‹ Traité des maladies du cœurChapitre 13 sur 418 · DYSPNÉES. - PATHOLOGIE. - DYSPNÉE DE TRAVAIL OU CARDIAQUE · texte numérisé non relu

DYSPNÉES. - PATHOLOGIE. - DYSPNÉE DE TRAVAIL OU CARDIAQUE

165 à 200 (deux exceptions sur huit observations); V que le bord inférieur du poumon s'abaisse en moyenne de 2 à 8 centimètres; cet agrandissement du poumon ne ressemble pas à l'emphysème où le poumon ayant perdu son élasticilé prend des dimensions dépassant la moyenne; il ne ressemble pas davantage à ce boursounement emphysématoïde qu'on observe après chaque accès d'asthme, el s'accompagne d'une dyspnée expiratoire énorme. Ici il s'agit, comme on peut le vérifier sur l'homme, d'une tuméfaction du poumon inhérente à la dyspnée de travail et accompagnée d'une haute pression artérielle; en outre, comme on le voit chez les animaux, il y a une grande pression de l'artère pulmonaire, puis des capillaires, laquelle pression capillaire se manifeste chaque fois que le poumon ne peut pas se débarrasser de son sang, et que le sang s'accumule dans l'orcilletle gauche. Comme le gonflement pulmonaire est aussi un signe de la dyspnée cardiaque expérimenlale ou clinique, la dyspnée de travail, lorsqu'elle se traduit par le gonflement pulmonaire, devra être considérée comme une dyspnée cardiaque.

Mais comment se produit Véléuation de pression artérielle dans la dyspnée, et cette pression exagérée est-elle une condition indispensable de la tuméfaction du poumon? —On peut supposer k bon droit que les contractions musculaires donnent lieu à des produits qui, arrivés dans le sang, excitent le centre respiratoire, ainsi que les centres vaso-moteurs. Parmi ces produits, l'acide carbonique présente une action e.Kcitante incontestable de ces centres ; d'autres substances dyspnéigènes indiquées par Zuntz et Geppert semblent être de nature acide (Lehmann).

Ces substances constituent un véritable excitant direct du centre respiratoire, c'est-à-dire une dyspnée centrale pure, comme la dyspnée d'origine hémorragique (Golowitschmer, Gad) et surtout comme la dyspnée thermique que Ch. Richet

TYPE VALVULAIIIE.

a décrite sous le nom de pobjpnée, en la distinguant rigoureusement des dyspnées par obstacle respiratoire; ces dyspnées n'ont donc rien de la dyspnée oxycarbonique. Toujours est-il, quelle que soit la cause de la haute pression artérielle, que sous l'influence de celte pression il se produit un surcroît de travail du ventricule gauche, puis il y a à craindre une insuffisance fonctionnelle de ce muscle, par conséquent une stase du sang dans l'oreillette gauche. C'est cette insuffisance du ventricule qu'on retrouve dans les cœurs surme-

nés.

Mais cette impuissance du myocarde peut aussi survenir dans d'autres conditions que l'élévation de pression artérielle. — Il est des cas (démontrés expérimentalement) où, par suite du travail musculaire, la pression s'éjève à peine, et même s'abaisse, ce que Marey considère comme étant la règle. — Dans ces cas, comme dans la lésion avec surcroît de pression artérielle, on constate souvent la tuméfaction du poumon.

Voyons maintenant à préciser ce qu'est cette tuméfaction du poumon, voyons ce qu'est le sang dyspnéique.

§ 2. — Do la «nniéfactiou et do la rigidité du poumon.

La tuméfaction et la rigidité du poumon signalées et étudiées parBasch, Grossmann, Bellelheim et Kanders indiquent un trouble du mécanisme respiratoire et constituent les éléments essentiels de toute dijspnée qui se produit quand les vaisseaux pulmonaires gorgés de sang sont sous l'influence d'une forte pression : c'est ce qui a lieu surtout quand il y a inertie du muscle cardiaque gauche ou lésion mitrale; le sang reflue alors dans l'oreillette gauche où il subit une tension exagérée, laquelle influence celle de l'artère pulmonaire. La quantité el. la haute tension du sang dans le poumon et dans l'artère pulmonaire ont déjà été in-

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