CLINIQUE DES AFFECTIONS DÉ G ÉNÉ R A TI Y ES
§ 1. — fetiologic.
Toutes les maladies infectieuses, surtout le rhumatisme aigu et la diphtérie même faiblement localisée (Labadie-Lagrave), les maladies de Vendopéricarde, puis les affections qui compromettent la nutrition et surtout l'absorption de l'oxygène (A. Frânkel), les cachexies, les maladies du poumon, les intoxications chroniques et aiguës (par l'alcool, le phosphore), les hémorragies, et enfin les altérations, principalement les altérations séniles des vaisseaux coronaires, voilà les causes principales des dégénérations. Il y a en outre tous les états morbides qui mènent à l'hypertrophie et indirectement à la dégénération du muscle, quand celui-ci a souffert depuis un certain temps dans sa nutrition.
Ainsi tous les processus locaux qui altèrent directement la nutrition du muscle, toutes les influences nocives générales qui modifient la nutrition du corps et partant celle du cœur, se trouvent être la cause de la soi-disant myocardite, ou pour être plus exact de i'însHf«8aucc du muscle cardiaque.
^'^ TVl'K Dl'dKiSIOKATIl''.
ilu tveahcned hearl des Anglais, parliculicrcmenl lorsque l'organe est originairemenl faible dans ses fonctions, ou lorsqu'il y a eu antérieurement des obstacles au fonclionneinenl. — Une mauvaise nutrition du cœur et un travail du cœur surexcite trop tôl sont les premiers degrés delà dégénérescence du cœur, dont les symptômes précoces dans la convalescence des maladies aiguës graves sont considérés
comme des phénomènesinsignifiants,etsontsouventnégligés, jusqu'à ce que les exigences de la santé rétablie provoquent la manifestation d'une activité profondément troublée. Les maladies aiguës fébriles mènenten général à la dégénéralion graisseuse, à laquelle se rattachera plus tard une^série d'altérations myocardiques, à savoir les cirrhoses, si la cause a agi lentement, la suppuration si elle est infectieuse. L'iiyperplasie du tissu graisseux (lipoma capsulare cordis, obesiias cordis), se retrouve soit comme pai'lie intégrante d'une obésité générale, ou héréditaire ou acquise chez les individus bien nourris et sédentaires, soit, ce qui est singulier, dans une série de maladies accompagnées d'un véritable amaigrissement, ainsi chez les phtisiques, les cancéreux; cette transformation graisseuse, dis-je, peut souvent être considérée comme l'expression d'un processus d'échanges amoindri, entre autres parlasous-oxydationintimeintracellulaire, ou par une diminution du pouvoir absorbant de l'oxygène.
Une mention spéciale est réservée à la myocardie syphilitique, qui est tantôt une gomme tantôt une cirrhose; la première est une série de tumeurs gonimeuses plus ou moins volumineuses du muscle, la deuxième est caractérisée par des nœuds fibreux disséminés; en troisième lieu il y a, d'après Ehiiich, l'endoarlérite oblitérante et analogue au processus syphilitique des artèies cérébrales de Hcubner (voir chapitre xxi), qui produit d'abord des infarctus, puis des
SYMPTOMES DKS DÉGÉNÉrxIÎSCENCIiS. 375
néoformations de tissu cellulaire; rien de caractéristique dans ces trois lésions , de même que pour les lésions syphilitiques du poumon (voir t. IIl de la Médecine clinique); la gomme elle-même peut résulter de simples oranulations avec caséification, ou d'un abcès enkysté ou desséché •
Age et sexe. - Rien de général à dire sur ces conditions individuelles, parce que certaines causes comme les maladies infectieuses se voient à tout âge et dans les deux sexes. Chez les enfants leslésionsvalvulairesetles péricarditesnesont pas rares, d'où la dégénérescence du muscle par voisinage. Chez l'homme adulte travailleur ou non, si la myocardie est plus fréquente que chez les femmes et les enfants, c'est qu'il est plus exposé à des agents nuisibles; alors la compensation dans les lésions valvulaires est plus facilement troublée, par suite de la nutrition insuffisante, ou bien il existe par suite d'une autre perturbation un affaiblissement plus grave du cœur que dans les conditions favorables où se trouvent les enfants et les non travailleurs. Chez les vieillards, si le myocarde est altéré, cette dégénérescence est une forme do l'atrophie sénile qui frappe tous les autres organes.
I 2. — Symptômes des dégéuéresceaces.
Les symptômes dérivent facilement des altérations indiquées. Si le muscle est faiblement atteint, il n'y a pas de troubles fonctionnels; ils ne se manifestent que quand le pouvoir contractile du cœur est sollicité pour un acte dont le muscle affaibli estincapable; alors il se montre des palpitations, des vertiges, de la dyspnée, la cyanose. Plus le muscle est faible, et plus les moindres causes sont efficientes; finalement les attaques deviennent spontanées, et constituent jusqu'à un certain point les signes d'une fatigue et d'un af-
TVlMi I)Kr,r;NÉllATIl'.
faiblissement Ibnclionnel, d'une aclivitc en déchéance.
Dans ce cas, il y a aussi des signes physiques; il se développe ou bien une hypertrojihie du muscle, avec renforcement des Ions du cœur et augmentation de son action, ou bien une dilatation des cavités avec leurs phénomènes caractéristiques, c'est-à-dire avec la faible distension des artères, la diminution de pression, l'amoindrissement des tons du cœur, particulièrement du deuxième ton aux ouvertures artérielles, souvent un catarrhe passager des poumons, de l'ictère, parfois de l'albuminurie, un foie cardiaque, l'altération des fonctions psychiques.
Dans les complications avec les lésions valvulaires, ou bien lorsque la faiblesse du muscle détermine une insuffisance relative mitrale ou tricuspide, les phénomènes d'auscultation ne manqueront pas ; et les souffles accidentels ne seront pas rares. Dans la plupart des cas de dégénérescence, le premier ton mitral n'est pas pur; il est dédoublé ou remplacé par un souffle auquel semble prendre part le muscle malade, ainsi que la mitrale altérée; il y a parfois aussi un bruit de galop encore inexpliqué. La faiblesse croissante du muscle favorise naturellement les stases dans les divers organes, la formation des œdèmes, des transsudats, des affections catarrhales des poumons, et enfin de l'albuminurie par stagnation du sang; l'arc sénile n'appartient pas en propre à la dégénérescence graisseuse, bien qu'il se retrouve souvent avec les troubles trophiques du cœur parfois avec l'altération des gros vaisseaux.
Les symptômes de V insuffisance du muscle cardiaque, de Casystolie sont très caractéristiques, quand on n'a en vue que le diagnostic de la dégénérescence cardiaque en général, du weakened heart ; msiis ils sont tout à fait incertains si on veut préciser anatomiquement chaque cas; on sait seulement par expérience, mais non par la rigueur du diagnostic, que