al du Cœur.

Chez l'homme il enest de même. Il n'est pas indispensable qu'il se fasse une obstruction absolue ni à l'entrée de la principale coronaire, ni dans sa cavité sur son trajet pour provoquer des accidents funestes. On a vu la mort survenir, et

1. n. Si'c, Roclicfonlaiiic c.[^{omsy , Arrêt rapide des coniraciionn ryllimlques des venlricuk's cardiaques sous l'inlluence de l'occlusion des ancres coronaires (Comptes rendus, lOjanvicr 1881).

EH-ETS DE L EXCITATION D'UN l'OINT VITAI. INTRACARDIAQUE. 35V

les coronaires ne présentant à l'autopsie que des lésions non oblitérantes; déjà Schiff, Weigert, Huber avaient signalé des faits de ce genre. — Voici Démange qui chez les vieillards ne trouve souvent altérés queles capillaires coronaires, dans une étendue plus ou moins considérable, cette lésion étant la seule susceptible d'expliquer la mort. C'est qu'ici encore et dans tous les cas d'altération incomplète du système coronaire, le centre nerveux du cœur a dû être atteint; rien autre ne pourrait rendre compte de ces anomalies, et s'il est difficile d'en fournir une preuve, il est impossible d'en invoquer une cause même plausible en dehors de cette action vitale qui arrête fatalement le cœur dans son activité. Il ne s'agit donc pas d'une>ause exclusivement mécanique, l'élément vital y joue le rôle de juge suprême. En voici les preuves complémentaires.

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